-:««ffl^.;.s5* ::^ "V S:. K ^<: '•? 7 A .•••• ANATOMIE COMPARÉE. TOME I". K i ■■$ I JMi'KlMEllJE D HiPI'OLYTE TILLIARD, RUE ST.-HYAClNTHL-STo-MlCHEL, n" 3o, ^^.^ rÈ'C-ONs ' 1 A' ■■ - • D'ANATOMIE COMPARÉE DE GEORGES CUVIER, RECUEILLIES ET PUBLIEES PAR ra. DUMÉaSX.. SECONDE ÉDITION, CORBIGEE l?r AUGMENTEE. TOME PREMIER, V t CONTENANT LES GENERALITES.» ET LES ORGANES DU VtOUVEnEIWT DES ANIMAUX VERTÉBRÉS ^ REVU PAU M. G. CUVIER. Pm0 , CROCHARD ET C", LIBîRAIRES, RUE ET |>LACE DE l' ECOLE DE MEDECINE, l3. 1835. #•• ^'f 'f//^^ ^^^-7/ /\^(o t [1 j ■ I - ■ T" fl ■ r r^ '" ■--.--■ - .. ^^ .t — .-i ■■ ■ ■-^, ■■■■* u*— ^-*,.^*^.^—^— ^^-^.a.^*-^.— ^■^- AVERTISSEMEI^iT DES ÉDITEURS, Celte seconde edilioa des Leçons cCyina- tonne comparée est le dernier ouvrage dont M. Cuvier ait ete occupe, et il y travaillait avec ardeur lorsaue la mort l'a surpris. Cependant il ne considérait cet ouvrage que comme l'esquisse d'un monument plus étendu; comme l'analogue, pour ses travaux anatomiques, de ce qu'avait e'te, pour ses tra- vaux de classification, son Tableau élémen-- taire des animaux ; et comme il avait fait suc- céder à celui-ci son grand ouvrage du Règne ANIMAL^ il comptait faire succéder à celles-là ce qu^il a si souvent appelé sa Grande anato- MiE COMPARÉE. Aussî dcpuis plus de trente années n'avait-il cessé d'accumuler dans son cabinet et dans ses porte-feuilles, les matériaux a. VJ AVEIVnSSEMENT. de cette immense entreprise. Mais beaucoup de travaux préliminaires non achevés, Fepoque encore éloignée ou ses projets devaient se réali- ser, l'impossibilité de réimprimer , telle qu'elle était, la première édition de FAnatomîe compa- rée, et cependant le besoin de satisfaire à l'em- pressement du public pour cet ouvrage, l'a- vaient déterminé à utiliser dès à présent, dans une seconde édition, le résultat de tant d^ef- forts. Un dernier motif rendait aussi cette publica- tion nécessaire : elle devait mettre fin à beau- coup de critiques au moins mal fondées. Il sem- blait , pour plusieurs personnes, que ce livre publié a la fin du dernier siècle, alors que son auteur n'avait que des collections incomplètes, 'exprimât sa seule et dernière pensée. On lui en reorochait les inexactitudes et les lacunes, conimesi tous ses travaux depuis lors n^avaient pas eu eux-mêmes pour objet de rectifier les unes ou de combler les autres ; comme si des préparations de toute espèce, exposées au pu- blic, n'étaient pas comme une édition corrigée de son œuvre. Il y a plus, et il est bon de le dire, ceux-là .V» AVERTISSEMENT. vij même qui lui ont reproche le plus vivement les imperfections de la première édition, c'est à Paris, dans les préparations de M. Cuvier, sous ses auspices^ pour ainsi dire, qu^ils ont recueilli les éléments de leurs critiques; c'est avec ses propres armes qu'ils l'ont attaque. Sans doute, dans le domaine de la science, la publicité de la presse est le titre le plus sur à la propriété, et M. Cuvier ne prétendait point disputer aux auteurs la nouveauté de leurs pttblications ; mais ne pouvait-il pas exiger de ceux dont il facilitait les travaux, plus de justice et d'impar- tialité ? Une édition nouvelle des Leçons d^Ana- tomie comparée était donc devenue indispen- sable, et il sera toujours à regretter que M. Cu- vier n'en ait pas revu tontes les parties comme il a revti la première. Il en a assez écrit cependant, pour faire voir cpi'il n'avait rien perdu de sa confiance dans la vérité' de ses doctrines, dans la puissance des principes qui l'ont dirige et sotuenu au milieu de ses grands travaux scientific|ues. S'il a combattu et repoussé la plupart de^ systèmes qui se sont fait jour dans res dernières • t I VUj AVEK'llSSliMiîJNr. années, sans nier tonlefois l'adliie cl la non-' veaule'des faits dont lenrs aatenrsles ont accom- pagnes, on verra qu'il s'est toujours appuyé pour cela, ou sur un nombre de faits plus grand, ou sur une appréciation plus rigoureuse des faits connus, et, par dessus tout, sur les princi- pes d'une haute et sévère philosophie. Enfin, le plan général et les détails de cet ouvrage répondront d'eux-mêmes à un repro- che qui a été plus récemment adressé à son auteur, et qui étonnera peut-être les personnes familiarisées avec les travaux de M. Guvier, et qui en ont apprécié la nature et le but. On a dit, qu'il n'avait cherché dans l'étude des êtres que leurs différences y ç^l que la science aujour- d'hui, changeant de portée et s'élevant plus haut, avait sur-tout égard aux ressemblances. Or, l'un des buts principaux de l'Anatomie comparée en général, et celui de cet ouvrage en particulier, a toujours été de rechercher aussi loin que possible, et dVtablir les analo-- gîes des organes au milieu des transformations que la nature leur fait subir j et c'est précisé- ment à cette recherche des analogies et des ressemblances que M. Guvier a dû quelques» AVJiRTLSSEMElNT. ix unes de ses plus heureuses deïei miDalions (i). Si ensuite le besoin des analogies n'a pas tellement préoccupe M. Cuyier qu'il lui ait fallu les retrouver par-tout, s'il s'est arrête lorsque Tevidence lui manquait, c'est qu'il au- rait cru, autrement, faire violence à la nature, et si, après avoir admis et décrit les ressem- blances ^ il a admis et décrit les différences ^ il n'a fait qu^obeir à une nécessite logique a la- quelle on ne petit se sotistraire dans aucune science. L'Anatomie comparée, à ses yeux, ne pouvait avoir pour but Fune de ces choses plu- tôt que l'autre ^ elle les embrassait également toutes deux; et le spectacle de la nature ne lui a pas paru moins grand, l'œuvre de la création moins merveilleuse ou plus obscure, parce qti'il y trouvait des plaps divers et des varia- lions infinies. (i) On peut même dire qu'il a poussé beaucoup plus loin que d'aulres cette recherche des analogies ; cardans l'xVnatoniie comparée de Meckel , par exemple, et dans Bojanus, les mus- cles sont fréquemment décrits et nommés uniquement d'après leurs fondions; de sorte que le même muscle ayant souvent, selon la forme des os et la nature de Tanimal , des fonctions différentes;, change de nom d'un animal à l'autre ;, et ne se trouve point ramené à un type commun. X AVE11TISS£MP;NT. II nous reste à dîre comment cette seconde édition doit être achevée. M. Duvernoy, que M. Cuvîer s'était associé de nouveau pour cette seconde édition, mettra au niveau de la science la partie de l'ouvrage à laquelle il avait coopéré dans la première : c'est un travail dont il s^oc- cupe sans relâche depuis cinq années. Toutes les généralités du premier volume et une partie des détails sur les organes du mouvement des animaux vertébrés avaient déjà été revus par M. Cuvier lui-même; M. Laurillard y a ajouté tous c - ■ t OL .^ ^T i ' ■' - > -M^- i^^'i'é^ty-^ "■! 'lllll M •■■1 -ÉlJMllIl'f' i-V*^«=»^^-g^^;jj^ ILiETTRS DE GEORGES CUVIER, DE l'institut national DE FRANCE^ ETC., JX2ÂM-CX.AVBEI MSRTRUB , PROFESSEUR DE l'aKATOMIE DES ANIMAUX AU MUSÉOM" d'histoire naturelle de paris (i). Le livre que je vous adresse vous doit son exis- tence ; car , si mes leçons ont eu quelque intérêt, elles le tiennent sur-tout de Tusage que vous et vos collègues m^avez permis de faire de la belle col- lection qui est maintenant confiée à vos soins , et à la Formation de laquelle vous avez tant contribué, lorsque Daubenton la créait , lorsqu^il y puisait les (i) Nous réimprimons celte leltre sans y rien changer et sans y rien ajouter : elle servait de préface à la première partie c!e la première e'dition, mais aujoiird hiii on ne pent plus la conside'rer que comme une pièce historique qui montre avec quelle réserve , malj,'ré la part qu'il avait déjà prise à la formation des collections, son auteur s'avançait dans les champs il\ine scjeuee où il a depuis imprimé une si forte trace. Xiv LETTRE A J. G. MERTRUD. matériaux de la partie la plus importante crun ou- vrage immortel (i). Aujourd'hui que cette collectiou , enrichie par une administration sage et par un travail assidu , sur- passe toutes celles qui existent dans son genre j au- jourd'hui qu'elle présente , dans le plus bel ordre et dans le plus grand développement, toutes les parties du corps animal prises dans les espèces les plus éloignées , depuis celles qui s'approchent le plus de l'homme par leur perfection , jusqu'à celles où Ton n'aperçoit plus qu'une pulpe à peine orga- nisée , la simple anatomie comparée est presque de- venue un jeu : il suffit d'un coup d'œil pour aper- cevoir les variations ;, les dégradations successives de chaque organe ; et si les effets que ces organes pro- duisent ne sont pas encore expliqués , c'est qu'il y a dans les corps vivants quelque chose de plus que ces fibres ^ que ces tissus qui frappent nos yeux ; c'est que la partie mécanique de l'organisation n'est, (i) Le citoyen Mertrud a été démonstrateur d'anatomie au jardin des Plantes , depuis lySo jusqu'à l'époque de l'érection de cet établissement en école spéciale d'Histoire naturelle, qu'il fut nommé professeur d'Ana- lomie comparée 5 c'est lui qui a travaillé avec Daubenton à IJanatomie de la plupart des quadrupèdes décrits dans la grande Histoire naturelle. Buffon, qui l'aimait et qui l'estimait, a parlé de lui avec éiogedans plu- sieurs volumes de son immortel ouvrage. Son attachement à sa patrie lui a fait refuser des postes brillants qui lui ont été offeris par des puissances étrangères, et entre autres celui de premier chirurgien du roi deNaples, qui lui fut offert en 1770, et celui de preaxier chirurgien du roi d'Espagne, auquel il a été réellement nommé en 1772. 11 est Finven leur de plusieurs procédés ingénieux relatifs aux préparations anatomiques. LETTRE A J. C. MEUTRUD. XV pour aiiisi dire, que* l'instrimient passif de la vi- talité;, et qu'entre le premier ébranlement des élé- ments impereeptibles et le mouvement sensible qui en est le dernier résultat^ il se passe une multitude de mouvements intermédiaires dont nous n'avons aucune notion. Combien de combinaisons , de décompositions onteulfeu dans cet intervalle? combien d'affinités ont joué? El quel serait le physiologiste qui oserait seulement hasarder quelques conjectures sur le plus j^rand nombre des opérations qui se passent dans cet impénétrable laboratoire? tant la chimie humaine, malg'ré les heureux efforts de nos contemporains , est encore dans l'enfance, lorsqu'on la compare à celle de la nature ! Cependant, ces ténèbres ne doivent point nous el- frayer , c'est à l'anatomiste a y porter les premières lueurs ; c'est à lui de faire connaître au physiologiste la partie matérielle des phénomènes et les instru- ments des opérations , de décrire les canaux que les liquides parcourent , les conducteurs qui transmet- tent les fluides^ d'en suivre les embranchements et d'en reconnaître toutes les communications , c'est à lui de mesurer la vitesse de chaque mouvement et d'en déterminer la direction. Mais , pour remplir cette tâche d'une manière sa- tisfaisante , il ne doit pass'arrékn^ uniquement à ce que les phénomènes ont d'individuel; il faut qu'il kvj Lettre a .t. c. MEn-rnuf^^ dislingue sur-tout ce qui fait la condition généraié et nécessaire de chacun d'eux : et pour cela, il faut qu'il les examine dans toutes les modifications que peuvent y apporter leurs combinaisons avec d'au-* très phénomènes; il faut aussi qu'il les isole, qu'il les débarrasse de tous les accessoires qui les voilent; en un mot^il faut qu'il ne se borne point à une seule espèce de corps vivant , mais qu'il les compare toutes , et qu'il poursuive la vie et les phénomènes dont elle se compose dans tous les êtres qui en ont reçu quelque parcelle. Ce n'est qu'à ce prix qu'il peut espérer de soulever le voile mystérieux qui en couvre l'essence. En effet , la physiologie doit nécessairement sui- vre la même marche que toutes celles des sciences physiques que l'obscurité et la complication des phénomènes n'ont point encore permis de soumettre au calcul : ne possédant aucun principe démontré ^ d'où les faits particuliers puisseiit se déduire comme des conséquences , c'est dans la série de ces faits seulement que la science consiste jusqu'ici ; et nous ne pouvons espérer de remontera des causes géné- rales qu'autant que nous aurons classé les faits, et que nous serons parvenus h les ranger sous quelques lois communes : mais la physiologie n'a pas pour cet effet le même avantage que les sciences qui opèrent sur les substances non organiques , que la chimie et la physique expérimentale , par exemple. Celles- LETTRE A J. €• MEKTRtîÙ. xvi] cî peuvent réduire aune simplicité presque indéfinie les problèmes qu'elles se proposent ; elles peuvent isoler les substances dont elles veulent reconnaître les rapports et la nature , et les combiner ou les rap- procher successivement de toutes les autres. Il n'en est pas de même de la physiologie. Toutes les par- ties d'un corps vivant sont liées ; elles ne peuvent agir qu'autant qu'elles agissent toutes ensemble : vouloir en séparer une de la masse , c'est la repor- ter dans l'ordre des substances mortes , c'est en changer entièrement l'essence. Les machines qui font l'objet de nos recherches ne peuvent être dé- montées sans être détruites ; nous ne pouvons con- naître ce qui résulterait de l'absence d'un ou de plusieurs de leurs rouages , et par conséquent nous ne pouvons savoir quelle est la part que chacun de ces rouages prend à Teffet total. Heureusement la nature semble nous avoir pré- paré elle-même des moyens de suppléer à cette im- possibilité de faire certaines expériences sur les corps vivants. Elle nous présente dans les différentes classes d'animaux, presque toutes les combinaisons possibles d'organes; elle nous les montre réunis, deux à deux, trois à trois, et dans toutes les proportions; il n'en est , pour ainsi dire , aucun dont elle n'ait privé quel- que classe ou quelque genre ; et il suffit de bien exa- miner les effets produits par ces réunions , et ceux qui résultent de ces privations, pour en déduire de$ I, h XVllj LETTRE A J. C. MERTRUD. conclusions très vraisemblables sur la nature et l'u- sage de chaque organe cl de chaque forme d'or- gane. On peut observer la même marche, pour déter- miner l'usage des diverses parties d'un organe, et pour reconnaître celles qui sont essentielles et les distinguer de celles qui ne sont qu'accessoires. Il suffit de suivre cet organe dans toutes les classes qui l'ont reçu et d'examiner quelles sont les parties qui sV trouvent toujours, et quel changement opère, dans les fonctions relatives à cet organe , l'absence de celles qui manquent dans certaines classes. Mais il n'est pas permis de borner ces recherches à quelques espèces : souvent une seule négligée re- cèle une exception qui détruit tout un système. Cette méthode de raisonner en physiologie ne peut devenir rigoureuse qu'autant qu'on approchera de la connaissance complète de l'anatomie des animaux; cependant, si dans son état actuel, celte dernière science ne peut nous conduire encore directement à des découvertes certaines, elle est déjà du moins la pierre de touche des résultats obtenus par toutes les autres voies ; et il a souvent suffi d'un seul fait d'a- natomie comparée, pour détruire un échafaudage entier d'hypothèses physiologiques. Aussi a-t-on reconnu dans tous les temps Fim- portance de l'anatomie comparée -, et si l'abus qu'on en avait fait vers la fin du siècle dernier, en donnant LETTRE A J. C. MERTRUD. xix trop souvent pour humaines des organisations pro- pres aux animaux , avait porté à la négliger dans la première moitié du siècle présent^ on l'a reprise avec ardeur , et une multitude d'hommes recom*- inandables s'y sont livrés de préférence depuis un certain nombre d'années. On doit au Muséum national d'histoire naturelle de Paris la justice de dire que les savants qui y ont été employés ont contribué dans tous les temps à encourager et à propager cette étude. Les noms de Duvernejy de Feirein y de Petit sont célèbres dans les fastes de la science. BuJJ'on lui donna un nouvel essor, en faisant voir son importance dans la partie caractéristique de l'histoire naturelle. Son digne col- laborateur^ Dàubentoii, en fit , par ses immenses tra- vaux, la base désormais inébranlable' de la zoologie; il encouragea , il aida de ses conseils et de la com- munication des objets confiés à sa garde , qet autre de vos élèves qui aurait porté à son faîte l'anatomie comparée , si le malheur des temps ne nous Teèt enlevé dans la ibrce de l'âge. Ecrivain élégant, phy- iolog iste ingénieux , analomi&te profond, f^dc^r- â^A^yr ne sera jamais remplacé; mais du moins' ceux qui le for mèrent existent encore : les trésors qu'ils im confièrent sont augmentés; leurs dépositaires trouveront, pour en faire usage, des hommes aussi dévoués et aussi reconnaissants. ^' Les savants qui composent Fadministration ac- XXi'j Ju£TTRI3 A J. xd- o'jiK> îj [Ainsi je ne puis raisonnablement espérer de ter- miner mon ouvrage d'ici à plusieurs années. Cep epr dant je m'efforce de faire jouir, autant qu'il est.^^ri moi , les jeunes* anatomistes de tout ce que le$ coly lections contiennent déjà de neuf et d'important; je leur développe les rapports que les faits nous laissant déjà entrevoir; et ne me bor Bijarchant, quoique, de ioin, sur les traces des autelirs célèbres qui m'ont précédé. Cette confiance dem^i part, et çesjèffojpts pour rendre Je corps de laseieckce aussi complet que l'état actuel des observatioas 1^ permettait , avant attiré à mes t^ours quelques élèves pleins de talents et d'assiduité, ils ont pris la peine de recueillir mes leçons avec beaucoup d'exactitude], et il en est résulté divers manuscrits , qui pourraiqi^t être considérés wiiime des ouvrages élémentaires difFérents pour la marche , et, à ce que je crais , plij^ complets pour la matière , que ceux qui ont parCi j«âqu'ici sur rjEjnsembie de l'anatomie comparée ^ LETTRE A J. C. MERTRUD. XXllj et tout imparfaite que devait être leur rédaction, il en a couru des copies qui ont été employées utile- ment dans quelques autres cours ^ et même dans quelques ouvrages imprimés : abus très léger, à la vérité, et qui ne m'empêchera point de continuera faire connaître les observations qui me sont propres, à tous ceux qui pourront le désirer, mais suffisant cependant pour que je tâche de m'assurer par l'im- pression ia date et la propriété de quelques-unes. Une raison d'un autre genre a encore contribué à me déterminer à consentir à la publication d'un de ces manuscrits ; c'est le besoin réel où sont la plu- part des élèves qui suivent un cours quelconque, d'avoir un ouvrage qui contienne, dans un ordre convenable, le détail des faits qui en font l'objet ; détail qu'il est presque impossible de rendre avec exactitude dans un débit oral , où Ton se laisse tou- jours emporter davantage aux vue« et aux réflexions propres à captiver l'attention des auditeurs, et où ceux-ci, d'ailleurs, ne pourraient saisir assez rapide- mentces faits, sur-toutquandils sontaussi nombreux et aussi variés que dans l'anatomie comparée. Enfin, j'ai pensé que cette impression pourrait encore être asrréable et utile, non-seulement aux anatomistes qui ne peuvent suivre mes leçons, mais à toutes les personnesqui s'occupent de physiologie et d'iiisloir^ naturelle, etquin'ôiït eu jusqu*^ présent aucun livre (|ui contînt un ensemble systématique sur l'organi- XXiv LETTRE A J. C. MEliTRUD. salion interne des animaux. Quoiqu'on n« puisse et ne doive considérer celui-ci que comme une espèce d'abrégé ou de programme de l'ouvrage auquel je travaille, il n'en est pas moins vrai qu'il contient déjà un ensemble imposant de faits, et qu'il peut servir de base à des recherches ultérieures très mul- tipliées. Peut-être donnera-t-il lieu aux personnes qui s'intéresseront à son objet, de publier les faits neufs ou isolés qui se seront présentés à elles , et qui pourront occuper une place dans le grand plan; peut-être m'indiquera-t-on des vues et des correc- tions importantes 5 en un mot , je ne regretterai point d'avoir livré à la critique un ouvrage imparfait, s'il peut en revenir, par moi ou par d'autres , quelque bien à la science. Ces leçons ont été rédigées , comme le titre l'in- dique , d'après mes démonstrations orales , par l'un de mes plus chers élèves et de mes meilleurs amis , le citoyen Duméril^ dont les talents viennent d'être récompensés par la place importante de chef des travaux anatomiques de l'Ecole de médecine, qui lui a été décernée après un concours solennel. Ayant suivi mes cours pendant quatre ans, il a recueilli si exactement tout ce que j'y ai développé, qu'il aurait été difficile à moi-même de le faire mieux. J^ai revu son manuscrit avec le plus grand soin ; j'ai suppléé partout les faits de détail qui n'étaient point suscep- tibles d'être exposés dans des leçons publiques; j'ai LETTKE A J. C. MERTRUD, XXV rectifié les choses que j'avais pu avancer trop légè- rement; j'ai ajouté ce que mes dissections ou mes lectures m'ont appris depuis que j'ai fait les leçons auxquelles elles se rapportent, et je n'hésite point aujourd'hui à reconnaître cet ouvrage comme le mien, et à avouer toutes les assertions qui y sont contenues* Au reste, ce n'est point de sa plume seulement que le citoyen Daméril a contribué à cet ouvrage. Il m'a toujours secondé dans les nombreuses dissec- tions qu'il m'a fallu faire ; il en a suivi plusieurs d'a- près des vues qui lui étaient propres , et que lui suggéraient ses connaissances étendues en histoire naturelle et en physiologie; et je dois à sa perspica- cité une multitude d'observations piquantes et de faits curieux qui m'auraient échappé. Je dois aussi beaucoup à la complaisance du ci- toyen Rousseau, votre aide-anatomiste au Muséum d'histoire naturelle. Cet homme, aussi modeste qu'in- fatigable, méritera la reconnaissance de tous les ana- tomistes par les travaux pénibles qu'il a exécutés^ sous vos ordres, pour la restauration et l'augmenta- tion de la collection d'analomie; et il m^aurait été impossible, sans lui, de rendre mes leçons dignes de paraître en public. On concevra aisément la nécessité d'un tel secours^ sion réfléchitcombien les dissections ont besoin d'être multipliées pour un ouvrage du genre de celui-ci, et XXVj LETTRE A J. C. MËRTRUD. combien sont rares les occasions de faire celles de certaines espèces. Celui qui ne décrit que le corps humain, travaille tranquillement sur un objet dont il ne lui reste que quelques parcelles à découvrir^ et qu'il peut retrouver chaque fois qu'il veut vérifier ou corriger ses observations. Celui qui s'occupe des ani- maux, lorsqu'il trouve l'occasion d'en disséquer un qui ne Ta point été , est obligé de tout décrire ; si l'espèce est rare , s'il n'a pas î'espoir de la voir plus d'une fois, ni de rien rectifier, il faut qu'il melte plus d'exactitude dans ses recherches, en même temps qu'il en doit faire un plus grand nombre ; il faut alors passer les jours et les nuits dans un travail aussi malsain que fatigant. Aussi la partie purement mécanique des études nécessaires à celui qui se livre à l'anatomie comparée, est- elle si pénible, qu'il serait impossible à un seul homme d'y suffire , s'il n'était secondé par des amis aussi zélés que lui. Ils m'ont été d'autant plus nécessaires, que mes leçons , ainsi que les lecteurs s'en apercevront aisé- ment, sont partout fondées sur l'observation , et que, hors quelques faits sur lesquels j'ai soigneusement allégué mes autorités, j'ai vu par moi-même tout ce que j'avance. C'est ce qui a rendu peu nécessaire, dans l'abrégé actuel , les citations multipliées que je ne négligerai cependant point dans mon grand ou- vrage, car je reconnais qu'il est juste de consacrer liETTRB A J C. MERTRtJD. XXVij {a méiîioire des premiers observateurs d'un fait utile. Ainsi^ dans les endroits où je ne cite personne , je ne prétends nullement être regardé comme inventeur, n>ais je crois devoir être considéré comme une auto- rité à ajouter à celles qui peuvent déjà exister sur les, mêmes faits, î Au reste ^ ce défaut de citations dans les choses qu'il m'a été possible de vérifier moi-même, et que j'ai le plus souvent démontrées publiquement dans mes cours , ou dont les preuves sont déposées dans la collection d'anatomie du Muséum , vient plutôt de ce que ces démonstrations et cette exposition publi- que rendaient toute autre autorité inutile , que de ma négligence à m'enquérir de ce qui avait été fait^ avant moi. Je ne crois pas être resté très en arrière de mes prédécesseurs; et si j'ai cru, dans beaucoup de cas, qu'il était plus aisé de recourir à la nature que de chercher à expliquer les descriptions obscures ouk insuffisantes de plusieurs modernes, ou que de passer plusieurs jours pour rencontrer quelques pierres précieuses , enfouies dans les discussions de philoso- phie scolastique qui remplissent les auteurs du sei- zième siècle , je regarde cette méthode comme un avantage que mon heureuse position me procurait > en me dispensant d'avoir recours à la compilation, et point du tout comme un sujet de reproche. Ce qui m'a sur-tout guéri de l'envie de construire avec des r^atériaux étrangers, ce sont les résultats XXX JLETTRE A J. C. MERTRUD. à l'autre les recherches qu'elle doit faire. Aussi, sans parler de Daubentoii et de Pallas, également placés au premier rang dans l'une comme dans l'au- tre science, je suis redevable de beaucoup de vues, et sur-tout de plus de régularité d^ns ma marche , aux nouveaux zoologistes, parmi lesquels je dois sur-tout nommer Ray, Klein, Linné, Buffon, Lacé- pède, Lamarck, Bloch^ Fabricius, Latreille, et tous ceux qui ont tenté par difFérentes voies de s'appro- cher decetteméthode naturelle unique> qui doitfairc le but de tous les efforts des naturalistes, quoiqu'elle soit peut-être la pierre philosophaîe de leur art. Quelques-uns de ces hommes célèbres m'honorant de leur amitié , je n'ai pas moins profité de leur conversation que de leurs écrits; et plusieurs de mes idées ont pris leur source dans lesleurs^ dont je me suis tellement nourri, que j'aurais souvent peine à reconnaître ce que je dois plus particulière- ment à chacun d'eux. J'ai cherché à me rapprocher un peu plus de cette méthode naturelle^ dans les tableaux qui sont dans ce volume , que je ne l'avais fait dans les éléments de zoologie : et je crois avoir fait dans la distribution des animaux plusieurs changements avantageux, dont je dois aussi une partie aux recherches des hommes que je viens de nommer; ainsi on recon- naîtra sans peine que j'ai profité du travail du ci- toyen Lacépède sur les oiseaux et sui^ les mammi- LETTtlE A J. C. MEUTRUD. XXX j fères , et de celui du citojen Lamarck sur les testa- cés, et que la division des reptiles est celle qu'à pro- posée récemment le citojen Brongniart. (i) Vous reconnaîtrez, sans doute, dans ces aveux, le désir de rendre un témoignage éclatant de re- connaissance à tous ceux dont les idées ou les tra- vaux m'ont été utiles; mais je souhaite encore plus, que vous y voyiez celui d'encourager et d'entretenir cet esprit communicatiF, si noble, si touchant^ qui règne aujourd'hui parmi la plupart des naturalistes. Occupés de défricher ensemble le vaste champ de la nature, ils sont, pour ainsi dire ^ en communauté de travaux et de succès; et pourvu qu'une décou- verte soit faite , il leur importe peu qui , d'eux ou de leurs amis, y attachera son nom. Je me repose;, d'ailleurs^ sur le jugement des person- nes instruites en anatomie, pour discerner les obser- vations qui me sont absolument propres ; et j'espère qu'on les trouvera assez nombreuses pour me justi- fier d'avoir consenti à l'impression prématurée de ces leçons. Il m'est d'autant plus permis d'exprimer cet espoir, que je n'ai d'autre mérite, à cet égard, que celui d'avoir profité d'une position favorable. Ce n'est point dans la partie qui concerne le corps (i) Ces tableausj devenus inutiles parla publicaùun du Règne animal, ont e'ié supprimes. XXXÎj LETTRE A J. C. MEÎITRUD. humain que j'ai pu prétendre à donner des obser- vations neuves , je n'en ai dit que ce quiest néces- saire pour en rappeler l'idée au lecteur : et quoique mes descriptions soient faites sur le cadavre , à Tex- ception de quelques détails de névrologie pour les- quels j'ai suivi Sabattier et Sœmmering , elles ne diffèrent de celles de mes prédécesseurs que par ^expression. Le citoyen Duméril a inséré presque partout sa nouvelle nomenclature, qui est analogue à celle qu'avait proposée le citoyen Cliaiissier, et qu'ont modifiée, chacun à leur manière, les citoyens Du- mas et Girard. Sans attacher à cet objet une grande importance, il sera cependant intéressant que les anatomistes conviennent de quelque fixation dans leur idiome. La physiologie n'occupe aussi qu'une place acces- soire : je n'en ai inséré quelque chose , que pour di- minuer un peu la sécheresse des détails anatomiques, et pour indiquer diverses vues que l'anatomie com- parée peut lui fournir. C'est dans le même esprit que j'ai cité des traits qui n'appartiennent qu'à l'histoire naturelle propre- ment dite : il s'agissait presque toujours de rappeler au lecteur quelque fait propre à appuyer les théo- ries anatomiques, ou d'indiquer quelques corrections que les observations d'anatomie comparée rendent nécessaires dans les distributions méthodiques. LETT15E A J. C, IV1ERTRUD, XXXiij Tels sont les motifs qui m'ont dirigé dans la pu- blication de ces leçons. Il ne me reste qn'à expri- mer le désir que les naturalistes ne m'accusent point d'y avoir cédé trop tôt, et que Touvrage leur paraisse assez utile pour les engager à me pardonner les im. perfections qui s'y trouvent encore. Aceordez-moi en particulier l'indulgence que mé- ritent, si non l'importance de mon travail, du moins les sentiments respectueux et sincères avec lesquels vous l'offre votre disciple et votre ami. Au Jardin des Plantes , le 28 ventôse nn 8. 1» LEÇONS D'ANATOMÏE COxMPAÎlEE. PREMIERE UaçOX. CONSIDERA.TIONS PRELIMINAIRES SUR L'ÉCONOMIE ANIMALE. er ARTICLE I ESQUISSE GÉNÉRALE DES FONCTIONS QUI s'exERGENT DANS LE CORPS ANIMAL. L'idée de Li vie est une de ces idées générales et obscures produites en nous par certaines suites de phé- nomènes que nous voyons se succéder dans un ordre constant et se tenir par des rapports mutuels. Quoi- que nous ignorions la nature du lien qui les unit, nous sentons que ce lien doit exister, et cela nous suffit pour nous les faire désigner par un nom que bientôt le vulgaire regarde comme le signe d'un principe par- ticulier, quoique en effet ce nom ne puisse jamais indi- I. l l"^" LEÇON. FXONOMIE AKIMALE. qiier que l'ensemble des phénomènes qui ont donné lieu à sa formation. Ainsi ^ noire propre corps, et plusieurs autres qui ont avec lui des rapports de forme et de structure plus ou moins marqués, paraissant résister pendant un certain temps aux lois qui gouvernent les corps bruts , et même ag^ir sur tout ce qui les environne , d'une manière entièrement contraire à ces lois, nous em- ployons les noms de vie et de forc-e vitale pour dési- gner ces exceptions, au moins apparentes, aux lois gé- nérales. C'est donc en déterminant exactement en quoi ces exceptions consistent, que nous fixerons le sens de ces mots. Considérons pour cet effet les corps dont je viens de parler, dans leurs rapports actifs et passifs avec le reste de la nature. Examinons, par exemple, le corps d'une femme dans l'état de jeunesse et de santé : ces formes arron- dies et voluptueuses, cette souplesse gracieuse de mou- Yements, cette douce chaleurj ces joues teintes des roses de la volupté, ces yeux brillants de Fétincelie de 1 amour ou du feu du génie, cette physionomie égayée par les saillies de l'esprit , ou animée par le feu des passions : tout semble se réunir pour en faire un être enchanteur. Un instant suffit pour détruire ce pres- tige. Souvent, sans aucune cause apparente, le mou- vement et le sentiment viennent à cesser; le corps perd sa chaleur, les muscles s'affaissent et laissent paraître les saillies anguleuses des os ; les yeux deviennent ter- nes, les joues et les lèvres livides. Ce ne sont-là que les préludes de changements plus horribles : les chairs passent au bîeu^ au vert, au noir^ elles attirent riiu- midité^ et pendant qu'une portion s'évapoi^e en éma- ART, 1, FOISCTIOINS ORGANIQUES. O nations infectes^ une autre s'écoule en une sanie pu- tride^ qui ne tarde pas à se dissiper aussi , en un mot, au bout d'un petit nombre de jours ^ il ne reste plus que quelques principes terreux ou salins; les autres éléments se sont dispersés dans les airs et dans les eaux pour entrer dans de nouvelles combinaisons. Il est clair que cette séparation est l'effet naturel de Inaction de l'air, de l'humidité , de la chaleur, en un mot, de tous les corps extérieurs sur le corps mort , et qu'elle a sa cause dans l'attraction élective de ces di- vers agents pour les éléments qui le composaient. Ce- pendant ce corps en était également entouré pendant sa vie, leurs affinités pour ses molécules étaient les mêmes et celles-ci y eussent cédé également , si elles n'avaient pas été retenues ensemble par une force su- périeure à ces affinités, qui n'a cessé d'agir sur elle qu'à l'instant de la mort. Voilà de tous les phénomènes dont les idées parti- culières entrent dans l'idée générale de la vie, celui qui paraît d'abord en constituer l'essence, puisque nous ne pouvons concevoir la vie sans lui, et qu'il existe évidemment sans interruption jusqu'à l'instant de la mort. Mais l'étude suivie d'un corps vivant quelconque nous montre bientôt que cette force qui retient en- semble les molécules malgré les forces extérieures qui tendent à les séparer, ne borne pas son activité à ce résultat tranquille , et que sa sphère s'étend au-delà des limites du corps vivant lui-même. Il ne paraît pas du moins que cette force diffère de celle qui attire de nou- velles molécules pour les intercaler entre celles qui existaient déjà ; et cette action du corps vivant pour 1. 4 l^" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE, attirer les molécules environnaDtes n'est pas moins continuelle que celle qu'il exerce pour retenir les siennes propres; car, outre que l'absorption des ma- tières alimentaires, et leur passage clans le fluide nour- ricier et par lui à toutes les parties, ne souffrent guère d'interruption, et se continuent d'un repas à l'autre^ il y a une autre absorption qui se fait continuellement à la surface extérieure, et une troisième qui a lieu par l'effet de la respiration. Ces deux dernières sont même les seules qui existent dans tous les corps vivants qui ne digèrent pas, c'est-à-dire dans toutes les plantes. Or, comme nous voyons que les corps vivants ne crois- sent pas indéfiniment, mais que la nature a assigné à chacun d'eux des limites qu'il ne peut dépasser, nous sommes obligés d'en conclure, qu'ils perdent d'un côté au moins une grande partie de ce qu'ils reçoivent de l'autre. Et en elfet, une observation attentive a appris que la transpiration et une multitude d'autres voies leur enlèvent continuellement de leur substance. Ainsi doit se modifier l'idée que nous nous étions formée d'abord du principal phénomène de la vie : au lieu d'une union constante dans les molécules, nous devons y voir une circulation continuelle du dehors au dedans, et du dedans au dehors, constamment entre- tenue et cependant fixée entre certaines limites. Les corps vivants doivent donc être considérés comme des espèces de foyers dans lesquels les substances mortes sont portées successivement pour s'y combiner entre elles de diverses manières, pour y tenir une place et y exercer une action déterminée par la nature des com- binaisons où elles sont entrées, et pour s'en échapper un jour afin de rentrer sous les lois de la nature morte. ART. f\ FONGTlOiNS OaC AjNiQUliii. 5 Seulement il faut observer qu'il y a une différence, tlépendante de Tâge et. de la santé, dans la propor- tion des parties qui entrent dans ce torrent, et de celles qui en sortent, et que la vitesse du mouvement général varie également selon les différents états de chaque corps vivant. Il paraît même k{ue la vie s'arrête par des causes semblables à celles qui interrompent tous les autres mouvements connus, et que le durcissement des fibres et Fobstruction des vaisseaux rendraient la mort une suite nécessaire de la vie, comme le repos est celle de tout mouvement qui ne se fait pas dans le vide, quand même linstant n'en serait pas prévenu par une mul- titude de causes étrangères au corps vivant. Ce mouvement générai et conimun de toutes les parties est tellement ce qui fait l'essence de la vie, que les parties que l'on sépare d'un corps vivant ne tardent pas à mourir , parce qu'elles n'ont point elles- mêmes de mouvement propre, et ne font que participer au mouvement général que produit leur réunion ; en sorte que, selon l'expression de Kant, la raison de la manière d'être de chaque partie d'un corps vivant ré- side dans l'ensemble , tandis que , dans les corps bruts, chaque partie l'a en elle-même. Cette nature de la vie une fois bien reconnue par le plus constant de ses effets, il était naturel qu'on recherchât quelle est son origine et comment elle est communiquée aux corps qu'elle doit animer. On est remonté à l'enfance des corps vivants : on a cherché à se rapprocher le plus qu'il a été possible de l'.^ns- tant de leur formation : mais on ne les a jamais aper- çus que jouissant déjà de cette force vitale, produi- 6 I^"^ LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. o saiit déjà ce mouvement de tourbillon dont on voulait connaître la première cause. En effet, la vie suppose l'être vivant^ comme l'at- tribut suppose le sujet. Quelque faibles que soient les parties d'un fœtus ou d'une graine dans les premiers instants où il nous est possible de les apercevoir, quelque différente que soit leur première forme de ce qu'elle doit devenir un jour , ils exercent cependant dès lors une véritable vie , et ils ont déjà en eux le germe de tous les phénomènes que cette vie doit dé- velopper par la suite. Mais ce qui n'est pas moins gé- néralement constant^ c'est qu'il n'est aucun de ces corps qui n'ait fait autrefois partie d'un corps sem- blable à lui ^ dont il s'est détaché; tous ont parti- cipe à la vie d'un autre corps avant d'exercer par eux-mêmes le mouvement vital; et c'est même par i'effet de la force vitale des corps auxquels ils ap- partenaient alors , qu'ils se sont développés au point de devenir susceptibles d'une vie isolée: car, quoi- que plusieurs espèces aient besoin ^ pour produire ? de Faction particulière de l'accouplement^ il en est beaucoup qui produisent sans cela 3 ainsi cet accou- plement n'est qu'une circonstance particulière dans certains cas , qui ne change point la nature essen- tielle de la génération. Quelques efforts que l'on ait faits pour produire des corps vivants ^ ou pour prou- ver que la nature en produit en certaines circonstances par d'autres voies, ces efforts ont été vains, ou se sont réduits, en dernière analyse , àr -des hypothèses sans preuves. Le mouvement propre aux corps vivants n'a doue réellement son origine que dans celui de leurs parents ; c'est d'eux qu'ils ont reçu l'impul- ART. 1". FONCTfONS ORGANIQUES. 7 sion vitale; leur naissance n'est qu'une individuali- sation; en un mot ;, dans Tétat actuel des choses, la vie ne naît que de la vie^ et il n'en existe d'autre que celle qui a été transmise de corps vivants en corps vivants j par une succession non interrompue. INe pouvant donc remonter à la première origine des corps vivants, nous n'avons de ressources pour chercher des lumières sur la vraie nature des forces qui les animent^ que dans Texamen delà composition de ces corps, c'est-à-dire de leur tissu et du mélange de leurs éléments: car, quoiqu'il soit vrai de dire que ce tissu et ce mélange sont en quelque façon le résultat de l'action des forces vitales qui leur ont donné l'être et qui les ont maintenus, il est clair aussi que ces forces ne peuvent avoir que là leur source et leur fon- dement; et si la première réunion de ces éle'ments mé- caniques et chimiques d'un corps vivant quelconque a été effectuée par la force vitale du corps duquel il descend , on doit trouver en lui une force semblable et le^ causes de cette force , puisqu'il exercera une action pareille en faveur des corps qui doivent des- cendre de lui. Mais cette composition des corps vivants nous est trop imparfaitement connue , pour que nous puis- sions en déduire clairement les effets qu'ils nous pré- sentent. Nous voyons qu'en général ils sont composés de fibres, de lamelles, ou de globules qui, diversement combinés, font la base de tous leurs tissus, tant de ceux qui ont de Tépaisseur en tout sens, que de ceux qui représentent eux-mêmes des lames et des filaments. jNous avons décomposé jusqu'à un certain point ces tissus dans leurs éléments organiques; nous connaissons 8 I*^*" LECOK. ÉCONOMIE ANIMALE. * o les formes , la consistance , la position des solides qui en sont formés, les ramifications les plus considérables des vaisseaux qui les parcourent, la direction des fluides que ces vaisseaux contiennent ; nous en sui- vons les branches les plus délicates; mais leurs der- nières terminaisons échappent à nos instruments. De même, nous connaissons les caractères chimiques des fluides les plus apparents, ainsi que des substances concrètes ; nous en avons fait bien des analyses ; mais, non-seulement ces analyses soutirés imparfaites, puis- que nous ne pouvons recomposer les substances qui en sont Tobjet; les phénomènes nous démontrent en- core qu'il doit exister plusieurs fluides qu'il nous est jusqu'à présent impossible de saisir ; et les découvertes les plus récentes sur l'électricité galvanique sont bien loin de satisfaire à toutes les questions de la science. On aurait donc tort de s'appuyer sur l'inutilité des efforts que les physiciens ont faits jusqu'ici, pour lier les phénomènes des corps vivants aux lois générales delà nature, et d'en conclure que ces phénomènes sont absolument d'un ordre différent. Mais, d'un autre côté, il serait téméraire d'entre- prendre de nouveau cette tâche : tant que nous n'au- rons que des connaissances si bornées des corps dans lesquels ces phénomènes se manifestent, nous ne pourrons en donner qu'une exposition empirique , et non un système raisonné ; et tous nos travaux sur l'économie organique se réduiront à en faire l'histoire. Cependant, si nos connaissances sur la composition des corps vivants ne suffisent pas pour l'explication des faits qu'ils nous présentent, nous pouvons du moins les employer pour re^^onnaître ces corps, même ART. r*. FONCTIONS ORGANIQUES. Q hors de leur action, et pour en distingjuer les débris longAenips après leur mort^; car nous ne trouvons dans aucun des corps bruts ce tissu fibreux ou cellu- laire , ni cette multiplicité d'éléments volatils qui forment les caractères de l'organisation et des corps organisés ^ soit qu'ils vivent actuellement, soit qu'ils aient vécu. Ainsi, tandis que les solides bruts ne se composent que de molécules polyèdres qui s'attirent par leurs fa- cettes et ne s'écartent que pour se séparer, qu'ils ne se résolvent qu'en un nombre très borné de substances élémentaires pour nos instruments, qu'ils ne se forment que de la combinaison de ces substances et de 1 a (agré- gation de ces molécules, qu'ils ne croissent que par la juxta-position de molécules nouvelles qui viennent envelopper par leurs couches la masse des premières , et qu'ils ne se détruisent que lorsque quelque ag;ent mécanique vient en séparer les parties , ou que quelque agent chimique vient en altérer les combinaisons j les corps organisés tissus de fibres, de lames et de globules dont les intervalles sont remplis de fluides, se résol- vent presque entièrement en substances volatiles, ne naissent que sur des corps semblables à eux, et ne s'en séparent que lorsqu'ils sont assez développés pour agir par leurs propres forces, altèrent continuellement les substances étrangères^ et en exhalant une partie, s'as- sîmilant l'autre, l'intercalant entre leurs propres mo- lécules, croissent par une force intérieure et périssent enfin par l'aciion continuée de cette force , par l'effet même de leur vie. ^ L'origine par génération , l'accroissement par niitri- iion ^ la fin par uiie véritable mort ^ tels sont donc les lO l" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. caractères généraux et communs à tous les corps orga- nisés : maïs si plusieurs de ces corps n'exercent que ces fonctions là et celles qui en sont les accessoires, et n'ont que les organes nécessaires à leur exercice , il en est un grand nombre d'autres qui remplissent des fonc- tions particulières, lesauelles non-seulement exigent des organes qui leur soient appropriés, mais encore modifient nécessairement la manière dont les fonctions générales sont exercées et les organes qui sont propres à ces fonctions. ^ De toutes ces facultés moins générales, qui suppo- sent Forganisatioo , mais qui n'en sont pas des suites nécessaires, la faculté de sentir et celle de se mouvoir à volonté, en tout ou en partie, sont les plus remar- quables, et celles qui ont la plus grande influence dans la détermination des autres fonctions. Nous avons la conscience que ces facultés existent en nous , et nous les attribuons , par analogie et d'après les apparences, à un grand nombre d'autres êlres que nous nommons à cause de cela, les êtres animés ^ ou, d'an seul mot, les animaux. Ces deux facultés paraissent être nécessairement liées. D'abord , l'idée même de mouvemeut volontaire contient en elle celle âe. sensibilité :. car on ne conçoit point de volonté sans désir et sans sentiment de plaisir ou de peine. Il peut bien exister des corps qui, quoi- que inanimés, manifestent à l'extérieur des mouve- ments produits par un principe interne ; mais ces mouvements sont de même nature que tous ceux qui constituent les fondions essentielles de la vie, et ne peuvent mériter le nom de volontaires. D'un autre côté, la bonté avec laquelle la nature a ART. 1 . FONCTIONS ORGANIQUES. iJ traité toutes ses productions, ne nous permet guère de croire qu'elle ait privé des êtres susceptibles de sensa- tions , c'est-à-dire de plaisir et de peine , du pouvoir de fuir Tune et de tendre vers l'autre jusqu^à un cer- tain point; et si, parmi les malheurs trop réels qui affligent notre espèce , un des plus touchants est celui de l'homme de cœur qu'une force supérieure retient dans l'impuissance de résister à l'oppression, les fic- tions poétiques les plus propres à exciter notre pitié sont celles qui nous représentent des êtres sensibles en- fermés dans des corps immobiles: et les pleurs de Clo- rinde, sortant avec son sang du tronc d'un cyprès, devaient arrêter les coups de l'homme le plus fa- rouche. Mais, indépendamment de la chaîne qui lie ces deux facultés, et du double appareil d'organes qu'elles exi- gent, elles entraînent encore à leur suite plusieurs mo- difications dans les facultés communes à tous les corps organisés; et ces modifications^ jointes aux deux facul- tés propres , sont ce qui constitue plus particulièrement la nature des animaux. Par exemple , pour ce qui concerne la nutrition, les végétaux, qui sont attachés au sol, absorbent immé- diatement par leurs racines les parties nutritives des fluides qui Fimbibent : ces racines subdivisées à l'infini, pénètrent dans les moindres intervalles, et, vont pour ainsi dire, chercher au loin la nourriture de la plante à laquelle elles appartiennent; leur action est tran- quille , continue , et ne s'interrompt que lorsque la sécheresse les prive des sucs qui leur sont nécessaires. Les animaux, au contraire, qui ne sont point fixés, et qui changent souvent de lieu, devaient pouvoir T3 î'* LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. transporter avec eux la provision de sucs nécessaires à leur nutrition ; aussi ont-ils reçu une cavité intérieure où ils placent les matières qui doivent leur servir d'ali- ments, et dans les parois de laquelle s'ouvrent des pores ou des vaisseaux absorbants, qui sont, selon l'expres- sion énergique deBoerhaave, de véritables racines in- térieures. La grandeur de cette cavité el de ses orifices permettait à plusieurs animaux d'y introduire des substances solides. Il leur a fallu des instruments pour les diviser, des liqueurs pour les dissoudre : en un mot, la nutrition n'a plus commencé immédiatement par l'absorption de substances telles que le sol ou l'atmos- phère jes fournissait; il a fallu qu'elle fut précédée d'une multitude d'opérations préparatoires, dont Fen- semble constitue la digestion. Ainsi , la digestion est une fonction d'un ordre se- condaire, propre aux animaux , et dont l'existence^ ainsi que celle de la cavité alimentaire dans laquelle elle s'opère, est nécessitée chez eux par la faculté qu'ils ont de se mouvoir volontairement ; mais ce n'en est pas la seule conséquence. Les végétaux ayant peu de facultés , ont une orga- nisation très simple; presque toutes leurs parties sont composées de fibres parallèles ou peu divergentes. De plus, leur position fixe permettait que le mouve- ment général de leur fluide nourricier fut entre- tenu par les simples agents extérieurs : aussi, paraît-il qu'il se porte de bas en haut , par l'effet de la succion de leur tissu spongieux ou capillaire , et de l'évaporation qui se fait à leur cime, et que son mouvement^ dans ce sens, est d'autant plus rapide, que cette évaporation est ])lu8 grande, qu'il peut même devenir rétro^^rade AI\T. t . FOWCTIOî^S ORGAINJQUES. lÙ lorsqu'elle vient à cesser on à se changer en absorption par la fraicheiu' et Fliumidité de Tair. Non-seulement les animaux , destinés à changer continuellement de lieu et à se trouver dans toutes sorteo de situations et de températures, doivent avoir en eux-mêmes un principe actif de mouvement pour leur fluide nourricier, mais leurs facultés plus nom- breuses et plus développées, exigeant une complication d'organes beaucoup plus grande, leurs diverses parties étant très composées, souvent très divergentes, pou- vant même varier leurs positions et leurs directions respectives, il fallait, pour porter ce fluide dans des détours si multipliés, des moyens plus puissants et autrement disposés que dans les végétaux. Aussi, dans la plupart des animaux, est-il contenu dans des canaux innombrables, qui sont tous des rami- fications de deux troncs communiquant ensemble, de manière que l'un reçoit dans ses racines le fluide que l'autre a poussé dans ses branches, et le rapporte au centre d'où il doit être chassé de nouveau. C'est à cet endroit où les deux grands troncs commu- niquent qu'est placé le cœur, qui n'est autre chose qu'un organe dont les contractions poussent avec violence ce fluide dans tous les rameaux du tronc artériel; car il y a, aux deux orifices du^cœur, des soupapes disposées de manière que le fluide contenu dans tout le système vas- culaire, ne peut marcher que dans le sens que nous venons d'indiquer, c'est-à-dire du cœur vers les par- ties par les artères y et des parties au cœur par les '^veines. C'est dans ce mouvement de rotation que consiste la circulation du sang, qui est, comme on le voit, une l4. l'^^ LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. autre fonction d'un ordre secondaire propre aux ani- maux, et dont le cœur est l'arjent principal et le régu- lateur : mais cette fonction est moins nécessairement liée à la faculté de sentir et de mouvoir, que ne l'est la digestion ; car nous verrons que deux classes nom- breuses d'animaux sont entièrement privées de circu- lation dans des vaisseaux clos, et se nourrissent à la manière des végétaux, par la simple inibibilion d'un fluide qui baigne toutes leurs parties, quels que soient cf ailleurs les mouvements imprimés à ce fluide. Dans ceux qui ont une circulation, le sang paraît n'être qu'un véhicule qui reçoit continuellement, de la cavité alimentaire, de la surface extérieure du corps et des poumons, des substances diverses qu'il s'incorpore d'une manière intime , et par lesquelles il remplace celles cm'iï fournit à toutes les parties pour leur conser- vation et pour leur accroissement. C'est lors de son pas- sage aux dernières extrémités des artères^ que le sang opère la véritable nutrition des parties; aussi change- t-il , dans ce passage , de nature et de couleur, et ce n'est que par l'accession des diverses substances que je viens d'indiquer, que le sang veineux redevient propre à la nutrition, ou, en un seul mot, redevient du ^^^^g^ artériel. C'est par des vaisseaux particuliers nommés l/m^ pîïaticjues , que le sang veineux reçoit la plupart des substances que la peau et ïe canal alimentaire lui four- nissent; il reçoit aussi par eux le résidu même delà nu- trition , et les nioîécules qui se détachent des différentes parties pour être traEsniises hors du corps par les diffé- rents couloirs ; mais les veines elles-mêmes remplissent aussi à quelques égards cet office, et qui plus est, elles ART. 1*^'. FONCTIONS 0RGAN10U1?S. l5 paraissent en être chargées seules dans ceux des ani- maux non vertébrés , dans lesquels il existe une circu- lation; du moins , n'y a-t-on encore découvert rien qui ressemble à des vaisseaux Ijmphatiques. Quant aux organes respiratoires , l'air qui y parvient exerce sur le sang veineux une action qui a de grands rapports avec la combustion, et dont il paraît que tous les corps organisés ont besoin pour vivre; car elle a lieu dans tous j quoique de manières fort différentes. Les végétaux et les animaux sans circulation respi- rent ( c'est le nom que porte cette action de Fair sur le fluide nourricier) par toute leur surface y ou par des vaisseaux qui introduisent l'aîr dans les divers points de l'intérieur de leur corps. Il n'y a que les animaux à circulation véritable ^ qui respirent par un organe parti- culier, parce que le sang venant, chez eux, d'une source commune, qui est le cœur, et y retournant sans cesse ^ les vaisseaux qui le contiennent ont pu être tel- lement disposés, qu'il ne se rendit aux autres parties , qu'après avoir passé par l'organe respiratoire ; ce qui ne pouvait avoir lieu dans ceux où ce fluide est répandu partout d'une manière uniforme, sans être contenu dans des vaisseaux. Ainsi , la respiration pulmonaire ou branchiale esù^ une fonction d'un troisième ordre, dont Fexistence dé- pend de celle de la circulation , et qui est une suite éloi- gnée des facultés qui caractérisent les animaux. Il n'est pas jusqu'à la génération, dont le mode, dans les animaux , ne soit dépendant de leurs facultés par- ticulières , du moins pour ce qui concerne la féconda- tion des germes; car la faculté qu'ils ont de se mouvoir ■ et de se porter l'un vers l'autre, de désirer et de sentir. l6 l"^ LEÇON. l'CONOÎVIIE AINIMALE. a permis de lenr accorder toutes les jouissances de fa- mour : et quant à la partie purement mécanique, leur fluide spermatique a pu rester à nu , et être porté im- médiatement sur les germes; tandis que les végétaux, qui n'ont par eux-mêmes aucun moyen de lancer ce fluide , il a fallu qu'il fut renfermé dans de petites cap- suies, susceptibles d'être transportées par les vents, et qui forment ce qu'on nomme la poussière des étamines. Ainsi , pendant que , pour la plupart des autres fonc- tions , les animaux ont reçu des appareils plus compli- qués, à cause des facultés qui leur sont particulières, ces mêmes facultés ont permis que celle-ci s'exerçât chez eux d'une manière plus simple que dans les végé- taux. Ces exemples montrent combien le seules facultés de sentir et de se mouvoir, que les animaux ont reçues de plus que les végétaux, ont l'influence sur les modifi- cations de celles qui sont communes à ces deux sortes d'êtres. La comparaison que nous ferons dans la suite des divers ordres d'animaux, nous montrera de même que les modificationsde chacune de leurs fonctions princi- pales exercent une influencepareillesurtouteslesautres, tant il y a de liaison entre toutes les parties d'un corps vivant quelconque, et, par conséquent, tant l'ensem- ble et rharmonie y sont nécessaires. Ainsi, l'on voit que les fonctions qui composent l'économie animale peuvent se rapporter à trois ordres. Il en est qui constituent les animaux ce qu'ils sont , qui les rendent propres à remplir le rôle que la nature leur a assigné dans l'arrangement -général de l'univers, en un mot, qui seraient suffisantes pour les faire exister, si leur existence ne devait être que mo- Atï. ï . rONCTlONS OHGÀWIQUKS, ly mentanée. Ce sont la faculté de sentir et celle de se mouvoir^ celle-ci les met eu état d^exécuter certaines actions, et l'autre les détermine pour telle ou telle des actions dont ils sont capables. Chacun d'eux peut être considéré comme une machine partielle, coordonnée à toutes les autres machines dont l'ensemble forme ce monde ; les organes du mouvement en sont les rouages, les leviers, en un mot toutes les parties passives; mais le principe actif, le ressort qui donne l'impul- sion à toutes les autres parties, réside uniquement dans la faculté sensitive , sans laquelle l'animal , plongé dans un sommeil continuel ;, serait réduit à un état purement végétatif : aussi la plante elle-même pourrait être appelée, comme l'a ditBuffon , un animal qui dort. Ces deux fonctions forment le premier ordre, et portent le nom de fonctions animales. Mais les machines animales ont de plus que celles que nous construisons, un principe intérieur d'entre- tien et de réparation : il consiste dans l'ensemble des fonctions qui servent à nourrir le corps, c'est-à- dire la digestion y V absorption, la circulation , la respira- tion , la transpiration et les excrétions ; elles forment le second ordre , et portent le nom de fonctions vitales. Enfin ^ la durée de chaque animal étant déterminée selon son espèce, la gynération est une fonction d'un troisième ordre , destinée à faire remplacer les indi- vidus qui périssent par des individus nouveaux, et à maintenir Texistence de chaque espèce. Après avoir considéré ces fonctions en elles-mêmes et dans leurs rapports réciproques, examinons les organes par lesquels ellçs s'exercent. r* 18 ï LEÇON. ECONOMIE Aî^IMALEv ARTICLE IL IDÉE GÉNÉRALE DES OÎIGAINES DU CORPS ANIMAL , DE LEURS ÉLÉMENTS ET DE LEUR MANIÈRE d'aGIR. Aucune partie du corps animal n'est entièrement composée de molécules solides ; toutes donnent des fluides par l'expression, ou en perdent par l'exsicca- tion : aussi présentent-elles toutes un tissu plus ou moins spongieux, plus ou moins aréolaire , ou sem- blable à des mailles. La division mécanique des solides conduit toujours, en dernier résultat, à de petites lames, ou à des fila- ments, lesquels se résolvent à leur tour en globules qui en sont, en quelque sorte, les molécules élémen- taires; les derniers, les plus simples des animaux, semblent seuls ne consister qu'en une sorte de gelée remplie de globules plus opaques. Dans les animaux supérieurs, lorsque les petites lames sont écartées , et qu'elles interceptent des vides sensibles, elles forment ce qu'on nomme delà cellulosité. Non-seulement cette cellulpsité enveloppe et pénètre les parties les plus denses, mais elle paraît presque toujours en former la base; car les membranes ne consistent fondamentale- ment qu'en une cellulosité plus serrée, dont les lames sont plus rapprochées et plus exactement couchées les unes sur le& autres, et la macération les résout en une cellulosité ordinaire. Les vaisseaux ne sont que des membranes contournées en cylindres; et toutes les* AllT lE. STRUCTURE DES ORGA.NES. l6 parties molles du corps , si on en exce pte peut-être les fibres élémentaires et la matière m édullaire , semblent être un assemblage de vaisseeux, et ne différer entre elles que par la nature des fluides que ces vaisseaux contiennent, par leur nombre, leur direction , leurs entrelacements et la consistance de leurs parois. L'analyse chimique de ces substances, tant solides que fluides, nous y démontre en définitive un assez petit nombre de principes qui se trouvent presque tous dans chacune d'elles , quoique dans des propor- tions très différentes. Quelques terres, quelques sels, le phosphore, le carbone, l'azote, l'hydrogène, l'oxi- gëne, un peu de soufre, un peu de fer, combinés d'un grand nombre de manières, produisent divers composés, comme la gélatine, l'albumine, la fibrine, etc., qui sont les principes immédiats des solides et des fluides animaux tels que nous les connaissons ; mais tout éloignés que nous sommes d'une analyse complète, puisque nous ne pouvons pas reproduire ces principes immédiats, nous voyons assez, non- seulement que nous altérons ces composés par nos expériences, mais encore que plusieurs de leurs élé- ments échappent tout-à- fait à nos instruments. Déplus il n'est pas même en notre pouvoir de faire prendre directement à ces substances les formes matérielles qu'elles présentent dans les organes qui en sont com- posés. De la gélatine extraite par la chimie ne devien- dra ni de la celiulosité ni de la fibre tendineuse; de la fibrine ne deviendra pas de la fibre musculaire. Il faut l'action organique non-seulement pour les produire, mais pour en mouler les particules comme elles le sout dans le corps ; ce n'est pas une illusion, que l'on 2. âO I*^* LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. a cru pouvoir former de véritables fibres par l'action de la pile galvanique sur le sérum du sang. La substance par le moyen de laquelle s'exerce la faculté de sentir, est la substance médullaire. Dans tous les animaux où nous pouvons la distinguer, c'est une matière molle, blanche, résoluble en glo- bules ; elle forme ou des masses ou des filets aui , partant de ces masses ou y aboutissant, se distribuent au plus grand nombre des parties du corps et se lient entre eux de diverses manières, et forment souvent aux points de rencontre des nœuds et des réseaux. Ces filets sont les nerfs dans les animaux supérieurs: les masses portent les noms d'encéphale et de moelle épinière, les nœuds celui de ganglions, les réseaux celui de plexus. Le nerf touché immédiatement par un corps étran- ger, nous fait sentir de la douleur, quoique son contact avec les parties du corps qui lui sont naturellement contiguës , n'ait point d'effet sensible dans l'état de santé. Ceux des nerfs par lesquels nous avons la sen- sation des objets extérieurs , sont pourvus à leurs extré- mités d'organes disposés chacun d'une façon particu- lière, et qui sont toujours dans un rapport admirable avec la nature des objets que chacun de ces sens doit nous faire connaître. L'agent direct du mouvement est la fibre charnue ou musculaire. Cette fibre se contracte en se plissant, en se fronçant par l'empire de la volonté; mais la volonté n'exerce ce pouvoir que par l'intermède du nerf. Il n'est aucune fibre charnue qui ne reçoive un filet nerveux , et l'obéissance de la fibre cesse lorsque Ja comipunication de ce filet avec le reste du système JLRT. U. «TRUCTURB DES ORGANKS. SI nerveux est interrompue. Certains ag^ents extérieurs immédiatement appliqués sur la fibre , la font aussi se contracter, et ils conservent leur action sur elle-même après la section de son nerf j, ou sa séparation totale du corps, pendant un temps plus ou moins long, selon les espèces d'animaux. Cette faculté de la fibre est ce que Ton nomme son irritabilité. Dépend-elle encore, après la séparation, delà portion nerveuse qui est demeurée dans la fibre et qui en fait toujours partie essentielle? ou bien l'action de la volonté elle- même n'est-elle qu'un cas particulier et l'effet d'une action irritante du nerf sur la faculté inhérente à la fibre? Cette dernière opinion est celle de Haller et de son école ; mais chaque jour semble ajouter à la vrai- semblance de l'opinion opposée. Ce qui paraît certain , d'après les expériences récentes , c'est que les nerfs ont une portion qui trans- met les ordres de la volonté, et qui, dans les ani- maux supérieurs , n'a pas la même orix^ine que celle qui donne les sensations ; il y a aussi des nerfs pure- ment sensitifs qui se rendent à des fibres irritables, mais non volontaires. Toutes les parties intérieures du corps soumises ou non àla volonté, qui doivent produire quelque compression sur les substances qu'elles con- tiennent , ont leurs parois garnies de fibres charnues, et reçoivent des filets nerveux; tels sont les intestins, le cœur, le diaphragme, etc. Beaucoup de phéno- mènes nous font croire que les fibres et leurs nerfs existent jusque dans le tissu de plusieurs vaisseaux. Néanmoins le principal usage des fibres charnues, c'est d'entrer dans la composition des muscles: on nomme ainsi des faisceaux de ces fibres dont une extré- 22 1"' LEÇON. ÉCONOMIE AlSlMALE. iriîté au moins est attachée à une partie mobile du corps animal ; lorsque les fibres qui composent le muscle se raccourcissent 5 les deux points auxquels il s'insère se rapprochent^ et c'est par ce seul moyen que sont pro- duits tous les mouvements extérieurs du corps et des membres, même ceux qui sont nécessaires pour trans- porter le corps , en totalité, d'un lieu à un autre. 'Plusieurs animaux n'ont leurs muscles attachés qu'à divers points de leur peau, à laquelle ils impriment par ce moyen les dilatations et les contractions alter- natives, seuls mouvements qu'ils puissent employer pour la locomotion. Mais ceux qui se meuvent par des pas , des sauts , des chocs ou des inflexions pro- noncées ont leurs muscles attachés à des parties dures, soit intérieures ^ soit extérieures , qui leur servent comme de leviers, et qui prennent les unes sur les àuti*es des points d'appui que l'on appelle leïirs am- culatîohs. Le principal mystère de l'économie animale con- siste donc dans l'agent caché qui transmet à la fibre l'excitation n~érveuse , et qui est probablement le ïiiême qui^ dans une âu!re direction, transmet âifx centres nerveux les impressions extérieures : c'est de cette action et de cette réaction que tout dépend dans îl îiiacliihe âhimâîé , ïocoiïiôtîôn , digestion , circula- tion, les sécrétions mêmes n'en sont pas exemptes; mais quel est cet agent? comment se modifie-t-il dans ces diverses actions? comment înodifie-t-il la fibre sur laquelle il agit? Voilà ce qui est encore enseveli dans les plus profondes ténèbres. Ouôîque les dernières découvertes sur l'électricité nous aient fait connaître un autre agent , également impondérable, qui se ïna- ART. n. sTRircfntiÈ des orgat^es. "I3 lîifcste par le seul contact de corps hétérogènes et qiii produit les effets physiques et chimiques les plus puis- sants : ce n'est là qu'une analogie^ qu'un indice d'une partie des propriétés que rag:ent nerveux pourrait avoir ; mais il est évident aussi que ce dernier , non- seùlèment n'a pas toutes les propriétés de Vautre^ mais qu'il en a de fort différentes. Les parties dures ^ connues sous le nom d^os et qui ià'apparti en lient qu'aux animaux supérieurs , sont t^icôltvèttes par les muscles : leur ensemble se nomme squelette} mais^ dans les autres animaux^ ce sont les parties dures qui recouvrent les muscles, et elles pren- ■èfeàt les noms dé feï, dé coquiilè'ovL di écaille^ selon Véhv plus bit mollis dé coti^iàtâricé. Dans les deux cas, elles renferment toujours les viscères, et elles déter- minent îâ forme [générale du corps et les proportions de ses diverses parties. Lès fetfeâ p^ib leSqiifellé^ lêi 'ipSHïS dure^, întïBiles, S^àrticulent les unes sur les autres, ont des saillies ou des creux qui déterminent l'étendue et la direction des mouvements dont elles sont susceptibles , et elles sotit poîtrWes d'autant de musclés qu'il est nécessaire pour ces différents mouvements : chacun de ces muscles entraînant l'os auquel il s'attache dans sa propre direction , ils peuvent être considérés comme les puis- sances motrices ; leur force , le point de leur insertion y la longueur et le poids des parties attachées au levier qu'ils doivent mouvoir, déterminent la force, la vitesse et la durée du mouvement qu'ils peuvent pro- duire. De ces diverses circonstance! , dépendent la force du saut, l'étendue du vol, la rapidité de la course, l'adressé pour la préhension, qui ont été :ê4 1*^*^ LECOJN. ÉCONOMIE ANIMALE. attribués aux différentes espèces d'animaux. Mais, comme nous l'avons vu plus haut, tout cet appareil resterait immobile s'il n'était animé par le système nerveux, qui, lui-même, dans tout ce qu'il a de vo- lontaire n'est mis en jeu qu'à la suite des sensations. La substance blanche et molle qui fait l'essence de ce système , est distribuée en filets qui se rapprochent les uns des autres pour s'unir en faisceaux , qui deviennent toujours plus composés jusqu'à leur union, soit à un axe commun qui porte le nom de moelle épinière , et dont l'extrémité antérieure aboutit au cerveau y c'est-à-dire à une masse médullaire plus ou moins volumineuse et diversement figurée, selon les espèces : soit à divers renflements qui eux-mêmes ont constamment une communication , plus ou moins directe avec un renflement principal qui tient lieu de cerveau. Les animaux supérieurs ne s'aperçoivent de l'action des corps extérieurs sur le leur , qu'autant que les nerfs qui en sont affectés communiquent librement avec la moelle épinière, et par elle avec le cerveau, ou bien que leur communication avec le cerveau est immédiate. Une ligature ou une rupture, en interceptant la com- munication physique, détruisent aussi la sensation ; la compression , la destruction du cerveau lui-même produit le même effet, mais à un degré différent, selon les classes. Quant aux animaux inférieurs, cette communication paraît y devenir de moins en moins nécessaire , et il en est dont les tronçons mêmes sem- blent avoir quelque chose de très semblable à des sen- sations et à des volontés. Le seul sens qui appartienne généralement à tpul ART. n. STRUCTURE DES ORGANES* 2 S les animaux , et qui s'exerce dans toute la surface du corps de chacun d^eux , c'est le toucher. Il réside dans les extrémités des nerfs qui se distribuent à la peau , et il nous fait connaître la résistance des corps et leur température. Les autres sens semblent n'en être que des modifications plus exaltées , et susceptibles de percevoir des impressions plus délicates. Tout le monde sait que ces sens sont la 7)ue qui réside dans l'œil , Vouïe qui réside dans l'oreille , Vodorat qui réside dans les membranes du nez , et le goût dont le siège est sur les téguments de la langue et du gosier : ils sont presque toujours situés à la même partie du corps qui contient le cerveau, et que nous appelons la tête ou le chef. La lumière , les vibrations de l'air , les émanations volatiles , flottantes dans l'atmosphère , et les parties salines ou dissolubles dans l'eau et dans la salive, sont les substances qui agissent sur ces quatre sens ; et les organes qui en transmettent l'action aux nerfe sont appropriés à la nature de chacune d'elles. L'œil pré- sente à la lumière des lentilles transparentes qui en brisent les rayons et les concentrent sur la rétine; l'oreille offre à l'air des membranes et des fluides qui en reçoivent les ébranlements ; le nez aspire Tair qui doit aller aux poumons, ou est fi'appé par l'eauUlans laquelle l'animal nage , et saisit au passage les vapeurs odorantes que les fluides contiennent ; enfin, la langue est garnie de papilles spongieuses qui s'imbibent des liqueurs savoureuses qu'elle doit goûter. C'est par ces moyens que nous avons le sentiment des choses qui se passent autour de nous. Mais le système nerveux nous procure aussi celui d'un grand ^6 l'^*' LIÎCON. ÉCONOMIE AKII^ÏALE. ito^mbi-é tlê phénomènes qui se passent en nous f et indépendamment des douleurs internes qui nous aver- tissent de quelque désordre dans notre organisation, et de l'état désagréable où nous mettent la faim , la iôff et la fatigue ; c'est par lui que nous ressentons les âïigôîssés de la crainte, les émotions de la pitié, les désirs de l'amour. Ces dernières sortes de sensations Semblent être les effets de la réaction immédiate du syàtèine iiérveux sui* lui-même iàtis l'intervention de la vôlbntép- elle ne paraît entrèf' pour rien dans le transport où nous met la présence de l'objet aime , ni dans les larmes que nous arrache l'aspect de la vertu inaîheureuse : la volonté n'îi d'autre pouvoir siir les passions que d'en distraire. Ces effets du système ner- veux tiennisnt aux communications nombreuses que des iiérfs particuliers, nommés sympathiques, établissent dans les aiiittàtii superièiirs fehtrie divers rameaux du îrbnfc général, et par le moyeii dëscjlîéîè les itnpre^- sions se transmettent plus rapidement que par le cer- veau : mais dans les animaux inférieurs les diverses fônéHbfis dû sytème sont plus confondues. La faculté même de sentir, et celle dé ^e èènttactëi', qui , dans la plupart des animaux, sont exclusivement prom-es. Furie à la substaneiè nerveuèe et l'autre à la fibiSrcharnue^ paraissent être confonduéé et répandues également daiis toutes les parties de cëftàîtis anihiatix gélatineux, les derniers de tous quant à la complica- tion deleur organisriié, et dans lesquels on n'aperçoit ni fibres ni nerfs distincts. C'est par le moyen de ces deux facultés que les ani- maux sentent, dééîrent et se procurent leurs besoins. Le plus irrésistible de tous est celui de la faim, qui ART. II. 5TRtjCÏtfî\E DES ORGANES. I7 rappelle sans cesse à Tanimal la nécessité de travailler constamment à accroître son corps ou à en renou- veler la substance en soumettant d'abord à la digestion les matières étrangères qui doivent fournir à cet ac- croissement et à ce renouvellement. Cette troisième fonction , la première de celles que nous appelons i>itales , commence dans la bouche où les aliments sont pris, et dans beaucoup d'espèces, mâchés et imbibés de liqueurs dissolvantes. De là , ils traversèrit le caiîal alimentaire, qui est plus ou moins long, plus ou moins contourné et dilaté, dont les parois sont composées de plusieurs tuniques continues bt analogues à celles qui forment la peau extérieure du éi)rps. Les membranes internes continues à la peau qui tapissent non-seulement l'intestin^ mais le pou- mon^ la vessie, la matrice, êtc._, portent le nom de muqueuses. Ces parois agissent d'une manière mécanique sur lés substances qu'elles contiennent, par les contrac- tions légères des fibres qui les revêtent, et d'une manière chimique, par les liqueurs qui s'y versent, imais on ne peut douter qu'elles n'aient en outre une action physiologique due à des caiises plus cachées. La première dilatation du canal alimentaire se nomme T estomac. Il est quelquefois multiple , et ses "pài?ois proctuîsént lin suc qui réduit les aliments en une bouillie homogène pendant le séjour qu'ils y font. Le reste du canal porte plus particulièrement le nom de hôydux ou cf iriiestins . Indépeiidam'^ment cies liii- mëurs qiVe leurs parois produisent, il y en a qui sont séparées de la masse dû sang^ par des organes sécré- tbirés et qui pénètrent dans rintéstih par des conduits a 8 «'* Ï.ECON. ÉCONOMIE AMMALE. particuliers. Les plus remarquables de ces organes sont \e foie et \q pancréas. Le premier sur-tout qui produit la bile, est toujours d'un volume considérable ; et indépendamment de l'effet de sa liqueur sur les in- testins, il en a un autre très marqué sur le sang lui- même qu'il débarrasse par là de plusieurs principes. Le canal intestinal flotte généralement dans une cavité close , et le péritoine ou la membrane dite séreuse y qui tapisse cette cavité, l'embrasse le plus souvent dans un de ses replis, le mésentère. Les cavités qui renferment le cœur ou le poumon^ sont tapissées de même par une membrane séreuse dont le repli embrasse ces organes (le péricarde et la plèi^ré). On a cru trop généralement que ces membranes formaient toujours des doubles sacs sans communication avec l'extérieur. Bichat, qui avait établi cette règle, cite lui- même l'exception des trompes de Fallope, Il y en a bien de plus apparentes dans divers poissons , où non- seulement le péritoine , mais le péricarde communi- quent avec le dehors. Dans les animaux inférieurs , l'appareil intestinal est souvent beaucoup plus simple , et se réduit à un sac sans issue où l'entrée des aliments et la sortie des ex- créments se font par la même ouverture. C'est dans les instestins que la digestion s'achève et que les aliments sont transformés de manière à pou- voir fournir les éléments nécessaires à l'accroissement ou au renouvellement du corps : l'absorption , où en quelque sorte , le choix de ces éléments est faite, soit par les pores mêmes de ce canal dans les animaux qui n'ont pas de circulation , et dans ceux qui en ont une par des vaisseaux très déliés garnis de valvules qui ies ART. II. STRUCTURE DES ORGANES» àg portent dans le système général des vaisseaux nour- riciers. Ce sont les vaisseaux /^m^/i<2^/^we5_, qui, très distincts des veines sanguines dans les animaux voi- sins de l'homme , s'en rapprochent par degrés dans les animaux inférieurs, et ne peuvent plus en être distingués dans ceux dont le sang est blanc. Les vaisseaux lymphatiques et les veines sangui- nes ont des parois minces, sans fibres apparentes , et sont souvent garnis à l'intérieur de valvules toutes dirigées dans le sens que doit suivre le fluide qu'ils charrient , c'est-à-dire du côté du cœur. Les artères au contraire sont le plus souvent robustes et munies de fibres annulaires, mais n'ont point de valvules; l'impulsion violente du cœur paraissant suffire pour imprimer au sang une direction constante. Mais le chyle , tel qu'il est produit par la digestion, n'est point encore en état de ramener le sang veineux à l'état de sang artériel, et pour lui rendre la faculté de nourrir les parties ; il faut qu'immédiatement après qu'il s'y est mélangé, l'un et l'autre éprouvent le contact de l'air. C'est ce qui s'opère par la respiration. Les organes de cette fonction consistent en général, dans les animaux qui ont des vaisseaux sanguins, en une ramification de ces vaisseaux, qui multiplient leur surface à tel point, que presque toutes le> molé- cules du fluide ne sont séparées de l'élément ambiant, que par une pellicule assez mince pour ne pas en ar- rêter l'action. Cette ramification se fait sur les parois de certains feuillets dans les animaux aquatiques, et sur celles de certaines cellules dans les animaux aériens. Dans le premier cas, l'organe se nomme hranchie; dans le second , poumon. Lorsqu'il n'y a point d^ ao l/^ LECOIi. ÉCONOMIE ANIMALE.» vaisseaux , l'air arrive dans toutes les parties du corps et agit sur le fluide nourricier à l'instant même où il se combine avec les parties du corps qu'il doit nourrir : c'est le cas des insectes où l'air pénètre par les rami- fications de vaisseaux élastiques appelés trachées. On sent aisément qu'il doit y avoir des organes muscu- laires appropriés à chacune de ces espèces de respira- tion pour attirer ou chasser le fluide ambiant vers l'endroit où il doit agir sur le sang. C'est l'office des côtes ^ du diaphragme , des muscles du bas- ventre , des couvercles des branchies ^ et de plusieurs autres parties , selon les diverses espèces. L'air n'a pu être employé à la formation de la voix que dans les animaux qui respirent par des poumons cellulaires ^ parce que ce n'est que chez eux qu'il entre et sort par un tube unique et alongé. A un ou à deux endroits de ce tube se trouvent des membranes sus- ceptibles de tension , que l'air fait vibrer en passant contre elles et qui produisent alors les sons variés que nous appelons voix. Les animaux qui n'ont pas de voix proprement dite y ne sont pas pour cela tous dé • pourvus de la faculté de produire un son ; mais il a lieu chez eux par d'autres moyens. Le sang , comme nous l'avons dit , éprouve à son passage dans Torgane respiratoire y une espèce de combustion qui le débarrasse d'une partie de son car- bone en l'enlevant sous forme d'acide carbonique , et qui augmente par là la proportion de ses autres élé^ i^ents. L'effet de cette opération sur l'air respiré est de le priver de son oxigène qui est le seul des fluides aéri- formes qui puisse servir à la respiration. Son effet sur le sang est moins connu j ou lui attribue l'entretien ART. II. STRUCTURE DES ORGANES. 5l de la plus grande partie de la chaleur: on sait aussi que dans les animaux à sang rouge il en rehausse la couleur , et lui donne la faculté de déterminer le cœur à se contracter. Il y a même lieu de croire que c'^St cette action de l'air sur le sang qui lui donne le pouvoir d'entretenir et de raviver dans les fibres char*- nues leur faculté contractile. Mais le sang a besoin de perdre encore d'autres principes : les reins qui en sé- parent P»urine et qui se trouvent dans tous les animaux à sang rouge ^ lui en enlèvent plusieurs par cette voie. Les différentes substances qui s'échappent par les pores de la peau , et celles qui coulent continuelle- ment par ceux du canal intestinal , et dont une grande partie passe avec les excréments, le débarrasse des autres. Ces trois sortes d'excrétions se suppléent i:^utueliement jusqu'à un certain point , et paraissent en cela tendre toutes à un but commun , celui de donner au sang les qualités nécessaires pour fournir atout ce qui doit en être extrait pour la nutrition et pour les sécrétions. Tel est l'ensemble des organes qui constituent l'a- nimai considéré individuellement, et qui suffisent à son existence isolée , tant qu'il ne s'agit point de multiplier son espèce j telle est , dis-je , leur en- semble dans les animaux 4'uii ordre élevé: mais il s'en faut bien qu'ils soient^ réunis dans tous les ani- maux. A mesure qu'on descend dans l'échelle des êtres, ils disparaissent successivement, et on finit pa,r ne trouver dans les derniers des animaux que cq qui est nécessairement lié à Tidée d'animal ,. c'est-à- dire un sac sensible , mobile , et capable de digérer. „. En examinant bien la m^anière d'agir de tous ç tdj> t L£COlf(. ECONOMIE ANIMALE, organes , on s'aperçoit que tout ce qui se passe dans le corps animal s'opère par la combinaison et la dé- composition des fluides qui y sont contenus. On donne à l'opération animale par laquelle un fluide est séparé d'un autre , ou est formé d'une partie des éléments de l'un mêlés avec une partie de ceux d'un autre , le nom de sécrétion , et on borne ordinairement ce nom à ceux de ces changements qui se font dans les diverses espèces de glandes , c^est-à-dire dans des tissus plus ou moins épais , dans lesquels les vaisseaux sanguins se subdivisent à l'infini pour laisser transsu- der de leurs extrémités , l'humeur que la glande doit séparer du sang et transporter par ces vaisseaux pro- pres au lieu de sa destination. Mais l'économie ani- male nous présente une foule d'autres ti'ansfbrmations ou séparations d'humeurs qui méritent également ce nom. On ne peut guère concevoir que les nerfe agis- sent sur les fibres musculaires sans qu'il arrive un changement dans la nature d'un fluide qui serait con- tenu dans les uns par l'accession de celui qui trans- mettrait les autres , ni que les objets extérieurs agissent sur les nerfs autrement qu en produisant un changement du même genre : ce fluide contenu dans le système nerveux aura dû être séparé du sang par le cerveau, et en général par tout l'organe médullaire. Le sang lui-même n'arrive à son état parfait qu'après avoir laissé une multitude de substances se séparer de lui dans les poumons , dans les reins , dans le foie , etc. et en avoir reçu d'autres qui elles mêmes avaient été séparées de la masse alimentaire par les vaisseaux lactés. Cette masse ne devient propre à fournir le phyle qu'après avoir reçu elle-mêmp du sang de$ li-» ART. ÎI. STRUCTURE DES ORGA.NES. 35 queurs diverses qui en ont été séparées par plusieurs organes , et le sang; ne nourrit les parties qu'il arrose que par les molécules qui se séparent de sa masse aux extrémités des artères , dans le même temps que d'au- tres molécules se séparent des parties pour retourner à la masse du sang par les radicules des vaisseaux lymphatiques ou par celles des veines. En un motj toutes les fonctions animales et vitales paraissent se réduire à des transformations de fluides ; et c'est dans la manière dont ces transformation» s'opèrent que gît le véritable secret de la vie , comme c'est dans leur bon état et leur marche régulière que consiste la santé. Dans la difficulté jusqu'ici non surmontée de se faire une idée nette de ce grand phénomème -, de con- cevoir comment le foie , par exemple , extrait la bile du sang de la veine porte , comment les reins ex- traient l'urine du sang artériel, etc. , on a employé des expressions figurées, on a supposé dans ces organes quelque faculté semblable à celle qui nous fait choisir nos ali^nents, par exemple, et c'est ce que Ton a appelé sensibilité organique ^ Ton a aussi appliqué cette for- mule aux contractions des muscles involontaires , du cœur, de l'estomac. Mais il ne faut pas que l'on se fasse illusion, ces termes n'expliquent rien, ils impli- quent même contradiction : ce serait une sensibilité insensible, comme Bichat est sur le point de l'écrire, sans oser achever (i), parce qu'en effet, son bon esprit (i) Analomie gendraîe, ip. lxx-^ii, îa contr.ictililé insemiblu^la smsioi- /tfeniî MÊME NATURE. ,^ I. o 34 I*^* LEÇON* ÉCONOMIE AINIMALE. lui faisait sentir que ces mots trop employés depuis BordeU;, n'étaient que des mots vides de sens. S'il y a quelque espérance d'arriver jamais à la solu- tion de ce problème, la voie en sera sans doute indi- quée par ce grand fait découvert de nos jours, que le seul contact de deux corps hétérogènes peut ma- nifester un agent capable de changer toutes les affi- nités chimiques. Si nous n'apercevons pas d'une manière aussi claire l'intervention de la sécrétion ^ lorsque les ger- mes d'individus nouveaux se développent^ sur ou dans ie corps de leurs mères , on la retrouve du moins dans la manière dont se prépare la liqueur du mâle, qui, dans les espèces où l'accouplement est nécessaire, ex- cite ou occasione ce développement par sa présence; et comme ce développement lui-même se fait d'une manière semblable à l'accroissement ordinaire, il rentre dans la règle générale. Ces organes delà génération , les seuls dont il nous reste à parler , sont ceux qui préparent la liqueur pro- lifique et la portent sur les germes, et ceux qui.doivent produire ou développer les germes , les contenir et les urotéger pendant les premiers temps de leur déve- loppement. Les premiers constituent le sexe mascu- lin , et les seconds le sexe féminin. Les testicules sont les glandes qui séparent la liqueur séminale; plusieurs autres glandes préparent des hu- meurs qui doivent s'y mêler. La verge est traversée par le canal de la semence : elle se gonfle par l'accu- mulation du sang qu'y produisent les nerfs excités par le désir, et devient par là en état de pénétrer dans le vagin, qui conduit à la matrice ou à Mos^iduc- ART. II. STRUCTURE DES ORGANES. 35 tusy et d'y lancer le fluide qui doit réveiller les germes. Uoi^iductus , ou la trompe^ reçoit Tœuf au moment où il se détache de Tovaire, le conduit au dehors^ si l'ani- mal est ovipare , ou dans la matrice s'il est vivipare. Dans le premier cas , le petit germe se développe et tire sa nourriture d'une masse organique â laquelle il est attaché ^ et dont la matière s'emploie par degrés à l'accroissement de son corps , on le nomme vitellus y ou jaune de l'œuf. Dans le second cas , outre une masse semblable^ mais qui dure beaucoup moins long- temps, il tire la plus grande partie de sa substance du corps de sa mère^ par la succion d'un tissu considé- rable de vaisseaux qui tiennent à ceux de son propre corps : c'est le placenta» Dans l'un et l'autre ^ le germe passe par plusieurs formes, avant d'arriver à celle qu'il doit conserver : d'abord très simple en apparence , ses diverses parties se montrent successivement, et ces métamorphoses ne sont pas toujours concentrées dans l'œuf ou dans la matrice j les batraciens^, par exemple, le plus grand nombre des insectes, en subissent de plus ou moins considérables , après être venus au jour. Mais il n'est pas vrai , comme on l'a dit , que les mé- tamorphoses des animaux supérieurs soient toujours une représentation successive des diverses classes in- férieures. Chaque animal est lui-même dès le germe, et ses caractères de classe se montrent presque dès les premiers instants où il apparaît à l'œil ; on voit les ver- tèbres^ dès les premiers jours de l'incubation d'un vertébré, etc. Nous ne termineros pas cet article, sans rappeler une règle qai n'est pas plus exacte que tant d'autres, quoique imaginée par un homme justement célèbre; 5. 36 l" LEÇON. ÉCOISOMTE ANIMALE. celle d'apiës laquelle les organes des fonctions ani- males seraient toujours symétriques^ tandis que ceux clés fonctions vitales ou végétatives n'auraient point cette disposition. Ni Tune ni l'autre de ces lois n'est constante,- les cétacés, les pleuronectes ^ un grand nombre de mollusques et quelques crabes , ont des or- ganes animaux non symétriques. Plusieurs organes vi- taux, les branchies, montrent de la symétrie dans les poissons; presque tous affectent la même disposition dans les insectes ; enfin , beaucoup d'autres articulés les ont dans une symétrie parfaite. ARTICLE III. TABLEAU DES PRINCIPALES DIFFÉRENCES QUE CHAQUE SYSTÈME d'oRGAKES PRÉSENTE DANS LES DIVERS ANIMAUX, Déjà l'on a pu juger par l'article précédent , que ce qui est commun à chaque genre dlorganes, considéré dans tous les animaux, se réduit à très peu de chose, et que les organes affectés au même emploi ne se res- semblent souvent que par l'effet qu'ils produisent. On a du en être frappé sur-tout à l'égard de la respira- tion, qui s'opère dans les différentes classes par des organes si variés, que leur structure ne présente aucun point de ressemblance , et qu'ils n'ont de commun que le rapprochement de la molécule de l'élément ambiant avec celle du fluide nourricier. Les degrés divers de \ ART. III. DIFFÉRENCES DES ORGANES. ÔJ ces différences ^ dans les organes de même genre, sont précisément l'objet de Tanatomie comparée. C'est par leur appréciation qu'elle arrive , non-seu- lement à expliquer la nature et les propriétés spéciales de chaque animal , objet des recherches qu'elle se pro- pose dans ses rapports avec l'histoire naturelle , mais encore à déterminer ce qui ne diffère point, et par conséquent ce qui est essentiel à chaque fonction, ré- sultat définitif de ces mêmes recherches, dans ses rap- ports avec la physiologie. L'exposé rapide que nous allons faire des princi- pales de ces différences , sera donc pour ainsi dire, le plan général de ce cours. Les organes du mouvement nous présentent d'abord deux grandes différences dans leur position i^espective: tantôt les os forment un squelette intérieur, articulé, recouvert par les muscles; tantôt il n'y a point d'os intérieurs, mais seulement des écaiiles ou des coquilles qui recouvrent la peau, au dedans de la- quelle sont les muscles ; ou bien enfin il n'y a aucune partie dure qui puisse servir de levier ou de point d'appui dans les mouvements. Les animaux qui sont dans le premier cas, ont tous le corps soutenu dans son milieu , par une colonne formée de plusieurs pièces osseuses, empilées les unes sur les autres, et nommée épine du dos, ou colonne vertébrale : aussi portent-ils le nom i\! animaux verté- brés i ce sondes mammifères yX^s oiseaux, les rep- tiles et les poissons. Les animaux saîis vertèbres, ou sont entièrement mous et sans aucune partie dure, comme les mol- lusques nus , les annelides , les vers intestinaux j 58 l" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. beaucoup de zoophytes ; ou ont le corps et les mem- bres enveloppés dans des pièces écailleuses articulées les unes sur les autres , comme les crustacés , les in- secteS;, et même certains zoophytes, tels que les astéries; ou bien sont enfermés dans des coquilles ^ commue les testacés ; ou bien enfin , ils ont une base pierreuse ou cornée autour de laquelle ils se développent, comme les lithophytes , etc. C'est ensuite par le plus ou le moins de développe- ment de certaines parties , que les animaux de ces di- verses classes deviennent susceptibles des diverses sortes de mouvements ; des surfaces étendues qui peu- vent choquer Fair , les mettent en état de voler; des membres longs, repliés, s'étcndant avec vigueur et rapidité y leur donnent la faculté de sauter ; ils mar- chent sur des membres dont les flexions et les exten- sions sont moins violentes, etc. Toutes ces différences et leurs effets , sont la partie de l'anatomie comparée qui se laisse le plus aisément rapprocher des sciences mathématiques. Les organes des sensations présentent plusieurs sortes de différences : les unes ont rapport à la par- tie interne du système nerveux, les autres aux sens extérieurs. Les premières montrent quatre modifi- cations principales : celle des animaux qui n'ont point de système nerveux apparent, et dans lesquels on ne découvre ni vaisseaux ni nerfs ou, lorsqu'on apperçoit des traces de ce système nerveux , il se trouve réduit à un simple anneau œsophagien, d'où partent au moins deux cordons longitudinaux, sans aucun ganglion : ce sont les zoopliytes ou les polypes; celle des animaux dans lesquels il n'y a qu'un cerveau au-dessus du canal ART. III, DîFlvÉllLNCES DES ORGAINES. hg alimentaire, sans moelle épiiîicre , et dont le reste da système nerveux consiste en gan^'-lions et en filets diver- sement liés, mais contenus dans la même cavité que les autres viscères: ce sont les mollusques, celle des animaux oùle cerveau, placé comme dans les précédents, produit deux longs filets, qui, après avoir entouré l'œsophage, marchent accolés l'on à l'autre , le long du ventre , et s^unissent d'espace en espace par des doubles gan- glions d'où partent les nerfs: ce sont les crustacés, les insectes , les anneiides, les arachnides, en un mot, les animaux articulés ; enfin celle des animaux qui ont un cerveau et une moelle épinière du côté du dos , au-dessus du tube alimentaire, et renfermés dans un canal formé par la colonne vertébrale ; ce sont tous les animaux vertébrés. Les racines de leurs nerfs pa- raissent de deux sortes , les unes non soumises à la volonté , les autres y obéissant ; mais dans le plus grand nombre des nerfs ces deux sortes de racines se mêlent, et les troncs qui en naissent sont composés des unes et des autres : les premières cependant, con- courent à la formation d'un grand nerf, qui marche de chaque côté dans la cavité des viscères, et qui est uniquement consacré aux organes des fonctions vitales. Il ne paraît pas que cette séparation des trois or- dres d'emploi du système nerveux > en volontaires , sensitifs et vitaux, ait lieu dans les trois premières mo- difications : c'est, comme toutes les autres divisions de fonctions , un indice de supériorité dans les ani- maux où elle existe. Les différences dans les sens extérieurs concernent leur nombre, ou le degré de perfection de chacun d'eux. io I*^^ LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. Tous les animaux vertébrés ont les mêmes sens que l'homme. La vue manque aux zoophjtes, à la plupart des vers intestinaux, à divers annelides , à plusieurs larves d'in- sectes, aux mollusques acéphales. L'ouïe, ou du moins des organes apparents d'audition , ne se retrouvent que dans un petit nombre de mollusques et dans certains crustacés ; cependant les insectes ne sont pas dépour- vus de la faculté d'ouïr. Les trois autres sensj et sur-tout le toucher et le goût^ ne paraissent jamais manquer. Mais chacun de ces sens peut varier beaucoup par son énergie et par le degré de complication de ses or- ganes. La perfection du toucher, par exemple, dépend de la délicatesse des téguments extérieurs, de l'abon- dance de leurs nerfs, des appendices mobiles sur les- quels ils se prolongent, et de la division des extrémités qui exercent plus particulièrement ce sens , en s'appli- quant d'une manière plus ou moins exacte au corps que l'animal veut connaître. C'est sur-tout dans le nombre^ la mobilité des doigts et la petitesse des ongles, que l'anatomiste trouve des différences im- portantes et dont il peut apprécier les effets. Les yeux peuvent être plus ou moins mobiles, plus ou moins couverts, plus ou moins nombreux; leur composition intérieure , le diamètre de leurs diverses parties , peuvent admettre plus ou moins de rayons de lumière, ou les rendre capables de s'adapter avec plus ou moins de précision à la vivacité de ces rayons ou à la distance des objets lumineux; des paupières , des glandes de diverses sortes, peuventleur offrir dans cer- taines espèces des protections qui leur manquent dans ART* III. DIFFÉRENCES DES ORGANES. ^l d'autres. Les cavités remplies d'un liquide gélatineux où réside le sens de l'ouïe peuvent être plus ou moins nombreuses plus ou moins compliquées dans leurs cir- convolutions 3 elles peuvent être enfoncées dans l'in- térieur du crâne ^ ou plus exposées au dehors; elles peuvent même être pourvues de cornets extérieurs mo- biles qui rassemblent et renforcent les rayons sonores. Les membranes dans lesquelles Todorat réside , peu- vent être plus ou moins étendues d'après la complica- tion des parois qu'elles tapissent; celles qui sont le siège du goût , plus ou moins tendres et humides : mais ce n'est qu'aux articles particuliers de chacun de ces sens que nous pourrons nous étendre sur les différences qui en résultent. Les organes delà digestion offrent deux grandes dif- férences dans leur disposition générale. Dans certains animaux (la plupart des zoophytes) , les intestins for- ment un sac qui n'a qu'une seule ouverture, laquelle sert à la fois d'entrée aux aliments et d'issue aux excré- ments ; tous les autres ont pour ces usages deux ouver- tures distinctes aux deux extrémités d'un canal unique; mais les replis de ce canal peuvent être tels , que ces deux ouvertures soient plus ou moins rapprochées. Une autre différence qui influe beaucoup sur la nature des aliments appropriés à chaque espèce, c'est que dans certains animaux la bouche est armée de dents ou d'autres parties dures propres à broyer des substances solides^ tandis que dans d'autres elle en est dépourvue : dans ce dernier cas , l'animal ne peut qu'avaler des corps entiers si sa bouche est large , ou seulement sucer des substances fluides si sa bouche est en forme de tube. La forme de ces dents influe elle-même beau- coup sur la nature des corps que l'animal peut sou- 42 ï"^ LEÇON. ÉCOIMOMIE ANIMALE. mettre à sa mastication ; et le reste du canal alimentaire est aussi très différent en structure , selon les différentes matières que la bouche peut lui envoyer ; de là, la plus ou moins grande longueur de ce canal, le nombre plus ou moins grand des estomacs et des cœcums, etc. Tout ce détail doit être renvoyé aux articles particu- liers. Les liqueurs qui doivent aider à la digestion peuvent différer pour le nombre et pour la nature des organes qui les produisent. Le pancréas n'existe que dans les vertébrés, le foie, que dans les vertébrés et les mollus- ques ; ils sont remplacés dans les insectes par des vais- seaux propres , mais libres ; ils disparaissent dans les zoophytes. Le chyle, produit par Faction des organes digestifs sur les substances alimentaires , est transmis aux par- ties de deux manières différentes ; ou il transsude sim- plement au travers des parois du canal intestinal pour baigner tout l'intérieur du corps , ou bien il est absorbé par des vaisseaux particuliers qui le portent dans la masse du sang. Le premier cas est celui des zoophytes, et, selon moi, aussi celui des insectes ordi- naires, qui ne paraissent avoir aucune sorte de vais- seaux propres à la circulation. Quant aux autres animaux, savoir, les mollusques et tous les animaux à vertèbres qui ont des vaisseaux absorbants , ils offrent deux nouvelles différences. Les derniers ont le sang rouge , et la lymphe et le chyle blancs ; les autres ont presque tous ces deux fluides de la même couleur. Les animaux vertébrés eux-mêmes diffèrent entre eux par la couleur du chyle, qui est blanc opaque dans les mammifères, et transparentcomme d'autre lymphe ART. Iir, DirFÉItENCES DES ORGANES. 4^ dans les oiseaux, les reptiles et les poissons. Aussi ces trois dernières classes n^ont-elles point de glandes con- globées à leurs vaisseaux chylifères, tandis qu'elles sont très nombreuses dans la première. La circulation du sang fournit dans ses organes des différences très importantes. D'abord il y a des ani- maux y les insectes et les zooplijtes , où le fluide nour- ricier n'est point renfermé dans des vaisseaux clos , et quoique mû dans différents sens n'a point de vraie cir- culation. Ceux qui en ont une l'ont double ou simple. Nous nommons circulation double celle ou aucune partie du sang veineux ne peut rentrer dans le tronc artériel qu'après avoir fait un circuit particulier dans l'organe de la respiration y qui doit être formé des ex- pansions de deux vaisseaux^ l'un artériel, Tautre vei- neux 5 à peu près aussi gros chacun , quoique moins longs que les deux principaux vaisseaux du corps. Telle est la circulation de l'homme , des mammifères, des oiseaux , des poissons et de beaucoup de mollusques. Dans la circulation simple^ une grande partie du sang veineux rentre dans les artères sans passer par le poumon, parce que cet organe ne reçoit qu'une expan-» sion d'une branche du tronc artériel; telle est la circu- lation des reptiles. Il y a encore d'autres différences dans l'existence et la position des cœurs ou des organes musculaires des- tinés à donner l'impulsion au sang. Dans la circulation simple, il n'y en a jamais qu'un, mais lorsqu'elle est double^ il y en a quelquefois à la base de l'artère prin- cipale , et à celle de l'artère pulmonaire ; d'autres fois y il n'y en a qu'à l'une des deux seulement. Dans le premier cas , les deux cœurs , ou plutôt les LL l" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. deux ventricules , peuvent être unis en une seule, masse, comme dans l'homme, les mammifères et les oiseaux ; ou bien ils peuvent être séparés, comme dans les sèches. Dans le cas où il n'y a qu'un seul ventricule il peut être placé à la base de l'artère du corps , comme dans les crustacés et la plupart des mollusques^ ou à la base de l'artère pulmonaire, comme dans les poissons. Les organes de la respiration sont également féconds en différences remarquables. Lorsque l'élément qui doit agir sur le sang est de Tair atmosphérique^ il pé- nètre dans l'intérieur même de l'organe respiratoire ou du poumon , mais lorsque c'est de l'eau , elle glisse simplement sur une surface plus ou moins multipliée, par sa répartition en feuilles, en houppes et en franges; c'est ce qu'on nomme des branchies. On en trouve dans les poissons, dans les crustacés et dans beaucoup d'an- nelides et de mollusques. Les reptiles batraciens exercent pendant un certain temps , et même quelques-uns pendant toute leur vie, la respiration aquatique par des branchies , et la res- piration aérienne par des poumons; mais c'est par er- reur que l'on a prétendu attribuer la même faculté aux crustacés. Pour la respiration aérienne, l'air pénètre dans le corps par une seule ouverture ou par plusieurs. Dans le premier cas , ou le canal qui a reçu l'air se divise et se subdivise en branches qui se terminent dans de petites cellules réunies ordinairement en deux masses, que l'animal peut comprimer ou dilater, et c'est ce qui a lieu dans les mammifères, les oiseaux et les reptiles, ou bien il n'y a qu'un orifice qui donne dans une cavité unique comme dans quelques mollusques. ART. III. DIFEÉREINCES DES ORGANES. 4^ Lorsqu'il y a plusieurs ouvertures, ou les vaisseaux qui reçoivent l'air se ramifient à l'infini pour le porter à tous les points du corps sans exception : c'est ce qu'on nomme la respiration par des trachées, et ce qui se voit dans les insectes j ou bien ces orifices conduisent non pas dans des trachées , mais dans des cavités que l'on peut appeler pulmonaires: c'est le propre des arachnides. Il paraît que quelque chose de semblable a lieu aussi dans certains annelides. Enfin la plupart des zoophytes n'ont aucun organe spécial delà respiration. Dans les échinodermes, seule- ment, il paraît que cette fonction s'exerce^ mais d'une manière assez obscure, par la pénétration de l'eau dans l'intérieur du corps. Les organes de la voix ne présentent que deux dif- férences qui puissent être regardées comme générales, elles dépendent de la position de la glotte où se forme le son. Dans les oiseaux, elle est au bas de la trachée ou du tube qui conduit l'air à l'endroit où il se divise en deux branches pour aller aux poumons : dans les quadrupèdes et les reptiles , elle est au haut de la tra- chée , à la base de la langue. Il n'y a que ces trois classes qui aient une glotte ; mais les autres animaux produisent des sons par d'au- tres moyens. Tantôt ils y emploient le frottement de certaines parties élastiques , tantôt le battement de quelques autres parties dans l'air , ou même le mou- vement rapide de certaines portions d'air qu'ils re- tiennent en quelque endroit de leur corps. La génération nous fournit des différences de deux genres. Les unes sont relatives aux actions ({ui l'occa- sion en t, les autres à son produit. 4-6 l" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. Dans un petit nombre d'animaux qui appartiennent presque tous à la classe des zoophytes , la génération se fait sans aucun accouplement ^ et le jeune animal croît sur le corps de l'adulte comme un bourgeon sur un arbre. Les autres ne produisent qu'en vertu d'une fécondation et sont par conséquent pourvus des deux sexes 3 mais ces deux sexes peuvent être séparés dans des individus différents^ ou réunis dans le même. Ce n'est que dans des mollusques y des zoophytes et des annelides que ce dernier cas a lieu : tous les animaux à vertèbres et les insectes ont les sexes séparés. Les animaux qui sont hermaphrodites peuvent se satisfaire seuls ^ comme les coquillages bivalves : ou bien ils ont besoin d'un accouplement réciproque , dans lequel chacun des deux individus fasse à la fois les fonctions de mâle et de femelle j • c'est ce qui arrive dans les limaçons et les autres mollusques qui rampent sur le ventre. La fécondation n'a pas tou- jours besoin d'accouplement j elle peut se faire hors du corps de la femelle et sur des œufs qu'elle a déjà pondus. Plusieurs reptiles batraciens et la plupart des poissons l'exécutent ainsi. Le produit de la génération est , ou un bourgeon qui se développe en un animal^ lequel demeure quelque temps sur le corps dont il provient, et en forme comme une branche ; ou bien un fœtus qui se déve- loppe dans la matrice à laquelle il s'attache par un plexus da vaisseaux qui lui transmettent les sucs de sa mère, et qui en sort vivant \ ou enfin un fœtus enve- loppé dans une coque, avec une substance qui lui adhère par des vaisseaux, et qu'il doit absorber avant qued'éclore. Ce sont les générations g(?w/;2^)p«/'6* , p'w- AUT. III. DIFFERENCES DES ORGANES. [^n pare et ovipare. La première n'a lieu que dans quel- ques zoophytes et quelques vers arîiculés ; la seconde que dans F nom me et les mammifères seulement • la troisième est commune à tous les autres animaux ; et lorsque leurs petits sortent vivants de leur corps, comme cela arrive dans la vipère , c'est que les œufs sont éclos dans Foviductus: on nomme cette forme particulière ovo-vivipare. Enfin , si nous considérons les états par lesquels le jeune animal est obligé de passer avant de devenir lui-même propre à perpétuer son espèce , nous trou=. vons encore deux principales différences : les uns ont subi leur métamorphose dans le sein de leur mère ou dans l'intérieur de Fœuf ^ et ont à peu près en naissant ia forme qu'ils conserveront toujours^ à quelques par» ties peu considérables près qui devront encore se développer , ou qui devront changer leurs propor- tions : les autres ont au contraire , même après être venus au jour, une forme toute différente de leur état parfait , et doivent non-seulement produire et déve- lopper des parties nouvelles , mais encore en perdre des anciennes; ce sont les animaux qui doivent subir une métamorphose. On n'en a observé encore que parmi les insectes et parmi les reptiles batraciens c'est-à-dire^ les grenouilles et les salamandres. Telles sont les principales variétés que nous offrent les organes affectés à chacune des fonctions animales. Nous devons encore en observer une bien impor- tante qui s'éleud à plusieurs de ces fonctions : c'est celle qui concerne les organes sécrétoires. Dans les quatre classes d'animaux à vertèbres , et dans celle des mollusques , ce sont ou des glandes , ou au moins des expansions de vaisgeaux sanguins. 48 l''^ LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. Ce nom de glandes leur est appliqué en particulier lorsqu'ils forment des corps d'une certaine épaisseur. C'est ce qui n'arrive point dans les insectes, qui n'ont pour organes sécrétoires que des tubes plus ou moins longs qui attirent , dans le tissu spongieux de leurs parois , toute la partie qu'ils doivent séparer de la ma<îse du fluide nourricier. On connaît bien peu encore les organes sécrétoires des zoophytes, si toutefois ils eii ont de particuliers. ARTICLE IV. TABLEAU DE l'iNFLUENGE MUTUELLE DES VARIATIONS DANS LES DIVERS SYSTÈMES d'oRGANES. L^article précédent nous a fait connaître les princi- pales différences dont les organes affectés à chaque fonction animale sont susceptibles, dans leur struc- ture , ou dans leur manière d'agir. Le nombre de ces différences aurait été beaucoup plus grand , si nous avions pu , comme nous le ferons par la suite , entrer dans le détail , et descendre aux choses moins impor- tantes ; cependant, telles que nous les avons énon- cées , on voit qu'en supposant chacune de celles d'un organe unie successivement avec celle de tous les autres , on produirait un nombre très considérable de combinaisons, qui répondrait à autant de classes d'animaux ; mais ces combinaisons , qui paraissent II ART. IV. RAPPOUTS DES ORGANES. 49 possibles^ lor;;(|ii'oii les considère J'iuig manière abs- traite , ii'existenC pas toutes dans la nature; parce que, dans l'état de vie, ies organes ne sont pas sim- plemeat rapprochés , mais qu'ils arjissent les uns sur les autres , et concourent tous ensemble à un but commun. D'après ccia les modifications de l'un d'eux exercent une influence sur celles de tous ies autres. Celles de ces modilications qui ne peuvent point exister ensemble , s'excluent réciproquement , tandis que d'autres s'appellent , pour ainsi dire , et cela non- /*" seulement dans les organes qui sont entre eux dans un rapport immédiat^ mais encore dans ceux qui paraissent, au premier coup d'oeil , les plus éloignés et les plus indépendants. En effet , il n'est aucune fonction qui n'ait besoin de l'aide et du concours de presque toutes les autres , et qui ne se ressente plus ou moins de leur degré d'énergie. La respiration , par exemple , ne peut s'opérer qu'à l'aide des mouvements du sang, puisqu'elle ne consiste que dans le rapprochement de ce fluide avec l'élément environnant; 01% comme c'est la circulation qui imprime les mouvements au sang, elle est, pour ainsi dire, un moyen nécessaire pour procurer la respiration. La circulation elle-même a sa cause dans l'action musculaire du cœur et des artères ; elle ne s'opère donc qu'à l'aide de Tirritabilité. Celle-ci à son tour , tire son origine du fluide nerveux , et par conséquent de la fonction de la sensibilité , qui remonte par imc espèce de cercle à la circulation , cause de toutes 1rs sécrétions , et de celle du fluide nerveux comme des autres. I, 4 5o l" LEÇON. ÉCOiVOMIE ANIMALE. V* Que serait la sensibilité^ si la force musculaire ne venait à son secours jusques dans les moindres cir- constances ? A quoi servirait le toucher , si on ne pouvait porter la main vers les objets palpables? Et comment verrait-on , si on ne pouvait tourner la tête ou les yeux à volonté ? * C'est dans cette dépendance mutuelle des fonctions et dans ce secours qu'elles se prêtent réciproquement, que sont fondées les lois qui déterminent les rapports de leurs organes, et qui sont d'une nécessité égale à celle des lois métapliysiques ou mathématiques : car il est évident que rharnionle convenable entre les organes qui agissent les uns sur les autres , est une condition nécessaire de l'existence de l'être auquel ils appartiennent, et que si une de ces fonctions était modifiée d'une manière incompatible avec les modi- fications des autres, cet être ne pourrait pas exister. Nous allons présenter les principaux de ces rapports en comparant deux à deux les diverses fonctions ani- males. Ainsi , pour commencer par un des plus évidents, nous venons de voir que le mode de la respiration est dans une dépendance constante de la manière dont se fait le mouvement du fluide nourricier. Dans les animaux qui ont un cœur et des vaisseaux, ce fluide se rassemble continuellement dans un réservoir centrai , d'où il est lancé avec force vers toutes les parties : c'e^;t toujours de ce réservoir qu'il arrive, et il retourne toujours à ce réservoir avant de revenir aux parties. ï) pouvait donc être exposé dans un point quelconqije de ce cercle à l'action de l'air; et en effet , avant de se rendre [tar l'aorte et ses rameaux 4RT. lY. RAPPORTS DES ORGAINES, 5l aux parties qu'il doit nourrir , il commence par faire un tour dans les poumons ou dans les branchies pour y subir cette action. Mais il n'en était pas de même dans les animaux qui^ comme les insectes, n'ont ni cœur ni vaisseaux : leur fluide nourricier n'est pas renfermé dans des vaisseaux clos ^ il n'a point de mouvement circulatoire, il ne part point d'une source commune , et il n'était pas possible que sa prépara- tion s'opérât dans un organe séparé avant qu'il se distribuât dans le reste du corps, puisque, sorti comme une rosée des pores du canal intestinal , iî baigne continuellement toutes les parties , et qu'elles y puisent sans cesse les molécules qui doivent s'inter- poser entre celles qui les constituent déjà. L'action de l'air ne pouvait donc s'exercer qu'au lieu et au mo- ment même de cette interposition ; et c'est ce qui arrive très parfaitement par la disposition des tra- chées, n'y ayant aucun point du corps des insectes où les fines ramifications de ces vaisseaux aériens n'abou- tissent et où l'air n'aille immédiatement exercer son. action. Comme nous voyons clairement les causes de ce rapport entre les organes de ces deux fonctions , nous sommes autorisés à présumer que d'autres rap- ports également constants qui existent entre elles , sont aussi fondés sur quelques causes du même genre , quoiqu'elles ne soient pas aussi évidentes pour nous. C'est ainsi que parmi les animaux qui ont des vais- seaux, et qui jouissent d'une double circulation, ceux qui respirent l'air immédiatement en le recevant dans les cellules de leurs poumons ont toujours les deux troncs de leurs artères rapprochés , et arinés de ventri- cules musculaires unis en une seule masse, tandis que '4. 52 l'^'' I.ÏÏCOX. ÉCOîSOnUE ANUÎALE. ceux qui no lospireat que par Tinter nictlo deFeau qu'ils font passer cnrre les feuillets de leurs branchies, ont toujours ces deux troncs séparés, soit que l'un et l'au- tre soient pourvus de ventricules, comme dans les sèches^ soit qu'il n'y en ait qu'à l'un des deux seulement, comme dans les poissons où ce ventricule est à la base de l'ar- tère branchiale, et les crustacés où il est à la base de celle du corps. On aperçoit un peu mieux la raison des rapports qui lient l'étendue et le mode de la respiration aux diverses espèces de mouvements généraux dont chaque animal est susceptible^ et qui font que l'air leur est d'autant plus nécessaire, que leur manière de se mouvoir les met à même de s'en procurer davantage , ou , ce qui revient au même, que ceux qui peuvent le plus aisément cher- cher l'air pur^ sont précisément ceux qui ont le plus be- soin de le respirer. Les expériences modernes ont montré qu'un des prin- cipaux usages de la respiration est de ranimer la force musculaire, en rendant à la fibre son irritabilité épuisée^ et nous voyons en effet que parmi les animaux c[ui res- pirent l'air immédiatement^ ceux qui ont la circulation double, et dont chaqu.e molécule de sang veineux ne peut retourner aux parties qu'api es avoir respiré , c'est- à-dire les oiseaux et les mamniiR^reSj non-seulement se tiennent toujours dans l'air même et s'y uîcuvent avec plus Je force que les autres animaux à sang rouge , mais encore que chacune de ces classes jouit de la faculté de se mouvoir précisément dans le degré qui correspond à la quantité de sa respiration. Les oiseaux, qui sont, pour ainsi dire , toujours dans i'nîr , en sont auî.:u]t iniprégnésau dedans qu'au dehors: .iRT. IV. UiVPpoii rs oijs ofu>Aîsi:s. 53 noii-sculeiiieiit la partie cclkiiairc cîc leurs poumouH est fort considérf^ble, mais ces orp;aiiCs ont encore des sacs ou des appendices qui se prolonfjent par tout le corps. Aussi les oiseaux consomment-ils , dans un temps donné ^ une quanlilé d'air beaucoup pins (grande, à proportion de leur volume, que les quadrupèdes j et c'est là sans doute ce qui donne à leurs li}3res une force instantanée si prodi(jieuse; c'est ce qui a rendu leur cîiair propre à entrer comme puissance motrice dans des machines^ qni, pour être soutenues dans l'air par les simples vibrations des ailes^ exigeaient des mouve- mens si violents. Les mammifères semblent tenir ^ pour la force des mouvement^et pour la cpiantitéde la respiration, une espèce de milieu entre les oiseaux et les reptiles, qui forjnenirextrêmité opposée. La respiration semble n'ê- tre pour ces derniers qu'une chose accessoire, ils peu- vent s'en passer presque aussi long^-teraps cpi'iîs veulent: leurs vaisseaux pulmonaires ne sont que des branches des grands troncs. Aussi, d'une part, leurs organes du mouvement les réduisent-ils à rester contre terre dans les endroits obscurs et étouffes au milieu des miasmes^ leur instinct les porte à s'enfermer souvent dans des cavités où Fair ne peut se renouveler, ou même à s'enfoncer sous les eaux pendant une grande partie de l'année : et, de l'autre part, leurs inouvements sont assez généralement lents, et ils passent une partie de leur vie dans un repos complet. Et comme c'est une des conditions de l'existence de tout animal, que ses besoins soient proportionnés aux facultés qu'il a pour les satisfaire, l'irritabililé s'épuise d'autant moins aisément que la respiration est moins 64 I*^*" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. efficace et moins prompte à la réparer. C'est ce qui fait qu'ell» se conserve si bien clans les*reptiles, et que leurs chairs palpitent si lorg-lemp-j après qu'ils sont morts, tandis que celles des animaux à sang chaud perdent cette faculté en se refroidissant. Ce rapport du degré de la force motrice avec la quantité d'action de l'élcment ambiant, se trouve con- firmé par l'exemple des poissons, qui, ayant le sang froid comme les reptiles, ont aussi comme eux peu de force musculaire, et une irritabilité susceptible de se conserver long-temps : il ne faut pas que la« vélocité avec laquelle plusieurs d'entre eux nagent, fasse illu- sion à cet égard, parce que se trouvant dans un élément aussi pesant qu'eux , ils n'ont aucune force à employer pour se soutenir. Au reste, si leur respiration a le même résultat que celle des reptiles, c'est par d'autres moyens qu'elle y arrive. Leur circulation est double, à la vérité, comme dans les animaux à sang chaud; mais comme il n'y a que l'air mêlé à l'eau qui agisse sur leur sang , le peu d'activité de l'élément a besoin d'être compensé par le prompt retour des molécules du sang dans l'organe pulmonaire: et nous trouvons encore ici un nouveau rapport entre les modifications des organes respira- toires et de ceux de la circulation ; c'est que les ani- maux, de quelque classe qu'ils soient, qui respirent par des branchies et par l'intermède de l'eau , poissons , mollusques, crustacés, ont tous la circulation double, tandis que parmi ceux qui respirent l'air lui-même , il y en a plusieurs qui Font simple , savoir ceux qui n'avaient pas besoin d'une irritabilité excessive : mais il parait qu'un degré au dessous aurait été insuffisant ART. IV. KAPIORTS DES ORGANES. 55 à Fentretieii de la force musculaire, cf: quo la réunion decesdeux modesqui affaiblissent, Tan et l'autre, l'effet de la respiration , aurait empêché le renouvellement de l'énergie de la fibre. Le système nerveux a aussi des rapports avec la respiration, relativement aux variétés qu'on observe dans l'une et l'autre de ces fonctions. Les sens exté- rieurs sont beaucoup moins énergiques, et Je cerveau beaucoup moins grand, dans les animaux à sang froid ou il n'occupe souvent qu^une petite partie du crâne^ que dans ceux à sang chaud où le crâne est fort grand et où il remplit toute la cavité. C'est sans doute le peu de mobilité de la libre qui exigeait ce peu d'activité dans les organes qui la mettent en jeu ; des sensations vives et des passions fortes auraient épuisé trop.vite les forces musculaires : et voilà comment les modifi- cations des organes des sens se trouvent liées média- tement à celles des organes de la respiration. La digestion elle-même n'est pas exempte de rapport avec la respiration : celle-ci étant une des fonctions qui consomment et expulsent avec le plus de rapidité une partie des substances dont notre corps est com- posé , les forces digestives sont généralement d'autant . plus puissantes que la respiration est plus complète , afin que la quantité des molécules qui arrivent soit proportionnée à celle des molécules qui s'échappent. C'est pour ainsi dire , par l'entremise de ces liaisons ' qui existent entre les modifications des organes de la respiration , et celles des organes de plusieurs autres fonctions, qu'une partie de ces derniers se trouvent avoir entre eux des rapports que rien ne semblait d'abord nécessiter. Voilà pourquoi les oiseaux ont en 56 l" LEÇON, ÉCONOMIE ANIMALE. général restomac le plus robuste et la digestion la plus prompte^ voilà pourquoi ils répètent si souvent leurs repas ; tandis que les reptiles , qui semblent eu tout point leurs antipodes parmi les animaux à sang rouge , nous étonnent parle peu d*aliments qu'ils prennent , et la longueur des jeûnes qu'ils peuvent soutenir. Ce n'est point par la nature des organes du mouvement qui caractérisent ces deux classes^ que ces différences dans les forces digestives sont nécessitées; mais bien par celle des organes de la respiration , dont les modi- fications sont en rapport immédiat avec celles des organes du mouvement. On sent aisément que ces deux degrés si différents de force digestive dépendent de deux dispositions éga- lement différentes dans les organes alimentaires^ et que chacune de ces dispositions ne pourra coexister qu'avec celle qui lui correspondra dans les organes respiratoires; et celle-ci étant toujours liée avec une disposition également détermiiîée dans ceux du mou- vement, dans ceux des sensations^ dans ceux de la circulation^ ces cinq systèmes d'organes sont pour ainsi dire, tous régis et gouvernés par chacun d'eux en particulier. Au reste, le système des organes digestifs a aussi des rapports immédiats avec ceux des organes du mou- vement et de ia sensibilité : car la disposition du canal alimentaire détermine d'une manière absolue l'esDece d'aliments dont l'animal peut se nourrir, et on sent que s'il ne trouvait pas dans ses sens et dans ses organes du mouvement les moyens de distinguer et de se procu- rcr ces sortes d'aliments, il ne pourrait subsister. Ainsi un animal qui ne peut digérer que de la chair A UT. ïv. iiAproi/rs des ORGANns. 57 doit 5 soiîs peine de destrnclion de son espèce , avoir la faculté d'apercevoir son gibier^ de le poursuivre^ de le saisir^ de le vaincre, de le dépecer. Il lui faut donc, de toute nécessite, une vue perçante, nn odorat lin, une course rapide, deFadressc et de la force dans les pattes et dans les mâchoires. Ainsi jamais une dent tran- chante et propre à découper la chair ne coe:Sistera dans la même espèce avec un pied enveloppé de corne qui ne peut que soutenir Fanimal, et avec lequel il ne peut saisir. Delà, la règle que tout animal à sabot est herbivore ; et ces rè[;les encore plus détaillées , qui ne sont que des corollaires de la première, que des sabots aux pieds indiquent des dents molaires à couronne plate, un canal alimentaire très long, un estomac ample et multiple ^ et un grand nombre de rapports du môme ^renre. Ces lois, qui déterminent les rapports des systèmes d'orp^anes affectés aux différentes fonctions , exercent également leur puissance sur les différentes parties d'un même système, et en lient les variations avec la même force. C'est sur-tout dans le système alimentaire, dont les parties sont plus nombreuses et plus distinctes que ces rè.fjles trouvent des applications plus évidentes. La forme des dents, la longueur, les replis, les dila- tations du canal alimentaire, le nombre et l'abon- dance des sucs dissolvants qui s'y versent, sont toujours dans un rapport admirable entre elles et avec la nature, la dureté et la dis:^lubilité des matières que l'animal mange, au point que l'homme exercé, qui connaît une de ces parties, peut aisément deviner la plupart des autres, et qu'il peut même ^ d'après les règles précédentes, étendre ses conjectures aux organes des autres fonctions. 58 I*"^ LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. La même harmonie existe entre toutes les parties du, système des organes du mouvement. Gomme il n'y en a aucune qui n'agisse sur les autres et qui n'éprouve leur action, sur-tout lorsque l'animal se meut en entier, toutes leurs formes sont en rapport. Il n'est presque aucun os qui varie dans ses facettes , dans ses cour- bures^ dans ses proéminences, sans que les autres subissent des variations proportionnées; et on peut aussi, à la vue d'un seul d'entre eux, conclure jusqu'à un certain point celle de tout le squelette. Ces lois de coexistence que nous avons indiquées jusqu'ici, ont, pour ainsi dire, été déduites, parle raisonnement, des connaissances que nous avions de l'influence réciproque des fonctions et de l'usage de chaque organe. L'observation les ayant confirmées, nous nous trouvons en droit de suivre une marche inverse dans d'autres circonstances j et lorsque Tobser- vation nous montre des rapports constants de forme entre certains organes^ nous devons en conclure qu'ils exercent quelque action l'un sur l'autre ; nous pouvons . même être menés par là à des conjectures heureuses sur les usages de Fun ou de l'autre. C'est ainsi que la grandeur pilas considérable du foie dans les animaux *" qui respirent moins, et son absence totale, ou du moins sa conformation toute différente , dans les insectes dont la respiration est la plus complète qu'il soit possible, puisque tout leur corps est , pour ainsi dire , un poumon , ont fait penser que le foie supplée jusqu'à un certain point à ce dernier organe, en enle- vant comme lui au sang ses deux principes combus- tibles. C'est ainsi qu'on se rend raison de la blancheur et de l'oDacité du chyle dans certains animaux , tandis AKT. IV. RAPPORTS DES ORGANES. Sq que dans d'autres il est aussi transparent que la lymphe , lorsqu'on sait que les premiers sont précisé- ment tous ceux qui ont des maramelles, et qui allai- tent leurs petits. Cest même principalement par Fétude approfondie de ces rapports^ et par la décou- verte de ceux qui nous ont échappé jusqu'à présent que la physiologie a le plus d'espoir d'étendre ses limites : aussi doit-elle regarder l'anatomie comparée comme une des plus riches sources de son perfection- nement. Au reste ^ en demeurant toujours dans les bornes que les conditions nécessaires de l'existence prescrivaient, la nature s'est abandonnée a toute sa fécondité, dans ce que ces conditions ne limitaient pas ; et sans sortir jamais du petit nombre des combinaisons possibles^ entre les modifications essentielles des organes impor- tants, elle semble s'être jouée à l'infini dans toutes les parties accessoires. 11 ne faut pas pour celles-ci qu'une forme, qu'une condition quelconque soi3 nécessaire; il semble même souvent, qu'elle n'a pas besoin d'être utile pour être réalisée : il suffit qu'elle soit possible , c'est-à-dire, qu'elle ne détruise pas l'accord de l'en- semble. Aussi trouvons-nous, à mesure aue nous nous éloignons des organes principaux , et que nous nous rapprochons de ceux qui le sont moins, des variétés plus multipliées 3 et lorsqu'on arrive à la surface, où la nature des choses voulait que fussent précisément pla- cées les parties les moins essentielles et dont la lésion est la moins dangereuscj le nombre des variétés de- vient si considérable, que tous les travaux des na- tm^âlistes n'ont nu encore parvenir à en donner une idée. Dans toutes ces combinaisons, il s'en trouve néces- « Co f' LUCOK. ÉCOlNO.AIiE AKIÎ\rALL\ sairement beaucoup qui ont des choses coninnines^ et il y en a toujours un certain nombre^ qui ne dif- fèrent que très peu ; en sorte qu'en plaçant les unes auprès des autres celles qui se ressemblent le pius^ on peut en établir une espèce de suite ^ qui paraîtra s'éloigner comme par defî;rés d'un type primitif. C'est sur ces considérations que reposent les idées que cer- tains naturalistes se sont formés d'une échelle des êtres qui les rassemblerait tous en une série unique ^ com- mençant au plus parfait^ et finissant au plus simple, à celui qui serait doué des propriétés les moins nom- breuses et les plus comnnunes, et telle que l'esprit pas- serait de l'un à l'autre , sans presque apercevoir d'in- tervalle, et comme par nuances insensibles. En effets en restant dans certaines limites, et sur-tout en consi- dérant chaauc organe isolément , et en le suivant dans toutes les espèces d'une classe , on le voit se dégrader avec une uniformité singulière , on ^'aperçoit même encore en partie, et comme en vestige, dans les es- pèces où il n'est 1)1 us d'aucun usage ; en sorte que la nature semble ne l'y avoir laissé, que pour demeurer fidèle à la loi de ne point faire de sauto Mais, d'une part, les organes ne suivent pas tous" le même ordre de dé- gradation : tel est à son plus haut degré de perfection dans une espèce , et tel autre l'est dans une espèce toute différente; de manière, que si on voulait ranger les espèces, d'après chaque organe, considéré en particu- lier, il y aurait autant de séries à former , que l'on au- rait pris d'organes régulateurs , et que, pour faire une échelle générale de perx^ection, il faudrait calculer l'effet résultant de chaque combinaison , c'est ce qui n'est presque pas possible. ART. IV. !l APPORTS D\:S OîlGANIÎS. Gl D'tiii autre coié y ces nuances douces et insensibles s'observent bien , tant que l'on reste sous les mêmes combinaisons des or^^anes principaux^ tant que ces {grands ressorts centraux restent Jes mêmes. Tous les animaux chez lesquels cela a lieu^ semblent formés sur un pian commun^ qui sert de base à toutes les petites modifications extérieures : mais du moment où on passe à ceux qui ont d'autres combinaisons princi- pales^ il n'y a plus de ressemblance que dans les éléments des organes, et dans ce qui est essentiel à l'a- nimalité ;, en sorte^, que Ton ne peut méconnaître l'in- tervalle ou le saut le plus marqué. C'est aussi pour s'être tenus à. la comparaison des formes les plus voisines , que des naturalistes plus ré- cents ont mis en avant tant d'autres prétendues lois générales qui n'ont pas supporté d'avantage l'examen. Ainsi quelques ressemblances de proportion du cer- veau des fœtus de mammifères , avec ceux des vertébrés ovipares, la multiplication des os du crâne, dans ces fœtus, analogue à quelques égards , avec ce qui a lieu dans une partie de ces mêmes ovipares , la disposition des organes de la circulation et de la respiration dans les poissons, assez semblable à celle des lézards, des batraciens, et une analogie plus légère dans celle des embrvons d'oiseaux et de mammifères avec celle des poissons, et dans leur fœtus avec celle des reptiles, quelques autres rapports de ce genre entre certains or- ganes, ont fait dire que les classes inférieures surtout, étaient en quelque sortedes fœtus des supérieures. Bien plus, l'on ne s'en est pas tenu à cet égard aux animaux vertébrés, aux reptiles et aux poissons; l'embryon dans les premiers moments, ne montrant qu'une forme 62 l'"" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. alongce , sans membres apparents , on a cru y voir un ver ou un insecte. En un mot, Ton avait étendu cette loi jusqu'au dernier des animaux : le mammi- fère devait passer par toutes les formes des autres ani- maux^ avant que d'arriver à la sienne; les classes in- férieures n'étaient que des arrêts dans le développe- ment de ranimai général ; l'animal parfait contenait tous les autres , etc. Ces idées qui s'adaptaient à des systèmes métaphy- siques, qui ont eu pendant quelque temps de la vogue en Allemagne, y ont acquis de l'empire. On a exposé avec complaisance les faits qui leur paraissaient favo- rables, et on a gardé le silence sur ceux qui les renver- sent, jusqu'à ce qu'enfin des hommes plus sévères dans leurs observations, ont de nouveau fait préva- loir la vérité. Mais quelque erronées qu'elles fussent, encore, ces idées avaient-elles quelque chose de plausible, et elles formaientun ensemble élevé, lié à de hautes concep- tions philosophiques. Il n'en est pas de même de celles qui ont été momentanément avancées en France, d'une prétendue unité de plan et de composition dans tous les animauy. Jamais on n'a pu obtenir une définition claire de ce que ces mots voulaient dire ; la seule qui ait été donnée de l'unité de composition. Le même nohmre de parties disposées dans le même oj'dre , a dii être retirée sur- le-champ ; elle ne se vérifiait pas même ( comme nous le verrons) d'un mammifère à l'autre ,. pas même sur une seule partie de îecr corps, encore moins d'une classe de vertébrés à l'autre; et inh devenait tout-à- fait absurde, appliquée aux mollusques et auï zoo- phytes. ART. IV. RAPPORTS DES ORGAWES. 65 Quant à l'identité de plan., les efforts divers et épa- lement malheureux que Von a faits pour trouver de l'analoijie j seulenieut entre la disposition des narties des insectes et celle des vertéJjrés^ analogie qui ^ au premier coup d'oeil ^ semblait se présenter avec assez de faveur, prouvent de reste combien cette pensée était fausse : aussi n'est-on pas allé plus loin ; on n'a pas même osé tenter un rapprochement semijlable pour les zoophytesj il aurait trop choqué le simple bon sens. Une troisième prétendue loi , celle de la constance des connexions , aurait contraint la nature à placer les parties analogues , dans la même position relative ; mais on ne conçoit pas ^ comment elle a pu être mise en avant, à tant de reprises et avec tant d'emphase, à la vue d'animaux tels que les mollusques, ou les or- ganes les plus i-inportants, sont dans les situations les plus contraires ; où le cœur est tantôt du côié du ventre, tantôt du côté du dos , tantôt près de la tête, tantôt à l'autre extrémité du corps , etc. Toutes ces vues n'ont donc été engendrées, que par une considération superFiciellede ressemblances réelles entre des êtres voisins, et par l'ignorance ou par l'ou- bli complet de ce qui s'observe dans des êtres plus éloignes. Nous devons dire même, que ces ressem- blances entre les êtres voisins ont été fort exagérées dans l'exposition, et qu'on a cherché à les multiplier par des hypoîhèses insoutenables. Néanmoins, les peines que Ton s'est données pour les établir, n'ont pas été tout-à-fait perdues pour la science, et on a découvert ainsi plusieurs faits intéressants^ qui seraient peut-cire demeurés long-temps ignorés, si l'on n'eût 64 i'"'^ LKCON. ÉCONOMIE ANIMALE. été incité à lenr recherche , par la passion du syslènie. Ce qui reste de vrai;, après tant d'écrits e(; de dis- cours j c'est ce que nous avions dit dans cet article , lorsque nous le publiâmes, il y a maintenant trente- deux ans, et avant toutes ces tentatives soi-disant philosophiques 3 que la nature inépuisable dans sa fé- condité , et toute puissante dans ses œuvres , si ce n'est pour ce qui implique contradiction, n'a été arrêtée dans les innombrables combinaisons de formes d'or- [jancs et de fonctions qui composent le rep;ne animal, que par les incompatibilités physiologiques; elle a réa- lisé toutes celles de ces combinaisons qui ne répugnent pas, et ce sont ces répugnances, ces incompatibilités, cette impossibilité de faire coexister telle modification avec telle autre, qui établissent entre les divers grou- pes d'êtres, ces séparations , ces hiatus qui en mar- quent les limites nécessaires , et qui constituent les embranchements, les classes, les ordres et les familles naturelles, ainsi que nous Talions voir dans l'article suivant. ARTICLE V. DIVISION DES AÎMMÂXJX d'aPIIÈS l/r.i^^SEMRLE DE LEUR OUGAKTSATION, L'anatomie comparée ayant pour -but d'indiquer les différences que présente chaque organe considéré dans tous les animaux, son expoaiîion serait très Km- x\RT, Y. DIVISION DES AN [MAUX. G5 gue et très emLroulilée , si on était obli^jé de nommer chaque fois tous les animaux clans lesquels tels ou tels orfjanes ont une structure uniforme. 11 serait beaucoup plus commode d'en indiquer la totalité sous un nom de classe ou de g^enre qui les comprendrait tous : mais, pour que cela se pût, il faudrait ([uetous les animaux qui composent un genre ou une classe eussent de la ressemblance, non pas dans un organe seulement, mais dans tous ou le plus grand nombre; autrement on se- rait obligé d'adopter des classes et des genres nouveaux et une nomenclature particulière, chaque fois que Fou traiterait d'un nouvel organe; ce qui produirait une confusion plus grande que celle qu'on voulait éviter. C'est cependant ce qui arriverait, si on prenait les ca- ractères de ses subdivisions des différents degrés dans des propriétés , dans des organes, ou dans des modifi- cations d'organes choisis au hasard et arbitrairement. Pour peu que l'organe qu'on aurait choisi se trouvât être parmi les moins importants, parmi ceux qui ont le moins d'influence sur l'ensemble, il n'y aurait pas de raison pour que les autres organes se ressemblassent dans tous les animaux où celui-là se ressemblerait : ainsi, on ne pourrait rien affirmer touchant ces autres organes, qui convînt à toute une des classes ou à tout un des genres d'animaux que Ton aurait distingués par des caractères pris dans cet organe peu important. Supposons, par exemple, qu'on ait divisé les ani- maux en volatiles, en terrestres et en aquatiques comme on le faisait autrefois; il se trouverait dans la première classe, outre les oiseaux ordinaires , des mam- mifères (les chauve-souris ), des reptiles (le dragon) , des poissons ( les diverses espèces de poissons volants), I. ;> 66 I LKCON. ÉCONOMIE A1S[TMALE. et une multitude d'insectes. Il en serait de même , plus ou moins, des deux autres classes. x\insi, lorsque Ton aurait à parler d'un de leurs organes, de celui de la respiration, par exemple, on ne trouverait pas une seule qualité qui pût lui êî,re attribuée dans toute une classe, ni une qui fût affectée exclusivement à Tune des trois à l'exclusion des deux autres. Cet exemple est propre^ par son évidence, à montrer de quelle importance il est de bien choisir les caractères de ses divisions; car, quoiqu'on ne fasse plus aujour- d'hui , dans la formation des méthodes et des systèmes d'histoire naturelle , des fautes aussi g^rossières que celle-là , plusieurs naturalistes n^ont pas laissé d'adop- ter , même dans ces derniers temps, des divisions qui ont aussi , dans le détail, de ces sortes de résultats. Le but de toute bonne méthode est de réduire la science à laquelle on rapplic[ue , à ses moindres ter- mes, , en élevant les propositions qu'elle comprend à la plus (grande généralité dont elles soient susceptibles. Ainsi, pour en avoir une bonne en anatomie comparée, il faut qu'elle soit telle , que l'on puisse assigner à cha- que classe et à chacune des subdivisions , des qualités communes touchant la plus grande partie des organes. On peut arriver à ce but par deux moyens différents^ qui peuvent se servir de preuve et de vérification l'un à l'autre : le premier , et celui auquel tous les hommes ont dû avoir recours naturelleuient, c'est de passer de l'observation des espèces à leur réunion en genres et en collections d'un ordre supérieur, suivant qu'on s'y voit conduit par l'ensemble de leurs attributs^ le second, que la plupart des naturalistes modernes ont employé, est de fixer d'avance certaines bases de division , d'après ART. V. DIVISION DES ANIMAUX. 67 lesquelles on range les êtres à mesure qu'on les observe. Le premier moyen ne peut tromper; mais il n'est applicable qu'aux êtres dont on a une connaissance parfaite. Le second est d'un usage plus général^ mais il est sujet à erreur. Lorsque les bases qu'on a adoptées ne rompent point les combinaisons auxquelles l'ob- servation conduit^ et lorsque ces bases sont indiquées par les résultats de l'observation^ les deux moyens se trouvent d'accord , et on peut être certain que la méthode est bonne. Mais 5 dans le cas où il n'est pas possible d'employer le premier moyen , il faut calculer par le raisonnement la valeur de ses bases ,* et c'est là que Timportance des organes dans lesquels on les prend est d'un grand secours. Les naturalistes n'ont pas ignoré ces principes, et c'est sur ces considérations qu'ils ont établi leurs distinctions entre les organes du premier, du second, du troisième rang, etc. Mais ils auraient dû porter plutôt leur attention sur les fonctions elles-mêmes que sur les organes: car toutes les parties, toutes les formes, toutes les qualités d'un organe du premier rang , ne sont pas éga- lement propres à fournir des caractères pour les classes supérieures j ce sont seulement celles de ces formes et de cesqualités qui modifient d'une manière importante la fonctions laquelle cet organe est affecté, celles qui lui donnent, pour ainsi dire , une autre direction et d'autres résultats. Toutes les autres considérations auxquelles un organe , de quelque rang qu'il soit , peut donner lieu , ne sont d'aucune importance tant qu'elles n'influent pas directement sur les fonctions 5. "Hp^ ■ 3(S r'' LEÇON. ÉCONOMIE AA^Ï!\IALE. qu'il exerce. C'est ce qui a éfîa ré quelques naturalistes , qui ont cru que tout était important dans un organe important , et qui ont bouleversé sans raison des divi- sions bien faites. Au reste , ce n'est pas ici le lieu de nous apesantir sur ces principes , et encore moins de les appliquer: la formation des méthodes est l'objet de l'histoire naturelle proprement dite ; l'anatomie les reçoit pour ainsi dire ^ toutes faites , c'est d'elle qu'elle prend ses premières directions; mais elle ne tarde pas à leur rendre la lumière qu'elle en a reçue d'abord; elle est même la plus forte épreuve de leur honte ; et, c'est en appliquant une méthode d'histoire naturelle à l'anatomie comparée , qu'on est bientôt en état de reconnaître si elle s'écarte ou non de la marche de la nature. Nous allons donc porter nos regards sur l'ensemble du règne animal , et reconnaître ce que les familles des divers rangs qui le partagent ont chacune de com- mun dans leur organisation. Cette revue générale nous est encore nécessaire pour une autre fin : dans les descriptions que nous ferons dans la suite de ce cours, des différents organes et de leurs conformations variées , nous serons à chaque instant obligé de citer les divers genres et les diverses familles d'animaux ; il faut donc que nous en ayons au moins une connais- sance sommaire, et c'est ce cpie nous procurera l'exa- men que nous allons en faire. Lorsque l'on embrasse et que l'on compare dans son ensemble la totalité du règne animal , on recon- naît qu'il existe non pas un , mais quatre plans , quatre formes générales d'après lesquelles tous les ani- înaux semblent avoir éi6 modelés , et dont les divi- AllT. V. DIVISION DES ANIMAUX. Gq sions ultérieures, de quelques noms que les naturalistes les aient décorées, ne sont que des modifications fondées sur le développement ou sur l'addition de quelques parties, mais qui ne changent rien à l'es- sence du plan. L'on se rend promptement compte de cette ressemblance lorsque l'on examine le système nerveux : il est le même dans chaque forme j or , comme nous l'avons vu, le système nerveux est au fond tout Fanimal^ ses deux fonctions, le senti- ment et le mouvement volontaire constituent Fani-- malitéj les autres systèmes ne sont là que pour le servir ou pour Tentretenir: il n'est donc pas étonnant qu'il soit l'organe régulateur , et que la disposition du corps entier soit en harmonie avec la sienne. Ces quatre grandes divisions y ou , comme je les appelle^ ces quatre embranchements sont : Les animaux vertébrés , qui ont un cerveau , une moelle épiuièrc enveloppés dans le crâne et le canal vertébral; un nerf grand sympathique, un cœur, des poumons ou des branchies ;, et le sang rouge. Leur corps est symétrique à peu d'exceptions près ( les pleuronectes, quelques cétacés). Les animaux molluscjues qui n'ont point de canal vertébral ni de moelle épinière ; mais où le cerveau placé en travers sur l'œsophage, et l'entourant d'un collier, donne des filets qui se répandentdans le corps et y produisent des ganglions épars ; leur corps mou par lui-même, mais souvent protégé par des coquilles, n'a point d'articulations ni de membres articulés , et n'est pas toujours symétrique; ils ont un cœur, et quelquefois plusieurs ; des branchies ou une cavité pulmonaire ; des glandes sécrétoires et excrétoires de diverses sortes. / 70 I LEÇON. ECONOMIE. ANIMALE. Les animaux articulés qui n'ont point de canal vertébral ni de moelle épiniëre ; mais où le cerveau placé en travers sur l'œsophage donne deux filets qui se rapprochent en dessous pour marcher longitudina- lementJe long du ventre, se renflant d'espace en es- pace en ganglions d'où partent les nerfs : leur corps symétrique est toujours divisé en segmens transver- saux j il a le p]us souvent des membres, et même des membres articulés ; leurs organes de circulation et de respiration varient ^ et il y en a une classe dont le sang est rouge. La circulation manque même dans les insectes. Les animaux rayonnes ou zoophjles , qui n'ont point de cerveau ni de moelle épinière^ ni de ganglion, et où presque toujours les nerfs manquent évidem- ment. Leur corps a d'ordinaire des formes rayonnées; ils manquent de cœur et de circulation complète j le plus souvent, ils n'ont même aucune apparence de vaisseaux : leur respiration , quand ils ont quelque chose d'approchant ^ se fait par des moyens différents de celle des autres animaux. Mais il faut observer que si nous énonçons successi- vement les noms et les caractères de ces quatre embran- chements, nous n'entendons point leur attribuer une prééminence de rang absolue. Quoique les vertébrés soient, en général , plus complètement organisés que les autres , il serait possible que Ton trouvât l'ammocëte inférieur au cafmar , et quoique les animaux incontes- tablement les plus simples appartiennent à l'embran- chement des zoophytes, nous ne voudrions pas soutenir que l'oursin ou l'holothurie fût de tout point inférieur au ver de terre ou à la sangsue ; encore moins vou- drions nous mettre l'écrevisse au-dessous de Fhuître AaT. V. DIVISION DES ANIMAUX. 71 OU au-tlessiis du calmar : en un mot , il y a une sorte de parailéiisnie au moins entre l'embranchement des mollusques et celui des articulés ; et les têtes de ces deux colonnes peuvent bien être comparées pour la perfection. / Cette observation s'applique aux subdivisions de chaque embranchement ; il y en a dont rien ne justi- fierait la primauté sur les subdivisions voisines , et ce sont autant de preuves de l'impossibilité de ranger les animaux sur une seule ligne, d'en former une seule échelle. Les animaux du premier embranchement, les ver- tébrés, ont toujours un squelette intérieur articulé dont le principal soutien est une colonne composée d'an- neaux appelés vertèbres, dans le canal desquelles est renfermée la moelle épiniëre. A son extrémité anté- rieure est la tête, dont le crâne, continualion dilatée de la cavité de Fépine , renferme l'encéphale j son ex- trémité postérieure se prolonge le plus souvent pour former la queue; les côtes qui manquent rarement, s'attachent aux deux côtés de cette colonne. Il n'y a jamais plus de quatre membres, dont il peut manquer cependant une paire, quelquefois même les deux. L'encéphale se compose toujours de masses paires, plus ou moins prononcées, dont l'ensemble est nommé plus spécialement cerveau^ et d'une masse impaire appelée cervelet, La moelle alongée qui vient du cer- veau et du cervelet est le commencement de la moelle épiniëre. Les sens sont toujours au nombre de cinqj dont ceux de la vue, de l'odorat et du goût ont toujours leurs organes logés dans les cavités de la face, partie 72 1 LEÇON. ECONOMIE AiMMALE. clejla tête située sous le crâne: Fouie a les siens clans les parois du crâne, ou même clans son intérieur. Les nerfs de ces quatre sens sortent immédiatement du crâjie j ceux c[ui viennent de la moelle épiniere ont deux sortes de racines, les antérieures, soumises à la volonté, les postérieures, consacrées aux sensations; ces dernières contribuent par des filets à la formation d'un nerf qui se distribue à la plupart des viscères et communique par ses branches supérieures avec deux des nerfs du cerveau. Les yeux sont toujours au nombre de deux et mo- biles à volonté; Foreille a toujours au moins trois ca- naux semi-circulaires ; le sens de l'odorat réside toujours exclusivement dans des fosses creusées au-devant de la tête. La circulation se fait toujours au moins par un ven- tricule charnu, et lorsqu'il j en a deux, ils ne sont jamais séparés. Les vaisseaux lymphaîiquas sont dis- tincts des veines sano:uines. Les deux mâchoires sont toujours horizontales, et la bouche s'ouvre par leur ëcarlement de haut en bas. Le canal intestinal est continu depuis la bouche jusqu'à l'anus, qui est généralement situé derrière le bassin, c'est-à-dire, derrière la ceinture osseuse cjui porte les extrémités postérieures. Les intestins sont entourés d'un sac membraneux, nommé péritoine, dont un repli les embrasse etles suspend. Il y a toujours un foie et un pancréas qui y versent des liqueurs dissolvantes, et une rate dans laquelle une partie du sang^, qui doit se rendre au foie, subit une préparation préalable. Ce sano;, destiné à la sécrétion de la bile a toujours circulé au- paravant dans les intestins, et après avoir été recueilli ART. V, DIVISION DES AISIMAUX. 7O dans la veine porte , sorte d'artère abdominale^ se dis- tribue au foie comme s'il sortait d'une artère. Il y a toujours deux reins pour la séparation de l'urine^ situés aux côtés de l'épine et hors du péritoine • sur ces reins sont toujours deux cqjpps dont Fusa/3;e est inconnu, et qu'on a nommés capsules atrabilaires. Les testicules sont toujours au nombre de deux, et les ovaires aussi , quoiqu'ils soient confondus dans les oiseaux. Ces animaux à vertèbres se subdivisent à leur tour en deux branches, les vivipares ou mammifères, et les ovipares qui comprennent les oiseaux , les reptiles et les poissons. Les mammifères et les oiseaux ont le sang chaud, et comme tels ils ont toujours deux ventricules au cœur et une circulation double. Ils respirent par des pou- mons et ne peuvent se passer de respirer. Leur cerveau remplit exactement la cavité du crâne; leurs yeux se ferment par des paupières. Leur oreille a son tympan enfoncé dans le crâne j toutes les parties du labyrinthe sont étroitement enveloppées par les os , et on y voit toujours, outre les canaux semi-circulaires, un org;ane à deux loges, analogue au limaçon. Leurs narines communiquent toujours avec l'arrière-bouche, et ser- vent au passage de l'air pour la respiration. Leur tronc est toujours environné de côtes, et ils ont presque tous quatre membres. Sous d'autres rapports , les oiseaux, en qualité d'ovi- pares , ressemblent davantage aux deux classes à sang froid. Les mammifères, seuls vrais vivipares, nourrissent leurspetits, dans le premier âge, du lait fourni par leurs 74 ï'*' LEÇON. ÉCONOMIE ANIMADE. mamelles ; ils ont toujours une matrice à deux cornes ; les mâles ont toujours une verge qu'ils peuvent intro- duire. Leur tête est portée sur la première vertèbre par deux éminences. Les vei^cbres du cou ne sont jamais moins de six^ ni plus de neuf. Leur sternun est toujours formé d'une suite longitudinale d'os. Leur encéphale est plus compliqué que dans les autres animaux; la première et la principale de ses niasses paires, ou les hémisphères du cerveau, recouvre ou enveloppe les paires suivantes : il y a des parties qu'on ne trouve point dans les autres classes, telles que le corps calleux, la voûte, le pont, etc. Leurs yeux n'ont que deux paupières ; leur oreille a quatre osselets articulés et un limaçon véritablement spiral : leur langue est entièrement molle et charnue , leur peau est recouverte de poils dans le plus grand nombre. Leurs poumons sont étroitement renfermés dans la poitrine, qui est séparée de l'abdomen par un dia- phragme charnu imperméable. Ils n'ont qu'un larynx, situé à la base de la langue , et recouvert par une épi- glotte lorsque l'animal avale. Leur mâchoire inférieure est seule mobile , et com- posée seulement de deux pièces; toutes les deux sont garnies de lèvres. Leur canal biliaire et le pancréatique s'insèrent au même point. Leurs vaisseaux lactés charrient un chyle blanc laiteux, et ils traversent une multitude de glan- des conglobées situées dans le mésentère. Une mem- brane nommée épiploon , suspendue à l'estomac et aux parties voisines recouvre les intestins par devant. La ART. V. DIVISION DES ANIMAUX. 76 rate est toujours dans le côté gauche, entre restomac, les côtes et le diaphragme. Les trois classes de vertébrés ovipares ont plus de rapports communs qu'il n'y en a entre les deux classes à sang chaud. Leur cerveau n'a que des hémisphères très minces qui ne sont pas réunis par un corps cal- leux i on ne leur voit pas cette protubérance appelée pont de varole : les hémisphères de leur cerveau n'en cachent point les autres masses paires et on les voit en arrière et sur le côté. Les lames de l'intérieur de leurs narines sont beaucoup moins compliquées ; leurs orbites ne sont séparés que par une lame verticale ou une membrane ; leur oreille n'a point tant d'osselets, et en manque entièrement dans plusieurs ; leur mâchoire inférieure, toiiiours composée de pièces assez nom- breuses, s'attache à un os distinct de celui du rocher, leurs os du crâne sont généralement plus subdivisés, même que dans le fœtus des roamifères j ainsi le frontal l'est en cinq ou six pièces, etc. Dans ceux qui ont des poumons, ces organes ne sont pas aussi complètement séparés de l'abdomen par le diaphragme; le larynx est plus simple et manque cl'épiglotte, etc. , etc. Les oiseaux, en particulier, ont des caractères tels qu'il est impossible même d'imaginer des chaînons intermédiaires qui passeraient d'eux à d'autres classes. La tête ne porte sur la première vertèbre du cou que par une seule émiuence. Les membres de devant ne peuvent servir qu'à voler , et l'oiseau ne marche que sur ceux de derrière. En conséquence leurs vertèbres du cou sont très nombreuses pour que leur bec puisse atteindre à terre. Leur sternum est fort large, mais jamais formé d'une suite longitudinale d'os ; Fomoplatç?' 70 f LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. s'y unit par un os coracoïdien très robuste ; leur membre antérieur est alongé en aile ; leurs tarses et métatarses ne forment qu'une pièce , et tout leur membre postérieur est constitué de façon à les soutenir puissamment dans la station. Leur corps est couvert de plumes. Leurs yeuy ont trois paupières. Leur oreille n'a jamais de pavillon extérieur : son tympan n'a qu'un osselet ; son limaçon est en cône légèrement courbé. Leur langue a un os intérieurement. Les poumons sont attachés aux côtes, et se laissent traverser par l'air qui communique dans tout le corps. La tra- chée a un larynx à chacune de ses extrémités, leur bouche est un bec revêtu de corne, sans lèvres, ni dents, ni gencives , dont les deux mandibules sont mobiles. Le pancréas et le foie produisent chacun plusieurs canaux, excréteurs , qui entrent dans l'intestin par divers points. Le chyle est transparent, et il n'y a point de glandes mésentériques ni d'épiploon. La rate est au centre du mésentère. Les uretères a])0utissent dans une cavité commune aussi aux excréments solides, et nommée cloaque. Il n'y a point de vessie, ils n'ont qu'un oviductus qui aboutit auprès de l'anus, etc. Les ovipares à sang froid , sont les reptiles et les poissojis. Les reptiles diffèrent entre eux par des points très importants, et ils n'ont pas peut-être des propriétés et des parties communes en aussi grand nombre que les autres classes. Il y en a qui marchent, d'autres qui volent, d'autres qui nagent, et leurs membres et leurs sternums varient en conséquence. Un grand nombre ART. V. DÎYTSION r>ES ANIMAUX. ^T ne peut que ramper et n'ont point de membres ni de sternum, ou les ont seidement eu vestig^es. Leurs organes des sens, et sur-tout l'oreille , varient presque autant que ceux du mouvement ; elle n'a cependant jamais de vrai limaçon. Leur peau est ou nue^ ou revêtue d'écaillés. Leur cerveau est toujours très petit.. Leurs poumons flottent souvent dans la même cavité que les autres viscères , mais ne se laissent point tra- verser par l'air ; les cellules en sont fort grandes. Il n'y a qu'un larynx sans épiglotte. La mâchoire supérieure n^estpas mobile. Il n^y a ni épiploon, ni glandesmésen- tériques, la rate est au centre du mésentère^ ou rap- prochée du pylore et du pancréas. La femelle a toujours deux ovaires et deux oviductus. Il y a une vessie. Quelques reptiles, les batraciens, dans leur premier âge, respirent Teau par des branchies suspendues à des appendices de leur os hyoïde, et qui s'atrophient à mesure que leurs poumons se développent. Ils forment en cela une sorte de passage aux poissons. Les poissons respirent par des organes en forme de peignes, placés aux deux côtés de leur cou, sus- pendus comme ceux des batraciens, et entre lesquels ils font passer l'eau; ils n'ont en conséquence ni trachée, ni larynx, ni voix. Leur corps est disposé pour nager; leurs nageoires manquent quelquefois. Outre les quatre qui représentent les membres, ils en ont de verticales sur le dos, sous la queue et à son extrémité, soutenues par des rayons dont les autres classes ne montrent point de vestiges. Leurs narines, placées dans des fossettes sans issue, ne servent point à la respira- tion ; leur oreille est entièrement cachée dans le crâne; leur peau est nue, ou rerouverte d'écaiiles ; leur 78 I LEÇON, ÉCONOMIE ANIMALE. langue est osseuse; leurs deux mâchoires sont mobiles; le pancréas est souvent remplacé par des cœcums; il y a une vessie ; les ovaires sont doubles; il n'y a d'ovi- ductus que dans quelques chondroptérygiens. Dans les derniers des poissons , les lamproies^ le squelette est réduit à une mollesse extrême , on a peine à dis- tinguer le corps des vertèbres ; il y en a même un genre, les ammocètes où tout le squelette esta peu près membraneux. Les animaux du deuxième embranchement, ou les jnolluscjues, ont le corps charnu, mou^ sans membres articulés , quoiqu'il ait quelquefois en dedans des pièces dures, et qu'il soit souvent recouvert par des écailles pierreuses. Ils ont des vaisseaux artériels et veineux, dans lesquels le sang subit une véritable cir- culation et même une circulation double, celle-ci lors- qu'elle n'a qu'un ventricule, Fa toujours à l'aboutis- sant de la veine ou des veines pulmonaires et à la base de l'artère du corps. Ils respirent Peau par des branchies en forme de peignes, de lames, ou de panaches, ou bien ils oih^ent à i'air une cavité pulmonaire , mais dont les parois sont seulement tapissés d'un lacis de vaisseaux ; leur cerveau est une masse distincte ^ de laquelle partent des nerfs, et leur œsophage est entouré d'un collier d'où il en part d'autres. Ces nerfs se distribuent diversement , et il y a des ganglions nerveux en divers endroits du corps. Leurs sens extérieurs varient pour le nombre, quel- ques-uns ayant des yeux et des oreilles bien marqués, tandis que d'autres paraissent réduits au goût et au toucher. 11 y en a beaucoup qui parjvent mâcher, et d'autres qui ne peuvent quavaler. Leurs sécrétions se AKT. V. DIVISION DES ATSIMAUX, ^C) font par des glandes conglomérées. Ils ont un foie vo- lumineux qui fournit beaucoup de bile^ mais on ne leur voit point de pancréas^ et ils n'ont pas de vais- seaux lymphatiques. Leurs classes ne sont ni moins nombreuses, ni moins distinctes que celles des vertébrés. La première^ ou celle des céphalopodes ^ a le corps en forme de sac j un crâne cartilagineux renfer= mant le cerveau et contenant des oreilles 3 de grands yeux 5 autant et plus compliqués que ceux d'aucun ver- tébré j des organes du mouvement d'une structure toute particulière , entourant la bouche^ et servant éga- lement à la natation, à la marche et à la station^ un bec, formé par deux mandibules cornées- un gésier charnu ; des branchies • trois cœurs , un aortique , deux branchiaux, des sexes séparés, etc., etc. j leur coquille est souvent cachée dans l'épaisseur du dos. La seconde, celle des gastéropodes ^ rampe sur le ventre pourvu à cet effet d'un disque musculaire, et n'a qu'un cœur aortique; sa tête, simple production de son enveloppe générale , n'a que des tentacules médiocres, et de très petits yeux; le cerveau n'a point d'enveloppe propre: il n'y a point d'oreille,* les mâ- choires, hi force de Testomac, la longueur des intes- tins, la forme et la position des branchies, varient à l'infini; quelquefois il n'y a qu'une cavité pulmo- naire; tantôt les sexes sont séparés, tantôt ils sont réunis clans le même individu, mais avec néces- sité d'accouplement réciproque ; quelquefois enfin , chaque individu peut se féconder lui-même. A cette classe appartiennent la plupart des coquilles unival- ves, et quelques multivalves; mais beaucoup de ces genres n'ont point de coquille an tout. 8o l""" LEÇON. ÉCOiSOMTE ANIMALE. La troisième , celle des acéphales , n'a point de tête saillante; sa bouche s'ouvre sous un manteau ployé en deuX;, et quelquefois fermé par-devant ; il n'y a ni enveloppe propre au cerveau, ni oreilles j les yeux lui manquent^ son cœur estaortique ; ces branchies con- sistent en quatre grands feuillets vasculaires , entre lesquels est le pied, qui est quelquefois organisé en filière et quelquefois manque tout-à-fait. Tous ces animaux se fécondent eux-mêmes ; c'est à eux qu'ap- partiennent toutes les coquilles bivalves, et la plupart des multivalves; beaucoup de leurs espèces sont fixées et condamnées à vivre sans mouvement. A ces trois grandes et principales classes des mol- lusques, il s'en joint cinq moins considérables ; les ptéropodes , dont le corps, en forme de sac, nage au moyen de lames latérales; leur cerveau n'a point d'en- veloppe, ils manquent presque toujours d'yeux , et n'ont que de petits tentacules , qui manquent même quelquefois. Leurs branchies varient en position , et sont quelquefois à la surface de leurs nageoires; ils n'ont qu'un cœur aortique, et leurs sexes sont réunis; il y en a de nus, et d'autres pourvus de coquilles. Les hrachiopodes , qui ont deux longs bras frangés, roulés en spirale dans l'état de repos, et dont les bran- chies sont attachées à leur manteau ; le reste de leur organisation n'est pas suffisamment connu. Les cirrhopodes , remarquables par des tentacules articulés, cornés et ciliés, et par quelque ressem- blance de leur système nerveux et de leurs organes de la manducatlon, avec ceux des animaux articulés, ont d'ailleurs le corps sans articulations, des branchies sur les côtés^et un cœur aortique; ils manquent d'yeux I ART. V. DÏVlSIO^^ DES ANIMAUX. 8. et se fécoaclent eux-mêmes; on n'en connaît que munis de coquilles multivalves , et qui vivent toujours fixés. Les bipJiorcs ^ dont le corps nu^ en forme de sac ou- vert aux deux bouts , est traversé en écharpe, par un ruban vasculaire, qui est la branchie; ils n'ont point de tête saillante ; leur cœur est aortique ; ils nagent et passent une partie de leur vie réunis en p^roupes de diverses sortes, (i) Les ascidies , dont le corps toujours fixé et non sy- métrique^ a deux orifices; un qui donne dans un p-rand sac branchial au fond duquel est la bouche; l'autre qui est Tanus. Plusieurs espèces se groupent et s'unissent en masses comparables à celles de certains zoophytes. Le troisième grand embranchement , cdui des ani- maux articulés , a toujours le corps symétrique , formé d'une suite d'anneaux de consistances diverses, ou à peu près égaux, ou enflés et étranglés dans diverses proportions; en avant est la tête, quelquefois cepen- dantsoudéeaux anneaux suivants, et qui porte, comme dans les vertébrés , les organes des sens et ceux de la manducation ou delà succion; les mâchoires, lors- qu'il y en a , sont toujours latérales et se meuvent de ^i) Le Bulletin des Sciences , tome IT . page 212 , annonce que M. Van HasseUa observé à Java sur la circulaiion de ces animaux , un fait , qui , lorsqu'il sera complètement, connu, clianf^era quelque chose à cet énoncé. Le cœur, après avoir , pendant un certain nombre de pulsations, poussé le sang dans \ui sens , le pousse , pondant un temps à peu près égal , dans l'autre sens; de sorte que ce lluide paraît n'éprouver qu'un mouvement de va et vient dans un seul ordre de vaisseaux. J'ai fait la même observa- tion sur les bipbores de la iMédilerrante ; mais je crois que le cœur est pins compliqué et que le piicnomène de cban/^emenf de direction du sang est plus complexe que M. Van Hasselt ne le dit ; car avant de pous- ser le sang dans une nouvelle directi(ni , le cœur éprouve un mouve- ment violent qui cbange la position relative de ses parties. ^î. Quny m'a diî avoir, dans son dernier voyage , ohservé le même fait. Jj. I. c 82 l" LEÇON. RCONOMIE AINIMALE. dehors en dedans ou de dedans en dehors ; le cerveau ^ toujours suri'œsophage^donne^ comme nous Ta vons dit, deux filets qui se rapprochent en dessous^ et marchent îe long du ventre^ se renflant d'espace en espace en (gan- glions qui se soudent et d'où partent les nerfs. Leurs membres, leurs organes des sens ^ leurs organes de la circulation et de la respiration varient beaucoup, et ont motivé leur division en quatre classes bien tranchées. Ceux de la première, les aniielides , on vers a sang rouge j ont le corps mou, toujours dépourvu de pieds articulés; leur sang, généralement coloré de rouge, circule dans un système double et clos d'artères et de veines, quelquefois renforcés de ventricules charnus; des soies ou des faisceaux de soies raides tiennent lieu de pieds à plusieurs. îl y en a qui ont leurs branchies en panaches ou en lamelles répandues uniformément sur toutes leurs articulations; d'autres où elles ne sont que sur quelques-unes; d'autres où les organes respi- ratoires restent à la surface de la peau ou s'enfoncent dans l'intérieur; leurs yeux, quand ils en ont, sont simples; mais quelquefois assez multipliés. Les organes de la génération sont fort variés. Les crustacés j qui forment la seconde classe , ont le corps revêtu d'articulations solides. Ils ont des mem- bres articulés souvent très nombreux ; le plastron de leur tête se prolonge dans plusieurs, pour recouvrir les branchies quijadhèrent aux anneaux suivants. On leur voit des yeux composés , durs , le plus souvent mobiles, et dans plusieurs il y a des oreilles, mais très impar- faites. Ils ont, pour le toucher, des antennes et des palpes comme les insectes ; leur circulation se fait par des vaisseaux artériels et veineux, et ils ont sur les côtés ou sous la queue, des branchies pour la respira- ART. V. DIVISION DES ANIMAUX. 83 tion ; leur cœur est du côté da dos et aortique , c'est-à- dire 5 recevant le sang des branchies. Leurs mâchoires sont latérales, fortes et par paires souvent nombreuses • dans plusieurs Festomac a des dents à rintéricm' ; de nombreux cœcums réunis en groupe fournissent une humeur brune qui tient lieu de bile. Le mâle a géné- ralement deux verges , la femelle deux ovaires. Les arachnides forment la troisième classe : leur cœur est sur le dos et aortique; leur respiration est aé- rienne et se fait par des orifices latéraux qui donnent dans des poches où les vaisseaux viennent ramper; leur tête est soudée au corselet ; ils n'ont que des yeux sim- ples et manquent d'antennes , mais leurs membres sont toujours articulés , leur bouche a toujours deux paires de mâchoires. Les insectes , qui forment la quatrième classe , sont pour la plupart encore soumis à des métamorphoses après leur éclosion. A leur état parfait , ils ont, comme les crustacés, des yeux composés, des membres arti- culés et des antennes , la plupart même ont des ailes membraneuses qui leur permettent de voler, mais ils n'ont point de vaisseaux sanguins, et ne respirent que par des trachées. Un vaisseau qui règne le long de leur dos et qui a des contractions régulières, semble être un dernier vestige de cœur. Non-seulement le foie, mais toutes les glandes sécrétoires sont remplacés chez eux par de longs tubes qui flottent dans leur abdomen. La forme de leur canal intestinal est souvent très diffé- rente dans le même individu, selon ses trois états. Le quatrième embranchement , celui des zoo- pJiyteSy présente, dans Forganisation des animaux qui le composent , des degrés plus divers qu'aucun des 6. 84 î'^ LEÇON. ÉCOÎS^OA'IIE A^NTMALE. autres. Sa classe la plus compliquée, celle des échi-- nodermeSy a un intestin distinct, flottant dans une grande cavité , accompagné de plusieurs autres organes pour la génération, pour la respiration , et même pour une sorte de respiration partielle. Plusieurs de ses genres ont des organes du mouvement d'une espèce sin- gulière , et semblables à des tentacules qui peuvent se gonfler ou se contracter, etc. La classe des vers intestinaux^ qui paraît, au pre- mier coup d'œil^ semblable^à l'extérieur, à celle des an- nelides, dont plusieurs genres ont même le corps divisé en segments, diffère cependant de tous les articulés, en ce qu'elle n'a ni double cordon ganglionaire, ni organes séparés de circulation et de respiration. Leurs organes sont disposés longitudinalement, mais autour d'un axC;, car ils ont au moins deux lignes nerveuses ou tendineuses semblables, partant d'un collier autour de leur bouche; plusieurs ont pour bouche quatre orifices autour d'une proéminence épineuse ou couronnée de filets; en un mot, ils montrent touiours quelque trace de la disposition rayonnante. Les acaJephes ou orties de mer , ont l'intestin creusé et souvent ramifié dans un corps gélatineux, dont les parties minces , parcourues par les dernières ramifi- cations noun icières, sont le seul organe de la respira- tion. Leur bouche est généralement aussi leur anus. Elles tiennent de près aux poly^pes , ces animaux sim- ples, dont la bouche entourée de tentacules tient le plus souvent aussi lieu d'anus, mais où l'on ne voit des ramifications nutritives peu compliquées, ou qui même ne montrent qu'une substance homogène autour de leur cavité alimentaire. Ces graiules classes appartenant à chaque embranche- AKT. V. DIVISION DES A>iJMAUX. S^y ment, se subdivisent elies-mêmesen familles d'un degré inférieur et (ondées sur des caractères moins importants. Ainsi, la classe des mammiieres nous présente d'abord un ordre dont les espèces sont privées de pieds de der- rière, et ont le cou si court et la queue si épaisse, qu'on les prendrait, au premier coup d'oeil,pour des poissons: aussi se tiennent-ils constamment dans l'eau, quoi- qu'ils ne puissent respirer que l'air ; mais dans la plu- part les narines s'ouvrent au sommet de la tête, a fin qu'ils puissent inspirer cet air sans faire sortir leur museau de Feau, et ces narines servent aussi à expulser l'eau superflue qui entre dans leur bouche chaque fois qu'ils veulent avaler leur proie. Elles sont par là moins pro- pres à exercer le sens de l'odorat, et les nerfs olfactifs manquent même à quelques espèces. Les cétacés y c'est le nom qu'on donne à cet ordre de mammifères, ont la ])iîau lisse, recouvrant un lard épais; point de pavillon à l'oreille; des dents qui servent à re- tenir la proie et non à la mâcher, et qui dans les ba- leines sont remplacées par des lames de corne ; uu estomac multiple; un canal intestinal uniforme, sans cœcum, à l'exception des baleines, où il est distingué par un cœcum en gros et petit intestm ; des reins très divisés, des poumons et un foie dont les lobes sont peu nombreux, un larynx en forme de pyramide, qui va s'ouvrir dans les arrière-narines; des testicules cachés en dedans, et des mamelles situées aux côtés de la vulve. Leurs pieds de devant sont tellement contrac- tés, les os et les articulations en sont tellement cachés sous la peau, qu'ils représentent des espèces de rames, uniquement propres à nager. Leur queue se termine par une nageoire horizontale. Parmi les autres inanniîifères qui ont tous qu.atre ex- 86 l''^ LECOK. ÉCONOMIE ANIMALE. trémitésj il y en a un assez grand nombre qui ont les doigts tellement enveloppés de corne, que leurs pieds ne peuvent servir qu'à les soutenir dans la course et dans la marche. Ils sont tous herbivores , et ont en conséquence des dents disposées pour broyer les substances végétales ^ leurs intestins sont très longs, et rendent leur ventre gros : ils forment trois familles. Celle des ruminants , qui est la plus nombreuse , a le pied fourchu : leur mâchoire supérieure manque de dents incisives -, elles y sont remplacées par un bourre- let de substance calleuse. Leur estomac est divisé en quatre cavités , et les aliments qui ont traversé les deux premières 5 reviennent à la bouche pour être mâ- chés une seconde fois. Leur canal intestinal est extraor- dinairement long, ainsi que leur cœcum ^ Leur graisse devient dure et cassante par le refroidissement. Leurs mamelles sont situées entre les cuisses de derrière, La verge du mâle n'a point d'os à l'intérieur. Celle des pachy^dermes a plus de deux doigts aux pieds, des incisives aux deux mâchoires et souvent d'énormes canines. Leur estomac a quelques étrangle- ments, mais il n'est point divisé en plusieurs poches, et ces animaux ne ruminent point. Leurs mamelles s'é- tendent sous le ventre lorsqu'elles sont nombreuses. Celle des soUpedes n'a qu'un doigt apparent à cha- que pied; des incisives aux deux mâchoires; un esto- mac simple, petit, mais de très grosintcstins,etsur-tout un énorme cœcum. Leurs mamelles sont dans l'aîne, comme celle des ruminants. Les cétacés et les animaux à sabot, en général, ont le foie très peu divisé. Les mammlFéres, dont les doigts sont distincts , et seulement armés d'ongles à leur extrémité^ présentent ART. T. DIVISION DES ANIMAUX. Sj aussi plusieurs familles , auxquelles on peut assigner des caractères communs 5 tirés de Fensemble de leur organisation. La moins nombreuse et la moins parfaite est celle des paresseux. Plusieurs parties de leur corps s'opposent à la facilité des mouvements; leurs pieds de devant, d'une longueur disproportionnée , gênent leur marche ; leurs doigts sont réunis par la peau jusqu'à la base des ongles et ne peuvent se mouvoir séparément. Les dents inci- sives manquent aux deux mâchoires. L'estomac est qua- druple, comme dans les ruminants, mais les aliments ne reviennent point à la bouche , et le reste du canal intes- tinal est court. Les mamelles sont plnc^'es à la poitrine. Une seconde famille, qui ressemble aussi à la précé- dente par le peu de liberté des doigts et par le défaut d'incisives^ est celle des édentés ; plusieurs de leurs es- pèces manquent même absolument de dents. Leur esto- mac est simple; leurs mamelles sont sous Tabdomen ; ils ont tous le museau plus ou moins alongé^ et plu- sieurs sont couverts d'armes défensives, comme des écailles , des cuirasses , etc. Les rongeurs forment une troisième famille de mam- mifères onguiculés, caractérisée par deux longues inci- sives à l'extrémité de chaque mâchoire, que suit un intervalle vide, sans canines. Cette organisation les force de limer leurs aliments, ou de les réduire enpetits fragments, au lieu de les couper en morceaux, comme font ceux qui ont beaucoup d'incisiv(s courtes. Les rongeurs se nourrissent de matières végétales ou ani- males , ou mêlent les unes aux autres, selon que leurs molaires ont des couronnes plates , ou armées de pointes^ ou seulement élevées en tubercules mousses. Leurs intestins sont longs , leur estomac simple; ils ont 88 I " LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. presque toujours un grand cœcum. Leurs pieds de der- rière, généralement, plus longs que les autres, leur donnent une marche sautillante ; quelquefois même ils sont si longs , que ces animaux ne peuvent employer ceux de devant à la marche. Les carnassiers y qui ne diffèrent pas beaucoup des rongeurs par la disposition de leurs 'ongles , ont une denture bien plus complète j leurs incisives sont cour- tes et fortes^ leurs canines grosses et pointues , et leurs molaires dentelées et tranchantes , et ces trois sortes de dents forment ensemble une série non interrompue. Le canal alimentaire des carnassiers est court, leur estomac et leur cœcum petits. Ce dernier n'existe même pas dans ceux d'entre eux qui marchent sur la plante entière du pied , ou dont le corps très alongé est porté sur des pieds très courts : tous ont le ventre plus ou moins grêle , à cause de la petitesse de leurs intestins. Les mammifères amphibies forment une petite tribu semblable aux carnassiers par beaucoup de circon- stances , mais dont les membres sont si courts qu'ils ne peuvent guère s'en servir que pour nager ; ils man- quent aussi de cœcum. On doit aussi distinguer les carnassiers insectivores, dont les mâcheîières sont hérissées de pointes. Il en est quelques-uns dont les canines sont plus courtes que les autres dents; leurs intestins n'ont pas de cœ- cum , cependant le galéopitlièque a des intestins et un cœcum aussi longs que ceux des rongeurs. Ces deux familles, les rongeurs et les carnassiers, ont les mamelles situées sous le ventre, et l'urètre le plus souvent enveloppé en partie dans un os. Tous les quadrupèdes dont nous avons parlé jusqu'ici ont la verge renfermée dans un étui attaché au ventre. ART. V. DIVISION DES AiNlMAUX. S() Les chaiis^e-sowis sont encore une petite tribu assez semblable aux insectivores par ses dents et ses intes- tixis^ mais dont les doigts très alongés, ont leurs in- tervalles remplis , ainsi que ceux des membres , par une peau fine qui les met en état de voler. Elles n'ont point de cœcum. Leurs mamelles sont sur la poitrine, et leur verge est pendante. Ces deux dernières circonstances se retrouvent dans les (quadrumanes y ceux de tous les mammifères qui ressemblent le plus à l'bomme. Ils ont, comme lui, le pouce des mains séparé des autres doigts , et suscep- tible de leur être opposé lorsqu'il s'agit de faire quel- que opération délicate : celui des pieds Test de même; mais il est plus court que les autres doigts , qui sont aussi longs que ceux des mains. Les dents ressemblent à celles de Fhomme; mais les canines sont plus alon- gées que les autres. Le canal alimentaire est composé , comme dans l'homme, d'un estomac simple, de petits et de gros intestins, et d'un cœcum le plus souvent gros et court, excepté dans quelques espèces. Le foie des animaux onguiculés est divisé en lobes plus nombreux que dans l'homme et les animaux à sabots. A côté de la série ascendante dont nous venons de parler, la classe des mammifères en présente une autre, celle des marsupiaux dontiousles genres se distinguent par un utérus conformé de manière que les petits ne peuvent y prendre leur développement complet , et qu'ils en sortent à l'état d'embryon pour s'attacher aux mamelles de leur mère souvent situées dans une bourse formée par la peau à l'arrière de l'abdomen. Tous ces animaux ont au bassin deux os surnuméraires attachés au pubis. Ils sont aussi tous onguiciiiés, mais par rap- port à leurs dents, les uns ressemblent aux insecti- 90 1 LECOlV. ECOINOMIE A]N^IMALE. vores^ d'autres aux rongeurs^ et d'autres ont des carac- tères intermédiaires. On a même découvert à la Nouvelle Hollande y des quadrupèdes couverts de poils^ comme les mammifères^ et ayant de même une double circulation complète et le sang chaud ; mais où Fexistence des jnamelles n'est pas encore bien constatée , et où l'utérus est conformé de manière que quelques naturalistes les soupçonnent d^être ovipares. Ce sont les monotremes . La classe des oiseaux ne présente pas autant de ca- ractères anacomiques que celle des mammifères, pour distinguer en familles les espèces qui la composent. La forme de leurs pieds ne détermine pas^ comme dans les quadrupèdes^ le genre de leurs aliments, parce que la faculté de voler , et celle de nager et de plonger, leur donnent d'autres moyens de poursuivre leur proie. \jçs oiseaux de proie proprement dits, ne sont pas les seuls qui vivent de chair. On les distingue à leur bec et à leurs ongles crochus. Leur estomac est mem- braneux; leurs cœcums très courts j leur larynx infé- rieur n'a qu'un seul muscle. Les oiseaux piscivores y de la famille des oiseaux de rivage, tels que les hérons ^ etc. , ont un grand esto- mac membraneux , et un cœcum unique et très court. D'autres piscivores, de la famille des oiseaux na- geurs^ les cormorans , pélicans , etc. , et de celle des passereaux, les martins-péclieurs , ont aussi un estomac membraneux. Il se retrouve tel dans des oiseaux vivant de vers, comme les pics , etc. j mais il est très muscu- leux dans la plupart des autres oiseaux, et sur-tout dans ceux qui vivent uniquement de grains. Les autres parties intérieures ne fournissent point ART. V. DIVISION DES ANIMAUX. 9I des caractères assez saillants; ou bien ces parties n'exer- çant point une grande influence sur l'ensemble^ elles sont trop variables dans leur structure. En nous bornant donc à la considération des organes du mouvement, nous trouvons^ outre la famille des oiseaux de proie dont nous venons de parler, celle des oiseaux nageurs , qui ont les pieds courts , palmés , le plumage serré, huilé, et qui se tiennent sur les eaux; celle des oiseaux de rivage qui ont des pieds longs, les jambes nues par en bas , le cou et le bec alongés , et qui marchent à gué sur le bord des eaux^ ou dans les ruisseaux et les marais ; celle des gallinacés , qui ont les pieds courts , le vol pesant , ou même qui ne volent pas du tout , le bec court et voûté , et qui se tiennent à terre où ils vivent de grains; ceux-ci ont un jabot très simple, un gésier fort charnu, des intestins et sur-tout deux cœcums très longs; leur larynx inférieur n*a point de muscle propre. Leur sternum, formé originairement de cinq pièces, tandis que dans les autres il n'en a que deux, conserve toujours de grandes échancrures. La famille des grimpeurs se distingue par ses doigts disposés deux en avant et deux en arrière, et par la faculté que cette organisation leur donne de grimper dans toutes les directions sur les troncs des arbres. Il y en a parmi eux qui ont un estomac membraneux, et manquent de cœcum, les p/c-^; d'autres l'ont musculeux et manquent également de cœcum , les perroquets; d'autres enfin ont des cœcums et un gésier, les cow- cous'y les uns vivent d'insectes, les autres de fruits. Les genres très nombreux d'oiseaux qui n'ont pu entrer dans les familles précédentes , sont connus sous les noms généraux de passères et de coraces par les naturalistes. Il est difficile de leur assigner des carac- Q2 l LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALi:. teres communs ; mais on peut encore établir parmi eux des tribus d'un ordre inférieur qui forment des réu- nions assez naturelles. Telles sont : celle des petits oi- seaux à bec fin^ qui vivent d'insectes et quittent nos cli- mats en hiver; celle des petits oiseaux à gros bec, qui vi- vent de graines et dévastent les champs cultivés; celle des oiseaux à bec long et épais, qui vivent de fruits, de graines et de substances animales. et dont plusieurs ne dédaignent pas même les charognes, etc. Les reptiles se prêtent beaucoup mieux que les oi- seaux à une division régulière ; et d'abord , on pourrait en détacher, même comme une classe à part , les ba- traciens qui ont la peau nue , pondent des œufs mous qui s'enflent dans l'eau , et d'où sortent des petits, d'a- bord assez semblables k des poissons et respirant comme eux par des branchies , mais qui prennent par degrés la forme de leurs parents et la respiration pul» monaire. Cette famille est, à quelques égards, plus rap= prochée des poissons que les autres reptiles. Parmi les reptiles ordinaires, il y en a qui n'ontpoint de pieds, Iq.?^ serpents ;\di^OTm(t du corps est trèsalongée, celle des viscères correspond ; dans la plupart, les mâ- choires sont mobiles l'une et l'autre , et les deux bran- ches de chacune peuvent s'écarter au point que l'animal avale des corps plus épais que lui. La langue muscu- leuse et fourchue rentre et sort à volonté d'une sorte dégaine; quelques-uns néanmoins ont les mâchoires non dilatables et la langue courte; mais tous ont la peau écaiileuse , l'estomac alongé, membraneux , le canal alimentaire court et sans cœcum ; les poumons très inégaux. Le mâle a deux verges hérissées de pointes : la femelle produit des œufs revêtus d'une coque , mais qui éclosent quelquefois dans l'oviductus. ART. V. DIVISION DES ANIMAUX. Cp Quelques genres^ avec la forme aloiigée des serpents^ ont la tête des sauriens ^ et même des vesti(T^es de membres cachés sous la peau ; tels sont les orvets , les ophisaures , dans d'autres on voit même en dehors ou les pieds de devant , ou ceux de derrière. La plupart des sauriens ont cependant quatre pieds ; leur peau est aussi écailleuse , et ils ont ;, comme les serpens, deux verges ; leurs mâchoires ne se dilatent point. On peut distinguer parmi eux les crocodiles , dont la tête^ construite plus solidement^ a les narines prolongées jusqu'au gosier et dont la verge est unique. Les tortues ou les chéioniens ont aussi la verge unique , et diffèrent d'ailleurs de tous les animaux par leurs côtes dilatées , soudées ensemble et avec les vertèbres^ pour former une voûte sous laquelle se reti- rent la tête et les membres ; un sternum composé de neuf pièces forme le plastron du dessous de leur corps. Les muscles de leurs membres et de leur cou adhèrent au-dedans de ces deux boucliers j mais ils sont en dehors des os qu'ils ont à mouvoir , ce qui ne permet pas de les rapprocher de ceux des insectes. Les sauriens , les crocodiles et les tortues pondent des œufs revêtus d'une coque; leur cœur, sur-tout celui des deux derniers , est plus compliqué que celui des batraciens et que celui des poissons , sans permettre toutefois une circulation entièrement double. Les poissons se distinguent en deux subdivisions principales , très différentes en nombre et qui doivent être considérées comme parallèles pour le rang ,• car dans celle des chondroptéry p^ieîis , les premiers genres, raies , squales, etc., ressemblent assez à certains repti- les par leur oreille renfermée dans une cavité séparée du crâne , par les organes de la génération de la fe~ 9<4 ï'^* LEÇ03N. ÉCONOMIE ANIMALE. melle, qui consistent en deux oviductus très longs , aboutissant d'une part aux ovaires et de l'autre à une matrice commune^ tandis que les derniers , les lam- proies, les ammocètes , ont un squelette si imparfait, que l'on a cru pouvoir les rapprocher des animaux non vertébrés. La seconde subdivision comprend tous les autres poissons, partagés en famille d'après des caractères pris des mâchoires, des branchies et des nageoires. Les classes qui se partagent l'embranchement des mollusques ne sont pas susceptibles de subdivisions d'une importance égale ; c'est à peine s'il y a lieu d'en établir: si ce n'est dans celle des gastéropodes, dont les uns, les pulinonés , respirent l'air et sont herma- phrodites avec accouplement réciproque ; les autres , hermaphrodites aussi, mais respirant Teau , ont tantôt les branchies nues, les pectihranches , tantôt recou- vertes de coquilles^ les tectihranclies ; les troisièmes qui sont les plus nombreux les pectinihr anches respirent l'eau et ont des sexes séparés. Enfin il paraît qu'il y en a qui respirent l'eau, mais qui se fécondent eux-mêmes sans accouplement j ce sont nos tuhulib r anches , nos scutibranches et nos cjclohr anches. On pourrait aussi mentionner les subdivisions des acéphales , suiv-ant que leur manteau est ou non ouvert sur sa longueur et qu'ils ont un pied ou en sont dépour- vus ; mais il en résulte peu de différences anatomiques. Dans l'embranchement des animaux articulés , la principale distinction entre les annelides est fondée sur leurs branchies , tantôt, comme nous l'avons déjà dit, formées de ramuscules ou de filets répartis le long du dos ou rapprochés sur l'extrémité antérieure^ tantôt réduites à une expansion vasculaire de la peau. ART. V. DIVISION DES ANIMxVUX. qS Les crustacés se divisent d'après leur bouche^ propre à mâcher ou seulement à sucer ; d'après la position de leurs branchies , tantôt latérales et couvertes par le test y tantôt pendantes sous l'abdomen , d'après leurs yeux fixes ou mobiles ; enfin d'après la diversité de leurs pieds ou de leurs nageoires. Les arachnides y d'après leur tronc divisé en thorax et en abdomen , ou en thorax et en longue queue arti- culée. Quelques-unes des premières paraissent avoir des trachées incomplètes^ ce qui leur donne quelque rapport avec les insectes. Mais un caractère spécial aux arachnides et qui les sépare à la fois des crustacés et des insectes , c'est l'absence des antennes. La classe immense des insectes ^ se divise d'abord en deux grandes ramifications, l'une d'elles comprend ceux qui ne peuvent mâcher des corps solides et ne vivent qu'en suçant des liqueurs végétales ou ani-' maies. Les uns ( /v^5 hémiptères) ne subissent qu'une demi-métamorphose 5 c'est-à-dire, que les larves ne diffèrent des insectes parfaits que parce qu'elles n'ont point encore d'ailes. Ces insectes ont un bec aigu , qui contient plusieurs soies capables d'entamer la peau. Leur estomac est simple, musculeuxj leurs intestins sont assez courts. D'autres ( les diptères ) subissent une métamor- phose complète. Leur larve ressemble à un ver j dans presque tous la nymphe est immobile et enveloppée de la peau du ver. L'insecte parfait n'a que deux ailes et six pieds , son suçoir est armé de soies ou de lancettes^ et il y a souvent, en outre ^ une trompe charnue à deux lèvres , les trachées donnent dans des sacs à air , q i occupent dans plusieurs la plus grande partie de Tabdomen. gG l'' LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. Un troisième, ordre celui des papillons ( lépidop- tères), subit aussi une métamorphose complète. Sa larve (la chenille) est pourvue de fortes mâchoires, d'un canal intestinal , court , droit , gros , très mus- culeux . de vaisseaux hépatiques très longes , et de vaisseaux propres à produire de la soie. L'insecte parfait a six pieds et quatre ailes recouvertes d'écail- lés qui à l'œil semblent de la poussière • des boyaux très minces, tortueux; un estomac boursoafflé^ des trachées garnies de vésicules, etc. ; sa bouche est un double siphon contourné en spirale. Enfin ^ il y a un petit nombre des insectes de cette ramification qui n^ont point de métamorphose du tout, et ne prennent jamais d'ailes; ce sont pour la plupart des insectes parasites. L'autre ramification , celle des insectes pourvus de mâchoires , et se nourrissant de substances solides , comprend aussi plusieurs ordres. Les coléoptères ont deux ailes qui peuvent se replier sous deux étuis ; leur métamorphose est complète , leur larve a six pattes courtes , un corps en forme de ver , une tête écail- leuse , des mâchoires fortes , un intestin court et gros , quatre longs vaisseaux hépatiques , des trachées tu- buleuses , etc. ; l'insecte parfait a quatre mâchoires , dont les deux infét^ieures portent les palpes , et sont en partie recouvertes par la lèvre inférieure , qui en porte aussi. Son canal intestinal est souvent beaucoup plus long que celui de la larve, et ses trachées beau- coup plus vésiculaires. Les parties de la génération remplissent la plus grande partie de Fabdomen. Cet ordre pourrait être lui-même subdivisé en fa- milles dont plusieurs ont de très bons caractères ana- A51T. V. DIVISION DES APsIMAUX. 97 tomiques, par exemple: les scarabées ; leur larve a un canal alimentaire divisé en estomac , intestin grêle , colon et rectum ; le colon est .o;ros et bour- soufflé ; Testomac a pinsieurs couronnes de cœcum ; les trachées sont tubuleuses; l'insecte parfait a des intestins très longs^ minces^ sans dilatations sensibles : ses trachées sont vésicuiaires j ses testicules sont très nombreux. Les carnassiers , qui ont six palpes : leur canal intestinal, dans l'état parfait, est très court; ils ont deux estomacs dont le second est velu par dehors , etc. Le second ordre des insectes à mâchoires est celui des ortlioptères. Les étuis de leurs ailes sont mous; elles se replient en éventail dessous. Leurs mâchoires sont recouvertes par une pièce particulière, nommée jO^alette. Leur estomac est quadruple , souvent même il y en a plus de quatre : leurs vaisseaux hépatiques sont extrê» mement nombreux et multipliés. Ces insectes ne su- bissent qu'une demi-métamorphose; on volt même sou- vent dans leurs larves, l'ébauche des parties de la ^é-» nération. Le troisième de ces ordres comprend les 7Kwcy^//^;r.ç^ dont les quatre ailes sont garnies de nervures qui se croisent en forme de treillis. Il paraît peu naturel dans son ensemble, n'ayant pas beaucoup de caractères anatomiques communs ; mais il comprend quelques familles naturelles remarquables , comme les libelles; leur larve atteint sa proie de loin , par l'extension subite qu'elle peut donner à la lèvre inférieure; son canal alimentaire est court ^ droit , et peu dilaté à l'endroit de l'estomac ; le rectun est en même temps rorf3;ane principal delà respiration , les trachées y pren- ï- 7 g8 l" LEÇON. ÉCONOMIE ANIMALE. nent presque toutes leurs racines : les parties internes de l'insecte parfait sont plus grêles que celles de la larve, et ses trachées sont vésiculaires. Les éphémères ou agnathcs : leur larve est long-temps sans se métamor- phoser, mais Finsecte parfait périt au bout de quelques heures j il n'a que des vestiges de mâchoires, etc. Le quatrième ordre est celui des hyménoptères y qui ont quatre ailes veinées, mais non en treillis. Ces insectes ont des rapports avec les coléoptères par la disposition de leurs mâchoires et par leur mé- tamorphose complète. Leur canal intestinal, fort gros dans l'état de larve ^ l'est beaucoup moins dans l'in» secte parfait, où il n'a qu'une ou deux légères dilata- tions. C'est parmi les hvuiénoptères que se trouvent les plusindustrieux, etnotamment lesabeillesetlesguêpes. Enfin il y a un petit nombre d'insectes à mâchoires, sans ailes, dont les uns n'ont que six pieds et le corps divisé en tête, thorax et abdomen comme tous les pré- cédents, mais dont les autres ont le corps divisé après la tête en un grand nombre de segmens qui portent tous des pieds j on les nomme les myriapodes. Parmi les zoophytes, la classe des é chy no dermes ?^e divise en astéries à corps divisé en branches rayonnan- tes portant des pieds sous ses branches, une bouche au centre, des intestins eux-mêmes divisés en rayons et en nombreux cœcum, mais sans anus ; en oursins k corps enveloppé d'un test pierreux armé d'épines mobiles entre lesquelles sont des rangées de pieds 3 leur bou- che entourée d'un appareil masticatoire très remarqua- ble donne dans un canal intestinal simple, volumineux, contourné , qui se termine à un anus distinct ; en ho= lothurieSy semblables à beaucoup d'égards à des oursins ART. V. DIVISION DES ANIMAUX. 99 dont le test serait simplement coriace et dépourvu d'é- pines mobiles. Les vers intestinaux se divisent anatomiquement en cavitaires^ qui ont un canal alimentaire suspendu dans une véritable cavité alimentaire, et en parenchj-^ mateux où le corps ne montre qu'une substance celki laire^ traversée seulement par des organes génitaux ou par des ramifications nourricières. Ceux-ci se subdivir- sent d'après des caractères moins importants. Parmi les acalephes il y a peu de distinctions im- portantes pour i'anatomie, et les pol/pes n'offrent guère que celles qui résultent de la substance solide qui sert d'enveloppe ou de base à ceux d'entre eux qui forment des animaux composés. Enfin on ne commence guère que depuis les décou- vertes microscopiques deM.Ehrenberg, à apercevoir les différences anatomiques des ijifïisoires , et de long- temps elles ne pourront tenir une grande place en ana- tomie comparée. Notre ouvrage, iuûuûéle Règne aiiim al, donnersi sur les genres et les principales espèces qui entrent dans les diverses subdivisions que nous venons de caractéri- ser, tous les détails nécessaires pour préparer à l'étude de l'anatomie comparée. Nous invitons le lecteur à y re- courir lorsqu'il voudra connaître plus particulièrement les animaux dont nous tirerons nos exemples dans les leçons qui vont suivre. Mais nous devons dire ici quel- ques mots de la constance des formes et des caractères que, malgré l'expérience des siècles, quelques natura- listes ont attaquée dans ces derniers temps. Les uns ne considérant la question que sous le point de vue métaphysique, et se proposant seulement de con- lOO l'^'" LEÇON. ÉCONOMIE A^'IMALE. cilier Ja variété de la nature avec l'hypothèse de l'idéa- lisme ou du panthéisme^ se sont fait la besogne aisée en demeurant dans des termes abstraits; ou lorsqu'ils ont voulu arriver au positif des êtres, ils ont eu besoin à chaque pas d'ajouter à des suppositions arbitraires , d'autres suppositions arbitraires. Les uns admettant le prétendu passag;e du germe et de l'embryon par les formes des classes inférieures, ont présenté l'idée de l'être , comme allant sans cesse en s'anoblissant, en se compliquant, en s'élevant en puis- sance. D'autres, appliquant à la physiologie, les lois de polarité observées dans quelques branches de la physi- que, ont prétendu déduire toute la variété du monde par des polarisations successives y en positif et en négatif, à partir de l'absolu ou du zéro, et en assimilant à du po- sitif ou à du négatif non-seulement des qualités physi- ques ou chimiques opposées, mais des différences d'or- ganisation , des différences de fonctions, des différences de position, et recourant sans cesse à des expressions figurées quand les termes propres rendraient leurs pa- ralogismes trop évidents. Examinée à la lueur d'une logique sévère , il n'est pas une de leurs propositions qui ne s'écroule à l'instant. Des naturalistes plus matériels dans leurs idées, ne se doutant même pas des abstractions philosophiques dont nous venons de parler, sont demeurés humbles sectateurs de Maillet. Voyant que le plus ou moins d'usage d'un membre en augmente ou en diminue quel- quefois la force et le volume, ils se sont imaginé que des habitudes ou des influences extérieures long-temps continuées ont pu changer par degrés les formes des animaux au point de les faire arriver successivement à AUT. \, DlVlSlOiN DiiS ANIMAUX. 101 toutes celles que montrent maintenant leurs différentes espèces ; idée peut-être la j)ius superficielle et la plus vaine de toutes celles que nous avons déjà eu à réfuter danscette introduction. On y considère en quelque sorte les corps organisés comme une simple masse de pâte ou d'argile qui se laisserait mouler entre les doigts : Aussi du moment où ces auteurs ont voulu en- trer dans le détail, ils sont tombés dans le ridicule. Quiconque ose avancer sérieusement qu'un poisson, à force de se tenir au sec , pourrait voir ses écailles se fen- diller et se changer en plumes , et devenir lui-même un oiseau ; ou qu'un quadrupède à force de pénétrer dans des voies étroites^ de se passera la filière, pourrait se changer en un serpent , ne fait autre chose que prouver la plus profonde ignorance de l'anatomie. Quel rapport y a-t-il entre l'organisation compliquée et admirable de la plume, ses tuniques, ses vaisseaux, ses cupules transitoires sur lesquelles se moulent ses barbes , et dont il reste une partie dans son tuyau , ses barbules de plusieurs ordres, toujours si bien adap- tées à la nature de l'oiseau ; quel rapport, dis-je, y a-t-il entre tout cela et une écaille qui se fendillerait? il y a mieux^ c'est que l'écaillé n'est pas même d'une texture qui lui permeltre de se fendre ainsi en se desséchant j et voilà cependant un échantillon de ce que nous pro- posent des auteurs vantés î Je n'irai pas plus loin ici : tous les chapitres de ce livre prouveront également combien sont étrangers aux connaissances anatomiques, ceux qui peuvent croire que l'oiseau n'a pas été fait pour être un oiseau , le pa- pillon pour être un papillon , l'étoile de mer pour être une étoile. Toutes ces transformations aisées à imagi- 102 ÎI*" LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. lier pour celui qui rêve^ s'évanouissent: pour celui qui dissèque. Il y a d'ailleurs un argument également puissant contre les deux systèmes ] c*est qu'il iTe suffit pas que les parties de chaque être soient entre elles dans cette harmonie, condition nécessaire de l'existence ; il faut encore que les êtres eux-mêmes soient entre eux dans une harmonie semblable pour le maintien de Tordre du monde. Les espèces sont mutuellement nécessaires , les unes comme proie, les autres comme destructeur et modérateur de propagation. On ne peut pas se repré- senter raisonnablement un état de choses où il y aurait des mouches sans hirondelles, et réciproquement. ART. l". DE LA^ FIBRE MUSCULAIRE. lo3 ■ 'l , i- r r DEUXIEME LEÇON DES ORGANES DU MOUVEMENT EN GENERAL. Nous allons employer la première partie de ce cours à décrire les organes dn mouvement, c'est-à-dire, les os et autres parties dures qui en sont les organes pa#-t^ sifs;,les muscles qui en sont les organes actifs, et les divers organes auxiliaires propres à éviter les frotte- ments ou consacrés à d'autres usages; mais, avant de traiter de ce qui regarde chaque os et chaque muscle eti particulier, examinons la structure mécanique, la nature chimique et les fonctions organiques du sys- tème osseux et du système musculaire en général , et les variations qu'ils subissent sous ces trois rapports^ dans les diverses classes d'animaux. ARTICLE ^^ DE LA FIBRE MUSCULAIRE. Une portion quelconque de muscle présente , au premier coup d'œil , des filaments tantôt rouges, tantôt blancs selon Fespëce d'animal dont elle vient , qui sont rangés aux côtés les uns des autres , et semblent former des faisceaux minces , ou plutôt des filaments plus gros , qui eux-mêmes constituent le muscle par leur réunion. On voit quelques intervalles entre loA il" LEÇON. ORGATNES DU MOUVEMENT. les faisceaux : dans les animaux à sang rouge et les mollusques , ces intervalles sont remplis par une cel- lulosité plus fine que celle qui sépare les muscles , et moins serrée que celle qui forme leurs enveloppes. Les filaments qui composent chaque faisceau sont unis par une celîulosité encore plus fine que toutes les autres, et lorsqu'on examine un de ces filaments au miscros- cope , on voit qu'il se divise encore en filaments plus petits , quoique semblables et réunis de la même ma- nière. Cette division se continue aussi loin que nous pouvons la suivre , et nos instruments ne nous en montrent point le terme. Les derniers de ces filaments , ou les fibres les plus déliées que nous puissions apercevoir , ne paraissent point creuses : on ne voit nullement qu'elles contien- nent une cavité , et il semble qu'on peut les regarder comme les réunions les plus simples des molécules essentielles de la substance charnue. En effet , elles se forment , on pourrait même dire se cristallisent à vue d'oeil ^ lorsque le sang se fige j car lorsqu^un muscle a été débarrassé par l'ébullition et la macération du sang , des autres humeurs , et en général, de toutes les substances étrangères à la fibre , qu'il pouvait contenir , il présente un tissu filamen- teux, blanc , insoluble même dans l'eau bouillante^ et ressemblant , par toutes ses propriétés chimiques , à la substance qui reste dans le caillot du sang , après qu^on en a enlevé la partie colorante par le la- vage. Cette matière a sur-tout, par l'abondance d'azote qui entre dans sa composition , un caractère d'ani- malité peut être plus marqué que les autres substances animales. Les éléments de la substance fibreuse parais- ART. 1^'. DE LA IIBRE MUSCULAIRE. 105 sent donc tellement rapprochés clans le sang, qu'il snflît d'un peu de repos pour qu'ils se coagulent , et les muscles sont sans doute^ dans l'état de vie, les seuls organes capables de séparer cetie matière de la masse du sang, et de se l'approprier. Ce n'est pas seulement le sang rouge qui contient de la fibrine ( les chimistes ont donné ce nom à la substance qui nous occupe ) : le fluide blanc qui tient lieu de sang à tant d'animaux, en contient également, miais elle ne s'y prend pas en caillot , et ses filaments nagent seulement dans le sérum (i). Comme les substances dont se forme le sang ne con- tiennent, au moins dans les animaux qui se nourrissent d'herbes , rien qui ressemble à cette matière fibreuse , et que, même dans ceux qui vivent de chair, elle paraît se décomposer par l'acte de la digestion , et n'est plus manifestement contenue ni dans leur chyle ni dans leur lymphe , on peut croire que c'est par la respiration que la composition du sang se trouve al- térée , de manière à le rendre propre à engendrer cette substance. Cette idée s'appuie sur la nature des opéra- tions chimiques qui constituent l'acte de la respira- tion , et sur FefFet de cette fonction dans le système organique. En effet , la respiration enlevant sur-tout au sang de l'hydrogène et du carbone, elle y augmente la proportion de l'azote ; et , comme on sait que c'est (i) Cette observation n'ayant point encore e'te' publiée par son auteur, je dois dire qu'elle appartient au ciloycn Hombcrt ( du Havre ) , chimiste très ingénieux , qui s'occupe avec succès de la cliimic animale comparée. Il paraît que M. Hombert n'a jamais pubié les recherches dont parle ici M. Cuvier. L. -106 ll'^ LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. Ci elle qui entretient l'irritabilité musculaire , il est natu- rel de penser qu'elle le fait en augmentant la quantité de la substance dans laquelle seule cette irritabilité réside. Mais quoiqu'il n'y ait point d'irritabilité sans fibrine^ cette propriété ne se manifeste point dans la fibrine pure , isolée et hors de l'agrégation organique ; elle ne la conserve que dans l'état de vie , et tant que subsistent ses connexions naturelles avec les nerfs et les vaisseaux , ou du moins avec leurs dernières bran- ches. En effet , il n'est point de chair distinctement telle ^ qui ne soit pénétrée dans tous les sens par des filets nerveux ; et quoiqu'on ne puisse suivre ces filets jusqu'aux endroits où ils se distribuent à chaque fibre en particulier , la sensibilité de toutes les por- tions 5 même les plus exiguës , de la substance muscu- laire y ne permet pas de douter que cette distribution n'ait lieu. Les animaux qui n'ont point de nerfs dis- tincts et séparés n'ont point non plus de fibres char- nues visibles , et , comme nous l'avons déjà vu , l'ir- ritabilité et la sensibilité ne paraissent point exclusi- vement attribuées chez eux à des systèmes particuliers d'organes. L'existence des vaisseaux et celle de la cel- îulosité ne sont ni aussi nécessaires ni aussi générales ; car les muscles des insectes ^ quoique très distincts et très puissants , ne contiennent ni les uns ni les autres. Les fibres qui composent ces muscles sont simplement contiguës et parallèles^ sans être adhérentes ; et comme elles ne sont fixées que par leurs extrémités , si on coupe leurs attaches , elles s'écartent , se séparent comme les fils d'une toile dont on arrache la trame. La cellulosité est même déjà très rare dans les muscles ART. I . DE LA FJBRE MUSCULAIRE. I07 des mollusques , quoiqu'ils aient des vaisseaux assez nombreux ; mais dans tous les animaux vertébrés , les fibres musculaires sont fortement unies par le tissu cellulaire, et elles sont partout entrelacées de nombreux vaisseaux sanguins. La substance colorante du sang paraît même s'at- tacher ici avec une sorte de préférence à la substance fibreuse 5 comme lors delà formation du caillot, puis« que la couleur rouge paraît plus particulièrement propre à la chair musculaire , quoique d'autres es- pèces d'organes paraissent bien contenir autant de sang a proportion. Au reste, à leur couleur près, la fibre des animaux à sang blanc est absolument sem- blable à celle des animaux à sang rouge : ceux-ci présentent plusieurs nuances de rouge , certaines classes ayant en général les muscles plus pâles , savoir , les reptiles et les poissons , et les muscles eux-mêmes n'ayant pas tous la même intensité de rouge. L'irritabilité musculaire est cette propriété qu'a la fibre charnue de se raccourcir en oscillant , et en se fronçant , ou plutôt , comme on le voit dans les expé- riences de MM. Prévost et Dumas , en se plissant en zig-zag à l'occasion de certaines actions déterminées , extérieures à la fibre elle-même , et dans lesquelles on ne voit point de cause mécanique d'un tel raccourcis- sement ni d'un tel plissement. Cette propriété est iDÎen distincte de leur élasticité qui leur est commune avec beaucoup d'autres corps naturels , et d'une autre fa- culté qui leur est commune avec beaucoup de parties du corps vivant , par laquelle elles tendent continuel- lement à se raccourcir , et le font , en effet , sitôt qu'elles sont libres: Tirritabilité n'est point conti- J08 II' LEÇON. ORGANES DU MOUVEMKKT. nuelle; et ^ lorsqu'elle existe, elle les fait se raccourcir, malgré les obstacles ordinaires (i). Les choses qui excitent occasionellement les fibres à s'irriter, sont de cinq ordres : la volonté ; des actions extérieures dirigées sur les nerfs ; des actions extérieu- res dirigées sur ia fibre elle-même ; des actions mixtes dans lesquelles on opère sur le nerf et sur ia fibre ; et enfin certains états maladifs ou certaines passions vio- lentes. La volonté , dans Tétat de santé et de veille , exerce l'empire le plus constant et le plus prompt sur ceux des muscles qui , pour cette raison , ont été nom- més volontaires. Il y en a un petit nombre qui ne lui sont pas soumis ; ce sont ceux qui produisent dans Tintérieurles mouvements nécessaires à la vie , et qui ne peuvent être interrompus , comme le cœur et les intestins. Il faut remarquer que quelques-uns de ces muscles, qui sont involontaires dans l'homme et dans plusieurs animaux , obéissent à la volonté dans d'au=' très j tel est , par exemple , l'estomac des animaux ruminants dont les mouvements se dirigent à leur gré dans deux sens différents. Quelques autres paraissent d'une nature mixte , en ce que la volonté peut bien arrêter l'action , mais que l'habitude nous les fait mou- voir . sans même que nous y pensions , ni que nous (i) Suivant M. Straus , les fibres musculaires îout articaiées et com- posées de petites plarjues pliëes trois fois sur elles-mêmes ea forme cîe/\/\ , et il pense que cliaqne fibre pourrait bien être une espèce de pile galva- nique forme'e de substance musculaire et de substance nerveuse. Le rac- courcissement de la fibre serait produit par l'atraction de ses deux élé- ments 5 charges chacun d'une électricité contraire. Voy. Straus, Cons. générales sur l'anal, des anim. art., p. i43. L. ART. 1 . DE LA FIBUE MUSCULAIUC. IO9 ayons besoin de le vouloir formellement y tels sont les muscles de la respiration. Les muscles absolument involontaires sont conti- nuellement exposés à Faction d'une cause irritante, de Tordre des extérieures , puisque le sang veineux qui arrive à chaque diastole détermine le cœur à se con- tracter, et que les aliments en font autant sur les intes- tins. On conçoit par là qu'ils n'ont pas besoin de la volonté pour ^^iv , et que la volonté ne peut les arrêter j car un muscle exposé à nu à l'action de causes irritantes se contracterait même dans l'homme vivant , indépendamment de toute participation de la volonté. Mais ce qui donnerait une explication plus complète de l'impuissance de la volonté sur eux , ce serait la remarque de M. Scarpa , que les nerfs vague et grand sympathique qui les régissent , ne se composent que de filets venus des racines sensitives des nerfs de l'épine. On doit remarquer aussi que les nerfs de ces muscles involontaires sont généralement moindres que ceux des autres muscles y au point qu'on a douté long-temps que le cœur en eût véritablement^ et cependant l'irritabilité des premiers est plus dura- ble et plus facile à réveiller que celle des seconds; ce qui prouve que cette faculté n'est pas entièrement en rapport avec la grandeur des nerfs ^ quoiqu'elle dépende , au moins en partie , de ces derniers organes. En effet, la cause irritante dont nous parlons, la volonté, n'agit que par l'intermède des nerfs; et si un nerf est coupé ou lié , les muscles auxquels il se distri- bue n'obéissent plus. On peut imiter cette action de la volonté en ébranlant^ ou piquant, ou déchirant les no II* LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. troncs nerveux, il en résulte sur-le-champ des convul- sions dans toutes les parties musculaires auxquelles leurs branches aboutisseni^ et cela a lieu même après la mort. L'irritation de la moelle allongée après la dé- collation agite tous les muscles du visage, et celle de la partie cervicale de la moelle épinière met tout le corps en convulsion. On pourrait jusqu'à un certain point regarder les passions violentes comme des actes d'une volonté for- tement excitée, et alors il se trouverait des cas où celle- ci agit même sur les muscles involontaires : les palpi- tations du cœur et des grands vaisseaux , la suspension même de leurs mouvements en sont des exemples. On sait que l'on peut empêcher ces accidents en modérant par la sagesse, l'exaltation des sentiments qui les occa- sionent ^ la volonté a même, dans les maladies ner- veuses qui paraissent avoir le moins de rapport avec les passions, du moins avec celles qu'on peut ressentir dans le moment, le pouvoir d'en empêcher les accès, lorsqu'on prend sur soi d'y résister avec fermeté. L'action de la volonté sur les muscles n'est donc pas immédiate,* elle dépend d'une action du nerf sur la libre, qu'il est au pouvoir du moi de déterminer, en vertu de cet empire à jamais incompréhensible que l'ame exerce sur le système nerveux : mais si ce rapport du moi avec le nerf est au-delà des bornes fixées à nos connaissances, il n'est pas impossible qne nous décou- vrions un jour la nature du rapport du nerf avec la fibre qui ne peut être que purement physique, et de corps à corps. Les expériences galvaniques rendent extrêmement probable qne cette action s'opère par un fluide invi- ART. 1*"% DE LA FIBRE MUSCULAIRE. 111 sible^ dont les nerfs sont les conducteurs dans le corps animal , et qui change de nature ou de quantité sur la fibre dans des circonstances déterminées. Ces expériences consistent^ comme on sait^ à établir entre un muscle et le tronc des nerfs qui s'y rendent, une communication extérieure, au moyen dVme sub^ stance , ou d'une suile de substances, qui s'étendent de l'une à l'autre. Les métaux ne sont pas les seuls qu'on puisse employer, et en général ces conducteurs ne sont pas exclusivement les mêmes que ceux de l'électricité. On a réussi quelquefois en laissant de l'intervalle dans la série des excitateurs (c'est le nom qu'on donne à ces substances étrangères ); ce qui prouve qu'il y a une at- mosphère qui les entoure. A l'instant où le contact a lieu, le muscle éprouve de violentes convulsions ; ces expériences réussissent sur le vivant et sur les animaux récemment morts, même sur les parties séparées du corps, absolumenc comme celles de l'irritabilité hallérienne, sans qn^ii soit nullement besoin de corps pointus, ou de liqueurs acres , et même dans des cas où ces moyens ont perdu leur effet. Il est évident que les convulsions galvaniques ne peuvent être rapportées qu'à un changement d'état intérieur du nerf et de la fibre, à la production duquel ces deux organes concourent. On a même , dans les sensations galvaniques qui arrivent sur le vivant, brsqu'on établit la communication excitatrice entre deux branches nerveuses , la preuve que ce change- ment d'état peut avoir lieu dans le nerf seul, soit qu'il consiste en un simple mouvement de translation ou en une décomposition chimique. La fibre serait donc 112 11*" LEÇON. ORGANES D[J MOUVEMENT. simplement passive clans ces contractions : mais il fau- drait toujours reconnaître qu'elle est la seule partie du corps constituée de manière à recevoir cette sorte d'im- pression de la part du nerf j cardes nerfs se distribuent à une multitude d'autres parties sans leur communi- quer la moindre apparence d'irritabilité. Ainsi l'influence et le concours du nerf sont bien démontrés dans quatre des causes irritantes que nous avons établies plus haut; c'est-à-dire la volonté, les passions et maladies nerveuses, une action mécanique dirigée immédiatement sur le nerf, et le galvanisme, où l'on agit quelquefois sur la fibre. Il reste un cinquième ordre de causes irritantes à examiner: celles qui agissent, lorsqu'on les applique immédiatement sur la fibre , et sur la fibre seule , c'est- à-dire tous les stimulus extérieurs, comme des corps pointus, etc.; comme il n y a aucune portion muscu- laire qui ne soit pénétrée par la substance nerveuse , il est difficile de ne pas l'affecter en touchant la fibre , et il peut paraître probable que les contractions que celle- ci éprouve dans ce cas , proviennent , comme dans tous les précédents, de l'influence du nerf dont le fluide in- térieur aura changé d'état par l'action du stimulus. Un muscle arraché du corps conserve sans doute encore assez de portion nerveuse pour être quelque temps ir- ritable, et les muscles sur lesquels la volonté a perdu son empire par une paralysie ou par la ligature du nerf, peuvent également obéir aux stimulus extérieurs, parce que le nerf dans cet état conserve la faculté de produire ou de transmettre le fluide qui doit faire con- tracter la fibre ; car, comme nous ignorons absolument la manière dont la volonté agit sur les nerfs, nous ne I Art. f"". DE LA. FIF.RE MUSGUr.ArRÉ. Il3 pouvons pas prétendre que rinterruption de son action doive être constamsiient accompagnée de Finterriip- tion de celle que les nerfs eux-mêmes exercent sur les muscles. Au reste, tout prouve que cette action du nerf sur la fibre n'emporte pas nécessairement conscience et sensa- tion. Cela se voit par ces exemples de memljres insensi- bles qui ne laissaient pas de se contracter sous l'influence des stimulus ; par ceux des viscères, qui sont dans un mouvement continuel en nous sans que nous nous en apercevions, et enfin par les expériences faites sur des fragments d'animaux : car ilparaît répugner aux notions que nous avons du moi, et dans l'unité de notre être, d'accorder des sensations à ces fragments , quoiqu'il faille avouer que nous avons plusieurs exemples d'ani- maux, dans chaque partie desquels il se fornae, à l'ins- tant même de leur division , un centre particulier de sensations et de volonté. Cette différence de l'irritabi- lité , même de celle qui est volontaire , d'avec la sensi- bilité proprement dite , est encore mieux prouvée par les expériences d'Arnemann , dans lesquelles un nerf coupé et réuni a recouvré , au bout de quelque temps , la première de ces f^icultés , et non l'autre. Les nerfs et leurs fonctions ne dépendent de l'intelligence, qu'au- tant qu'ils tiennent à l'arbre général des nerfs : mais ils paraissent pouvoir exercer par leur propre substance la partie purement physique de ces fonctions ; et si elles dépendent d'un fluide , ce fluide doit pouvoir naître de tous les points de la substance médullaire. C'est l'opi- nion deReil, et elle s'appuie sur des expériences déjà an- cien nés de Stenon et d'autres, dans lesquelles la ligature d'une artère paralyse les muscles auxqueh elle sa rend, I. ' 8 Il4- 11*^ LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. Tout ce que nous venons de dire s'applique égale- ment aux diverses classes d'animaux. Toutes sont irri- tables, et toutes celles où il v a des nerfs et des muscles distincts sont sujettes au [galvanisme. M. de Humboldt en a même tiré un moyen ingénieux de distinguer dans les plus petits animaux les nerfs d'avec les artères, ou d'autres parties, en se servant d'une aiguille d'or et d'une d'argent qu'on applique l'une aux muscles, l'autre aux filets dont on veut reconnaître la nature^ et qu'on fait se toucher par leur autre extrémité. Si c'est un nerf_, des contractions doivent s'en suivre. Une fois qu'on a reconnu c[ue le concours du nerf est nécessaire pour produire la contraction de la fibre, et que de son côté la fibre charnue est seule susceptible de subir cet effet de la part du nerf, il resterait à sa- voir comment, par quel agent , par quel intermède, le nerf produit cet effet sur elle. Ce qui fait la principale difficulté de cette question^ est la force prodigieuse avec laquelle les muscles se contractent, et la grandeur des poids qu'ils peuvent soulever dans l'état de vie , tandis qu'immédiatement après la mort ils sont déchi- rés par des poids infiniment moindres. Cela porte à croire qu'au moment de l'action, non-seulement la fibre se plisse, non-seulement les particules qui la com- posent tendent à se rapprocher dans le sens de sa lon- gueur, mais encore que leur cohésion, ou la ténacité delà fibre, devient à l'inslant même beaucoup plus grande, sans quoi sa tendance à se raccourcir n'empê- cherait pas sa rupture. Or, en supposant même, ce qui paraît au moins bien difficile, qu'on puisse imaginer des textures de fibres , telles que l'accession d'un fluide ou d'une vapeur puisse lui donner cette tendance au plis- ART. TI. Dlî LA SUBSTANCE DES O3. Il5 sèment ou au raccourcissement^ il faudra toujours convenir qu'il n'y a qu'un changement subit dans leur composition chimique, qui puisse en augmenter aussi vite et aussi fortement la cohésion. Nous avons tléjà des exemples de la prodigieuse force avec laquelle les molécides des corps tendent à prendre une nouvelle situation, pour peu que leur mélange chimique soit changé; et le plus connu de tous est celui que rournit Feau qui se glace. La perle d'un peu de calorique dis- pose ses molécules à se solidifier en aiguilles , et elles le font avec tant de force, qu'elle font éclater les vases les plus solides. La fibre vivante et contractée n'est donc plus, absolument parlant, le même corps, n'a plus le même mélange chimique que la fibre lâche, et ce sont les diverses causes irritantes qui opèrent sur elle ce changement par le moyen du nerf. Est-ce en perdant et en abandonnant au nerf quelqu'un de ses éléments , ou bien est-ce en recevant du nerf quelque élément nouveau , que la fibre change ainsi sa compo- sition ? car on ne peut choisir qu'entre ces deux partis. Quel est d'ailleurs cet élément qui passe de l'un à l'autre? existait-il tout formé dans l'un des deux , et est-il sim- plement transmis à l'autre ? ou bien se forme-t-il à l'instant de l'irritation par composition? ou enfin se développe-t-ii par décomposition ? Voilà les questions dont il faut s'occuper : les nouvelles expériences galva- niques et celles que l'on a désignées plus anciennement sous le nom impropre de magnétiques^ jointes aux dé- couvertes de la chimie moderne , et suivies avec la dé- licatesse et la orécision qu'on met aujourd'hui dans la physique, nous permeîtent d'en espérer la solution. Mais pour engager les hommes à se livrer à ces recher- 8. llG II'^ LEÇON. 0RGA]5rES DU MOUV Eî.îENT. ches il ne faut pas les habituer à rapporter chaque effet particulier à une force propre et occulte. ARTICLE II. DE LA STIBSTANCE DES OS. Les animaux vertébrés ont seuls de véritables os, dont l'organisation et la manière de croître sont toutes différentes de celles des parties dures qui en tiennent lieu dans les autres animaux ; il faut donc en traiter sé- parément. La substance des os ^ abstraction faite de la moelle et des autres corps étrangers dont on ne peut la débarras- ser complètement, donne à l'analyse une quantité va- riable de gelée animale ou gélatine , dissoiuble dans l'eau bouillante, se prenant en gelée par le refroidis- sement^ altérable parle feu et la putréfaction^ et d'une matière terreuse, dissoiuble dans les acides, que l'on a reconnue être une combinaison de chaux et d'acide phosphorique^ ou un phosphate de chaux. La quantité du phosphate de chaux augmente avec l'âge dans les 03 : la gélatine au contraire, s'y trouve d'autant plus abondante, que Ton se rapproche davan- tage de l'époque de ia naissance ; et dans les premiers temps de la gestation, les os du fœtus ne sont que de simples cartilages, ou de la gélatine plus ou moins dur- cie; car le cartilage se résout presque entièrement en gélatine par l'action de l'eau bouillante, Dans jes très Alil. II. DE LA SUBSTAiNGE DES OS, llj jeunes embryons, il n'y a pas même de vrai cartilage, mais une substance qui a toute l'apparence et même la demi-fluidité delà ^^^élatine ordinaire, mais qui est déjà figurée et enveloppée par la ixiembrane qui doit par la suite devenir le périoste. Dans ce premier état, les os plats ont Fair de simples membranes 5 ceux des os qui doivent se mouvoir les uns sur les autres ont déjà des articuiations visibles, quoique le périoste passe de l'un à l'autre et les enveloppe tous dans une gaîne com- mune : mais ceux qui ne seront distingués que par des sutures , ceux du crâne, par exemple , forment un tout continu^ où rien n'annonce que ces sutures existeront un jour. C'est dans cette base gélatineuse ou cartilagineuse, et dont la forme est déjà en grande partie déterminée, que se dépose par degrés , le phosphate de chaux qui doit donner aux os leur opacité et leur consistance : mais il ne s'y dépose pas uniformément ; encore moins s'y mêle-t-il de manière à former avec elle un tout homogène. Il s'y développe des grains qui dans les vertébrés in- férieurs, les poissons cartilagineux, se distribuent assez uniformément dans la masse ; qui dans certaines par- ties du corps, comme le rocher des mammifères, la caisse de la baleine, s'accumulent et se condensent par degrés au point de prendre la consistance d'un marbre homogène, mais qui presque toujours forment des la- mes cellulaires , ou s'alignent en filets et comme en fi- bres, qui se multipliant et s'étendant entons sens, finissent par donner à l'os la consistance qu'il doit avoir. La surface ou l'écorce , si Ton peut s'exprimer ainsi. Il8 II' LEÇON. ORGA]NES DU MOUVEMENT. parait plus généralement formée de fibres serrées et rapproclxées plus ou moins régulièrement^ c'est-à-dire divergentes en rayons dans les os plais, et parallèles dans les os longs. Mais M. Scarpa a fait voir que leur étendue et leur parallélisme ne sont qu'apparents et que ce sont plutôt des fibres qui, s'unissant d'espace en espace, interceptent des mailles alongées j au total, il en résulte un véritable réseau qui s'épaissit par l'acces- sion de filets nouveaux et prend aussi quelque chose de lamelieux. , Pendant que la surface des os arrive, par cette accu- mulation successive de phosphate calcaire, aune con- sistance plus ou moins grande, leur intérieur reçoit aussi des lames et des fibres de cette même substance , mais qui s'y rapprochent ordinairement beaucoup moins: les lames y sont jetées, pour ainsi dire, au ha- sard, comme les lames molles le sont dans le tissu cel- lulaire ordinaire ; en sorte que leur ensemble représente une véritable celiulosité durcie par l'accession de la matière terreuse. A mesure que ce tissu spongieux prend de la consistance, la substance gélatineuse qui remplissait d'abord toute la solidité de l'os, semble disparaître et se concentrer dans les parties vraiment ossifiées. Il se forme par là des vides qui vienneiit à être occupés graduellement par une matière grasse , appelée suc moelleux. Les choses restent toujours ainsi dans les os j)lats , où cette partie spongieuse et im- bibée de moelle , comprise entre deux surfaces com- pactes 5 est nommée diploé. Mais dans les os longs il se forme au milieu du corps de l'os un vide plus considéra- ble, qui s'étend successivement vers les extrémités, en faisant disparaître la substance spongieuse^ de façon ART. II. DE LA SUBSTANCE DES OS. Hq qu'à la fin Fos forme un véritable tube dont les ex- trémités seulement sont remplies par une spongiosité osseuse^ et dont toute la partie moyenne est occupée par une espèce de cylindre d'une moelle renfermée dans une membrane très fine, et pourvue de vaisseaux et de nerfs abondants qui y pénètrent par les trous de la sub- stance compacte de l'os. Les fibres des os, soit divergentes, soit parallèles, naissent de certains centres que l'on nomme points d'ossification. Chaque os long en a ordinairement trois : un vers son milieu, qui l'entoure commeunanneauetdont les filets d'abord réticulés prennent plus généralement une di- rection parallèle à l'axe ; et un principal à chaque extré- mité , accompagné quelquefois de plusieurs plus petits : même lorsque les trois pièces osseuses qui résultent de l'extension successive de ces trois ci^ntres d'ossification, sont parvenues à se toucher, eL'ies demeurent quelque temps sans se souder, et il. y a entre elles une couche purement gélatineuse, que l'eau bouillante ou la ma- cération peuvent d^"î;puii^e. Ces extrémités portent, tant qu'elles sont air^sï distinctes, le nom d'épiphjseSy par opposition ^y^^ le corps de l'os qui porte celui de dia-- physp » îYtais il y a des animaux , notamment parmi les "ieptiles où cette division des os longs en trois parties îi'a pas lieu. Dans les os plats , les centres d'ossification représen- tent, pour ainsi dire, des soleils dont les rayons sont les filets osseux que leur blancheur opaque fait ressortir à l'œil , sur le fond demi-transparent du cartilage dans lequel elles se développent. Dans les os ronds, les cen- tres ressemblent à des grains ou à des noyaux» Dans les 120 li^ LECOIN. ORG AISES DU MOUVEMENT. OS très angfuleux ils ont des dispositions et des formes très variées. Lorsque les filets d'un centre sont parvenus à toucher de toutes parts ceux des centres voisins^ les os ne sont plus séparés que par des sutures , qui peuvent s'effacer plus ou moins promptement. On a coutume de regarder comme des os simples ceux dont les parties ossifiées se soudent des la jeunesse, comme les vertèbres, l'os occipital^ le frontal , etc. , tan- dis qu'on regarde comme des os distincts ceux qui ne se soudent avec les os voisins que dans un âge très avancé, et on leur donne des noms particuliers. Ainsi le frontal, qui demeure quelquefois séparé des pariétaux jusque dans la dernière vieillesse, est regardé comme un os distinct j mais en même temps on le regarde comme un os simple, quoique les deux parties qui le composent toujours dans les premières années , restent souvent sé- parées jusqu'à trente ou quarante ans : le sphénoïde et l'occipital se soudant dans lii.a âge avancé^ quelques anatomistes n'en font qu'un os qu'ils nomment sphéno- occipital ; mais ces distinctions sont arbitraires, et pour avoir le véritable nombre des os de cha\"5ite espèce, il faut remonter jusqu'aux premiers noyaux Oî^^^'^eux tels qu'ils se montrent dans le fœtus. Cette étude a priJ" ^^ rintérét dans ces derniers temps à cause des différents points de vue sous lesquels on l'a considérée : d'une part on a pensé qu'en remontant ainsi au premier point d'os- sification , on arriverait à un nombre d'os qui serait le même dans tous les vertébrés, lesquels ne différeraient que par le plus ou le moins de rapidité de la soudure de ces os ; idée ingénieuse qui s'est réalisée pour plusieurs cas, mais qui est fort éloignée de s'être élevée, comme ART. lî. DE LA. SUBSTAlVGE DES OsV i^i on le voulait^ au rang trnne règle générale ; nous verrons qu'elle subit des exceptions extrêmement nombreuses , d'autre part^ on avait cru aussi pouvoir assigner à l'os- téogénie diverses lois relatives aux nombres des noyaux osseux et à leurs rapports avec les formes et la position des os. Comme^ en général^ l'ossification commence au crâne, au thorax, par les os latéraux, on avait jugé que les os impairs situés au milieu devaient tous être formés de deux noyaux, un de chaque côtéj on avait pensé qu'à l'exemple des trous inter-vertébraux, tous les trous des os devaient être entourés au moins de deux noyaux; qu'à l'exemple du canal vertébral, tous les ostubuleux devraient avoir leur tube entouré au moins de deux pièces, etc. Aucune de ces règles ne s'est trouvée cons- tante j l'ossification se faisant toujours par un dépôt de molécules terreuses dans un cartilage préexistant à Fos^ et qui a déjà d'avance la forme que cet os doit prendre, l'ordre et le nombre des noyaux osseux n'avaient pas d'importance et n'ont dépendu que de l'insertion des artères^ les os longs commencent vraiment par des an- neaux et non par des pièces latérales; plusieurs os im- pairs commencent par un seul noyau , ou par beaucoup de grains déposés dans tous les points de leurs cartilages; la matière osseuse envahit par degrés les bords de plu- sieurs trous en les circonvenant, et sans être obligée de de s'y déposer d'abord par plusieurs points : c'est ce dont nous verrons des preuves nombreuses dans la suite. Il ne faut pas même croire que cette duplication, si elle ne s'observe pas dans les os doive au moins avoir lieu pour les cartilages, puisque l'embryon se forme des re- plis d'une membrane; d'abord l'épine ne se forme point ainsi : quant aux corps des vertèbres et quant au ster- 122 II** LHCON. ORGANES DU M0UV1:MENT. num y c'est par un prolongement du repli antérieur et non des replis latéraux qu'il est forrné^ comme nous le verrons en traitant du fœtus. L'ossiiication ne se fait pas avec la même rapidité dans tous les animaux^ ni dans tous les os du même animal. Ainsi nous voyons que, dans l'homme et dans les autres mammifères, les os que renferme l'oreille interne sont non-seulement ossifiés avant tous les autres, mais encore qu'ils les surpassent tous par leur densité, et par la quantité proportionnelle de phosphate de chaux qu'ils contiennent. L'os de la caisse du tym- pan, dans les cétacés, et sur-tout dans la baleine et le cachalot, devient d'une densité et d'une dureté supé- rieure à celle du marbre. Sa coupe paraît aussi homo- gène et ne laisse apercevoir aucun vestige ni de fibres , ni de tissu cellulaire, ni de vaisseaux. Il est au con- traire d'autres os qui ne prennent qu'assez tard la consistance qu'ils doivent avoir : les épiphyses, par exemple, ne s'ossifient qu'assez long-temps après le corps des os auxquels elles appartiennent. Il y a enfin des cartilages qui, dans certaines classes d'animaux, n'admettent jamais assez de phosphate calcaire pour obtenir une consistance entièrement osseuse ; tels sont ceux des côtes et du larynx : en sorte que , malgré la propension qu'a en général la gélatine à recevoir la substance calcaire, comme on le voit par l'exemple des tendons et des autres organes blancs qui s'ossi- fient plus aisément que les autres , et quoiqu'il n'y ait aucun os qui n'ait été auparavant à l'état de carti- lage, il y a plusieurs cartilages qui ne se changent ja- mais en os. Indépendamment de la rapidité de l'ossification et ART, II. DE LA SUBSTAWCE DES OS. 12Ô des proportions entre les parties constituantes des os, les animaux diffèrent entre eux par le tissu de ces os et par les cavités de différente nature qu'on y observe. L'homme a un tissu intérieur très fin j les lames de sa spong^iosité sont minces et rapprochées ; les endroits oii ce tissu approche davantage de l'apparence d'un réseau présentent des fibres longues et déliées. Les quadrupèdes ont généralement ce tissu plus grossier; les cétacés l'ont plus lâche • leurs cellules sont plus grandes^ les lames qui les forment, plus larges; et il est facile de distinguer les fibres de la partie extérieure, ^^^y dans les mâchoires et les côtes des baleines et des cachalots, deviennent , par la macé- ration , aussi distinctes que celles d'un bois à demi- pourri, quoiqu'elles ne suivent pas à beaucoup près, pour la grandeur, la proportion des animaux auxquels elles appartiennent; la fibre osseuse ayant en général, ainsi que la musculaire, des dimensions qui paraissent dépendre plutôt de son mélange chimique que d'autres circonstances. Les os des oiseaux sont d'une substance mince, ferme, élastique^ et qui semblent formés de lames collées les unes sur les autres. Les reptiles et les pois- sons montrent en général plus d'homogénéité : la matière calcaire semble plus uniformément répandue dans la gélatineuse, et cela devient d'autant plus mar- qué qu'on s'approche davantage des poissons cartila- gineux , dans lesquels la gélatime prend lo dessus et semble masquer les parcelles de phosphate qui s'y mêlent. Plusieurs animaux n'ont point de grandes cavités médullaires , même dans leurs os longs. On n'en trouve 124 li' LECOiS. ORGANES DU MOUVEMENT. aucunes dans ceux des cétacés et des phoques. Caldesi avait remarqué cela ç, il y a long;-temps , à l'égard delà tortue; et je l'ai observé comme lui : cepepdant le crocodile en a de très marquées. Il se développe encore dans certains os d'autres cavi- tés qui ne contiennent point de moelle , et qui portent le nom de sinus ; elles communiquent plus ou moins immédiatement avec l'extérieur. L'homme en a dans Fos frontal^ dans le sphénoïde, dans les os maxillaires qui communiquent avec la cavité nasale. Dans plusieurs mammifères , ces sinus s'étendent beaucoup plus loin ; ils pénètrent dans une grande partie de l'épaisseur du crâne; ils vont jusqu^à l'oc- ciput dans le cochon ; et ce sont eux qui gonflent si singulièrement le crâne de l'éléphant. Ils pénètrent jusque dans l'épaisseur des os des cornes dans les bœufs, les boucs et les moutons. Les gazelles ont seules, parmi les animaux à cornes creuses, le noyau de leur corne solide ou spongieux sans grande cavité. Nous avons d'autres sinus dans l'os temporal , qui comnumiquent avec la caisse du tympan. C'est sur-tout dans les oiseaux que ceux-ci s'étendent ; ils y occupent autant de place que le sinus du nez dans les quadru- pèdes; ils ont sur le crâne de la chouette le môme effet que les autres sur celui de l'éléphant. Les oiseaux ont, à cet égard, une structure fort particulière: tous leurs os, presque sans exception, sont vides à l'intérieur; mais leurs cavités ne contien- nent que de Fair, et jamais de moelle. Ce sont de véritables sinus dans leur genre ^ ^^^ ? au lieu de se borner à la tête , comme ceux des quadrupèdes , s'étendent à tout le squelette ; et qui sont eu commu- , ART. ir. DE LA SUBSTANCK DKS OS. Î25 iiication directe avec les poumons ; Fair qu'on pousse dans la trachée artère, sortant par un trou fait à un os quelconque^ et réciproquement. Cette organisation réunit dans leurs os la légèreté et la force dont ils avaient besoin pour le genre de mouvement qui leur avait été assigné^ et elle les éloigne des vertébrés à sang froid dans les os desquels les cavités quelconques sont rares ou peu considérables^ tandis que d'un autre côté par le nombre et les connexions de ces mêmes os , du moins à la tète, les oiseaux leur ressemblent plus qu'aux mammifères. Parmi les phénomènes les plus singuliers de Vostéo^ génie ^ ou du développement de la substance osseuse, l'anatomie comparée nous présente sur tout la forma- tion du bois du cerf. Ce boisj dans son état parfait , est un véritable os, et par son tissu, et par ses éléments : sa partie extérieure est dure, compacte , fibreuse; l'interne est spongieuse, très solide , î^ans grands vides , sans cavité médullaire et sans sinus. On sait assez quelles sont ses formes extérieures , soit dans les différentes espèces , tels que l'élan, le renne, le daim, le cerf, le chevreuil, etc., soit aux différents âges d'une même espèce. Ces objets appartiennent à l'histoire naturelle proprement dite. Sa base adhère et fait corps avec l'os frontal , de manière qu'à certaines époques on ne pourrait point déterminer dans leur tissu intérieur de limite entre l'un et l'autre : mais la peau qui recouvre le front , ne va point au-delà : un bourrelet osseux et dentelé l'arrête; et il n'v a sur ce bourrelet et sur le reste du bois ni peau ni périoste. On y voit seulement des sillons plus ou moins profonds qui sont des vestiges des vaisseaux 126 if LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. qui rampaient à sa surface lorsqu'il était encore mou. Ce bois, ainsi dur et nu, ne demeure jamais qu'une année sur la tête du cerf: l'époque de sa chute varie selon les espèces; mais lorsqu'elle est prochaine, on voit, en le sciant loogitud/nalement, une marque de séparation rougeâtre entre lui et la proéminence de l'os frontal qui le porte. Cette marque devient de plus en plus forte; et les particules osseuses qui se trouvent en cet endroit finissent par perdre leur adhérence. A cette époque un choc , souvent léger, fait tomber et l'autre de ces bois , à deux ou trois jours de l'un distance au plus. La proéminence de l'os frontal ressemble alors à un os rompu ou scié en travers , sur lequel on aperçoit à nu le tissu spongieux. La peau du front ne tarde pas à la recouvrir ; et lorsque le bois doit repousser, on voit s'élever un tubercule , qui est et qui demeure couvert par une production de cette peau, jusqu'à ce qu'il ait acquis son parfait accroissement. Pendant tout ce temps, ce tubercule est mou et cartilagineux : sous sa peau est un véritable périoste sur lequel rampent des vaisseaux , souvent gros comme le petit doigt , qui pénètrent dans tous les sens la masse du cartilage* Celle-ci s'ossifie petit à petit comme tout autre os ; elle passe par les mêmes états qu'un os de fœtus ou d'enfant, et elle finit par devenir un os parfait. Pen- dant ce temps le bourrelet de sa base, entre les dente* lures duquel passent les vaisseaux , se développe aussi. Ces dentelures en grossissant, resserrent les vaisseaux, et enlin les obstruent : alors la peau et le périoste du bois se dessèchent, meurent et tombent; et Fos se retrouvant à nu, ne tarde pas à tomber lui-même pour ART. ïl. DE LA SUBSTANCE DES OS., 127 renaître de nouveau ^ et toujours plus considérable. Les bois de cerf sont sujets à des maladies absolu- ment semblables à celles des os ordinaires. On en voit dans lesquels la matière calcaire s'est extravasée et a formé différentes exostoses ^ et d'autres où elle s'est trouvée trop peu abondante ^ et c[ui sont restés poreux légers et sans consistance. A ces différentes remarques, toutes relatives à des vertébrés dont le squelette, quoique plus ou moins dur, est véritablement osseux, nous devons en joindre quel- ques-unes sur certains poissons où il demeure toujours plus ou moins cartilagineux , et principalement sur ceux que Ton a nomme's cliondvoplérjgiens. Les mo- lécules terreuses de ces poissons se déposent de plu- sieurs manières, mais ne forment jamais de filets, ni ne prennent cette densité pierreuse de quelques os des mammifères. Dans la plupart des os des raies et des squales, elles forment à la surface une couche de grains serrés, et le milieu demeure pur cartilage; ces grains se montrent uniformément partout; il n'y a point de rayons ni de •jentres d'ossification ; par conséquent aussi point de suture au crâne ou aux mâchoires. Dans les os épais, comme les corps des vertèbres et certaines mâchoires, il y a aussi une lame grenue à la surface, mais l'inté- rieur du cartilage est souvent pénétré de phosphate , soit en lamelles formant une cellulosité, soit en lames plus régulières disposées diversement; dans certains grands squales , le inaximuSj par exemple, ce sont des lames cylindriques, toutes concentriques, toutes sépa- rées par des couches d'un cartilage tendre^ toutes per- cées de pores comme des cribles , en un mot d'une 128 II' LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. rég;aîarit6 admirable. Quelquefois l'apparence totale semble homogène, quoique moins dure à Tintf^rieur qu'à la surface : cela est ainsi dans Tange ( scjualus scjuatina), YiQ périoste est une membrane blanche, forte, qui adhère à toute la superficie des os ^ excepté à leurs facettes articulaires : on lui donne le nom de péri- chondre lorsqu'il ne recouvre que des cartilages. Cette membrane a beaucoup de vaisseaux ,* c'est par elle que passent ceux qui portent le sang aux cartilages et aux os. On sait que la gélatine est contenue en nature dans le sang, et qu'elle fait une assez forte partie du sérum, ou delà portion de ce fluide qui demeure liquide lors de la formation du caillot. On sait également qu'il y a du phosphate de chaux dans le sang , et sur-tout que le lait, nourriture naturelle de l'homme et de plusieurs animaux à l'époque où leur ossification est la plus ac- tive, contient beaucoup de cette substance. Ainsi, on conçoit aisément d'où les os tirent leur nourriture ; mais on n'est pas d'accord sur la manière dont le phos- phate calcaire s'y dépose : les uns pensent qu'il trans- sude des parois des artères ; d'autres , qu'il traverse simplement leurs extrémités ouvertes; d'autres enfin ^ que les artères s'ossifient elles-mêmes. Il serait peut- être plus probable qu'il se combine avec la gélatine du cartilage, et que cette combinaison a lieu sur-tout à l'époque ou l'abondance du phosphate est plus con- sidérable dans le sang par le genre de nourriture que prend l'animal, ou par la disposition générale des or- ganes qui agissent dans la formation de son sang. On iie sait que trop qu'il y a des maladies dans lesquelles II ART. m. PARTUIS DURES DES iNVEllTlVonib. 12g le pîiosphate calcaire se trouve enlevé aux os par des affinités plus puissantes; et d'autres où sa trop prande abondance porte la nVidité dans des organes auxquels elle est nuisible^ ou produit des excroissances plus ou moins monstrueuses. Sa mauvaise proportion dans le corps vivant y cause les maladies les plus douloureuses et les plus incommodes. Nous verrons ailleurs que les dents^, quoique sem- blables aux os pour la composition chimique, ne crois- sent pas de la même manière^ mais par couches comme les coquilles. ARTICLE III. DES PARTIES DURES QUI TIENNENT LIEU D*OS AUX ANIMAUX NON VERTÉBRÉS. Les coquilles sont des enveloppes d'une substance calcaire, d'un tissu tantôt feuilleté, et tantôt aussi dense et aussi dur que le marbre : elles servent d'enve- loppe à un grand nombre d'animaux de la classe des mollusques; et chacun sait que la variété de leurs for- mes, les nuances plus ou moins tranchées de leurs couleurs, et l'éclat de leur nacre, en font un des plus beaux ornements des cabinets des curieux. L'histoire naturelle fait suflîsamment connaître leurs formes et les rapports de ces formes avec les ordres et les genres des animaux qui les habitent : il n'est question ici que de leur texture, de leur accroissement, et de la manière dont elles sont liées au reste du corps. T- 9 l5o if LEÇON. ORGAIS'ES DU MOUVEMENT, Elles sont composées, comme les os^ d'une matière calcaire intimement unie à une substance gélatineuse, et qu'on peut également en séparer par le moyen des acides : mais elles sont un produit de la peau déposée sous l'épiderme, ou même quelquefois dans l'épaisseur du derme. On distingue, dans quelques espèces, des couches assez faciles à séparer et collées les unes sur les autres , comme les feuilles de papier qui forment un carton. L'observation a appris que ces couches sont moins nombreuses dans les jeunes animaux que dans les adultes j il n'y a que les plus extérieures, qui sont en même temps les plus petites. A mesure que l'individu avance en âge, il se forme à la face interne de la coquille une couche nouvelle , sécrétée parla partie des téguments, que l'on nomme le man- teau et qui déborde toutes les couches précédentes j en sorte que cette coquille prend à chaque fois un ac- croissement en longueur et en largeur, comme en épais- seur. Voilà des faits certains : il suffit, pour s'en assurer, de comparer des coquilles de même espèce qui aient appartenu à des individus de différents âges ; on verra toujours moins de couches à celles qui proviennent d'individus plus jeunes. Lf s jeunes moules, qu'on peut observer avant même qu'elles aient quitté la matrice de leur mère, n'ont alors qu'une seule couche à leur coquille, et cette coquille n'est pas pour cela molle on pélatineuse : elle a la même rigidité que la coquille adulte ; et si elle est beaucoup plus fragile , c'est qu'elle est beaucoup plus mince. Mais ces couches quidoivent successivement venir en augmenter l'épaisseur^ sont-elles produites par déve- loppement, ou par simple juxta-position? Des vais- ART. III. PARTIES DURES DES INVERTÉBRÉS. l3l seaux nourriciers vont-iis déposer le suc calcaire dans les divers points de leur épaisseur^, ou transsudent-elles seulement au travers de la peau de l'animal pour se coller aux couches précédentes. Voilà des questions sur lesquelles les physiologistes ne sont d'accord que de- puis peu de temps. Le corps des limaçons ne paraît adhérer à la coquille qu'aux surfaces d'attache des muscles seulement ; et Réaumur ayant placé entre ce corps et les endroits delà coquille qu'il avait cassée exprès^ des pellicules minces, ces cassures ne se sont point réparées, tandis que celles où aucun obstacle n'arrêtait les sucs qui pouvaient y arriver de la surface de la peau, se remplissaient j)romptement. Ces faits prouvaient en faveur de la simple juxta- position d'une matière transsudée^ cependant comme on avait vu, d'un autre côté , que l'huître et la moule adhérente la coquille, non-seulement par les muscles, mais encore par tout le bord de leur manteau, et que de plus l'huître a toujours dans l'épaisseur de sa valve convexe , entre la charnière et le muscle transverse un ou plusieurs des vides rem plis d'une eau fétide etamère. Quelques naturalistes avaient cru que les vaisseaux artériels et absorbants pénétraient dans l'intérieur des couches, en déterminaient la position et en enlevaient de temps en temps les molécules. [Mais ces vides que l'on a cru s'opposer à la forma- tion des couches j uxta-posées , s'expliquent parfaite- ment en supposant que le manteau n'adhère à la surface de la coquille que par quelques points ou peut-être mêmeparquelques lignes concentriques, etquedans les parties où il n'y a point d'adhérence, les nouvelles cou- 9- l32 11° LF.CON. ORGANES DIT MOUVEMENT. ches ne s'appliquent point sur les précédentes , et lais- sent des vides qui sont remplis d'eau. La structure du reste de la coquille est tout-à-fait semblable; elle se compose, au moins dans son milieu^ sous le muscle, de plusieurs lames d'émail qui s'écartent et se rapprochent; maisles intervalles, au lieu d'être remplis d'eau, le sont par une substance crétacée tendre et très feuilletée. ] Quelques observations semblent prouver qu'il y a des testacés qui se dépouillent entièrement de leurs coquilles à certaines époques , pour en produire de nouvelles ; mais cette reproduction pourrait bien aussi se faire par développement, comme celle des bois de cerf. Quant au mécanisme du développement des couches des coquilles qui ne tombent point, oo peut le comparer à celui qui produit les ongles, les couches in- térieures des cornes creuses des bœufs, des moutons et de tant d'autres mammifères ruminants, et même à celui qui produit l'épiderme dans tous les animaux; c'est-à-dire que ce sera un dessèchement, une espèce de mort d'une membrane qui semblait avoir une sorte d'or^^anisation tant qu'elle était restéeà l'abri du contact de l'élément extérieur , ou qu'elle n'avait pas acquis toute la solidité qui lui convenait. Il paraît que c'est là la manière dont se développent toutes les parties dures des mollusques. La sèche ordinaire (sepia officlnalis) a, dans les chairs de son dos un corps ovale , convexe en avant et en arrière, blanc , ferme , friable, de substance cal- caire. Ce corps n'a point d'adhérence avec les chairs dans lesquelles il se trouve ,-pour ainsi dire ^ comme un corps étranger qui s'y serait introduit : aucun vais- seau , aucun nerf visible ne le pénètre , et il ne donne ART. III. PARTIES DURES DES UN VIÎRTÉBUÉS . lOO attache à aucun tendon. Il est composé de lames min- ces parallèles^ qui ne se touchent pas immédiatement , mais dans les intervalles desquelles sont une infinité de petites colonnes creuses qui vont perpendiculaire- ment d'une lame à l'autre^ et qui sont disposées en quinconce très régulier. Gomme les lames sont planes, et que les deux faces de l'os sont convexes, elles les coupent nécessairement. Les endroits de ces intersec- tions sont marquées sur les faces par des stries curvili- gnes très régulières. Cet os a des espèces d'ailes qui sont d'une nature moins opaque, moins cassante, et plus ressemblante à une corne mince et élastique. C'est aussi à cette dernière substance que res- semblent les parties qu'on a appelées os dans les calmars; elles nont transparentes, élastiques, assez cassantes; leur forme est tantôt celle d'une feuille, tantôt celle d'une lame d'épée. Leur connexion avec les parties molles est la même que celle de l'os de la sèche. On trouve aussi une petite plaque, demi-cornée, demi-fiiable, dans l'épaisseur du lobe charnu qui re- couvre les branchies de l'aplysie, et même il y en a une encore plus petite dans le manteau de la limace ; mais tous ces corps , quelqu'étrange que ceci puisse paraî- tre, ne sont que des coquilles internes plates et plus ou moins calcaires. Les parties solides des animaux articulés sont d'une autre nature ; elles ne sont plus une produc- tion delà peau, comme les coquilles, les ongles, les cornes creuses, mais, un endurcissement, un en- croûtement de cette peau, comme on en voit des exemples dans les tatous et les crocodiles. Aussi les lO-i if LEÇON, ORGANES DU MOUVKMîmT. espèces à test calcaire qui n'ont point acquis leur en- tier accroissement, sont-elies obligées, au moment de la croissance, de se débarrasser de cette enveloppe dure qui ne permettrait point leur développement. C'est ce qu'on remarque chez les crustacés. A l'époque de la mue , leur enveloppe se fend et se détache ; mais il s'en trouve à point nommé une autre dessous , qui se formait pendant que l'autre perdait sa connexion avec le corps , et mourait , pour ainsi dire. Cette enveloppe nouvelle est d'abord molle , sensible et même pourvue de vaisseaux ; mais une quantité de molécules cal- caires, amassées auparavant dans l'estomac, ne tardent pas ê y être portées , à la durcir , à en obstruer les pores et les vaisseaux , à la rendre, en un mot , toute semblable à celle qu'elle a remplacée. Les insectes ne prennent leur dureté complète que lorsqu'ils ont acquis leur dernière forme , et qu'ils ne doivent plus changer de peau ; mais toutes les peaux qu'ils ont rejetées auparavant , quoique plus molles , étaient mortes , et déjà remplacées par d'autres qui s'étaient développées dessous lorsqu'elles sont tom- bées. Quelques animaux invertébrés ont aussi des parties dures dans leur intérieur ; mais elles ne sont point ar- ticulées de manière à servir de base à des membres mobiles , et leur tissu diffère aussi considérablement des os ordinaires. Les plus remarquables de ces sortes de parties dures sont les dents de l'estomac des écre- visses 5 dont nous renvoyons la description , ainsi que celle des dents ordinaires , à l'article où nous traite- rons de la digestion. Les parties solides des zoophytes varient considéra- ART. IV FARTEES DURES DES INVERTÉBRÉS. Io5 blenient ; elles sont tantôt à l'extérieur, comme clans une partie des échinodermes et les polypiers à tuyaux, tantôt à l'intérieur, comme dans les polypes- à cellules et les polypiers cordeaux. Dans les astéries ou étoiles de mer , elles constituent une sorte de charpente composée d'un disque central entouré de cinq branches plus ou moins alongées et formées de pièces plus ou moins nombreuses articulées entre elles. Ces branches sont simples ou bifurquéeset fournissent de très bons caractères zoologiques. Dans les oursins, c'est une enveloppe plus ou moins sphér^ue, calcaire, solide et souvent très dure, compo- sée de nombreuses pièces articulées par suture dentée, percée d'une foule de petits trous qui laissent passer des pieds membraneux et garnis de tubercules, sur lesquels jouent librement des pointes d'une substance analogue à celle de la coquille. Ces parties osseuses recouvertes par un épiderme et par un tissu muqueux, peuvent être considérées comme la partie dermoïque de la peau ossifiée. [ On n'a pointsuffisamment examiné comment se fait l'accroissement dans ces parties solides de l'étoile de mer et des oursins. Dans les oursins, il s'accomplit probablement à de certaines époques par les bords des pièces articulées , mais alors les parties ancien- nes doivent subir un ramollissement qui leur permette de s'étendre et de prendre la nouvelle courbe que né- cessite la plus grande longueur de leurs diamètres. On a des exemples de ce ramollissement dans les portions profondes et internes des parties solides des crustacés qui, à l'époque de la mue des parties externes, perdent leur solidité et se trouvent dans les conditions nécessai- |56 if LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. res pour un plus grand développement. Il n'est guère possible de comprendre autrement raccroissement de toutes les parties solides qui constituent l'enveloppe des éclîinodermes. ] Enfin les polypes à polypiers ont les parties dures y tantôt cornées ^ tantôt calcaires, tantôt spongieuses, mais qui croissent par simple juxta-position, ou tout au plus par développements successifs de plusieurs couches^ comme les coquilles. lien est dans lesquels ce développement se fait à l'extérieur et où la subs- tance sensible enveloppe les couches anciennes par des couches nouvelles qu'elle recouvre elle-même. Tels sont tous les litlwphjtes et les cératopliytes. Dans d'autres , les parties qui ont une fois atteint leur dureté n'augmentent plus en grosseur^ mais il se forme seulement de nouvelles pousses , ou même de nouvelles branches à leurs extrémités. Tels sont tous les zoophytes articulés. Toutes ces productions contiennent un mélange de matière calcaire et de /gé- latine animale, comme les os et les coquilles. ARTICLE IV. DES JONCTIONS DES OS, ET DE LEURS MOUVEMENTS. On sait que les os se divisent, d'après leurs forme>, en os longs ;, en os plats et en os dont toutes les dimen- sions sont à peu près égales. On connaît les noms imposés à leurs éminences, à leurs creux, à leurs échancrures, et ceux qui désignent ART. IV. DES JOWGTIOINS DBS OS. lOj l'état de leurs surfaces, toutes ces choses sont de simple description et auraient pu s'exprimer sans un si grand appareil de termes techniques. Nous ne nous arrêterons qu'à ce qui concerne leurs articulations^ parceque ce sont elles qui déterminent les mouvements dont les os sont susceptibles ^ et qu'elles ont une très grande influence dans l'économie des di- vers animaux. Il y a de ces articulations qui ne permettent aucun mouvement ; d'autres laissent exécuter un mouvement obscur et très borné; d'autres enfin sont disposées de manière que les os qui les composent se meuvent l'un sur l'autre librement , soit dans un seul , soit dans plu- sieurs sens. Non-seulement les os correspondants ne sont pas toujours articules de la même manière dans tous les animaux^ mais encore il y en a qui ne se touchant même pas dans la plupart, s'articulent ou s'engrènent les uns avec les autres dans quelques espèces : il y a même des animaux dans lesquels on observe des espè- ces d'articulations particulières qui n'existent point dans les autres. On nomme suture une sorte d'articulation sans mouvement, ou de sjnavtlirose, qui a lieu lorsque deux os plats se touchent parleurs bords, sans intermédiaire: elle est déniée , lorsque ces bords ont des dents qui en- grènent les unes dans les autres ; harmonique lorsqu'ils se touchent simplement; et écailleuse y lorsque le bord aminci de l'un recouvre celui de l'autre. Les os du crâne et de la face de l'homme présentent les exemples de ces diverses sortes de sutures : ce sont même presque les seuls qui soient unis de cette façon dans le corps hu- l3 leur squelette ne diffère-t-il pas autant que leur figure extérieure, et il y a même, entre toutes ces charpentes osseuses, des rapports, dont on ne se douterait pointa Taspectdes parties qu'elles soutiennent. En p;énéral , les os qui composent les squelettes sont tous articulés de manière à former un ensemble dont toutes les parties sont liées ^ cependant il y a des exceptions à cette règle. L'assemblage d'os qui porte la langue n'est attaché aux autres que par des parties molles , dans beaucoup de mammifères, dans les oiseaux et les reptiles, quoi- qu'il soit vraiment articulé au reste du squelette dans d'autres quadrupèdes et dans les poissons. L'extrémité antérieure tout entière , n'est attachée que par des muscles dans les quadrupèdes sans clavi- cules; mais dans les quadrupèdes qui en ont une, elle tient au sternum par un os simple^ et dans plusieurs oiseaux et plusieurs reptiles par un es double. La plu- part des poissons l'ont fortement liée à la tête par une ceinture osseuse; dans les raies^ c'est à l'épine qu'elle s'attache ainsi. Au contraire^ l'extrémité postérieure de beaucoup de poissons^ notamment de ceux que l'on nomme ab- dominaux^ est libre et simplement suspendue dans les chairs, tandis que les autres animaux l'ont fortement attachée au reste du squelette par le moyen du bassin. Les os qui composent le squelette se rapportent à trois divisions principales ; le tronc, la tête , et les extrémités. La tête ne manque jamais; les deux paires d'extrémi- tés manquentaux serpents et à quelques poissons^l'ex- trémité postérieure manque aux poissons apodes, c'est- ART. VI. REMARQUES SUR LE SQUELETTE. iSj à-dire sans nageoires ventrales , et aux mammifères cétacés. L'extrémité antérieure ne manque seule qu'à une espèce de lézard; mais Tune ou l'autre ne se voit quelquefois qu'en vestige sous la peau^ par exemple, l'antérieure dans les orvets^ les ophisaures; la posté- rieure dans les pythons, les boas, etc. Aucun animal vertébré n'en a plus de quatre. Le tronc est formé parles vertèbres, dont l'ensemble se nomme l'épine du dos, par les côtes et par le ster- num. Les vertèbres ne manquent jamais, quoique leur nombre soit extrêmement variable ; on les voit même dans la lamproie où leur corps est réduit à un état presque membraneux. Le sternum manque aux serpents et aux poissons, à moins qu'on ne veuille donner le nom de sternum à des pièces qui, dans certaines espèces de ces derniers, réunissent les extrémités inférieures de leurs côtes; les autres parties auxquelles on a voulu affecter le nom de sternum ne le méritent point. Les côtes manquent aux grenouilles et à quelques poissons; mais elles sont aussi réduites à de simples rudiments dans divers autres reptiles et dans plusieurs poissons. Les vertèbres qui portent des côtes ^ se nomment vertèbres dorsales ; celles qui sont entre les dorsales et la têtC;, se nomment cervicales', celles qui sont der- rière les dorsales , lombaires ; celles qui tiennent au bassin ou à l'extrémité postérieure , sacrées ou pel- viennes , et celles qui forment la queue, coccygiennes ou caudales. Il n'y a que quelques mammifères en tiès petit nombre (les roussettes), et le genre des grenouilles, qui n'aient point de coccyx. Très peu de l58 II* LEÇON* ORGANES DU MOUVEMENT. poissons peuvent être considérés comme ayant des vertèbres cervicales. On sent que, dans les animaux qui n'ont pas de côtes ^ la distinction entre les trois premières espèces de vertèbres n'a plus lieu^ et que celle des trois dernières disparaît dans ceux qui n'ont point d'extrémités postérieures , ou chez qui elle n'est point attachée à l'épine. Il y a dans les poissons une autre distinction à faire entre les vertèbres abdomi- nales et les vertèbres caudales. Celles-ci se distinguent par des apophyses épineuses descendantes. Les côtes qui vont des vertèbres au sternum, se nomment vraies côtes : celles qui n'atteignent pas jusque là se nommtnt fausses côtes , Ces dernières sont toujours postérieures dans les quadrupèdes. Il y en a en avant et en arrière dans les oiseaux et dans certains reptiles. Cette distinction cesse d'avoir lieu dans les animaux où il n'y a point de sternum. Il faudrait établir des dénominations particulières pour les côtes qui tiennent au sternum sans aller jusqu'aux vertèbres^ comme le crocodile nous en offre ^ ou pour celles qui viennent des vertèbres et s'unissent en avant à la côte correspondante, sans que les sternum existe entre elles, comme on en voit dans le caméléon. La tête est toujours à l'extrémité antérieure de la colonne vertébrale , à celle qui est opposée à la queue. Elle se divise en trois parties, qui peuvent être entre elles dans des proportions différentes, mais qui ne manquent jamais : cesontlecrâne^ qui contient le cer- veau , et dans les parois duquel sont creusées les cavités . de l'oreille interne et souvent une partie de celle du nez ; la face , qui contient les fosses nasales , clôt les orbites inférieurement , et se termine en bas par la ART. VI. REMARQUES SUR LE SQUELETTE. 169 mâchoire supérieure; enfin la mâchoire inférieure; celle-ci est toujours mobile, même clans le crocodile ^ quoiqu'on ait dit le contraire : la supérieure est immo- bile clans l'homme , les f|uadrupèdes ;, et cjuelques reptiles^ comme les tortues, le crocodile , etc. ; mais elle a des parties plus ou moins mobiles dans les oiseaux, les serpents et les poissons. Les extrémités lorsqu'elles sont complètes, se divi- sent en quatre parties , qui sont , pour celles de devant, Tépaule, le bras, Favant-bras et la main; pour celles de derrière, la hanche, la cuisse^ la jambe et le pied. Cette distinction n'est pas aussi apparente clans les poissons, dont les extrémités ne montrent au dehors que des osselets rayonnes , c'est-à-dire disposés en évenlail; encore pourrait-on trouver fjuelque analogie entre les os qui portent leurs nageoires antérieures uu pectorales, et les divisions des extrémités dans les autres animaux qui en ont. Quant à ceux qui portent leurs nageoires ventrales, ils sont toujours beaucoup plus simples. L'épaule est composée d'une omoplate couchée con- tre le tronc, et d'une clavicule attachée au sternum, qui manque à quelques quadrupèdes et aux cétacés^ comme nous venons de le voir, mais c[ui dans les oiseaux et beaucoup de reptiles, est accompagnée d'un second os , le coracoïdien. L'omoplate ne manque jamais , tant que l'extrémité existe. Le bras n'est jamais formé que par un seul os ; l'avant-bras l'est presque toujours de deux : lors même qu'il n'en a qu'un , on y voit un sillon, ouquelcjue autre vestige de sa composi- tion la plus ordinaire. La main varie pour le nombre des os , mais ceux qui y sont forment toujours un poi- l6o II*" LEÇON. ORGANES DU MOUVEMENT. J gnet ou carpe ^ un corps de main ou métacarpe, et des doigts. Cela a lieu même, dans les oiseaux, dont les doigts sont enveloppés dans une peau recouverte de plumes^ et dans les cétacés, où toute l'extrémité anté- rieure est réduite à une figure de rame ou de nageoire. Les parties du squelette sont généralement disposées d'une manière symétrique ; en sorte que ses deux moitiés sont les contre-épreuves l'une de l'autre. Il n'y a que le genre de poissons notninés pleuroiiectes , cpii comprend les soles, les plies, les turbots^ etc., dans lequel la tête est tellement contournée, que les deux yeux et les deux narines sont du même côté ; mais la symétrie existe dans le reste du squelette. La tête de plusieurs cétacés a aussi quelque défaut de symétrie, quoique un peu moindre. Chaque classe et chaque ordre d'animaux ont des caractères particuliers relatifs à leur squelette : ils con- sistent dans la forme générale du tronc et des extrémi- tés , dans la présence ou l'absence de celles-ci , et dans le nombre et la forme particulière des os qui com-' posent ces différentes parties. Nous exposerons tout cela en détail dans les leçons' suivantes : il convient seulement de remarquer ici que lorsqu'un animal d'une classe a quelque ressem- blance avec ceux d'une autre classe par la forme de ses parties et par l'usage qu'il en fait, cette ressem- c blance n'est qu'extérieure et n'affecte le squelette que dans la proportion , mais non pas dans le nombre ni dans l'arrangement des os .Ainsi, quoique les chauve- souris paraissent avoir des espèces d'ailes, ce sont de véritables mains , dont les doigts sont seulement un peu plus alongés. De même, quoique les dauphins et :1 ART. YI. REMARQUES SUR LE SQUELETTE. l6l les autres cétacés paraissent avoir des nageoires tout d'une pièce ;, on trouve sous la peau tous les os qui composent Textréniité antérieure des autres mammi- fères, raccourcis et rendus presque immobiles. Les ailes des manchots qui ressemblent aussi à des na- geoires d'une seule pièce , contiennent également à l'intérieur les mêmes os que celles des autres oiseaux. Ces faits qui s'étendent à une multitude d'autres parties sont connus depuis les premiers moments où l'on s'est occupé d'anatomie comparée. Ceux qui ont annoncé dans ces derniers temps une doctrine nouvelle sous le titre d'unité de composition , n'ont fait autre chose que de convertir en erreur des propositions vraies, en les généralisant trop. On voit déjà sur le peu que nous venons de dire , et ou verra de plus en plus dans la suite, que toutes ces parties du squelette, dans leurs rapports mutuels et dans leurs proportions et même dans leur nombre, sont admirablement adaptées à la nature de chaque animal^ et qu'elles concourent toutes à en faire ce qu'il est: c'est là, selon nous, la véritable loi qui a présidé à leur disposition. Mais d'autres naturalistes, sur certaines ressemblances qui s'observent en effet entre des parties différentes du même squelette, par exemple, entre les vertèbres , entre l'extrémité anté- rieure et la postérieure, portant encore la générali- sation bien au-delà des faits , ont prétendu établir une loi de répétition que quelques-uns ont poussée jusqu'à soutenir que toutes les parties ne sont que des répéti- tions les unes des autres. Ainsi, l'un d'eux a commencé par voir dans le crâne, que l'on se représentait comme com|;osé de trois vertè- I. 11 l62 II* LEÇON. 0RGANE5 DU MOUVEMENT. bres, une répétition de l'épine du dos, et dans la face une répétition du tronc, où le nez représenterait la poitrine j la bouche, le ventre^ et les deux mâchoires, les bras et les jambes. Un second, allant plus loin, a considéré l'hyoïde comme une troisième paire d'extrémités, et il a fallu retrouver dans la face les trois paires, ce qui, au moyen d'un autre arrangement et d'autres dénominations, n'a pas souffert grande difficulté. Il n'y en a pas eu davantage pour un troisième qui^ après avoir regardé les côtes et les rayons des nageoires des poissons comme partie intégrante des vertèbres dont chacune serait composée de neuf pièces, a trouvé dans la tête, la face comprise, assez de pièces pour y disposer sept vertèbres, à la vérité assez disjointes , et impossibles à retrouver même aussi imparfaitement dans beaucoup d'animaux ; celui-là n'y admet point de représentation des extrémités. Un quatrième enfin ne voit que vertèbres partout; non-seulement la tête et le tronc forment une série de vertèbres de trois ordres , savoir : les primaires ( les côtes ou leurs équivalents dans la face), les secon- daires (les parties annulaires et le crâne), et les ter- tiaires (les corps) ; mais les extrémités elles-mêmes sont des suites de vertèbres excentriques ou rayon- nantes ; la vertèbre est tellement de l'essence de l'ani- mal, qu'il commence à y en avoir une, à la vérité non encore percée, dès l'instant où il se forme un animal microscopique , encore globuleux et sans bou- che, un volvox ou une monade; et c'est de la répéti- tion , du groupement de ces vertèbres que résultent les animaux les plus élevés; comme les cristaux et ART. YI. REMARQUES SUR LE SQUELETTE. l63 toutes leurs formes résultent du groupement des molécules (i). Pour nous^ après avoir étudié tous ces systèmes avec l'attention que réclamaient les noms de leurs auteurs, mais après avoir étudié avec plus d'attention encore la nature , il nous a été démontré jusqu'à l'évi- dence, que l'on n'y est arrivé que par des abstractions tout-à-fait arbitraires et presque toujours incomplètes dans leurs éléments, et par conséquent inexactes dans leur expression ; que même en beaucoup de cas on ne s'est fait illusion à soi-même que par des emplois de mots dans des acceptions non-seulement détournées, mais prises alternativement dans un sens ou dans un autre j permis sans doute à qui le voudra de cbanger la dénomination d'os, ou même celle d'enveloppe dans son sens le plus général , en celle de vertèbre ; permis de restreindre celle-ci à tel ou tel assemblage de pièces osseuses que l'on aura voulu choisir ,* mais alors qu'aura-t-on gagné à dire que la tête ou le bras sont des composés de vertèbres, rien du tout : puisque l'on n'entendra plus ce mot dans son sens primitif, et qu'il faudra s'en faire, pour chaque système, une définition nouvelle. On étend tellement cette définition, qu'elle ne laissera plus dans l'esprit qu'une idée vague et incomplète. Il est même évident que l'on aura beau- coup perdu, si, comme nous verrons qu*ii n'est arrivé que trop souvent^ pour éviter ou cacher les exceptions à ces propositions , on se dissimule une partie des faits ^ (i) Ce système a beaucoup d'analogie avec celui de M. Dngès qui pense que les animaux se composent d'éléments simples qu'il nommez oonites, et dont la fusion ou la coaction plus ou moins complète déterminerait le plus ou moins de peri'eclion de Tanimal. lié l6/i if LUCON. ORGANES DU MOUVEMENT. mais admettons même qu'il n'y ait point d'erreur de ce genre , qu'aura-t-on encore gagné à faire abstraction des différences des choses, quand il ne résulte de cette abstraction aucune propriété générale , aucune loi générale pour les choses qu'elle réunit et confond ? bien loin d'avancer la science, c'est la faire reculer; car plus les sciences sont voisines de leur naissance , plus elles s'en tiennent aux idées générales; comme les enfants, elles n'ont alors que des genres et non des espèces. C'est de plus fermer les yeux, dans l'étude des êtres, sur ce qui en fait le plus grand charme, en même temps que c'en est la seule véritable base ; ces admi- rables coïncidences, toutes ces concordances si com- pliquées et si parfaites , qui donnent à chacun ses conditions d'existence et de durée. On a prétendu donner par privilège à ces systèmes le titre de philosophiques, ou d'autres épithètes encore plus élevées, mais nous qui ne reconnaissons de véri- table philosophie que dans la vérité, nous n'avons pu que regretter amèrement de voir tant d'efforts d'esprit employés pour ramener l'anatomie à peu près à l'état où était la géologie avant que les Pallas , les de Saussure et les Werner l'aient retirée de ses langes, et lorsque chacun imaginait des hypothèses pour rendre compte de faits qu'il ne s'était pas donné la peine de constater dans leur généralité. m" LECOîy. DES os ET DES MUSGL. DU TR05C. l65 TROISIÈME! X.SÇON. DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC. Nous commençons à entrer dans le détail des organes du mouvement des animaux vertébrés, et nous décri- vons d'abord la partie fondamentale de leur corps, celle qui est souvent seulé^ car les extrémités, ainsi que nous l'avons vu , manquent à beaucoup de genres de cet arrondissement. Cette partie fondamentale se compose du tronc et de la tête, que dans ce chapitre nous ne considérerons encore que comme une masse plus ou moins volumi- neuse, portée ou suspendue à l'extrémité antérieure du tronc; nous réservant de la considérer ailleurs, comme le noble réceptacle des principaux organes des sens, et sur-tout de l'encéphale, centre commun des sensa- tions et instrument des facultés volitives et intellec- tuelles. Nous serons aussi obligé de prendre quelque connaissance du bassin, comme donnant attache, dans beaucoup d'animaux^ à plusieurs des muscles qui agis- sent sur le tronc , et non encore comme faisant partie de l'extrémité postérieure. Cependant notre objet principal consistera dans les os propres du tronc, c'est-à-dire, les vertèbres ou les os de l'épine qui est l'axe de tout le corps , et les côtes et le sternum qui forment Tentourage du thorax. / l66 m' LEÇON. DES os ET DES MUSCL. DU TRO^sC. ARTICLE I". DL'S VERTÈBRES OU OS DE l'ÉPINE EN GÉNÉRAL. On nomme épi?ie du dos cette suite d'os qui con- tiennent dans leur canal Taxe médullaire. On nomme ces os vertèbres y de vevlere tourner: leur série se con- tinue en avant avec le crâne ^ cavité qui, sous quelques rapports peut n'être considérée que comme une dila- tation de l'épine ; mais dilatation autrement entoarée ; en arrière cette même série se continue souvent en une prolongation appelée coccyx ou queue , dans laquelle l'axe médullaire ne s'étend pas toujours : les vertèbres qui la composent s'appellent caudales ou coccygïejines ; lorsqu'il y a un bassin attaché à l'épine et faisant la première partie de l'extrémité postérieure, il est rare que les vertèbres auxquelles il s'attache ne s'unissent pas plus fixement entre elles, leur réunion prend le nom d'os sacrum^ et les vertèbres ainsi fixées se nomment vertèbres sacrées. Quant aux vertèbres de l'épine proprement dites , celles qui portent des côtes se nomment vertèbres dorsales ; celles qui se trouvent entre la tête et les dorsales et qui n'ont point de côtes, formant le cou^ se nomment vertèbres cervi- cales y celles qui sont entre les côtes et le sacrum, mais qui n'ont pas de côtes, se nomment lombaires. Mais ces distinctions n'existent pas toujours, ou bien il y a , soit au cou , soit aux lombes , des rudiments de côtes qui les effacent en partie. Toute vertèbre a un corps situé du côté ventral ou intérieur et une partie annulaire située du côté dorsal. DES OS DE l'Épine. 167 Les corps s'articulent de diverses manières pour former Taxe principal de la charpente et des mouvements du corps. Les parties annulaires protègent le canal que parcourt le principal tronc nerveux, la moelle de Té- pine^ et laissent passer dans leur intervalle les paires de nerfs qui partent de cette moelle. Une vertèbre parfaite offre à sa partie annulaire, i» une proéminence impaire du côté du dos appelée apo- physe épineuse, 20 une proéminence latérale de cha- que côté , ncmmée apophyse transverse, 3° et 4° une proéminence antérieure et une postérieure de chaque côté dites apophyses articulaires. Souvent il y a aussi une apophyse épineuse inférieure sous le corps ^ et même dans la queue des poissons, cette apophyse infé- rieure a souvent à sa naissance une partie annulaire, en sorte que ces sortes de vertèbres ont de doubles an- neaux. Dans la queue des autres animaux , l'anneau inférieur est remplacé par un os distinct ployé en che- vron. Il s'en faut bien cependant que toutes les ver- tèbres aient les différentes proéminences que nous ve- nons d'indiquer. Les apophyses inférieures existent rarement; les articulaires manquentsouventj les trans- verses manquent quelquefois : ce sont les épineuses dont l'absence est la plus rare. Il y a une certaine époque de la vie du fœtus , où la vertèbre comme tous les autres os , a déjà en cartilage à peu près les formes qu'elle doit conserver après son ossification, et c'est par le dépôt des molécules de phos- phate calcaire dans la substance de son cartilage qu'elle se change en os. Les noyaux de son ossification ne sont pas les mêmes dans tous les animaux. On a écrit qu'en qualité d'os pair, son corps se for- l68 Ilf LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. mait par deux noyaux, un à droite, l'autre à gauche; c'est ce que nous n'avons jamais pu observer. Il y a bien à la face ventrale de la plupart des vertèbres deux trous pour les artères qui y pénètrent ; mais dans l'homme et dans les mammifères, à quelque époque que nous les ayons examinées, nous en avons toujours trouvé le corps uniformément occupé par des grains ou des lamelles osseuses qui ne se divisaient point en deux corps. Cette division serait même impossible dans les poissons cartilagineux où l'ossification du corps de la vertèbre se fait tantôt par des rayons qui vont du centre à la circonférence, tantôt par des lames cylindriques et concentriques séparées par des lames semblables , mais gélatineuses : mais dans la plupart des mammifè- res il se forme avec Tâge à chacune des faces par les- quelles les vertèbres se joignent, une plaque épiphysaire qui demeure plus ou moins long-temps un os particu- lier; c'est fort gratuitement qu'on a considéré ces pla- ques inter-vertébrales comme des vertèbres avortées. La i'' cervicale a de plus un nojau qui devient son apo- physe odontoïde. Les deux côtés de la partie annulaire forment deux autres noyaux qui paraissent avant celui du corps, et c'est d'eux que partent, de chaque côté, pophyse transverse et les deux articulaires du même l'a côté. Ces noyaux latéraux s'unissent en dessus avant de se joindre au corps. Dans l'homme c'est de leur réunion que s'élève l'apophyse épineuse qui n'en est qu'une prolongation montant dans le cartilage sans avoir son noyau propre ; cette production ne devient osseuse qu'après la naissance : mais dans certains qua- drupèdes , l'apophyse épineuse a un os particulier qui ne se joint aux deux latéraux qu'avec le temps; on le ART. 1". DES OS DE L ÉPINE. l6i) voit dès le foetus. Il y en a même où Tossliication de cette apophyse se fait par plusieurs noyaux différents qui naissent dans le cartilage préexistant^ en avant ou au- dessus les uns des autres,- nous en avons des exemples dans le cochon et le veau. Dans certains quadrupèdes^ les apophyses transver- ses de quelques vertèbres ^ notamment des lombaires^ ont aussi dans le fœtus leur noyau à part ; dans pres- que tous , il y a un âge où les sommets des apophy- ses épineuses et même ceux des transverses et des ar- ticulaires ont leur épiphyse. Ce n'est guère avant trente ans que les vertèbres de l'homme sont toutes achevées : on comprend que l'é- poque est différente pour chaque espèce ; elle l'est même dans chaque espèce pour les différentes parties de l'épine. Il résulte de ces observations que dans une ver- tèbre dorsale de mammifère , il y a au moins quatorze os primitifs, le corps, les deux plaques épiphysaires de ses extrémités ^ les deux moitiés de sa partie annulaire, son apophyse épineuse, les épiphyses de ses huit apo- physes ; dans plusieurs de ces animaux l'apophyse épineuse elle-même est formée d'abord de 2, 3, 4 et jusqu'à à noyaux distincts; le maximum des pièces irait donc à près de vingt, et cela sans compter les côtes que l'on a voulu considérer comme faisant partie de la vertèbre, et comme répondant à l'anneau et à l'apophyse épineuse inférieure des vertèbres caudales. On voit combien étaient loin de compte ces préten- dues énumérations dont on avait voulu faire le type général du système vertébral. Au reste, notre énuméra- tion, pas plus que les autres, n'a rien de [,'énéral , et il 170 m'' LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. coup de veriëbres plus simples dans leur composition que celle que nous venons d'analyser. ,«' ARTICLE IL I DU NOMBRE ET DES FORMES DES OS DE L ÉPINE DANS LES DIFFÉRENTS ANIMAUX. A. Dans Vhomme, L'épine de l'homme a les cinq sortes de vertèbres et est divisée par conséquent en cinq régions, savoir: celle de la queue ou coccjglenne ; celle du bassin, sacrée ou p chienne 'y cû\e àes lombes, oulonihaire, celle du dos, ou dorsale, et enfin celle du cou , cemcale ou traché" llenne. La région coccygienne a très peu d'étendue; elle est composée de trois ou quatre petits corps sans partie annulaire, articulés les uns avec les autres et suspendus à la pointe du sacrum, avec lequel la première pièce se soude souvent. La région pelvienne est composée de cinq vertè- bres qui se soudent avec Fâge et ne forment qu'un seul os, qu'on nomme le sacrum. Il est parabolique, plat et mince en bas, concave en avant, convexe en arrière. Il s'articule en haut avec le corps de la dernière vertè- bre des lombes par une facette ovale, coupée oblique- ment de devant en arrière, et forme avec les lombes un angle saillant en avant, plus aigu dans la femme. Deux autres facettes dirigées en arrière , servent à sa jonction avec les os des îles. Cet os est percé de quatre ART. II. DES OS DE L ÉPINE. I7I paires de trous pour la sortie des nerfs- On aperçoit en arrière des éminences qui correspondent à toutes les apophyses des vertèbres qui ont formé cet os dans le jeune âge. Les apophyses épineuses, sur-tout^ sont très distinctes: les deux dernières sont fourchues. Chacune des vertèbres qui le composent est elle-même subdivi- sée , d'abord en corps et en parties latérales ; et même dans les trois supérieures les apophyses transverses sont séparées de la partie annulaire, en sorte qu'elles ont chacune cinq pièces ; les deux suivantes n'en ont que trois. C'est vingt-une pièces en tout pour le sacrum du fœtus. Il y a cinq vertèbres aux lombes : Leur corps est plus large que haut^ leurs apophyses épineuses sont horizontales^ comprimées, et comme tronquées à leur pointe. Leurs apophyses articulaires supérieures ont leur facette tournée en dedans^ les inférieures l'ont en dehors : en arrière et en dehors des supérieures est une saillie arrondie : enfin les apophyses transverses sont longues, dirigées directement sur les côtés, les supé- rieures sont aplaties d'avant en arrière , les inférieures un peu plus rondes. Les vertèbres dorsaleS;, au nombre de douze, vont en diminuant de grosseur depuis la dernière jusqu'à la quatrième ou cinquième, et ensuite en augmentant jusqu'à la première. Leur corps est semblable à celui des vertèbres lombaires. Leurs apophyses épineuses sont plus longues, en prisme triangulaire, et dirigées obliquement en bas ; les trois supérieures sont moins inclinées et presque horizontales. Les articulaires su- périeures ont leur facette dirigée obliquement en ar- rière, et les inférieures en avant; les tubercules qui 172 m' LEÇON. DES OS ET DES MUSGL. DU TRONC. sont cil dehors des facettes articulaires supérieures s'alon^fyent et prennent le nom à^apophjses transver- ses, lis ont en avant, c'est-à-dire à la face ventrale , une facette contre laquelle appuie le tubercule de la côle correspondante. Ces facettes regardent oblique- ment en bas dans les vertèbres supérieures, et en haut dans les inférieures. Il y a, de plus, sur le bord latéral de chaque articulation du corps des vertèbres un petit enfoncement commun aux deux vertèbres, dans lequel est reçue la tête de la côte dont le tubercule tient à Tapophyse transverse de la postérieure des deux. Toutes ces vertèbres lombaires et dorsales n'ont dans le fœtus que trois noyaux , le corps et les deux demi-anneaux, dent l'union se prolonge en apophyse épineuse j il s'y joint plus tard les plaques épiphysaires des corps et les épiphyses des extrémités des apophyses. Des sept vertèbres cervicales les cinq inférieures sont fort semblables, quoique plus petites, à celles du do?, la septième sur-tout qui a au bord postérieur du corps une facette pour la première cote. La face supérieure de leur corps est échancrés et reçoit l'inférieure de la vertèbre précédente. Le plan de ces faces est incliné en avant j leurs apophyses articulaires, ou plutôt leurs facettes articulaires latérales/ sont disposées comme dans les vertèbres du dos j et il y a entre elles, sur le côté de la vertèbre, un léger renflement qui répond au tubercule appelé apophyse transverse dans les mêmes vertèbres du dos. Ce que dans le cou on nomme apophyses trans- verses, sont des lames dirigées un peu obliquement en avant et en bas, excavées en un demi-canal^ et percées d'un trou pour le passage de Tartère vertébrale. Dans le fœtus, le tour de ce trou n'est encore complété en ART. Il» DES OS DE L ÊPIINE. 1^3 dehors qne par une bande de cartilage, qui, avec l'âge s'ossifie peu à peu : à la septième ce trou est complété par un noyau à part qui est une espèce de vestige de côte, qui en prend même quelquefois le développement (i)^ mais je n'ai point vu de noyau semblable dans les vertèbres supérieures. Les épineuses sont fourchues, excepté les deux plus basses. La seconde vertèbre du cou nommée aocis ou odon- toïde, diffère des autres par son apophyse épineuse qui est beaucoup plus longue et plus haute j par le trou dont est percée son apophyse transverse , qui^ au lieu de la perforer verticalement^ s'y dirige d'une manière transversale., et force ainsi l'artère vertébrale de prendre une direction oblique; par une apophyse pointue por- tant une facette articulaire en devant ^ qui s'éiève de la face supérieure du corps, et forme long-temps, comme nous l'avons dit, un os particulier; enfin, parce que son articiilaîion avec la première vertèbre se fait seulement par deux facettes latérales et aplaties qui correspondent aux apophyses articulaires des au- tres vertèbres. La première vertèbre cervicale, qu'on appelle l'^^/^^^ est un simple anneau qui n'a presque point d'apophyse épineuse, point de corps, mais deux facettes pour l'ar- ticulation avec la seconde, et deux autres qui reçoi- vent les condyles au moyen desquels la tête porte sur elle. Ses apophyses transverses sont très longues et percées d'un trou comme celles des autres cervicales. Dans le fœtus l'atlas ne montre encore c|ue les deux ; moitiés de sa partie annulaire réunies en avant au (i ) Hunauid, Ar.ad. des Se. , 1740 ■> p' SyO- ■f 174 în*" LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. lieu de corps par une bande de cartilage, qui avec Tâge s'ossifie par un, et plus rarement par deux ou même trois noyaux. Si Ton considère Fensemble des protubérances que présente Tépine du dos, ou voit qu'elles y forment cinq séries longitudinales, savoir: une mitoyenne, celle des apophyses épineuses j deux intermédiaires , celles des tubercules placés en dehors des facettes articulaires supérieures (i) à laquelle appartiennent les apophyses transverses des vertèbres dorsales; et deux externes, cel- les des apophyses transverses des vertèbres cervicales des côtes, et des apophyses transverses des vertèbres lombaires. Dans cette série extérieure, les côtes sont en quelque sorte les v^-aies apophyses transverses, mais très alongées , détachées et articulées à articulation mobile. Il faut ajouter que la dernière vertèbre dorsale a en arrière de son tubercule une petite pointe qui re- paraît, mais bien diminuée dans les deux ou trois pre- mières lombaires, entre le tubercule et l'apophyse transverse, et dont nous verrons des analogues très dé- veloppés dans divers quadrupèdes. Ces remarques sont essentielles pour l'étude compa- rative de ces parties dans les autres animaux. Dans l'adulte, la longueur du cou est à peu près moitié de celle du dos et les deux tiers de celle des lombes ; mais ces proportions sont différentes aux dif- férents âges du fœtus. Lorsque Thomme se tient debout, la colonne verté- (i) Supérieures par lapport à la vertèbre à laquelle elles appartiennent 5 mais par rapport à rarliculatioujelles sont externes dans les lombes et iu- fe'rieures dans le reste cîe i'epine. ART. II. DES OS DE l'ÉPINE. 1^5 hrale a quatre courbures. La région du sacrum est con- cave en devant ^ celle des lombes est convexe,- celle du dos est concave ^ et celle du cou est convexe. Les vertèbres de l'homme sont susceptibles de di- vers petits mouvements les unes sur les autres , mais ces mouvements quoique très marqués dans la totalité de l'épine , sont très petits pour chacun des os qui la composent. Chaque vertèbre peut se porter un peu en avant en appuyant sur la partie antérieure de son corps; en arrière, en se fléchissant dans le sens des apophyses épineuses j et enfin de côté en glissant un peu sur les apophyses articulaires. Un grand nombre de ligaments affermissent ces articulations; mais les indiquer pour une des vertèbres , c'est à peu près les faire connaître pour la totalité. Le corps de chacune des vertèbres est revêtu , tant en dessus qu'en dessous , d'une substance cartilagi- neuse élastique, dont la solidité diminue graduelle- ment du centre à la circonférence. Les apophyses obli- ques ont aussi chacune leurs capsules articulaires; mais toute la partie antérieure ou ventrale du corps des ver- tèbres est recouverte d'un surtout large de fibres ten- dineuses ou ligamenteuses, très solides, qui s'étendent de la première vertèbre à l'os sacrum. Il y a de même en arrière du corps, dans l'intérieur du canal vertébral, une autre toile tendineuse qid s'étend depuis l'apophyse odontoïde juvSqu'à l'os sacrum. Chacune des apophyses, tant épineuses que transverses, a aussi un petit liga- ment qui l'unit à celle qui la précède ou qui la sui^. La dernière vertèbre lombaire s'unit absolument de la même manière avec l'os sacrum. B. Dans les mammifères. L'épine des mammifères peut différer par le nombre lyG llf LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. des vertèbres , par les proportions respectives du cou, du dos y des lombes^ du sacrum et du coccyx, par la courbure totale et par la forme de chaque vertèbre. lo IVombre des vertèbres des mammifères. Les vertèbres cervicales sont toujours au nombre de sept, excepté àsins le paresseux à trois doigts y qui en a neuf (i) et le lamantin qui n'en a que six. Les autres cétacés dont le cou est excessivement court, et où elles sont très minces en ont souvent deux ou plusieurs de soudées ensemble: par exemple, les deux premières, dans les dauphins q.{. marsouins , les six dernières dans les cachalots ; mais on en voit toujours les parties. Seulement , il y a alors ankjlose. Il arrive aussi quelquefois par accident que d^autres vertèbres s'ankylosent. Nous en avons vu un exemple pour celles du cou de l'hyène ; et c'est probablement un exemple semblable qui avait fait dire à quelques anciens que cet animal n'a qu'un seul os au cou. Quant aux autres vertèbres, leurs divers nombres, dans les différentes espèces , n'ont point de rapport constant avec les familles naturelles , ainsi qu'on peut le voir par la table ci-desso us. Il n'a point de rapport non plus avec la présence ou l'absence des extrémités ou de tout autre organe, puis- que l'on trouve des singes à très longue queue qui ont les mêmes organes que des singes à queue très courte, et puisque les cétacés qui manquent d'extrémités pos- (i) Il paraît qne M. Bell possède des squelettes d'Aï qui n'ont que sept cerviales. Mais d'un autre côte', sur quatre squelettes du cabinet d'anato- mie, trois en ont neuf et le quatrième en a huit , et M. Meckel dit avoir trouve' ce nombre de neuf cervicales sur dix sujets. \\ se peut qu'il y ait plusieurs espèces d'Aï, dont Tune n'aurait que le uombre normal de ver- tèbres rewica/es, tandis que les autres espèces en auraient buit et neuf. ART. II. DES OS DE L EPINE. I77 térieures, ont souvent moins de vertèbres que le pan- golin à longue queue qui possàde quatre extrémités bien formées. Dans les cétacés , il n'y a point de bassin propre- ment dit, mais seulement d^s rudiments suspendus dans les chairs^ et par conséquent il est difficile d'établir une distinction entre les vertèbres des lombes , celles du sacrum et celles de la queue. Il n'y a qu'un très petit nombre de mammifères qui n'aient point de vertèbres de la queue. Telle est la roussette. TABLEAU du nombre des vertèbres dans les mammifères (i). ESPÈCES. VKnii:CBES dorsales. VertLbkes lombaires. Verièeres sacrées. Veut^bres Coccy- giennes. En loin, y compris les 7 cer- vicales , sauf l'Aï qui ena 9> et le La- nianliii G. Homme 12 5 5 4 33 Orang-outang Chimpanze'e. . , 1 Gibbo cendre' ....-,. 1 Siamaug in ^4 1?. i3 4 4 5 5 4 4 4 4 5 5 3 3o 3i 32 (r)[On sera peut-être ctontiéde trouver que plusieurs animaux n'ont pohit sur les tableaux de cette seconde édition, le même nombre de vertèbres que sur ceux de la première, paisqu^il semble que rien ne soit si facile que de compter exactement b;s vertèbres d'un squelette , mais nous ferons re- marquer, qu'outre les erreurs provenant de l'observateur, du copiste et de Timprimeur , certainea d'entre elles venaient de ce qu'alors quelques squelettes étaient incomplets ou mal do'termine's. Ajoutons que, pour les oiseaux, par exemple, les vertèbres sacrées sont tellement soudées entre elles, qu'il est fort difficile de les compter. Aussi, maigre les soins que nous avons mis à la confection de ces tableaux, nous ne nous flattons pas de ny avoir coaimis aucune erreur.] 1. 12 17B lll LI-CON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. ESPECES. T Vertèbbes dorsales. Jl clLci.S» • ^««v • » * o Callitriche Moue Doue Eutelle Cîmepaye < Ouanderou Bonnet chinois Rhésus. . Muimou Magot Papion sphynx Mandrill Diil] Alouatie Coaïta Lagolhryx Sajou brun Saïmiri. ........ Ouistiti Tamarin Marikina Maki-mococo Maki-vari Maki à front blnnc. , . . Autre M?;kî liOri paresseux Lori grcle Galago Tarsier Roussette Molosse (de la Mana) . . NyctinoDie du Se'ne'gal. . Noctilion Pliyîlosiome vampire. . . Pliyllosiome fer de lance. Rhinolophe fer à cheval. Rhinolophe trident. . . . Taphien d'Egypte. , . . Chauve-souris rourin. . . I 2 12 i3 12 1 2 12 12 I I 12 32 l2 13 i3 12 13 i3 ^4 i.i 12 I 2 1 2 12 12 I 2 16 i4 i3 10 i3 i3 i3 12 1 1 1 1 12 1 1 Vertèbbes lombaires. I y n j 6 7 7 7 7 7 7 7 7 6 6 7 5 5 5 G 6 G 7 7 « y 7 8 8 9 7 7 4 6 G 5 4 5 G G 5 5 Vertèbres sacrfcs. 3 o J 3 3 3 3 2 2 3 5 2 3 60 2 G 6 G 4 4 Vertèbres Coccy- gietines. 25 25 à 26 25 23 27 3i 21 21 î8 iS 3 24 5 8 29 5i 01 2G « 26 29 29 25 27 29 8 9 25 I I 9 8 « I I 10 2 10 En tout, j compris les 7 cer- vicales, sauf l'Aï qui en a 9, et le La- mantin C. 54 55 53 52 60 49 49 4G 46 02 53 34 37 5G 58 Go ^Q a 54 56 57 (( 54 5G 59 44 4i 00 o ^9 37 38 3o 37 3 G 38 C) Sacrum tout d'une pièce, uni aux ischions, mais composé évidem- ment de 5 à 6 vertèbres ART. TF. DES 03 DR L l'.rsrN'ri:. 1 yî) ESPECES. Chauve-souris noctule. . . , Oreillard Nyclice'e maroii de Tlûde. Gale'opitlièque He'risson ordinaire Tenrec Tendrac Cladobate Musaraigne commune.. . . Musaraigne d'eau Musaraigne de Pondicliery. Chrysochloredu Cap. . . . Taupe Taupe aveugle Condylure.. . . , Scalope V'EIlTÈBr.ES dorsales. Ours brun. .•.,.. Ours noir d'Ame'riquc. . Ours jongleur. . . , , . Ours blanc Ralon . . Coati . . Blaireau. Glouton Putois. . • Relelte Zorille Vison • . . . . Mouffette Teiagon Loutre Loutre sans ongles.. . . Chien Loup Renard. Chacal Civette Zibeih à queue annelée, Genelle commune.. . , Paradoxurc , 11 1 1 « 1 1 i3 i5 i5 ^4 i4 i3 i5 î9 i3 ^4 i3 12 i4 î4 i5 i4 i4 i4 i5 i5 i4 i4 i5 i4 i5 i5 i4 i5 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 '4 VERTÎiBr.F.S lombaires « 6 6 6 5 7 7 6 6 5 o O G 5 6 6 6 6 G 7 6 5 5 6 G 5 G 5 7 7 7 7 6 7 7 7 VERTÈnRES sacrées. 4 « 2 3 3 3.3 2 5? 5 4 5 6 5 5 6 O 4 4 3 3 3 3 4 3 o 3 J o 3 3 VEnTLDm:s coccy- liln toiil , y compris les 7 cer- vicales , sauf l'Aï qui en a g, et le La- inanlin C. 1 L a 1 1 1 2 12 10 9 25 ï7 ^7 5 1 1 1 1 ^7? 10 9 10 1 1 i3 22 i8 i8 Jf) i5 25 24 12? 20? 22 19 Î9 22 21 20 26 ?9 34 3a (C 37 47 43 4o 54 46 48 48 36 43 42 48 42 39 42 43 4'3 52 48 49 49 45 55 49 55 42 53 52 49 49 52 5i 5o 56 59 G5 19,. l80 tu'' LECOPf. DES os ET DES MLSCL. DU TRONC. *«B ESPECES. Mangouste dn Cap. . . Mangouste de Marias . Mangouste d'Egypte . . Suricatc Protèle Lalande Hyène rayée Hyène lachelée. .... Lion . . . . Tigre Jaguar , . l'anlhèrc. ....... Cou.'^ouar Ocelot Chati Serval Chai ordinaire Guépard Phoque commun. . . . Phoc{ue à croissant. . . Phoc[ue à ventre blanc. Phoque à capnclioa. . . Ours marin Morse Sarigue à oreilles bicolores. Crabier Cayopollin Peramèle à museau pointu. . Phalanger renard Phalanger à iront concave.. Phalanger de Cook . . . . , Phal. volanl à longue queue. Kanguroo rat Kanfîuroo à cou roui^e. . . . Véiitèbres dorsales. Ivanguvoo élégant. Phascolome. Écureuil commun.. . . . . Grand Ecureuil des Indes . Palmiste , . . j5 x4 16 j5 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 19. i3 i5 \''S là ^4 i3 i3 i3 i3 i3 i3 12 12 i3 i3 10 I Q i3 VebtLbris lombaires. 7 5 6 6 6 4 7 7 j / 7 5 5 5 G 6 6 6 6 7 G 6 / 6 6 6 4 6 Vebtèbues sacrées. 3 3 3 3 3 3 3 3 3 o o 3 3 4 4 2 2 3 2 2 2 4 2 2 o VEBTkBr.F.S, cocry- giennes. 29 26 29 20? 22 P i5? 26 25 19 24 22 18? 20? 19 24 25 1 2 i3 i3 p 9 9 2t) 29 3C) 16 3o 28 3i 2S 24 24 24 9 20 o J2 25 Eu tout, y rompris les 7 cet- vieilles , sauf l'Aï qui en a 9 el le La- nianlin C. 59 56 % 5o 5i 46 56 55 19 54 52 48 p 5o 49 53 00 42 43 44 p 38 4o 53 •^7 G6 45 58 56 59 58 5r 52 52 42 54 61 54 I AUr. II. DES os DE L JîPlSU. Si Unau, Tatou noir (l'Azzara, . Tatou encoubcrt. Talon mulet Oiyctcropcdu Cap. Ta:nanoir Tamaudua. i3 ]3 i3 16 24 10 12 1 1 i3 16 17 l82 ni' LEÇON. DI-S 03 ET DES MCSCL. DL TROISC. \-iKacs:3SBBSXBsmsass ESPECES. Fourmilier à 2 doigts. . . Pangolia à queue courte. Pangolin à longue queue. Écliidne épineux Échidné soyeux. Ornitliorinque Éléphant de Indes Éîcpliant d'Afrique. . , . Jlipiiopolame Sanglier Coclion domestique Babiroussa Pécari tajassou Pliacocliaert PJiinocéros des Indes. de Java. . d'Afrique. Daman du Cap Tapir d'Amérique.. des Indes Cheval Ane yjibve Couagga. Chameau à 2 bosses. à I bosse. . î^ama • . Vigogne. Chevrolain. Élan. . Pdiearie. Daim Cerf commun. . . . . Cerf de [Inde, Axis. . Chevreuil d'Europe. Giraffe Gazelle commune. . . Niigau Algazel Chamois 9 39 2-2 56 23 55 23 58 7 49 1 2 47 12 49 17 53 21 56 19 55 ]8 Ô4 i3 o i3 J 4 j 4 1 5 6 O 6 f 4 5 4 6 4 6 4 6 4 6 4 5 4 6 4 6 4 6 4 6 4 '7 18 plusde 1 O I 2 ^4 plus de H 30 I 2 16 4 18 ^4 16 '4 10 47 48 plus de4o 43 42 plus de3^ 4i 42 47- 44 33 48 44 46 44 40 » t ART. II. DES OS DE L EPINE. 83 ESPECES. Antilope à 4 cornes. Chèvre Mouton. . . . . , . Bœuf Buffle Lamantin Dugong; Dauphin ordinaire. Dau])hin tursio. . . Dauphin du Gange. Marsouin commun. Caclialot Baleine du Cap. . . Rorqual du Cap . . Rorqual des Basques VERTÈBr.ES dorsales. i3 i3 i3 i3 i3 ib i8 ^4 i3 12 i3 ^4 i5 i4 VEnTtBRES lombaires 5 6 6 6 6 Vertèbres sacrées. 4 4 4 5 Vkrtkbrus coccy. giennes. i4 i6 i8 i8 Eii tout , y compris les 7 fcr' vieilles , sa u n'Ai qui en a 9, elle La- manlin C. I 3 18 i3 6 1 1 » 9 )> u 1 1 I I » I » I I M 1 piusde 1 5 plusde22 33 3o 24 34 40 20 Go » 43 42 46 49 49 plusde4^ plusdeO J 65 2'' Proportions entre les régions de V épine des niam<=» inifcres, La longueur du cou ne dépend point du nombre des vertèbres cervicales, puisque ce nombre ne change presque point, comme nous l'avons vu. En général, la longueur du cou est telle, que, jointe à celle de la tête , elle égale celle du train de devant, autrement les quadrupèdes n'auraient pu ni paître, ni boire. Dans tous ceux où cette règle a lieu , la gros- seur de la tête est en raison inverse de la longueur du cou ; autrement les muscles n'eussent pu la soulever. Cette règle n'a pas lieu dans les animaux qui portent les objets vers leur bouche au moyen des mains comme les singes, ni dans l'éléphant dont un long cou n'aurait l84 III^ LEÇON. DES OS liT lîES MUSCL. DU TIIOjNC. pu supporter réiiorme letC; et qui supplée aux mains par sa trompe^ ni dans les cétacés qui vivent dans Teau même où ils prennent leur nourriture en nageant après elle. Ces derniers sont, de tous les mammifères, ceux qui ont le cou le plus court. C'est principalement de la longueur des lombes , laquelle tient au nombre des vertèbres qui les compo- sent^ que dépend la taille grêle ou ramassée des ani- maux, ainsi qu'on le voit dans le loris, etc. T JE LE AU de la longueur^ en ni êtres, de la région de r épine dans les mammifères. B P iP 3n ;JS=?ss NOMS. Hotume Orang jeune Pon^o ou Orang adulte. Gibbon brun Guenon paLas. ..... Eiuelle Magot Mandrill S.ijou brun Ouistiti Lori j arosscux , Maki à front blanc. . . . , Ro.issetic , Kîdnolopbc l)ifer Hérisson Gr. Musaraigne musquée. Taupe commune Oursbrnn Blaireau Putois Belette Loutre Loup Renard Civette Genette commune Total . 0,740 0,218 0,672 0,3i8 0,869 1,060 0,454 o,5f)6 0,698 0,438 o,36o 0,772 0,169 0,082 0,221 0,223 0,128 1,228 0,52 1 0,44^ 0,247 1,001 1,200 0,832 I.o3'7 Col. 0,1 10 0,040 Oj I 2 5 0,048 O,0Ô3 0,046 0,067 0,093 y. o 664 0,042 0,025 0,028 0,046 0,040 0,01 1 0,025 o,oao 0,018 0,243 0,09^ o.odS o,o37 0,1 15 0,2l5 0,121 0,164 0,077 Dos. o,3oo 0,1 10 o,3o5 0,1 34 o,io5 0,120 0,145 0,173 0,123 Oj06o 0,090 0.097 o,o65 0,01 5 0,075 0,049 0.o32 0,420 0,107 0,129 0,080 0,245 o,3io 0,169 0,233 0,108 Lombes. 0,160 o,o48 0,127 0,082 0,1 16 o,i35 0,168 0,195 0,044 o,o5i 0,064 0,lOÙ 0,025 0,010 0,042 0,025 0,020 0,243 0,092 0,074 0.046 0,129 0,225 o,i38 0,1 40 0,095 SicnCM, 0,140 0,040 0,090 o,o35 o,o46 o,o34 0,042 o,o55 o,o35 0,01 i> o,o33 05o3; o>o36 050o5 0,018 o»oi7 0»023 O) l52 05044 0;028 O.OIO 05042 o,o5o 0^024 o,o5i 0,024 Q U£ II E . o,o3o 0,020 0,025 0,019 o,55o 0,720 0,032 0,080 0,454 0,092 0,042 0,498 ff o,o4i 6,o5S ' 0,1 I 2 o,o36 0,170 o, 182 o,j53 0,075 0,470 o,45o o,3So 0,450 o,36o AIiT. II. DES OS DE L Ei'IJSE l85 Hyène tachetée Lion Panthère Chat Guépard. . Phoque commun Plioque à ventre blanc. . . Morse Sarigue crabier Cajopollin. . • Marmcse Péramèle à museau pointu. Phalanger renard Phal. vol. à longue queue. Kanguroo rat Kanguroo ^e'ant I, 122 Kanj^uroo élevant Piiascolome Écureuil commun. . , . , Grand Écureuil des Indes. Polaiouche Marmotte. ........ Loir Echymys Houtia Rat Souris Pilori Gerbille des Indes. . . . Hamster Ondatra Rat d'eau Lemming. . . . , , Otomys du Cap. . . Alactfiga He'laïays Oryctère des Dunes. Caslor. Porc épie Lièvre Cochon d'Inde.. . . Agouti. Paca. . . . Mara. . . Chinchilla. Aï.. . . . 2,242 1,528 0,667 1,547 '.945 2,277 0,643 0,426 0,267 0,374 o,685 0,375 0,437 1,856 0,626 0,387 0,3 '25 o,63o 0,202 0,442 0,195 o,3o3 0,542 0,335 0,1 44 0,590 0,336 0,173 0,567 0,243 0,122 o,i35 0,257 0,786 0,430 0,869 0,621 0,481 o,23o 0,458 0,528 0,621 0,324 0,526 0,255 o,3oo 0^179 0,070 70 0,1 0,145 0,270 0,200 0,057 0,021 o,oi3 o,o35 o,o32 o,oi3 0,023 0,168 o,o3o 0,043 0,022 o,o39 o,Gi 2 9,043 0,012 0,028 0,068 0,020 0,008 0,027 0,014 0,017 0,027 o,oi5 0,012 0,009 0,007 o,o3o 0,024 0,054 0,090 o,oG4 0,030 0,068 0,072 o,ro6 0,021 0,222 0,345 0,470 0,296 0,128 o,3oo 0,395 0,8.5 1,035 0,127 0.054 0,089 o,o8S o.i i3 o,o38 0,079 o,36o 03I16 0,1 56 o,o55 0,114 o,o3o 0,106 0,034 0,047 0)i5o 05052 0,019 o,o85 o,o36 0,047 0,077 0,037 0,n35 o,oj5 0,024 0,100 0,059 0,172 0,222 0,126 0,074 0,147 O, i83 0,162 0,067 0,044 0,143 0,435 o,25o 0,1 20 0,287 0,1 3o 0,355 0,490 0,090 0,042 Oio3i 0,080 0,095 u,o35 0,067 o,258 0,093 o,o57 o,o54 0,081 o,oo3 0,094 0.026 o,o46 0,090 0,043 0,017 0,070 o,o4o 0,087 0,065 o,o35 0,028 0,022 0,024 0,1 18 o,o53 0,094 0,1 14 o,r47 0,064 0,122 0,1 28 o, 162 0,062 0,072 ^5,079 0,092 o,o63 0,024 0,060 0,074 o,i55 0,212 0,024 0,012 0,009 0,028 0,025 0,014 0,017 0,070 0,022 o,o83 0,017 0,026 0,010 0,029 0,009 0,017 0,080 0,026 O'OIO 0,042 0,017 0,020 0,039 0,017 0,007 0,012 0,012 o,o33 0,027 0,077 0.077 o,o44 o,o3o o,o54 0,081 0,064 0,019 O5O97 o>3oo 0,955 0,740 0,3x5 0.730 0,182 o,35o 0,340 0,^4 (j 0.297 0,175 0,145 0,420 0,275 0,25l 1,000 o,365 0,048 0,177 0,420 0,1x7 0,170 0,114 0,175 0,254 0,194 0,090 0,366 0,229 0,o52 0,309 o,i39 0,040 0,067 0,180 o,5o5 0,067 0,472 c,ii8 0,120 0,026 0,067 0,064 0,107 0,1 55 0,091 / l86 m' LECOîî. DES os ET DES MUSCL. DU TRONC • NOMS. Unau Tatou noir d'azzara. . . . Oryctérope du Cap Tamanoir Tamandua Fourmilier à deux doi{}ls. . Pangolin à queue courte. . Pangolin à longue queue. . Échidné épineux Ornilhorinque Éléphant des Indes. . . • Hippopotame .Sanglier, Babiroussa , Pécari Rhinocéros des Indes. . — de Sumatra. Daman Tapir d'Amérique . . Cheval Ane Chameau à une bosse,. . . Lama Chevrotain , Elan , . . • Cerf commun Chevreuil Giraffe Chamois Canna ( ant : orcas ) . . . Pygme Chèvre. . , Breuf. Lamantin . Dauplûn turio Marsouin Cachalot Baleine du Cap Rorqual du Cap TOTAI,. o,558 o.3i 3 1,265 1,555 0,761 0,32Cî 0.915 0,869 o,3i4 0,261 3,807 2,832 I,2l3 i,oi5 » 3,012 1,786 0,4» 2 1,735 2,670 1,640 Cou. 2,935 1,492 0,373 1,731 o'o65 4,3^5 0,820 2,565 o,56i 1,328 2*620 i,95o 1,981 1,545 •12,790 10,415 6,956 0,062 0,048 0,1 16 0,221 0,068 0,016 0,073 o,o33 o,o55 0,037 0,424 0,532 0,192 0,1 55 0,l32 o,55o o,36o 0,067 o,3o5 0,720 o,45o 0,985 o,53o 0,002 o,4oo 0,480 0,612 1,685 0,210 0,612 0,107 0,287 o,38o 0,1 10 0,076 0,020 9,110 o,3o5 0,406 Dos. 0,325 0,090 0,253 0,3 88 o'i8i 0,068 0,186 o. 100 0,117 0,088 1.400 i,o55 0.371 0,3 12 0,278 1,340 0.935 o, 160 0,750 0,865 o.63o O5825 o,4oo 0,1 II 0,555 o,532 0,730 0,955 o . 2 J 7 3o Lombes. O 'y 0,172 0,362 0,782 0,890 0,475 0,760 0,420 2,85o 1,980 o,o65 0,068 0,202 o,o53 0,042 0,010 0,091 0,062 0,029 0,019 0,228 0,370 0,193 0,178 0,I25 0,207 0,145 0,086 0,170 o,33o 0,195 0,470 0,272 0,078 o,3i8 0,248 0,4 1 5 o,33o 0,166 o,4i5 o,ii4 o,3o5 o_,4o6 » » )) )) » Sacbcm. 0,074 0,092 0,139 0,I23 0,070 0,028 o.o65 0^024 0,039 0,01 8 o,33o o,4o5 0,1 35 0,1 15 0,082 0,255 0,1 16 O;004 o,23o o,2o5 0,200 0,170 0,090 0,042 o,i58 o. 1 59 0,268 0,225 0,067 0,258 0,054 0,1^4 0,262 )> )) i) )) M )) QnEUE. 0,o32 o,3i5 0,575 0,770 0,400 0,200 o,5oo o,65o 0,074 0,100 1,425 0,470 0,322 0,255 » 0;66o 0,260 0,045 O,2o0 0,560 0,265 0,485 0,200 o,oSo o,3oo o,3i5 o,55o 0,950 o,i3o o,5iJo 0,1 14 o,23o o,85o 0,950 1,1 3o o,7G5 3,270 7,260 4,570 sas? ART. II. DES OS DE l'ÉPIJNE. 187 30 Forme des diverses vertèbres dans les mam^ miferes. a Vertèbres du cou. l<» J] atlas. L'atlas et Taxis étant en rapport immédiat avec .la tête et donnant attache à ses petits muscles ^ ont dû donner des caractères pîos marqués et plus relanfs aux familles naturelles, elles-mêmes si souvent hier carac- térisées dans les têtes. Il y a néanmoins des exceptions , mais dont la raison est généralement facile à déduire de la nature particulière de ranimai. C'est principalement dans la hauteur de l'os , dans la grandeur et la configuration des apophyses trans- verses et dans la manière dont elles sont percées que consistent les différences des atlas. Il n'est peut-être pas un genre que Ton ne puisse distinguer par là aussi bien que par toute autre partie du squelette. [L'atlas des quadrumanes est à peu près semblable au nôtre ; ses apophyses transverses sont également coniques ; mais dans presque tous les autres quadru- pèdes 5 ces apophyses sont aplaties en lames horizon- tales. C'est dans les carnivores qu'elles ont le plus de dé- veloppement ; elles y forment comme deux larges ailes coupées obliquement; en sorte qu'elles se dirigent un peu en arrière. L'hyène est l'animal qui les a les plus grandes ; elles prennent dans la largeur totale de l'os plus des deux tiers ; chacune d'elles est en outre aussi large que longue. Elles sont un peu moinslarges et moins obliqu??s dans les chats ; elles sont encore assez pro- l88 IJl' LEÇON. DES OS ET DES MUbCL. DU TRONC. noncées dans les rongeurs : mais dans les édentés et les ruminants, elles n'ont guère en largeur que le tiers de leur longueur. Entre eux, les ruminants diffèrent par la largeur proportionnelle de leur atlas. Dans le bœuf, les ailes sont plus larges, et s'élargissent sur tout en arrière, où elles font une pointe. Dans les cerfs elles s'étendent peu en largeur et sont coupées carrément. .Dans plusieurs genres, le canal artériel de l'atlas est divisé en trois portions ; la première traverse le bord postérieur de l'apophyse transverse (inf^e. de l'homme (i) ), et débouche à sa face inférieure; la seconde tra- verse le bord antérieur de cette apophyse de bas en haut, et la troisième perce l'arc supérieur pour entrer dans le canal vertébral. Quelquefois, ces trois por- tions ont six ouvertures distinctes j mais quelquefois aussi, la seconde et la troisième, ou la quatrième et la cinquième de ces ouvertures se rapprochent tellement qu'elles ne forment plus qu'une fosse commune j alors il semble n'y en avoir que quatre. Dans rhomme, la première portion de ce canal existe seule à l'état osseux ; mais dans les singes , quoique l'apophyse transverse soit peu aplatie, on les retrouve déjà toutes trois : il en est de même dans les chéiroptères, les insectivores, les ours, les blaireaux, les hyènes_5 le plus grand nombre des rongeurs, les tatous, (i) Nous devons remarquer ici, que le tronc de tous les animaux a;^nt «ne posiLion liorizonlale, c'est dans cette position que nous de'crirons la tête et les vertèbres : ainsi ce qui e'tait supérieur et inférieur cliez Tliomme devient antérieur et postérieur chez les animaux, et ce qui e'tait anle'rieur et postérieur chez le premier, devient supérieur et infe'rieur chez les der- niers ; les membres e'tant verticaux chez l'un comme chez les autres il n'y a point de changement à opc'rer dans les positions respectives de leurs faces. ART. II. DES os DE L KPINE. 189 lesfourmiîiers, les chevaux, les cochons etleschameaux. Dans les coatis, les ratons, le plus p^rand nombre des petits carnassiers, les chiens, les chats, les pho- ques, les phascolomes, les lièvres, Faï, Toryctérope^ Téléphant, le tapir, on ne trouve que la première et la troisième portion de ce canal; Tartëre au lieu de tra- verser l'apophyse transverse, tourne autour de son bord antérieur, quelquefois dans une échancrure. Dans d'autres animaux l'artère ne traverse pas le bord postérieur de l'apophyse transverse, mais passe en dessous et ne la traverse qu'à son extrémité anté- rieure; alors on ne trouve que la deuxième et la troi- sième portion du canal artériel. De ce nombre sont l'unau , l'echydné, l'hipopotame et les ruminants, moins les chameaux. Le midaus, les didelphes, les kanguroos, les rhi- nocéros, l'aï, les baleines, n'ont que la troisième por- tion de ce canal, alors Fartère ne traverse point du tout Fapophyse transverse , elle passe dessous et con- tourne son bord antérieur. Enfin Fornithorinque , le lamantin, le du^ouQ , les dauphins, le cachalot, n'ont aucun trou à leur atlas pour l'artère vertébrale. Nous remarquerons encore que quelquefois l'entrée delà première portion du canal ne se trouve pas au bord postérieur de Fapophyse transverse, mais à sa face supérieure, alors cette portion qui est ordinairement la plus long^ue, se trouve être beaucoup raccourcie. Cette disposition se rencontre dans les chiens, les che- vaux et les chameaux. L'arc supérieur de l'atlas des mammifères ne porte point d'apophyse épineuse, quelquefois cependant igO nt LEÇON. DES os ET DES MUSCL. DU TIlOlNC. on y rencontre une petite pointe^ mais l'arc inférieur se trouve être terminé, dans les lapins^ par une apo- physe médiane dirigée en arrière, et dans quelques chauve- souris, ainsi que dans i'ornithorinque, par deux apophyses également dirigées en arrière qui font entre elles un angle de 4^ degrés environ. M. Meckel pense que dans ce dernier animal, ce sont les racines inférieures de Tapophyse transverse ; mais elles nous paraissent venir plutôt de la partie moyenne du corps de la vertèbre. L'atlas se fait encore remarquer par ses facettes arti- culaires, dont les antérieures sont creusées en deux cavités, pour recevoir les condyles de l'occipital, et dont les postérieures forment le plus souvent aussi une cavité moins profonde qui reçoit les facettes con- dyloïdiennes de l'axis. ] Une particularité digne de remarque y c'est que l'éléphant a l'atlas singulièrement semblable à celui des singes, si ce n'est que son arc supérieur est bien plus épais, et ([ue l'apophyse tranverse est plus obtuse. 2° JJaXLS. [ Outre l'a pophyse antérieure et prolongée du corps de l'axis appelée odontoïde, autour de laquelle tourne l'arc inférieur de l'atlas et qui caractérise cette ver- tèbre , elle se distingue encore généralement des autres vertèbres du cou par une apophyse épineuse plus haute. Dans l'homme, cette apophyse est fourchue infé- rieur ement, disposition qui ne se retrouve pas dans les singes où il n'y a qu'une simple épine. Dans pres- que tous les autres mammifères, l'apophyse épineuse de l'axis forme une lame verticale^ haute, prolongée, ART. JI. DES OS DE L EPllME. IQÎ soit en avant au-dessus de Fatias, soit en arrière au- dessus de ia troisième et même de la quatrième vertè»^ bre^, et quelquefois dans les deux sens chez le même animal. On trouve un exemple de cette dernière struc- ture dans Fours , dont le prolongement postérieur est aplati horizontalement et forme une sorte de plafond sous lequel se trouve la troisième vertèbre ; dans le ta- manoir et le tamandua, le prolongement antérieur re- pose sur Farc supérieur de Fatlas. Cette apophyse est presque nulle dans les chameaux^ la girafe et les baleines^ et peu prononcée dans les rhinocéros^ les chevaux et l'hippopotame, mais elle est beaucoup plus saillante dans les autres ruminants et dans les cochons et les tapirs. L'apophyse transverse de l'axis est généralement courte et toujours percée pour le passage de Fartère. Relativement au peu de longeur de cette apophyse, on trouve une exception chez les moilotrèmes, où elle est très large , très alongée et dirigée en arrière , recou- vrant celle de la troisième vertèbre. Dans Fornitho- rinque , cette apophyse forme un os particulier qui ne se soude qu'assez tard au corps de la vertèbre. Les apophyses articulaires antérieures , presque confondues avec le corps de la vertèbre, sont dirigées très obliquement d'avant en arrière, et prennent quel- quefois la forme d'un condyle, excepté dans les rumi- nants, où ces deux apophyses, réunies en dessous, se confondent en un seul plan articulaire , qui se joint et se continue à anp;le droit avec la surface articu* laire , demi -cylindrique ^ de Fapophyse odontoïde : cette apophyse elle-même est creusée d'une large gouttière qui forme en ce point la moitié inférieure du canal vertébral. .Ifj2 m' LEÇON. DES OS ET DÉS MUSCL. DU TIIONC. Quelquefois les apophyses antérieures de l'axis sont un peu moins confondues avec le corps; alors il y a pour ce corps une facette lisse entre les deux facettes circulaires, semi-condyloïdiennes dont nous avons parlé; de sorte que si Ton inclinait en arrière Tapo- physe odontoïde, cette apophyse , la base de Taxis et les apophyses articulaires présenteraient à peu prés l'image du trèfle adopté pour nos cartes à jouer. On en voit un exemple dans le castor, e*^ .1 une manière beaucoup plus marquée dans ^'ornithorinque. ] S'' Les cinq autres cervicales. Dans les singes, elles ne diffèren tguère des nôtres, si ce n'est que leurs apophyses épineuses sont plus fortes et non fourchues , et que leurs corps empiètent plus les uns sur les autres en devant, ce qui sert à mieux soutenir la tête. C'est sur -tout dans le pongo ou orang-outang adulte, que les apophyses épineuses sont excessivement longues, sans doute à cause delà grosseur de sa tête et de la longueur de son museau. Dans les chéiroptères il n'y a point du tout d'apo- physe épineuse à ces vertèbres, excepté à la dernière. Dans les taupes et quelques autres insectivores , elles ne forment également que de simples anneaux entre lesquels il y a beaucoup de jeu ; mais dans la grande musaraigne musquée de l'Inde, ces apophyses sont aussi prononcées que dans beaucoup de carnassiers. [Dans presque tous les autres mammifères, l'apo- physe épineuse , petite à la troisième , va en augmen- tant jusqu'à la scplième; d'abord dirigées en avant , elles se redressent de plus en phis jusqu"^ la dernière m ART. II. DE OS DE L EPIiNE. IQD qui est (pelquefois verticale ou même déjà dirigée eu arrière comme celles des vertèbres dorsales. Dans les sarigues , Taxis et les trois cervicales sui- vantes ont les apophyses épineuses hautes^ grosses et tronquées, qui se touchent et peuvent se souder en- semble. ] En général , dans tous les mammifères , à mesure que le col s'alonge, les apophyses épineuses diminuent: elles sont presque nulles dans les chameaux , la gi- rafe , etc. , sans cela elles auraient empêché le cou de se ployer en arrière. [ L'apophyse transverse , est la partie la plus carac- téristique des cinq dernières cervicales : percée à sa base pour le passage de l'artère, elle semble naître dans l'homme par deux racines ; Tune qui viendrait de la base des apophyses articulaires, et l'autre du corps de la vertèbre : après s'être réunies par une lame qui com- plète le trou artériel, ces deux portions de l'apophyse transverse se séparent de nouveau pour former la gout- tière et les deux tubercules que l'on y remarque. Dans les singes , la disposition est à peu près la même -, seulement la portion inférieure ou trachélienne de la sixième s'aplatit déjà davantage en lame , et la septième n'est plus percée pour le passage de l'artère ; disposition qu'on remarque déjà dans notre squelette de la vénushottentote. Dans les insectivores, les carnassiers, les rongeurs, les édentés, les ruminants et quelques pachydermes, cette portion trachélienne s'étend en une lame longue , large, dirigée un peu en bas, de manière à former une large et profonde gouttière à la face inférieure des ver- tèbres , qui sert à loger les muscles longs du cou et I. 10 194 I"" LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. grand droit antérieur de la tête. Le tubercule supérieur ou transverse de cette apophyse ne se fait guère sentir dans quelques genres, qu'à la cinquième et quelquefois même à la sixième cervicale. A la septième le tubercule supérieur^ considérablement grossi^ existe seul. GetÇe septième n'est d'ailleurs percée pour le passage de l'ar- tère que dans un très petit nombre d'animaux. Nous avons vu qu'elle l'est dans l'homme : je ne trouve la même disposition que dans les marmottes, les lièvres, le porc-épic et dans l'hippopotame. Dans les monotrèmes , les apophyses transverses des moyennes cervicales _, sont , comme celles de l'axis , larges et dirigées en arrière, de manière qu'elles s'im- briquent les unes sur les autres. Dans le dauphin du Gange , les apophyses trans- yc;r^es, à partir de la troisième et en grandissant jusqu'à la sixième, sont également doubles, mais non réunies pour former un canal artériel. Cette diposition se retrouve aussi dans les rorquals, et même dans les baleines, mais en sens contraire relativement à la gran- deur de ces apophyses. C'est l'axis qui porte les plus lonpues ; dans les vertèbres suivantes elles vont toujours en diminuant de manière à n'être plus, d ans la sixième, qu'un tubercule à peine sensible. Le corps des dernières vertèbres cervicales pré- sente quelquefois à la partie moyenne de sa face infé- rieure une crête assez considérable, sur-tout en arrière; elle donne attache aux faisceaux du muscle long du cou et partage la gouttière qui sert à loger ce muscle en deux portions. Quelques genres de digitigrades , les chevaux, et les ruminants , moins les chameaux, ont cette crête très marquée.] ART. II. DES OS DE l'ÉPINE, ig5 La forme des cervicales de réléphaiit rappelle un peu celle des singes ; mais elles sont plus courtes à proportion. [ Parmi les cétacés on sait que les vertèbres cervi- cales des baleines proprement dites sont soudées toutes sept ensemble ; quelquefois même la première dorsale est également soudée aux cervicales. Dans les cacha- lots^ Fatlas est distinct^ et les six autres vertèbres sont soudées. Dans les dauphins ^ l'atlas et l'axis seuls sont réunis , les cinq autres vertèbres restent séparées , mais elles sont extrêmement minces. Enfin ^ dans les rorquals, le dauphin du Gange, le dugong, le la- mantin, elles sont toutes ou presque toutes séparées.] j3. Les vertèbres du dos, [Lescaractères qui distinguent les vertèbres dorsales de toutes les autres , sont d'avoir les apophyses trans- verses courtes, simples, une apophyse épineuse très élevée, et trois facettes de chaque côté pour l'articula- tion des côtes, Tune à l'extrémité de l'apophyse trans- verse, et les autres à la partie antérieure et postérieure du corps de la vertèbre ; encore dans les trois der- nières de ces vertèbres, on ne trouve plus qu'une facette antérieure au corps de la vertèbre, et souvent plus de facette à l'apophyse transverse.] Les apophyses épineuses des vertèbres dorsales de l'homme sont dirigées en bas, de sorte qu'elles saillent très peu sur le plan des apophyses transverses. Les vertèbres dorsales des singes , ne diffèrent pas beaucoup des nôtres, seulement les apophyses épineu- ses s'alonp-ent et se redressent. iÇ)G III^ LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. Dans les autres mammifères , ces apophyses sont cVautant plus longues et plus fortes^ que la tête est plus lourde ou portée sur un plus long cou- il fallait, en effet , qu'elles fournissent au ligament cervical des at- taches proportionnées à Teffort qu'il aurait à supporter. Ainsi , les ruminans et les pachydermes sont les mam- mifères chez lesquels elles sont le plus longues. C'est une erreur de croire qu'elles forment la bosse du chameau, car cette bosse n'est composée que de graisse. Cependant dans ces animaux l'extrémité de ces apo- physes est un peu plus renflée que dans les autres; et dans les dernières dorsales, et les premières lombaires^ cette extrémité est aplatie , et même un peu four- chue. [ Les apophyses épineuses des dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires des sarigues sont, comme celles du cou, tuméfiées , aplaties à leur som- met, se touchant presque l'une l'autre, et se soudant "vraisemblablement quelquefois. Les apophyses épineuses des premières dorsales qui sont les plus longues , excepté dans les cétacés , sont généralement dirigées en arrière ; à mesure qu'elles se raccourcissent elles se redressent , de sorte que l'une des dernières est verticale, et que les autres sont diri- gées en avant j comme celle des lombaires. ] Les chauve-souris n'ont point du tout d'apophyses épineuses ; celles-ci sont remplacées par de très petits tubercules, qui manquent même dans quelques espèces; de sorte que la colonne vertébrale ne présente aucune aspérité en arrière , sauf l'apophyse de la septième cervicale ou delà prennère dorsale dans les roussettes et les vampires; leur canal vertébral est d'un très grand diamètre dans cette région. 4 iUT. II. DES OS DE L ÉPUNE. I97 [Dans les cétacés au contraire, les premières apo- physes épineuses des dorsales sont les plus courtes; elles s'alon(];ent toujours de plus en plus jusqu'à la dernière , qui est la plus longue. Dans les ornithorinques, les apophyses épineuses existent, mais elles sont absolument renversées en ar- rière et imbriquées les unes sur les autres. Les facettes des apophyses articulaires, aplaties ho- rizontalement dans les premières vertèbres dorsales, permettent les mouvements latéraux; mais dans les dernières, comme dans les lombaires, elles deviennent verticales, ou tlu moins inclinées vers la verticale, et ne permettent phis guère que des mouvements dans ce sens. Le chanf>ement se fait en même temps que celui de la direction des épines, et quelquefois, comme dans les petits carnassiers, d'une manière brusque. Cette disposition existe dans tous les mammifères , excepté dans les tatous et les fourmiliers , où il se développe aux dernières dorsales une seconde apophyse articu- laire, que nous examinerons à l'article des vertèbres lombaires. Dans les cétacés, les apophyses articulaires posté- rieures disparaissent après les premières dorsales ; il ne reste plus que les antérieures qui s'effacent bien- tôt à leur tour. Les apophyses transverses des dorsales des cétacés ordinaires diffèrent de celles de tous les autres mammi- fères en ce qu'elles égalent en longueur l'apophyse épi- neuse. Le corps de la première vertèbre dorsale offre quel- quefois une épine inférieure ; on en voit un exemple, non dans les monotrèmes en général^ comme le dit M. Meckcl, mais dans l'ornithorinque. ^ 1(^8 m' LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. On sait que le passage des nerfs spinaux a lieu ordi- nairement par un trou formé de deux échancrures si- tuées à la base des apophyses articulaires des deux ver- tèbres contiguës; mais dans quelques genres, ce pas- sage a lieu par deux trous. Outre réchancrure de la base de Tapophyse postérieure, on trouve un trou percé entre l'apophyse articulaire et Tapophyse transverse qui donne passage à une portion du nerf. C'est ce qui se voit dans les monotrèmes, dans les cochons pour leurs vertèbres cervicales dorsales et lombaires, et dans les chevaux, les tapirs, les bœufs et quelques grands antilopes pour les dernières dorsales et les lombaires, mais non pour les makis, comme le dit M. Meckel. (i)] -;. Les vertèbres lombaires, [Les vertèbres lombaires se font reconnaître à leur volume plus considérable ^ à leur apophyse épineuse droite ou inclinée en avant, et à leurs apophyses Irans- verses larges, aplaties et dirigées généralement d'arrière en avant. Le diamètre transversal de leur corps est ordinairement plus grand que leur diamètre vertical. Comme les apophyses épineuses de ces vertèbres donnent attache aux muscles de la queue, elles sont d'autant plus hautes et plus inclinées en avant, que la queue est plus longue et plus forte. ] Dans les quadrumanes, excepté les orangs et les lo- ris, il y a au côté extérieur de l'apophyse articulaire postérieure des dernières dorsales et des premières (i) Son erreur est venue de ce que, dans des squelettes de notre cabinet, mal pre'paresj il était resté dans l'eclumcrure Irèi-proi'onde des portions de lijameul. ART. ÎI. DES OS DE l'ÉPIISE. ^99 lombaires^ une pointe cliri. 7 7 i 7 j Vertèbbss du sacrum. i3 i3 12 Xi. 12 I 1 12 12 la 12 12 12 12 12 1?» 12 I 2 12 12 12 Vbktèbbb8 de la queue. lO I I 1 I I I 1 I 1 1 II 1 I I I 1 I I I 3 2 9 ]0 10 I I 6 6 7 8 8 8 8 6 8 8 8 8 8 8 7 8 8 8 8 8 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 8 / 7 Total. 4» 4o 4o 4o 4o 4o 42 39 4i 4t 4i 4i 4^ 4i 4r 4o 4o 4o 4o 4o 37 38 38 38 38 38 38 38 38 38 38 39 37 37 3(i 37 T. 14 210 III LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DTJ TRONC. ESPECES. Mésange à lêtc bleue. . . . Proyer Moiueau domestique. . . . Bec croise' Cassique noir (Or. crislatus), Étourneau Corneille Geai Rollier commun Paradis cmeraude Grimpereau d'Europe. . . . Oiseau mouclie fiuppe commune Promerops du Cap Guêpier commun Mariin pécheur à collier. . Calao raonoceros Moyen épeiche Coucou d^Europe Couroucou à ventre jaune. Ani Ramphaslos aracari, . . . Ara rouge. Hocco milou Paon domestique. . . . Lophopliore Cuvier. . . Dindon Pintade Coq Faisan commun Grand coq de bruyère. . Ganga Perdrix rouge Pigeon Autruche del'anc. continent. Nandou ^ Casoar à casque Casoar de la Nouv. Hollande. Grande Outarde OEdicnême ordinaire. . . . Vanneau d'Europe Oiseau trompette. . . » . . Vertèbres du cou. i3 i3 12 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 i3 ] :• 13 ]3 i3 i4 i4 ^4 4 ï4 i3 i4 i4 i4 i4 12 i8 i5 17 i3 i3 i3 16 Veutèbues du dos. y 8 7 7 7 7 7 7 7 n y 7 7 n 4 8 7 J 7 7 8 7 7 7 8 9 9 1 1 10 8 8 9 9 Vebtèbkes VEHTKERr.S du de sacrum. la queue. I I 7 10 7 10 10 7 l(i 8 10 7 10 7 10 7 10 8 10 p 10 6 9 6 9 6 10 7 10 7 12 8 10 7 12 8 10 7 12 j 10 n 12 8 10 8 12 12 6 1 2 7 12 8 1 2 8 10 7 4 i3 16 i5 16 14 ]3 ^4 6 n y G 6 6 7 6 G n y (3 T0TA)L. 38 37 37 37 38 37 37 37 38 36 35 35 37 37 40 37 37 3G 38 37 39 3'7 42 4o 44 42 43 41 42 42 40 42 40 19 9 55 i '9 9 5i i 22 G 54 i ^9 8 54 i 15 5 4' i 4 8 43 1 12 8 42 1 16 7 48 1 ART. II. DES OS DE L EPINK. 211 ESPECES. Grue couronnée ...... Grue commune He'ron . . Cigogne blanche. . . . ; . Ombrette Spatule Ibis du Bengale Bécasse > . • Alouette de mer Chevalier aux pieds verts, . Echasse Avocette Jacana Megapode Râle d'eau Poule d'eau Perdrix de mer Flammant , Vbktèbbes du cou. Grèbe cornu Grand plongeon Grand guillemot Piugouin commun Gorfou sauleur Pe'trel damier Albatros Goéland à manteau noir. . Stercoraire Grande Hirondelle de mer, Bec en ciseau. ....... Pélican , Cormoran. , Fregatte , Fou de Bassan Paille en queue Cigne à bec noir.. . . . . , Oie commune Bernache • . . Macreuse : . Souchet , , . . . Tadorne. . , Canard. . . • Harle ^9 17 17 16 i5 16 ^4 i3 ^4 14 i3 ^4 1 1 17 19 i3 i3 i3 10 i3 12 i3 12 i3 i3 36 t8 13 i5 12 23 17 18 i5 i5 16 i5 i5 Vertèbres du dos. 9 10 7 7 8 7 ■7 9 8 9 8 8 8 n / 10 9 lO 7 Vertèebes du sacrum. 10 10 10 10 9 9 10 9 10 9 9 G 8 9 9 10 1 1 10 9 9 9 9 9 9 i4 i5 i4 14 12 4 i3 14 12 II i3 i5 i3 ï3 i4 VERTÈKUrs de la queue. Total. 6 6 n 7 8 8 8 8 7 6 7 9 9 8 8 48 48 45 43 44 43 46 44 42 4i 42 42 43 45 45 38 46 i5 7 5 7 ^4 9 12 10 i3 8 1 1 8 12 7 12 8 12 8 12 8 12 8 i3 7 î3 8 i3 8 12 9 9 8 16 8 14 8 14 7 16 6 14 7 i4 7 14 7 16 7 5r 45 46 45 4o 4x 4i 42 42 42 42 42 47 43 45 39 58 49 48 46 45 46 m&m 2] 2 IIl' T.ECON. DES OS ET DlîS MUSCL. DU TROîNC D. Dans les reptiles. Les animaux réunis dans la classe des reptiles , par- ce que bien que respirant par des poumons, leur cir- culation n'est pas double ^ et qu'ils ont le sang froid , se conviennent en effet par un grand nombre de rapports dans leurs organes sensitifs, nutritifs et génitaux. Mais leurs organes de mouvement , et par conséquent leur squelette, sont soumis à des diversités plus gran- des que celles que l'on observe dans aucune autre classe du règne animal , puisque quant au tronc seulement, les uns l'ont presque inflexible, comme les tortues, et que d'autres l'ont excessivement prolongé et flexueux, comme les serpens^ puisque le nombre de leurs vertèbres varie de dix à plusieurs centaines j puis- qu'ils peuvent avoir des centaines de côtes ou en man- quer tout-à-fait, etc.; mais au milieu de toutes ces va- riations, on retrouve cependant encore quelques ca- ractères communs, entre autres, celui que la partie annulaire des vertèbres demeure distincte du corps pendant toute la vie. Dans les tortues on compte huit vertèbres au cou, qui , excepté la première et la dernière , sont longues à proportion et très mobiles ; car c'est en repliant son coa en Z que cet animal peut faire rentrer sa tête dans sa carapace. La première ou l'atlas a trois pièces; deux supérieures qui couvrent le canal, donnent en arrière les apophyses articulaires pour l'axis, et concourent avec la troisième, fort petite, à former la fossette où s'ar- ticule le condyle de l'occiput ; fossette percée dans son fond, qui est occupé par un quatrième os analogue de l'odontoïde de l'axis, mais qui dans la matamata, par ÀllT. II. DES OS DE DÉriiXE. 2*3 exemple, se soude à Tatlas; les cervicales suivantes, Taxis compris, sont alongées prismatiques, échancrées en dessus pour se prêter à la courbure dont nous ve- nons de parler. La facette articulaire unit son corps à celui de la vertèbre qui suit, par une facette convexe qui entre dans une cavité glénoïde, et il en est de même des autres; la seconde vertèbre et celles qui viennent ensuite sont carénées en dessous et leur par- tie annulaire a une crête légère. Il n'y a point d'apo- physe épineuse, excepté à la secoude où elle se dirige en avant ^ et quelquefois à la troisième où elle n'est qu'un simple tubercule; la dernière s'articule de ma- nière à former un angle droit avec la face inférieure de la carapace. La première vertèbre dorsale, quoique fixée comme les suivantes, n'a que deux petites cotes qui vont se joindre à celles de la seconde paire. Dans les vertèbres dorsales il faut distinguer : i^les parties annulaires, qui sont des plaques engrenées par suture avec les côtes , et dont la série forme l'axe du bouclier supérieur que l'on nomme carapace; i^ les corps placés à la face in- férieure de ce même bouclier; mais ce qui est remar- quable, les plaques alternent avec les corps et répon- dent à leurs jointures, circonstance que nous retrou- verons dans les cliondroptérygiens: les cotes ou lames latérales-répondent, de chaque côté, aux plaques et par conséquent aux intervalles des corps, à la jonction des- quels elles tiennent en dessous par un pédicule qui se détache de leur face inférieure et qui est leur tête. Il y a dans la série longitudinale de dix à quinze plaques selon les sous-genres; mais iî n'y a que neuf ou dix corps, et ce n'est que pour les corps que les plaques 2lii m'' LEÇON» DES OS ET DES MUSCL. DU TllONC. ont en dessons des lames pour former la partie annu- laire. Il y a des espèces où les corps sont éloignés des plaques et n'y tiennent que par des apophyses dont les intervalles sont membraneux, le corps même a alors un tuyau pour la moelle épiniëre ; cela s'observe sur- tout dans les tortues terrestres très bombées^ la grec- que, lecouï, etc^mais dans les émides mêmes, où le corps tient à la plaque, il est toujours creusé au moins d'un demi-canal. Il y a toujours deux, quelquefois trois vertèbres sacrées qui ont l'os des îles suspendu à leurs apophyses transverses, ou si l'on veut à leurs petites côtes, c'est à elles qu'appartiennent les derniè- l'es plaques de la série longitudinale qui excèdent celles des vertèbres dorsales; la connexion cependant n'a lieu que pour la première sacrée. Le nombre des vertèbres caudales et la grandeur de leurs apophyses varient selon les espèces et n'ont rien de bien important. Le crocodile a. environ soixante vertèbres, dont sept cervicales, douze ou treize dorsales, cinq lombaires, deux sacrées, et quarante et quelques caudales, qui toutes, à compter de l'axis, ont la face postérieure du corps convexe, et l'antérieure concave ; celles du cou qui toutes portent de petites côtes , ou si l'on veut des apophyses transverses distinguées par des sutures à l'atlas et à l'axis; ce sont des lames longues et plates. Aux cinq autres, ce sont des chevrons tenant au corps de la vertèbre par deux pédicules , et dont les angles comprimés horizontalement s'engrènent les uns avec les autres de manière à réduire beaucoup la flexibilité du cou. L'atlas a d'ailleurs quatre pièces, une inférieure, I ART. ÎI. DES OS DE l'ÉIMNE. 2l5 deux latérales, une supérieure; Taxis, trois, le corps, Fannulaire et l'odontoïde ; les suivantes deux, le corps etTannuiaire; mais probablement celle-ci se divise dans les très jeunes embryons. Les cinq dernières cervicales et lesquatrepremières dorsales^ ont une épineinférieure et deux apophyses pour l'articulation delà cote^ la pre- mière à la partie annulaire, est l'apophyse transverse , la seconde tient au corps et représente la branche infé- rieure de cette apophyse dans les mammifères : dans les quatre suivantes cette seconde disparaît, l'apophyse transverse s'alonge , s'élargit et fournit à la côte une facette à son extrémité et une à son bord antérieur : ensuite il n'y a plus d'attache qu'à l'extrémité. Les apophyses épineuses sont courtes et coupées carré- ment. A la queue qui est comprimée , elles alongent pendant que les transverses se raccourcissent et s'effa- cent même sur les deux tiers postérieurs. Il n'y en a que deux auxquelles s'attachent l'os des îles \ en des- sous il y a sous chaque articulation un os en V, ou mieux en Y dont l'apophyse prend un développement proportionné à celui de l'apophyse épineuse supé- rieure. Dans les sauriens ordinaires, l'atlas et Taxis ne pa- raissent point avoir de côtes ; je n^en vois pas même aux deux vertèbres suivantes; ensuite il y en a jusqu'au bas- sin mais qui ne vont pas également au sternum comme nous le dirons bientôt. Toutes ces vertèbres ont la face postérieure du corps transversalement oblongue, con- vexe , l'antérieure concave. Celles du cou, et les premiè- res du dos ont des crêtes en dessous. Leurs apophyses épi- neuses varient beaucoup pour la hauteur ; elles s'élèvent davantage dans les iguanes, dans les galéotes qui ont des 2 l(j III^ LECOJX. DES OS ET J)ES iMLSCL. DU TKONC. épines sur le dos^ et dans le caméléon dont le dos est tranchant. Celles de la qaeue s'alongent encore da- vantage dans les basilics, et les istiures où elles soutien- nent une crête. Il y a toujours des os en Y sous les articulations de celles de la queue ^ dont les apophy- ses transverses sont aussi en rapport avec la grosseur de cette partie. Dans les vrais serpents ^ les vertèbres forment à elles seules presque tout le squelette; elles ont^ à peu de chose près, la même figure depuis la tête jusqu'à la queue; on y distingue très bien un corps ^ des apophy- ses articulaires épineuses et transverses. Les corps s'unissent entre eux par une articulation en genou demi-sphérique , concave en avant et convexe en ar- rière; le plan de la circonférence de la surface articu- laire est oblique d'avant en arrière. [Les apophyses épineuses généralement longues et aplaties s'unissent en arrière à rapo])hyse articulaire par une crête qui la couvre en partie. Les apophyses articulaires sont dou- bles; les unes extérieures , représentent les apophyses articulaires ordinaires à facettes horizontales^ les se- condes intérieures sont situées à la base de l'apo^ physe épineuse. Ces apophyses sont agencées de ma- nière qu'il résulte , comme pour les vertèbres lom- baires de certains édentés, que deux vertèbres sont articulées entre elles par un double tenon entrant dans une double mortaise. La seule différence , c'est que les facettes du tenon et de la mortaise supérieurs sont continues et forment entre elles un angle aigu. Ces facettes , sans comprendre celles du corps , sont également au nombre de douze pour chaque vertèbre ; cet arrangement rend très difucilc l(^s mouvements vei- AUT. II. DES OS DE LJiiriNi:, 2I7 ticaux de l'épine tandis qu'il permet au contraire très bien les mouvements horizontaux. Les véritables apophyses transverses sont généra- lement très courtes et ne se manifestent guère que par un tubercule qui offre deux facettes à l'articulation de la côte. Mais l'apophyse articulaire externe antérieure se prolonge en une pointe assez longue qui en tient lieu. Ces apophyses transverses sont très longues et généra- lement inclinées vers le bas aux vertèbres caudales, elles sont même doubles dans les quatre ou cinq premières. Presque tous les serpents montrent à la face infé- rieure du corps de la vertèbre une ligne saillante qui devient quelquefois une crête, et qui se termine fort souvent en arrière par une épine très saillante, plus ou moins inclinée vers la queue. Dans quelques genres, les crotales , par exemple , cette épine est même plus lon- gue que l'apophyse épineuse supérieure et lorsqu'elle existe à la queue, elle est presque toujours double. La disposition des apophyses articulaires décrites ci-dessus^ n'a pas lieu pour les anguis , ni pour les cécilies; chez ces animaux, elle est semblable à celle des lézards. Dans quelques genres , les amphisbènes , les eryx et les rouleaux , il n'y a presque point de trac e d'apophyses épineuses ni supérieures ni inférieures y mais dans les hydres, les unes et les autres sont extrê- mement longues. hes batraciens offrent entre eux de bien grandes dif- férences relativement au nombre de leurs vertèbres. Ceux qui n'ont point de queue, c'est-à-dire les gre- nouilles, ont généralement neuf vertèbres à corps con- cave en avant et convexe en arrière dans l'état adulte , toutes pourvues^ excepté l'atlas ([ui offre en avant deux facettes poiu' les deux condyles ocipitanx , d'apophyses 2l8 llf LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. 6 transverses très longues, sur-tout les troisième , qua- trième etiieuviëmej c'est à cette dernière^ dont la forme est assez semblable à un fer de hache, et qui est un véri- table sacrvim, que se suspendent les os des îles. A la suite de cette vertèbre il n'y a qu'un os long et comprimé qui s'articule par deux facettes avec elle et qu'on peut con- sidérer comme une seconde vertèbre sacrée , puisqu'il ne dépasse point le bassin; ou comme un coccyx , si l'on veut absolument que des vertèbres sacrées ne puis- sent pas être mobiles les unes sur les autres. Cet os est surmonté d'une crête cartilagineuse dans la base de la- quelle le canal vertébral se termine. Ces vertèbres intermédiairas ont des apophyses épineuses , courtes , et des articulaires presque horizontales. Dans le pipa et le dactylètre, la seconde et la troi- sième vertèbre ont des apophyses transverses si longues qu'elles ressemblent à des côtes , et le sacrum sï large et si évasé que son bord externe a une longueur presque double de la distance de ce bord au corps de l'os. Ces animaux ne portent point de côtes, et le corps de de la vertèbre ne présente ni crête ni épine inférieure. Dans les hrataciens à queue , les uns^ comme les sa- lamandres, ont quatre extrémités et de petites côtes qui se prolongent même au-delà ôax bassin ; les autres , comme les sirènes , n'ont que deux extrémités anté- rieures et très peu de côtes. Les salamandres n'ont pour toute apophyse épineuse qu'un petit tubercule en arrière , entre les apophyses articulaires. Celles-ci sont lances, écartées l'une de Fau^ tre, le corps cylindrique rétréci dans son milieu, a, dans le jeune âge, ses deux faces articulaires creuses comme les poissons : la cavité qui résulte de ces creux ART. 11. DES OS DE l'ÉPINE. 210 est remplie d'une substance plus ou moins solide, qui s'ossifie dans quelques salamandres terrestres, mais de manière à ne se souder qu'à la partie antérieure da corps, en sorte qu'au contraire des autres reptiles, c'est cette partie antérieure qui porte un tubercule saillant, et la postérieure une concavité. Les apophyses transverses, sont dirigées en arrière et divisées par un sillon à chacune de leur face, en sorte que leur extrémité a comme deux tubercules pour porter ceux dans lesquels se divise la base de la petite côte. Cette disposition se remarque sur-tout dans le menobranclius lateraUs. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que la vertèbre sacrée porte une côte plus forte que les autres à laquelle s'articule le bassin. Les trois ou quatre vertèbres qui suivent, portent encore des côtes qui diminuent de plus en plus. Bientôt les apo- physes transverses disparaissent aussi. Dans le reste de la queue, qui en forme les deux tiers, les vertèbres por- tent une apophyse épineuse supérieure assez longue, di- rigée en arrière, et une apophyseépineuse inférieure qui offre la même direction, et qui de plus, est percée à sa base pour le passage de l'artère. Dans les espèces aqua- tiques , ces apophyses sont plus longues et la vertèbre est singulièrement aplatie dans le sens vertical. Les apophyses articulaires de ces vertèbres plates ne sont plus qu'une proéminence antérieure de l'anneau qui va s'articuler à un tubercule de l'arête postérieure de l'apophyse épineuse supérieure. La sirène a des vertèbres distinctes de toutes celles que nous avons vues jusqu'ici ; toutes ses apophyses se prolongent en crêle, de sorte qu'elles semblent en être hérissées. Les corps ont également les faces antérieures 22 m* LKCON. DliS OS J£T DJ^S MUSCL. DU TKOjNC. et postérieures creuses^ leur crête épineuse se bifurque à moitié de la longueur, et ses branches vont se ter- miner sur l'apophyse articulaire postérieure. Ces apo- physes antérieures et postérieures sont elles-mêmes réunies par une crête horizontale. Les apophyses transverses se composent de deux crêtes, qui viennent se réunir postérieurement, Tune supérieure oblique naît ai.^dessous de Tapophyse an- térieure, l'autre inférieure horizontale naît des côtés du corps , en sorte que l'arêre formée par toutes ces crêtes présente à peu près cette figure ^ Une crêterègne également à la face inférieure du corps de la vertèbre. Les huit premières vertèbres portent seules de courtes côtes , les autres en sont absolument dépourvues. Les vertèbres delà queue, extrêmement aplaties dans le sens vertical^ n'offrent plus que des ves- tiges de toutes les apophyses. Dans Vaniphiuma means les vertèbres sont presque en tout semblables à celles de la sirène, l'apophyse épi- neuse se divise seulement un peu plus tard en deux arêtes; il y a encore moins de côtes; je n'en vois que jusqu'à Ja sixième vertèbre. ] TABLE ÀJj du nombre des vertèbres dans les Reptdes. ,^ — .pi — , ^BTHfKSa^ T] Veut. Vekt. Veht. Vert. Vfrt. 1 ESPÈCES. des du delà Total. 1 du cou. du [dos. lombes. sacrum. queue. 1 Tortue franche 9 lO )i 20 42 Trionyx du Ganf^e. . . . 9 10 )) 3 12 34 H Chclidc matama(a. . . . 9 9 )J 2 i8 38 H Torluc des Indes 9 lo » 2 23 4'i 1 ART. II. DES OS DE L EPIINE. 221 ESPÈCES. Crocodile à deux arêtes... Crocodile du Gauge. . . . Caïman à mus. de brocliel. Moiiitor de Java Lézard vert ocelle' Stellioa du Levant, . . . Agame à pierreries. . . . Leiolepis guttatus Lyriocc'phale Dragon Iguane ardoisé Basilic Marbré de la Guyane, . . Anolis princiualis Gecko à bandes Caméléon d'Egypte. . . . SciaqueoceUé Bipes lineatus Bimane canelé Slieltopusick 0[>liisaure ventral. . Orvet Acontias Amphisbène enfume'. Typhlops nasutus.. . Ruban Boa devin Érix turc Pitlion amétliiste. . . Couleuvre à collier. . Serpent à sonnettes.. Trigonocéphale jaune, Vipère commune. . .. Serpent à lanettes. . Uelamys bicolor. . . . Cécilie Batraciens anoures. . Salamandre terrestre. Mcnopoma Ampliiuma means. . Axolott Menobranchiis. . . . Protcus anguinus. . . Sirène lacertine. . . 222 Ilf LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. 5 E. Dans les poissons. Les vertèbres des poissons osseux ont des corps tantôt . cylindriques, tantôt anguleux^, tantôt comprimés, et dont les proportions de longueur, de largeur et de hau teur varient beaucoup; elles ne s'articulent que par leurs corps seulement. Leur partie annulaire a bien des apophyses qui répondent aux articulaires, mais elles se bornent tout au plus à se toucher ou à empiéter légèrement Tune sur Fautre sans avoir de facettes pour s'articuler entre elles ; quelque fois même il y a de ces apophyses à un bout de la vertèbre et pas à l'autre , en sorte qu'elles ne trouveraient pas où s'articuler. Une vertèbre de poisson est très facile à reconnaître par la configuration du corps, qui présente, comme dans quelques batraciens, en devant et en arrière des cavités coniques qui, étant réunies avec de semblables enfoncements du corps de la vertèbre voisine, for- ment, dans toute la longueur de la colonne vertébrale, des cavités de la forme de deux cônes qui se join- draient par leur base. Ces cavités renferment une substance fibreuse souvent abreuvée d'une humeur muqueuse. C'est sur cette partie molle qui remplit les doubles cônes inter-vertébraux, que s'exécutent les mouvements de chacune des vertèbres. Dans le plus grand nombre des poissons, il y a au milieu de chaque vertèbre un trou par lequel les deux pointes de cônes voisins communiquent, et tous en- semble, forment ainsi une sorte de chapelet ; dans plusieurs chondroptérygiens , ces trous s'élargissent et ART. 11. DES OS DE l'ÉPIJNE. 220 n'étranglent plus la substance molle entre chaque double cône ; cette substance prend ainsi, dans tout ou partie de l'épine , Tapparence d'une corde que les corps des vertèbres entourent comme des anneaux. Cela se voit dans une partie de F épine de l'esturgeon , du polyodoQ , de la chimère , et dans toute celle de la lamproye où les corps des vertèbres sont réduits à des anneaux d'une pellicule cartilagineuse très mince. Il faut remarquer aussi que dans ceux des chon- droptérjgiens où les vertèbres sont le mieux dévelop- pées^ il y a fies parties de l'épine où plusieurs vertèbres sont soudées ensemble, ou du moins l'espace où elles devraient être n'est occupé que par un tube d'une seule pièce, percé de chaque côté de plusieurs trous pour autant de naires de nerfs. Les poissons n'ont pas de cou ni de vraies vertèbres cervicales, seulement dans quelques-uns, les cyprins et lessiiures, par exemple, les premières vertèbres ont leurs côtes détournées de l'usage ordinaire. On peut di- viser ces vertèbres en deux classes : les caudales qui ont une partie annulaire et une apophyse épineuse en dessus et en dessous, et les abdominales qui en ont en dessus seulement. La partie annulaire de la pre- mière vertèbre demeure souvent distincte du corps, les autres s'y soudent de très bonne heure dans les poissons osseux, quoique dans plusieurs en les prenant jeunes on puisselesdétacher, et qu'elless'y divisent en deux parties comme dans les mammifères: cela se voit entre autres aisément dans le jeune brochet. Dans les chondropté^ rjgieus , cette partie est faible, peu adhérente, et quel- quefois elle paraît composée de plusieurs pièces, dis- posées alternativement, en sorte que les crêtes ou 2 24 I"' LEÇON. DES OS ET DKS MUSGL. DU TRONC. o pointes qui représentent les apophyses épineuses sont distinctes des demi-anneaux latéraux et semblent in- termédiaires entre deux vertèbres : c'est ce que l'on voit dans la raie, dans Fange, et sur-tout dans V es- turgeon. Les vertèbres abdominales ont ordinairement aux côtés des apophyses transverses auxquelles les côtes sont attachées. Dans quelques poissons, comme les cy- prins, les brochets^ les clupes, ces apophyses demeurent séparées par des sutures. A l'arrière de l'abdomen les apophyses transverses des vertèbres des poissons , ou du moins les portions inférieures de ces apophyses divisées s'inclinent vers le bas et une traverse les unit, commençant ainsi la série des anneaux inférieurs de la queue; ce qui n'empêche pas que les premières vertèbres caudales ne conservent encore les portions supérieures de ces apophyses qui portent encore des côtes. Les apophyses épineuses, tant supérieures qu'infé- rieures, sont très longues dans les poissons comprimés latéralement, couwixelespleuj'onecteSy les chétodons ^etc. C'est dans la partie annulaire supérieure qu'est creusé le canal dans lequel passe la moelle épinière; dans l'in- férieure, à la queue, en est un autre pour les vais- seaux sanguins. Les anneaux inférieurs ont, comme les supérieurs, des espèces d'apophyses articulaires qui même sont quelquefois grandes et branchues, et for- ment ainsi autour du canal destiné aux vaisseaux, une sorte de réseau. On observe sur-tout cette particularité dans certaines espèces du genre des thons. Les vertèbres qui approchent du bout de la queue raccourcissent graduellement leurs apophyses , leur canal se rétrécit ou s'obstrue; mais lorsqu'il y a une AKT. TI. DES OS DE L EPINE. 2^5 nageoire caudale les dernières apopliyscs épineuses grandissent^ s'aplatissent, se soudent ensemble et avec les derniers osselets inter-épineux, et forment ainsi une plaque triangulaire et verticale, au bord pos- térieur de laquelle s'articulent les rayons de la na- geoire : dans les poissons à queue alongée et pointue, comme l'anguille, cette disposition n'a pas lieu. Il y a des poissons, comme la murène où quelques-unes des vertèbres abdominales ont «ne pointe en dessous de leur corps ; mais seulement destinée à des attaches de muscles et sans partie annulaire^ dans beaucoup de poissons la vertèbre à laquelle se termine l'abdomen et où commence la queue, et même celle qui la suit, ont de grandes apophyses inférieures , auxquelles vient se joindre un grand os inter-épineux, quelquefois résul=i tant de la coalition de plusieurs, qui descend jusque derrière l'anus. D'autres fois ces apophyses transverses sont larges, concaves^ et forment une espèce de bassin ; c'est ainsi, et non pas par un bassin analogue à celui des mam- mifères, quese limite en arrière l'abdomen despoissons. La plupart des poissons ont à leur tronc^ dans l'en- semble de leurs nageoires verticales et des os qui les supportent; un appareil qui n'a d'analogue dans au- cune vertèbre des autres vertèbres; à la vérité, on a ima- giné qu'il pourrait résulter d'une division verticale de l'apophyse épineuse des autres vertèbres, dontîesdeux parties montées l'une sur l'autre formeraient , l'une le rayon, l'autre l'os inter-épineux qui le porte, tandis que les deux demi- anneaux restés en place se seraient al- longés pour former Tapophyse épineuse qui existeaussi dans les poissons, et qui y est même très souvent bcau- I. i5 2 26 m" LKCON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. coup plus grande que dans les autres animaux. On n'a pas besoin de dire que celte ascension d'une moitié d'os sur l'autre serait sans exemple dans la nature. Il y a des arguments plus sensibles^ jamais le nombre des os en question et de leurs rayons n'est en rapport avec ceux des vertèbres; souvent ils sont beaucoup plus nom- breux et répartis sans régularité; bien loin que ce soient deux pièces simples ^ comme seraient les deux moitiés d'un seul os^ le rajon, lors même qu'il serait épineux, se laisse diviser lui-même longitudinalement en deux, et en outre lorsqu'il est mou et branchu son tronc et ses branches se divisent transversalement en une multitude de petites rouelles; enfin l'os qui le sup- porte et que l'on appelle inter-épineux , a lui-même deux parties; une tête à laquelle le rayon s'articule, et une pointe ordinairement à quatre arêtes, qui s'en- fonce dans les cliairs entre les deux longs muscles du dos ; c'est à cette pointe que s'attachent les muscles propres qui vont s'insérer au rayon et qui le meuvent. Le rayon , soit épineux, soit mou^ s'articule par un gynglyme lâche sur la tête de l'os inter-épineux : à cet effet, la base du rayon se divise en deux petites bran- ches qui se recourbent pour insérer leurs extrémités dans deux fossettes aux côtés du tubercule qui termine cette tête. Quelquefois la tête est percée d'un trou et fournit ainsi un anneau en dedans duquel les deux branches se réunissent en formant un second anneau, en sorte que la jonction se fait comme celle de deux chaînons d'une chaîne; c'est ce qui a lieu sur-tout pour le grand rayon épineux de la dorsale des silures. Le nombre de rayons, soit épineux, soit mous, le nombre, les formes, les proportions des nageoires qu'ils A a T. II. DCS os DE L liPTlN'E. 227 soutiennent ont été indiqués avec tani: de soin par les ichthyoîogistes^ qu^il est inutile de nous en occuper ici. [ Une particularité remarquable se trouve dans le létrapture ; les apophyses épineuses sont extiême- ment lon^^ues et minces, et forment une crête tout- à-fàit comparable à celle des vertèbres lombaires des ruminants j et la partie postérieure de cette apophyse est embrassée par les longues apophyses articulaires antérieures; les postérieures n'existent qu'en rudiment. Les vertèbres de la queue présentent les mêmes carac- tères 5 en sorte qu'il y a ici une apophyse articulaire inférieure ainsi qu'une supérieure, lu espadon -pTésente quelque chose de semblable , mais ses apophyses épi- neuses sont plutôt en forme de lames de sabre, et les apophyses articulaires postérieures sont plus pronon- cées 3 d'ailleurs les apophyses transverses de ce dernier poisson sont divisées en antérieures et postérieures par une profonde échancrure. Les apophyses transverses de quelques espèces du genre gade offrent aussi quelque chose d'insolite ; elles sont prolongées^ demi-cylindriques, leur face inférieure concave est destinée à loger les appendices de la vessie aérienne. Les congres et les murènes présentent aussi une apo- physe transverse allongée mais elie n'est point concave et sa forme est triangulaire j sa base naît de toute la longueur de la vertèbre et elle se termine en pointe. Parmi les poissons les plus remarquables sous le rap- port de la conformation de leurs vertèbres aussi hïen que de leur tête, nous devons citer les bouches en flûte. Dans les fistulaires les quatre premières vertè- bres présentent une longueur égale à celle des vingt- i5. 228 m" LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. cinq suivantes et sont soudées entre elles, par des su- tures semblables à celles des os du crâne. Le tout, forme un long; tube percé de trous pour le passage des nerfs, et qui porte trois crêtes continues, une verticale et deux horizontales; ces crêtesrepréseutent l'apophyse épineuse et les apophyses transverses. Les apophyses transver- ses des vertèbres suivantes sont très longues, aplaties à leur extrémité en forme de fer de hache et ne portent point de côte; elles diminuent progressivement de longueur et de largeur^ mais à l'endroit des nageoires verticales, situées comme l'on sait, très en arrière et vis- à-vis l'une de l'autre, elles s'élargissent de nouveau, et au lieu de s'incliner et de se rapprocher pour former l'arc inférieur des vertèbres caudales, c'est une produc- tion de leur base qui le constitue. Et comme s'il fallait absolument que la partie supérieure des vertèbres cau- dales des poissons ressemblât à la partie inférieure, les neuf vertèbres qui offrent ainsi une apophyse transverse et un arc inférieur portent de chaque côté une deuxième apophyse transverse qui naît à la base de l'apophyse épineuse. Cette apophyse transverse supé- rieure se voit dans les salmoncs et les dupes, pour toutes ou presque toutes leurs vertèbres dorsales; elle égale même quelquefois les côtes en longueur comme dans le niégalope. Dans le centriscjue le corps des quatre premières vertèbres est renflé à chacune de ses extrémités; de sorte que vue inférieurementia colonne vertébrale pré- sente des étranglements et des boursouflements suc- cessifs. Les apophyses transverses sont très longues et très larges, et les apophyses épineuses, excessivement hautes et dirigées en arrière, portent la nageoire dorsale A HT. îî. DES OS DE LÉPTNE, 229 à rcxtrcnnlé du corps. Dans Vamphisilc les cinq pre- mières vertèbres externes allongeas, présentent ég^ale- ment des renflements et des rétrécissements, mais moins prononces^ et les apophyses épineuses sont telle- ment renversé 3s en arrière que la nageoire dorsale se trouve portée tout-à-fait sur la queue, qui elle même est très courte. C'est d'ailleurs un des pois- sons qui porte le plus petit nombre de vertèbres, quinze à seize en tout» Les apophyses transverses sem- blent manquer; mais peut-être la cuirasse qui recou- vre le corps de ces poissons et que l'on a prise jus- qu'à présent pour un composé d'écaillés, est-elle formée par ces apophyses, comme la carapace des tortues l'est par les côtes et les apophyses épineuses des vertèbres. ] TABLEAU du nombre des verthhres dans les T> oissons. f ^SPsaESsassssass^ssss:smcx2 JBMÊ^BB3!S^A ESPECES. Perche commune Bar commun Sandre commun Apogon brun Serran écriture Cernié brun Ploiocentreàlongues nageoires. Vive commune Uranoscope vulgaire Sphyrène spet Surmulet Le Grondin Maiarmat Cbaboisseau de mer commun.. Piatycéphale insidiateur. . . . Scorpène rouge Veut, tho- raciques. 21 12 25 9 10 i3 II 1 1 lO 12 10 o lO 10 i3 1 1 8 Vert. caudales. 21 i3 22 i5 14 i3 16 3o i5 12 14 23 23 22 16 16 Total. 42 25 47 24 24 26 '^1 41 25 24 24 36 33 35 27 24 •-» 2,>() HI LEÇON. DES OS ]■ T Î3ES MUSGL. DU Tl'.OxNC. YTŒr:^ I Ti iftii' TTÎ^^^P^WMnB JT 11^' i' T?iJi^' sSBSsr' ESPECES. Epinoclie Maigre Corb Ornbrine commune. Grand Pogonias. . Sargue Pagre Pagel Denté v i^ v Canthere Bogue Picarel Mendoîe Chœtodon barré Pimelepètre, Bosc. . . . Castagnole Anabas scandens Osphronème gourami. . Ophicéphale Muge céphale Maquereau commun. . . Thon com^mun Pélamide Lépidope Trichiurus lepturus. . . Espadon L Tétrapture aguia. . . . Pilote commun Licîie amie Trachinote glauque. . . Caranx saurel Coryphène équiset. . . . Gymnètre P^uban rougeatre. . . . Blennius gattorugine. . . Anarrlii^has lupus. . . . Gobi us niger Taenioïde Hermannien. Glinus anguillaris "\ ERX. iho- raciques. i4 1 1 1 1 1 1 lO 10 Vert. caudale 19 i3 i4 i4 i4 i4 Total. 33 24 25 25 24 24 lO i4 24 9 i6 25 H ^7 41 lO i6 26 12 i8 3o « (( 61 12 12 24 i5 l(j 3i i8 22 40 25 20 5o 4o no HO 6o loo 160 i4 12 26 12 12 24 lO l6 26 ÎO l4 24 lO i4 H 10 •4 24 i3 20 33 48 44 9^ i4 56 70 Ï2 26 38 26 5o 7<5 IO 18 28 IO 18 28 i6 4i 57 î ' ART. n, DES OS DE L EPINE, 2»^I ESPECES. Callionyme lyre Baudroye Batracus Girelle Créiiilabre paon Scarus frondosus Fistulaire Centrisque Carpe Barbeau Brème commune Loche Brochet Orphie . . Exocet volant Mormvre hersé. . . . . . Silure saluth Pimelodechat Bagre Macroptéroiiote sLarmuth. Plotose noirâtre Aspréde Loricaire Saumon Truite commune Eperlan Serra-salme citharin. . . . Saurus Hareng commun Alose Anchois vulgaire Mégalope Chirocenlre Bichir Morue Merlan Lingue . Vkrt. tho- raciques. 1 1 i5 lo lO i4 lO 56 i6 '20 29 21 21 40 52 32 22 20 i3 24 21 i3 1 1 7 34 34 35 24 a 38 29 25 34 43 49 19 20 16 Vert. caudales. 17 i5 28 i5 ^9 i5 33 7 16 18 22 16 22 29 i5 25 52 28 33 41 59 58 26 22 22 22 20 19 ^7 21 23 ^7 18 34 35 28 Total. 33 62 70 r:'- 202 llf LSCOî^. DES OS ET DES MUSCL. Dtl TUONC. I ESPECES. Lotte commune. . . Carrelet Flétan Turbot Sole Gobiésoce testard. . Cycloptère lump. . . Ëclîéneis naucrates. Anguille Congre commun. . . Serpent de mer. . . Murène commune. . Gymnote électrique. Equille Syngnatlius acus. . Hippocampus. . . . Diodon mola Tetraodoii fahaca. . Balistes capriscus. . . C'offrc triangulaire. . Petite roussette. . . Squale faux. ... Squale nez Pantouflier Raie blanche. . . . . Vert. tho- raciques. 21 i3 16 1 1 9 i5 12 14 53 60 78 68 (( a i5 10 8 7 10 5-7 70 40 48 Vert, caudales. 38 3i 35 19 4i 16 18 16 60 102 126 7^ « 46 n ; 10 1 1 5 72 270 80 107 106 Total. 59 44 5i 3o 5o 3i 3o 3o ii3 162 204 i4o 236 64 66 61 '1 18 18 i5 129 365 i5o 147 i54 u .1 M, I mamu.ujLBjajHgajg tss xtuauLe ta AIIT. Iir. DE LA GAMTÉ DU TKOINC. 23.3 AHÏICLE ill. DE LA CAVITÉ DU TRONC TELLE QCj'eLLE EST ENCEINTE PAn LES VERTÈBRES DORSALES^ LES COTES ET LE STERNUM. La cage formée par les côtes ^ la portion de répine à laquelle elles sont attachées et le sternum où elles aboutissent^ est diversement constituée selon les or- ganes qu'elle est destinée à contenir. Dans les mammi- fères, les cotes et le sternum appartiennent principa- lement à la poitrine^ cavité qui renferme le cœur et les poumons et laisse passer l'œsophage; cette cage dif- fère en mobilité, selon celle que doit avoir le corps entier de 1 animal. Dans l'homme, elle a la forme d'un cône aplati dont la base est en bas et le sommet tronqué en haut : sa dilatation se fait en relevant ses côtes j son sternum est plat et a peu de mobilité. Du Sternum. Le sternum est un os ou un assemblage d'os situé à l'opposite de l'épine et auquel s'attachent les côtes par leur extrémité ventrale; souvent aussi le sternum donne appui à des os de l'épaule , la clavicule ou le coracoïdien, ou tous les deux. Il y a des animaux, comme les grenouilles , qui ont un sternum sans côtes et servant à l'attache des os de l'épaule seulement; il y en a , comme les serpents, qui ont des côtes sans sternum; il y en a, comme beau- 234 1^' LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TKOiMC. coup de mammifères, où le sternum ne donne point d'attache à l'épaule j ^^lais seulement aux côtes, etc. Quelques-uns ont regardé le sternum comme une répétition imparfaite de l'épine, apparemment parce que dans les mammifères il se compose d'une suite d'os placés à la file les uns des autres; mais cette idée ne leur serait pas venue s'ils l'eussent considéré dans les autres classes où ses pièces sont autrement disposées et sans aucune ressemblance avec les vertèbres. D'autres ont cru y reconnaître un nombre normal de pièces (neuf), qui seraient seulement arrangées dans des ordres différents; mais cette idée n'est pas soutenable; le nombre des pièces varie depuis un jus- qu'à douze , et même en comptant les épiphyses, comme on le fait d'ordinaire dans ces spéculations sur l'unité de composition , il y en aurait jusqu'à vingt- sept dans le tamanoir. On en trouverait même davan- tage si l'on prenait pour un sternum, ce qui, comme nousle verrons en tient lieu dans les poissons. D'autres enfin ont pensé, que les os du sternum de- vaient être^ au moins dans le principe de l'ossification, disposés par paires ; mais le fait ne permet pas à beau- coup près d'^admettre cette règle comme générale. Quoique dans l'homme les noyaux osseux du ster- num soient souvent disposés, en partie et irrégulière- ment, sur deux rangs, dans la plupart des quadrupèdes ils forment une série très régulière d'os impairs, que je n'ai pu voir divisés en deux, même dans les plus jeunes fœtus. Le second os du sternum des mono- trêmes et ceux des cétacés sont seuls naturellement divisés en deux et le demeurent long-temps. Dans les gallinacés qui ont cinq pièces disposées en quin- ART. III. DE LA CAVITÉ DU TliONC. 235 coiice, et les tortues qui en ont neuf, l'impaire est aussi toujours simple, même dès qu'elle commence à se montrer clans les plus jeunes embryons. Je ne vois guère que les oiseaux non gallinacés qui montrent cette disposition par paires. Ils n'ont en effet le plus souvent a leur sternum que deux pièces, et encore s'en mon- tre-t-il quelquefois une troisième entre elles. A. Dans les mammifères. Le sternum de l'homme adulte ne paraît que comme un seul os aplati^ alongé; son extrémité supé- rieure élargie donne à chacun de ses angles une arti- culation à une clavicule; à ses cotés se joignent les cartilages des sept vraies côtes : son extrémité posté- rieure après quelque élargissement se prolonge au delà, se rétrécit et se termine par une pointe nommée car- tilage xyphoïde ou ensiforme , parcequ'elle s'ossilie rarement. Il y a beaucoup d'irrégularité dans les éléments os- seux dont se forme le sternum humain. Dans Fem- brjon, ce n'est qu'une lame cartilagineuse dont les cartilages des côtes ne semblent que des découpures. Il s'y rencontre des grains osseux très variables pour l'ordre et le nombre , quelquefois trois ou quatre à la file, d'autves fois jusqu'à douze très inégaux, très ir- régulièrement distribués. Dans les enfants on y voit encore des traces de cette irrégularité ; j'en ai un où après deux grandes pièces qui se suivent, il en vient quatre placées deux à deux^ mais avec un peu. d'alter- nance. La septième fait la pointe. En général, cependant, le sternum finit par ne conte- 2o6 m LEÇON* DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. nir que cinq pièces à la suite les unes des autres^ les- quelles se soucient successivement, la supérieure de- meurant la dernière distincte; avec le xyphoïde on y compte alors trois os. Il y a souvent un trou vers le tiers postérieur.. Le sternum est enveloppé par dehors et par dedans d'une toile ligamenteuse solide. Lexyplioïde est retenu en outre par un fort ligament qui^ de sa face externe, se porte obliquement vers le cartilage de la dernière vraie côte. Dans les mammifères onguiculés dont le tronc est en général plus flexible que celui de Fliomme, le ster- num a toujours un os entre deux paires de côtes de ma- nière que chaque paire s'articule entre deux os du ster- num, et il y a de plus un os en avant, et un en arrière; ces os sont généralement simples , et je les ai trouvés tels, même dans de jeunes embryons. Quelquefois, cependant, on voit aussi une partie divisée en deux, mais irrégulièrement; c'est ce que j"ai vu dans un fœtus d'ours. Le sternum du pongo et de l'orang est large. Dans tous les autres quadrumanes il est étroit et de sept à huit pièces. Les chauves-souris et les taupes, qui ont un égal be- soin, quoique pour des buts différents, de muscles pectoraux vigoureux, ont à leur sternum une crête saillante qui lui donne un léger rapport avec celui des oiseaux. Le premier os des chauve-souris est tou- jours élargi latéralement pour donner attache à leurs grandes* clavicules. Dans les roussettes, le premier et le second os ont des crêtes verticales ; celle du premier a même deux ART. m. DE LA CAVITÉ DU TRONC. 237 pointes saillantes et comprimées ^ le second os porte quatre côtes. Dans les phyllostomes et les noctilions , il n'y a qu'une pointe et au premier os seulement/ Les vespertilions n'ont qu'une crête peu élevée- Dans la taupe^ c'est le premier os qui est très grand et comprimé en soc de charrue. A son extrémité anté- rieure pointue s'articulent les deux grosses et courtes clavicules ; plus en arrière la première côte y a égale- ment sa jonction : à la seconde pièce, s'articule la se- conde côte; il y a ensuite trois pièces étroites de forme ordinaire dont la troisième porte deux paires de côtes; puis une très petite avec encore une paire, etlexypboïde qui est étroit et alongé. Dans la chrjsochlore cette première pièce également comprimée, mais moins haute, porte à sa moitié anté- rieure en dessus deux petites ailes qui la rendent con-~ cave et auxquelles s'articulent les deux premières côtes qui sont extrêmement larges : les clavicules longues et grêles s'attachent à sa pointe antérieure; il y a en- suite sept pièces oblongues et un xyphoïde alongé terminé par une dilatation cartilagineuse semi-lu- naire. Dans les carnassiers, toutes les pièces sont à peu près cylindriques ; elles sont généralement au nombre de huit; mais on n'en trouve que six dans les mar- supiaux. Les rongeurs en ont six ou sept, et chez ceux qui portent une clavicule, la première pièce est plus large que les autres. Dans les paresseux^ le premier os du sternum est triangulaire; sa pointe se dirige en avant, pour porter 258 IIl^ LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. les clavicules , ses angles portent les premières côtes ; il est suivi de huit ou dix petites dont les derniers courts et ronds se placent assez irrégulièrement^ il n'y a pas de prolongation xyphoïdienne. Les fourmiliers^ les pangolins, les oryctéropes et les tatous, ont le premier os très large, anguleux; dans le tamanoir il est échancré en avant. Dans le tatou il est octogone^ et à ses angles antérieures se voient deux pe- tites apophyses où s'attache le ligament des clavicules ; viennent ensuite des nombres de petits os variables selon ceux des vraies côtes, huit ou neuf dans les four- miliers, cinq ou six dans les oryctéropes et les tatous, et toujours suivis d'un os xyphoïde plus ou moins alongé. [Dans le tamanoir etle tamandua, les pièces moyen- nes offrent ceci de particulier qu'elles ont, pour ainsi dire, deux corps superposés, l'un supérieur plus large j et ressemblant presque au corps d'une vertèbre , d'autant mieux aue dans le ieune àp;e, à chacune de ses extrémités, se trouve une plaque épiphysaire; l'autre inférieur plus petit, à surface inférieure qua- drangulaire, et pouvant, s'il était percé, représenter l'apophyse épineuse, pour ceux qui voient dans le ster- num une épine ventrale opposée à l'épine dorsale. Chacun de ces corps donne de chaque côté une facette antérieure et une postérieure, pour l'attache de la côte sternale qui offre deux têîes articulaires, comme la côte dorsale. Le xyphoïde du pangolin est remarqua- blement long et divisé longitudinalement. Celui du phatagin se bifurque à son extrémité et se termine par deux filets cartilagineux qui se prolongent jusqu'au- près du bassin.] ART. III. DE LA CAVITÉ DU TRONC. 239 Dans les monotrènies, le premier os a la forme d'un T dont lesdeux branches vont s'appuyer à une apophyse du bord de l'omoplate 3 les clavicules se collent îelonp- de sa traverse en avant et s'y soudent avec l'âge , eu sorte que j'ai pris pendant quelque temps ce premier os lui-même pour une clavicule analo[^ue à la four- chette des oiseaux ; mais c'est au contraire à l'os unique et également en T ou en flèche du sternum des lézards qu'il faut le com parer j le deuxième os est très large et divisé iongitudinalement en deux pendant le jeune âgCj puis il en vient trois ou quatre impairs ^ et enfin un xyphoïde pointu. Le premier et le second os^ ont cela de particulier qu'il s'y articule des pièces apparte- nantes à la partie coracoïdienne de l'épaule, comme nous le verrons plus tard. Toutes ces disoositions montrent une tendance à se rapprocher de ce €[ui s'observe dans les sauriens. [ Le sternum des paclij dermes est en général com- primé antérieurement et déprimé postérieurement, et la première pièce est fort avancée au-delà de la pre- mière côte et tranchante comme le bréchet du sternum des oiseaux, tandis que la dernière est large et aplatie. Les pièces intermédiaires tendent plus ou moins à se rapprocher de la forme des deux pièces extrêmes. Celui des ruminants est également aplati en arriére; mais la première pièce est cylindrique et n(3 dépasse pas la première cote , et la dernière se termine plus ou moins en pointe. Dans les chameaux la partie posté- rieure du sternum est extrêmement épaisse etlarge; elle présente une base étendue à la callosité de la poitrine. Ce sont les cétacés qui ont le sternum le plus court II est ordinairement chez les dauphins de quatre pièces 24o m'' LEÇON. DES OS ET DES MUSCL, DU TRONC. et chez les baleines d'une seule,- mais ces pièces sont larges et conservent souvent les traces d'une division latérale, sur-tout la première qui a presque toujours un angle antérieur extrêmement saillant. Cette division se remarque également sur la deuxième et la troisième pièce du dauphin du Gange. ] B. Dans les oiseaux. Le sternum des oiseaux est extraordinairement grand et large, comme il convenait qu'il fut pour donner attache aux muscles qu'exige le vol. Il protège en dessous non-seulement le thorax^ mais une grande partie de l'abdomen. Sa forme approche plus ou moins de celle d'un bouclier rectangulairej il a peu d'épais- seur, sa face interne ou supérieure est concave, l'ex- terne convexe^ et dans presque tous, celle-ci porte sur la ligne moyenne une crête élevée plus haute en avant, s'abaissant graduellement en arrière, comparable à une quille de navire, mais bien plus saillante et qui ne manque qu'à des oiseaux qui ne volent point du tout comme Vautiuche, le toujou etîe casoar. Près du bord antérieur est de chaque côté une rainure un peu oblique qui reçoit l'extrémité postérieure des coracoïdiens, et entre deux une petite apophyse plus ou moinssaillante diteépi-sternale; plus en dehors, ce bord forme avec le bord latéral un angle saillant plus ou moins aigu : le bord postérieur plus mince a le plus souvent des trous ou des échancrures remplis seulement par des mem- branes; les oiseaux qui volent très bien, ou qui planent très long-temps, les aigles, les martinels^ les colibris^ les ART. III. DE LA CAVITÏÎ DU TUONC 24l oiseaux de tempête, sont presque les seuls qui l'aient tout entier. A la moitié antérieure des bords latéraux du sternum s'articulent les côtes sternales, c'est-à-dire, les os qui dans les oiseaux tiennent lieu de cartilag:e aux côtes vraies. Vers l'angle antérieur externe, en dehors et en arrière de Farticulation claviculaire, la surface du sternum a une région légèrement enfoncée pour le muscle cora- coïdien, et il en part une ligne légèrement saillante qui va obliquement vers l'arrière de la quille et cerne l'at- tache du muscle dit moyen pectoral. Une chose singulière et qui renverserait à elle seule la prétendue loi de l'unité de composition , c'est que celle du sternum des oiseaux est de deux sortes très différentes. Une famille (les gallinacés) l'a d'abord composé de cinq os; un impair auquel appartient la crête, et dont l'ossification marche à la fois vers l'avant et vers l'arrière; deux pairs antérieurs de forme trian- gulaire, auxquels s'articulent les côtes et dont l'ossi- fication va de dehors en dedans , et deux pairs posté- rieurs , en forme de fourche , dont les deux branches s'ossifient d'avant en arrière. Ce n'est qu'assez tard que ces cinq pièces se soudent en une seule qui con- serve toujours de chaque côté deux larges et profondes échancrures. Dans les autres oiseaux, le sternum n'a le plus souvent que deux pièces, dont l'ossification corn-» mence vers les angles latéraux antérieurs et s'avance vers le milieu et vers l'arrière, gagne la crête, l'occupe, et va entourer les trous ou les échancrures du bord postérieur, lorsqu'il doit y en avoir. Dans quelques-uns cependant^ il y a aussi une troisième pièce impaire qui 1. 16 iiA^ 1"^ LEÇON. DES OS ET DES MUSGL. DU TRONC. commence à la base deîa quille, je l'ai observée dans les geais, les pies. Il faut remarquer que dans tous les oiseaux le ster- num a déjà en cartilage toutes les formes, les trous et leséchancrures qu'il doit conserver après son ossifica- tion. Il yen a même , tels que [es cygnes , les canards , où il demeure entièrement cartilagineux assez long- temps après la naissance, et où les deux centres d'ossi- fication ne se montrent que tard et ne l'envahissent que lentement; l'ossification y contourne par degrés les trous voisins des angles postérieurs sans y former jamais plusieurs noyaux. Pour retrouver le prétendu nombre normal de neuf pièces, et en supposant que celui de cinq existe toujours on a voulu compter l'épi- sternal pour deux, et on a pris pour les deux autres deux petites productions cartilagineuses du bord posté- rieur dans lepic\ mais ces petites productions qui exis- tent sous d'autres formes dans beaucoup d'oiseaux, s'y ossijfient par continuation, c'est aussi ce quefait toujours l'épi-sternal qui , d'ailleurs, bien que souvent fourchu, n'est jamais divisé en deux. La largeur du sternum , la saillie de sa crête surtout en avant, l'absence de trous et d'échancrures en arrière correspondent à une grande puissance de vol: les circon- stances contraires; peu de largeur, de grandes échan- crures, unecrêtepeu marquée ou nulle, marquent aussi des qualités contraires. On avait cru un moment que les caractères de cette pièce pourraient être en rapport avec les familles naturelles des oiseaux : cela ne s'est pas vé- i'ifié, et néanmoins dans certains cas ils donnent des indications utiles sur les affinités des genres. C'est ce que l'on peut voir en détail dans la dissertation de M. Lher- ART. III. DE LA C4VITÉ DU TRONC. 243 minier rédigée en partie sur les collections que j'avais préparées depuis long-temps pour le présent article. \uQS oiseaux de proie diurnes ont le sternum grand, la crête saillante, Tépi-sternal petit. Tous ces caractères se remarquent sur-tout dans nos aigles , qui de plus ont l'épi-sternal tronqué, et le bord postérieur plein et sans trou, si ce n'est dans la jeunesse où l'on en voit de petits , le lœmmergeyer a le sternum plus court et plus large; mais également plein ; sa crête est moins saillante. Elle Test encore moins àdiVisl^s vautours , et leur sternum très grand;, conserve à tout âge de grands trous ovales près des angles postérieurs, hes/aucons^ les autours et éperviers ont aussi ces trous , mais pli- ~ petits, et leur épi-sternal est pointu; leur crête est fort saillante. Je ne vois point de trous à la bondrée. Ils sont très petits et s'effacent même promptement dans les milans. Les buses et les busards en ont; leur épi-sternal est uu peu tronqué. Dans le secrétaire , le sternum est entier et se termine un peu en pointe en arriére. Sa quille s'évase en s'unissant au corps, elle est fort saillante; la fourchette s'articule au milieu de son bord antérieur par une lame comprimée. Il n'y a point d'épi-sternal. Tous les oiseaux de proie nocturnes^ très différents en cela des diurnes, ont au bord postérieur quatre échancrures obtuses qui entament d^un tiers ou d'un quart la longueur du sternum; leur épi-sternal est très court. Dans les passereaux ordinaires, pies-griècheSy mer= les, bec-fins y moineaux ^ corbeaux ^ois eaux de paradis et genres intermédiaires, le sternum a en arrière, près de chaque angle, une échancrure triangulaire plus ou 16. s/j/i Ilt^ LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. moins grande et qui subsiste toujours, et son apophyse épi-sternale est fourchue. Les grùnpereaux et souï- jjiangas ont les mêmes caractères. Le martinet n'a ni échancrure ^ ni épi-sternal ; cqv-^ Xd\ns ens^oulevents (y amej'icanus , Wils.) sont de même: mais la plupart ont une échancrure peu profonde. Tous manquent d'épi-sternal. Les oiseaux mouches et les colibris ont aussi un sternum plein, rétréci en avant, arrondi en arrière et sans épi-sternal. Leur carène est extrêmement saillante. Les huppes et promérops ont les échancrures des passereaux ; mais leur épisternal est comprimé et pointu. Le rollier a le même épi-sternal que les huppes , mais son sternum est plus large et a en arrière quatre échancrures, comme les chouettes. Il en est de même dans les todiers, les martins-pê^ cheiirSy les guêpiers , à quelques différences près dans les proportions, l'échancrure externe est la plus grande. Les calaos n'ont qu'un feston rentrant, ou échan- crure obtuse, peu profonde, et à peine une crête légère pour épi-sternal. Les différences sont plus grandes encore parmi les grimpeurs. Dans les pics^ le sternum, un peu rétréci en avant , a en arrière quatre grandes échancrures dont les inter- nes sont les plus longues; en avant le bord antérieur de sa crête est assez saillant pour se confondre avec répi-siernal, dont la fourche se trouve ainsi dirigée en arrière et sans pédicule. On a fait grand état d'un disque cartilagineux, demi-circulaire, qui demeure tou- jours au bord postérieur de ce sternum entre les deux AllT, m. DE LA CAVITÉ DU TIIONC. 2^5 échancrures, et on l'a considéré comme donnant une paire de pièces de plus ; mais il n^y a jamais de noyau osseux , et au fond ce n'est que l'analogue des portions cartilagineuses qui se trouvent plus ou moins long- temps dans tous les oiseaux. Le toucan a la crête avancée du pic, mais sans four- che, en sorte qn'il ne lui paraît point d'épi-sternal ; en arrière il a quatre échancrures dont les externes un peu plus longues. Le couroucou a aussi quatre échancrures, a un ster- num très élargi en arrière; son épi-sternal petit etcom- primé se bifurque un peu du côté interne. Le coucou n'a que deux échancrures, son épi-sternal a deux pointes, mais l'une derrière l'autre, c'est-à-dire l'une en avant, l'autre en arrière de l'articulation des coracoïdiens. Je trouve dans un coua quatre échan- crures et une seule pointe épi-sternale ,* il en est de même dans les inalcohas, JJanin'a aussi que deux échancrures médiocres; son épi-sternal est petit et tronqué. Le sternum du toiiraco , remarquablement petit , a quatre échancrures presque égales; un épi-sternal comprimé comme celui des gallinacés, mais sacrêtseter- nale se porte aussi avant que dans les autres oiseaux. Le sternum des perroquets n'a qu'un Irou ovale en arrière près de l'angle, qui s'oblitère dans plusieurs, avec l'âge ; la crête prolonge son bord antérieur en dessus, c'est-à-dire vers l'intérieur, et il y est tronqué; il n'y a point d'autre épi-sternal. Dans les gallinacés ordinaires, les cinq pièces qui composent originairement le sternum^ finissent par y laisser deux échancrures extrêmement profondes de 2^6 m* LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. chaque côté, qui prennent plus des trois quarts de sa surface; l'externe entre les deux branches de la pièce en fourche; l'interne entre la branche interne de la pièce impaire ou de la quille : cette quille, loin de s'a- vancer jusque entre les coracoïdiens, n'est indiquée en avant que par deux arêtes qui se réunissent en crête en se rapprochant vers le tiers antérieur. Dans les coqs, \es faisans, les paons, les cryptonj'X, les tétras^ perdrix^ cailles, c'est l'échancrure interne qui se porte le plus avant. Dans les pintades, les dindons, elles sont à peu près égales. Dans les hoccoSy l'interne avance moins que l'externe, leur crête est moins reculée. Tous ces oiseaux ont une grande apophyse épi-sternale, comprimée^ mais non fourchue : la branche interne de leur sternum est élar- gie au bout en fer de hache. Les mégapodes (i), les pigeons, les gangas , ont quatre échancrures dont Finterne est beaucoup moins profonde et moins avancée que l'externe ; dans les pi- geons elle se réduit quelquefois à un trou. Le mégapode et le pigeon couronné, ont la branche osseuse externe extrêmement dilatée en fer de hache. La crête de ces trois genres est très saillante ; rectiligne en avant dans ie ganga , etcourbe concave dans les deux autres genres. L^épi-sternal des mégapodes est comprimé, celui du ganga et des pigeons a deux pointes l'une devant l'au- tre; la postérieure tronquée ou même un peu échan- (i) D'après mes nouvelles observations, le me'gapode, que dans mon ègue animal je place parmi les e'chassiers, doif plutôt être rapproché des gansas ou aUagens, ART. III. DE LA CAVlTÊ DU TRONC. 2^J crée. Le genre le plus singulier de cette famille, c'est le tlnamou dont le sternum a deux échancrures qui prennent les cinq sixièmes de sa longueur et le divisent en trois lanières étroites dont la mitoyenne porte la crête. Celle-ci est assez saillante, rectiligne en avant; le bord antérieur du sternum est échancré, et en des- sus de Téchancrure a une apophyse épi-sternale assez grande, ronde et tronquée. En combinant ces formes de sternum avec ce que nous dirons au chapitre suivant de celles de la four-« chette, on voi|; comment elles se dégradent parmi les oiseaux terrestres depuis les forts voiliers , soit grands , soit petits , jusqu'à ceux qui ne volent presque point; et nous verrons aussi comment les diverses dispositions sont en accord constant avec la longueur et la force de l'aile. Les contrastes à cet égard ne sont pas moins remar- quables parmi les échassiers et les oiseaux nageurs. Ils sont surtout excessifs dans les premiers : il y en a d'a- bord dont l'aile est si petite qu'ils ne peuvent quitter la terre, les autruches, ioujous et casoars ; leur sternum n'est qu^un large bouclier bombé, sans aucune quille ; il commence constamment par deux points d'ossifica- tion aux angles latéraux qui s'étendent jusqu'à se tou- cher, et alors se confondent. Nous verrons que leur fourchette n'est pas moins singulière. Le sternum de Y autruche est aussi large que long, et chacun de ses angles postérieurs se prolonge en une production étroite et obtuse; celui du casoarde la rSouvelle Hollande est presque circulaire; celui du casoar commun est arrondi en arrière et deux fois aussi long que large. Cette ossi- fication par deux points, aussi manifeste dansFautruche, 2^H m* LEÇON. DES OS ET DES MUSGL. DU TROIS C. paraît commune à toutes les familles qui vont suivre, aussi bien qu'aux oiseaux de proie. Les sternums d'échassiers les plus vigoureux, les plus opposés aux précédents, sont ceux des grues, hé- rons et cigognes. Ils sont très grands , leur crête est très saillante ; leur bord postérieur , entier dans les grues, n'a qu'un feston rentrant dans les hérons, les hihoreaux et les cigognes. Ces derniers, y compris les hec~oiwerts, les jahirus, algalas, etc., ont le sternum fort large; il est plus étroit dans les lierons, encore plus dans les grues et surtout dans r«^v2/7iz; plusieurs espè- ces de grues ont en outre cela de remarquable, que leur trachée artère pénètre dans l'épaisseur de la quille et s'y replie diversement selon les espèces, comme nous le dirons plus au long lorsque nous traiterons des orga- nes de la voix. Dans presque tout le grand genre ardea de Linnieus , la fourchette vient articuler sa pointe à celle de la quille du sternum, souvent même elle s'y soude entièrement : c'est ce qu'on voit dans la grue et la demoiselle de Nuniidie; la grue couronnée , on oiseau royal , fait exception , sa fourchette reste libre du côté du sternum. Les outardes y les pluviers, les vanneaux^ les huîtriers^ les spatules y les ibis^ les courlis^ les barges, les maube^ ches^ les sanderlings, les phalaropeSy les tournepierres, les chevaliers, les échasseSy les avocettes, ont quatre échancrures au bord postérieur de leur sternum, l'in- terne est d'ordinaire plus courte , et quelquefois fort petite; elle disparaît avec l'âge dans les œdicnèmes, et n'existe point dans les bécasses et les combattants. Ces sternums sont de largeur médiocre; mais leurs quilles sont assez saillantes. Leur épi-sternal n'est qu'une petite lame comprimée. AUT. 111, DiL LÀ C A VIVE Dlf TUÔNC S^Q Dans les foulques, les poules sultanes , les râles], les iacanaSy le sternum est fort étroit^ et c'est ce qui donne à leur corps cette foi^me comprimée qui les distingue. Il n'a que deux échancrures, mais fort larges et fort profondes^ ce qui se rapporte à leur vol faible. Les palmipèdes ne différant pas moins par le vol que les échassiers^ semblaient devoir offrir d'aussi grandes différences à leurs sternums; il n'en est pas tout-à-fait ainsi , parce que dans la plupart il a ce caractère géné- ral, de se porter beaucoup en arrière; non point à cause de leur vol, mais probablement pour protéger leur ab- domen pendant leur continuelle natation. C'est ainsi qu'il est très long et assez large dans le genre entier des cygnes, des oies et des canards, où il a en arrière deux échancrures souvent fermées et changées ainsi entrons. Parmi ces espèces du grand genre anas de Linnseus , on doit remarquer le cygne chanteur, qui loge^ comme les grues, un repli de sa trachée artère dans l'épaisseur de la quille de son sternum , mais avec cette différence que la trachée ne passe point, pour entrer dans cette quille ni pour en sortir^ entre les branches de la four- chette ; celle-ci se contournant en arrière autour de ce repli qu'elle forme. Ce qui semble confirmer ce rapport de la longueur du sternum avec la natation , c'est qu'il est encore plus long à proportion dans les palmipèdes à ailes courtes qui sont presque toujours sur l'eau. Les plongeons^ pingouins, macareux el guillemots , l'ont terminé en ar- riére par une extension demi- circulaire entre deux échancrures médiocres; quelquefois il y est percé de deux trous entre les échancrures. D^ns les manchots , le lobe intermédiaire est au 230 III^ LEÇON. DES OS ET DES MUSGL. DU TRONCJ contraire deux fois moins long que les branches en de- hors des échancrures; dans les grèbes , où il est plus court et plus large que dans les précédents^es branches s'écartent et se courbent en dehors des échancrures, et le lobe intermédiaire est lui-même un peu fourchu. Tous ces oiseaux, et même les pingouins et les man^ chots, qui ne peuvent nullement voler ne laissent pas que d'avoir à leur sternum une crête assez saillante. On a supposé que leurs pectoraux s'emploient pour la na- tation y leurs très petites ailes leur servant cependant de nageoires. Mais dans les palmipèdes à grandes ailes on retrouve en plein les conditions d'un vol vigoureux; on doit remarquer même que Voiseau de tempête, dont le transport jusque sur les plus hautes mers est si éton- nant^ a le sternum entier, comme les aigles, les marti- nets et les colibris : il est a; ssi très large et a une crête très saillante, derrière la pointe de laquelle vient s'ar- ticuler l'angle delà fourchette. Il en est de même dans les autres pétrels, qui ont cependant quatre petites échancrures au bord postérieur ; tous ont l'épi-sternal à lame comprimée 5 Yalbatros a le sternum d'une lar- geur extrême et simplement festonné en arrière ; son épi- sternal est tronqué. Les mouettes, le paille en queue, ont quatre petites échancrures et l'épi-sternal comprimé comme les pétrels ordinaires, mais leur sternum un peu plus oblong. Les quatre échancrures des hirondelles de mer sont encore plus petites; du resté, leur sternum est fort semblable à celui des mouettes. Les stercoraires en diffèrent en ce que les échancrures internes sont beaucopp plus petites que les externes; elles se changent même en trous dans le pomarin. ART. III. DE LA; CAVITÉ DU TRONC. 25 1 Dans les pélicans, les fous, les frégaties, ces puissants . voiliers, le sternum est de nouveau large et entier, son bord postérieur n'est que légèrement festonné. Les^bw^ l'ont alongé, surtout de l'avant ; il l'est moins dans les connorans^ et il paraît que dans \es frégaties il est plus large que long; la fourchette s'articule dans tous à la pointe de la quille, etdanslafrégatteetles pélicans elle s'y soude tout-à-fait comme dans les grues. C. Dans les reptiles. On a voulu trouver au sternum des tortues des rap- ports de composition avec celui des oiseaux ; mais il ne lui ressemble que par la grandeur encore plus considé- rable à proportion ; tout diffère du reste : forme, com- position, connexion. 11 est toujours composé de neuf pièces; huit paires et une impaire. La première paire forme le bord antérieur, la quatrième le postérieur, les deux autres forment les côtés et le principal corps. La pièce impaire, peu considérable^ est dans le milieu entre la pi'emière et la seconde paire. Dans \es tortues de terre y les émides et les chélides , ces neuf pièces s'étendent assez pour s'articuler entre elles par suture à peu près comme nos os du crâne, et les deux paires intermédiaires reçoivent de la même manière une partie des pièces osseuses qui entourent la carapace et qui correspondent aux cartilages des côtes: dans les chélides et dans certaines émides la dernière paire s'articule de la même manière avec le pubis etl'is- hion; mais dansles tortues de mer et dans lestrionyx, les neuf pièces ne remplissent jamais tout le cartilage dans lequel elles se trouvent incrustées; il reste toujours un ^ / 262 m' LBCON. DBS OS ET DKS JlUSCii. DU TROJSC. espace au milieu^ qu'elles ne garnissent point. Elles ne gagnent pas non plus les pièces costales; leurs formesy varient beaucoup selon les espèces^ mais les deux pai- res intermédiaires y sont généralement plus ou moins dentelées. On doit remarquer certaines tortues (les pyxis et les terrapenes) où la partie antérieure du ster- num , formée des deux premières pièces paires et de l'impaire^ est jointe à la troisième paire par une char- nière mobile , et s'écarte ou se rapproche comme pour enfermer l'animal dans une boîte; dans d'autres^ les deux parties du plastron sont mobiles sur une seule charnière; enfin, dans une troisième combinaison, la partie moyenne du sternum est fixe, et les deux extré- mités se meuvent chacune sur une charnière. Ce que (outre sa grandeur) le sternum des tortues a de plus remarquable , c'est qu'il porte à sa surface in- terne , ainsi que l'épine et les côtes qui forment la cara- pace du même animal, tous les muscles qui s'y attachent et qui d'ailleurs sont à peu près les mêmes que dans les animaux où ils occupent la place ordinaire; en dehors il n'a que la peau et les écailles qui la garnissent; dans les trionjx il n'a même que la peau. Le crocodile n'a qu'une seule pièce osseuse, longue et étroite, au milieu d\ine plaque cartilagineuse rhom- boïdale , qu'elle dépasse en avant de près de moitié de sa longueur. Aux côtés antérieurs de cette plaque s'articulent les coracoïdiens , car le crocodile n'a pas de clavicules; aux côtés postérieurs les cartilages de deux côtes. De son angle postérieur part un autre cartilage oblong, fourchu en arrière, aux côtés duquel s'articulent les cartilages des côtes suivantes au nombre de six paires ; viennent ensuite les côtes abdo- ~\ © ART. TH. DE LA CAVITÉ DU TRONC. 253 mînaîes qui ne remontent pas jusqu'à l'épine, et n'ont pas de sternum : nous en reparlerons. La plupart des sauriens , monitors ^ lézards , sein" ques, etc., ont cette plaque rhomboïdale, et cette pièce osseuse alongée; mais la pièce osseuse a des branches à la partie qui sort du cartilage , et cela tantôt comme les monitors et les iguanes, à son extrémité, ce qui lui donne Fair d'un marteau ou d'un T , tantôt comme dans les lézards , les scinques , à ses côtés , ce qui en fait une croix. Ces branches , et dans la seconde sorte, la pointe de la croix servent à recevoir les clavicules -, en même temps les coracoïdiens, très développés dans ces animaux s'articulent aux bords antérieurs du rhom- boïde cartilagineux, et se croisent même quelquefois sur la partie sortante en avant de la pièce osseuse -, c'est à peine si cette partie osseuse se distingue du cartilage rhomboïdal dans les anolis et les geckos y ce sont plutôt les bords qui prennent cette consistance. Dans le caméléon , le cartilage rhomboïdal est en avant pour les coracoïdiens seulement, et se rétrécit et s'alonge en arrière pour les côtes; il n'a pas de pièce osseuse. Le sheltopusick , Vophisauve , Yor^et , n'ont qu'un cartilage transverse à deux lobes derrière les coracoï-* diens, sans prolongement postérieur , et cependant la pièce osseuse s'y montre en forme de T , mais dont les branches sont plus longues que la tige. Dans le bimane il est tout cartilagineux. Aucun vrai serpent n'a de sternum; mais il en re- paraît un dans quelques batraciens , pour donner ap- pui aux os de l'épaule. Dans les grenouilles , la partie située entre les cla« 254 ÏÏI*^ LEÇOH. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. vicules et les coiacoïdiens est si mince qu'elle ressemble plutôt à un cartilage inter-articulaire qu'à une vraie pièce de sternum ; mais en avant, il y en a une osseuse pointue^ terminée par un cartilage en demi-lune placé sous l'os, et en arrière, il y en a une autre également osseuse , large , terminée par un grand cartilage xy- phoïde à deux lobes obtus (i). Dans les crapauds^ ni les pièces antérieures, ni l'in- termédiaire n'existent ; il y a à chaque épaule un car- tilage qui joint la clavicule au coracoïdien, et ces deux cartilages croisent Fun sur l'autre dans la ligne moyenne. Derrière les épaules est la pièce osseuse pos- térieure avec son disque xyphoïde. Dans le pipa , ce qui paraît la partie antérieure et moyenne du sternum appartient aussi plutôt à un os de l'épaule , et l'on ne doit y rapporter que le grand triangle cartilagineux qui est en arrière (2). C'est à peine s'il en reste un vestige membraneux dans les ^«Z/z- mandres , et il semble même que ce qui en a l'appa- rence dans la sirène , résulte de la coalition des carti- lages des épaules. Toutefois, dans le méiiopoma on trouve des pièces cartilagineuses qui s'entrecroisent à la partie mitoyenne, dans lesquelles peut-être il se développe quelques noyaux osseux. D. Dans les poissons. Les poissons n'ont pas de sternum analogue à celui des vertébrés à j)oumons, c'est-à-dire, appartena à la (1) Ossem. foss. Vè vol. part. 2. pi. 24 fig« 3i et 32. (2) Ossem. foss. V* vol. 2e, part. pi. 24. fig- 33 et 34- ART. III. DE LA CAVITÉ DU TRONC. 255 poitrine; ce que quelques-uns ont voulu soutenir, qu'il est entré dans la composition de ce que nous regardons comme leur os hyoïde , est si peu vraisemblable^ telle- ment contraire à toutes les analogies et même à toutes les possibilités physiologiques, comme nous le montre- rons en détail lorsque nous traiterons de l'hyoïde, qu'il \ est bien inutile de s'y arrêter ici. Dans le plus grand nombre des poissons , les côtes qui garnissent les côtés de l'abdomen ne se réunissent même pas dans le bas; tout au pins pourrait-on donner le nom de sternum à une série de petites pièces qui réunissent le long du tranchant du ventre les côtes du genre ciilpea {aloses^ harengs etc.) et de quelques autres. DES CÔTES. Ou donne proprement ce nom à ce que Ton nomme vraies côtes , c'est-à-dire à ces arcs osseux qui encei- gnent chaque côté du thorax , s'attachant d'une part à Tépine, de l'autre au sternum; mais on a du l'étendre Siuxjausses côtes qui , situées en arrière des autres, ne s'attachent au sternum que par l'intermédiaire de celles qui les précèdent; aux arcs incomplets, qui, dans quel- ques animaux, sont en avant des vraies, et s'attachent à des vertèbres cervicales comme dans le crocodile^ ou à des dorsales comme dans les oiseaux^ maissans attein- dre le sternum ; on a dû le laisser aussi à des arceaux qui se joignent de part et d'autre en dessous, sans qu'il y ait de sternum entre eux , soit qu'ils viennent des vertèbres, comme dans les caméléons ^ les anolis ^ ou qulls ne remontent pas jusque-là, comme lès côtes ven- 2fj6 m*' LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. traies du crocodile^ et enfin à des arceaux plus ou moins complets qui ne se joignent aucunement en dessous et ne s'attachent qu'aux vertèbres, comme les côtes des serpents v<5tles vestiges de côtes des batraciens à queue. Tous ces animaux ayant des poumons, leurs côtes con- courent aux mouvements respiratoires. Celles des tor- tues réunies eiasemble et aux vertèbres par sutures , ne peuvent pas y contribuer et ne forment qu'un large bouclier inflexible : celles des poissons y demeurent aussi étrangères , mais par une autre raison ; c'est qu'elles n'enceignent que la cavité abdominale , et que les organes de la respiration sont placés aux côtés de l'arrière-bouche. I A. Dans V homme. Les côtes sont au nombre de douze de chaque côté 5 sept dites vraies, et cinq dites fausses. Ce sont des os longs, un peu aplatis, qui sont courbés dans leur longueur, et dont la concavité regarde l'intérieur de la poitrine. L'une de leurs extrémités se termine par deux petites facettes articulaires ;, séparées entre elles par une ligne saillante. Elle est reçue sur les parties latérales du corps de deux ver- tèbres. Cette extrémité vertébrale de la côte se rétrécit ensuite un peu j puis elle présente à sa face postérieure une nouvelle facette articulaire qui répond à l'apophyse transverse de la vertèbre la plus inférieure des deux, avec lesquelles la côte s'articule. La côte continue de se porter ainsi en arrière dans la même direction : mais bientôt elle présente une espèce de déviation subite pour se porter en devant. Le point où se fait ce chan- ART. ÎII. DK LA CAVITÉ DU TilONG. 2^7 gemei.it diffère dans chaque cote. Dans les supérieures il est plus près de la vertèbre , mais inférieurement il en est très éloigné. On nomme ce point , qui donne attache à quelques tentions , V angle de la côte. L'ex- trémité sternale a une petite fossette dans laquelle est reçue la portion cartilagineuse qui l'unit au sternum, et que quelques-uns nomment côte sternale. Il n'y a que sept côtes qui se rendent directement au sternum par leur cartilage. On les a nommées vitales côtes ou sterno-vertéh raies. Les cinq autres ont des prolonge- ments cartilagineux ^ par l'extrémité antérieure des- quels elles s'unissent chacune au cartilage de la côte immédiatement précédente. On les appelle fausses côtes , ou simplement vertébrales. Les côtes de l'homme sont comme tordues sur leur axe, de sorte que, lorsqu'on les pose sur un plan horizontal , l'une de leurs extrémités est toujours soulevée. Les côtes n'ont qu'un mouvement borné d'élévation et d'abaissement j la première, qui est la plus courte, est aussi la moins mobile. Leurs articulations sont af- fermies par un grand nombre de ligaments. Les facettes articulaires de l'extrémité vertébrale ont des capsules qui les maintiennent sur le corps des vertèbres et s?''' leurs apophyses transverses. L'espace compris entre cet* deux facettes est aussi maintenu fixe à l'aide de deux ligaments dont l'un se porte à l'apophyse transverse de la vertèbre supérieure , du côté interne , et l'autre à l'apophyse articulaire inférieure de celte même ver- tèbre, mais du côté externe. L'extrémité sternale est rîussi entourée d'une petite capsule, qui la joint à son cartilage do prolongement. II y a en outre, dans cha- I, 17 258 ni*" LEÇON. DES OS ET DES MMSCL. DU TRO^ïC. cun des espaces intercostaux, une toile ligamenteuse qui unit le bord inférieur d'une côte avec le bord supérieur de celle qui ia suit. La dernière côte vertébrale a un petit ligament par- ticulier , qui la fixe infcrieurement aux apophyses transverses de la première et de la seconde vertèbre lombaire. B, Dans les mammifères. Le nombre et la forme des côtes varient aussi beau- coup selon les familles. Dans les quadrumanes, elles sont toujours au nombre de douze à quinze paires. Dans les carnassiers vermiformes, il yen a quelquefois jusqu'à dix-sept, ordinairement; très étroites. Elles différent peu en nombre dans les autres familles. Dans les herbivores, elles sont larges et épaisses. Le cheval en a dix-huit , le rhinocérGS dix-neuf , et V éléphant vingt. Celui des animaux qui en a le plus est Viinau qui en a vingt-trois de chaque côté. Nous ne nous étendrons pas davantage sur le nom- bre de ces os j on peut le voir sur le tableau que nous avons donné du nombre des vertèbres, puisque celles que l'on nomme dorsales portent toutes des côtes. Très souvent ia première et même la seconde côte sont plus larges que les suivantes : l'exemple le plus mar- qué que l'on puisse en citer se trouve dans la clirj- sochlore et les tatous. \iQ fourmiller à deux doigts di les côtes si larges, qu'elles sont placées les unes au-dessus des autres, comme les tuiles d'un toit. Cette disposition rend solides les parois de la poitrine de cet animal. [ Les côtes du tamanoir sont très larges aussi ^ et à ART. III. DE LA CAVITÉ DU TRONC. 209 partir de la sixième jusqu^à la treizième, elles subissent un rétrécissement vers leur tiers inférieur; les côtes sternales sont aussi ossifiées que les côtes vertébrales. On sait que les côtes des bœufs , sont en général aplaties; mais il y a encore entre eux bien des différences. Dans les buffles elles sont plus largues ^ sur-tout à leur partie moyenne, que dans les bœufs proprement dits; mais dans le bison et l'aurochs , elles sont étroites et même presque grêles. On trouve , comme le remarque M. Mcckel, à la partie moyenne du bord antérieur de la première côte du cochon d'Inde^ une petite épine qui se retrouve, mais d'une manière moins prononcée, sur celles de quelques autres mammifères adultes; ainsi dans les chei>aux ^\qs rliinocéros, les tapirs, etc., il y a une proéminence qui sert à l'attache du scalène. La convexité des côtes est variable dans les diffé- rentes f milles. La première côte de Fhjomme est plus convexe que les suivantes; aussi la cavité de sa poitrine est, proportion gardée, la plus vaste. Les singes of- frent encore la même structure, mais à un moindre degré; dans la plupart des autres mammifères, il n'en est pas ainsi. Ce sont les premières côtes qui ont le moins de convexité, et dans quelques-uns , les pachy- dermes et les ruminants, la première et la seconde sont presque droites ; il en résulte alors que la cavité de la poitrine a la forme d'un cône allongé et comprimé la- téralement vers son sommet. Dans les cétacés elles reprennent une grande courbure. Souvent les côtes sont marquées de diverses aspé- rités qui sont des empreintes de muscles ; c'est ainsi que dans un squelette d'éléphant adulte, on peut ^7- i^6o nf LEÇON. DES OS ET DES MUSGL. DU TRONC. suivre de Toeil les attaches du grand oblique et du grand dentelé. Nous pensons même qu'en général le sque- lette bien étudié sous ce rapport rendrait pour ainsi dire inutile la dissection des muscles; on les retrouve- rait tous par l'inspection des os. ] C. Dans les oiseaux, La poitrine des oiseaux avait besoin d'être étendue et de pouvoir se dilater avec force^ et il fallait que sa char- pente fût très robuste pour résister à la pression de l'air extérieur, lorsque l'oiseau la soulève pour contribuer à se rendre plus léger dans le vol. En conséquence, leurs cotes vraies ou sterno-vertébrales ont leurs deux parties également osseuses et très fortes. Ces deux parties se joignent par une articulation mobile, en sorte qu'elles peuvent faire ensemble un angle plus ouvert , ce qui éloigne le sternum des vertèbres et dilate la poitrine , ou bien un angle plus fermé , ce qui produit l'effet contraire. De plus, la plus grande partie des côtes vraies ont à leur portion vertébrale une grande apo- physe oblique qui passe sur la côte suivante, renforce ainsi la cage pectorale et fournit d'ailleurs attache à des muscles qui donnent plus de force à ses mou= vements. Ces apophyses sont, dans les jeunes oiseaux, des os séparés qui ne se soudent qu'avec l'âge à la côte, en sorte quela côte a alors trois noyaux. Ordinairement la première et la dernière des vraies côtes n'a point cette apophyse. Il y a de plus, dans les oiseaux , et indépendamment des stylets que nous avons vu pouvoir être considérés ART. IJl. Dli LA. CAVITÉ DU TROiSC. 261 chez eux comme des cotes cervicales, des côtes en petit nombre attachées aux premières vertèbres dorsales et ceig;naiît les^côtésde la poitrine, mais manquant de partie sternale et aussi d'apophyse oblique. Près des vertèbres^ les côtes des oiseaux^ aplaties d'avant en arrière , se divisent en deux branches dont Tune externe et plus courte est leur tubercule et s'ar- ticule à l'extrémité de l'apophyse transverse; Faulre^ plus intérieure et plus longue , porte la tète qui s'arti- cule au corps de la même vertèbre près de son bord antérieur. Il n'y a guère que la dernière ou l'avant- dernière qui s'articule sur la jonction de deux corps, comme dans les mammilères. [ Le nombre des côtes des oiseaux est moins variable que dans les mammifères : il est le plus souvent de 7 et de|8, et ne s'élève que jusqu'à 1 r . La forme varie éga- lement très peu : il n'y a guère de différence que pour la force. ] D. Dans les reptiles. Nous avons déjà vu que la plus grande variété règne à cet égard dans cette classe. Les sauriens, les cvocodilesy les batraciens a queue, ont des côtes et un sternum ; les serpents vrais , des côtes et point de sternum ; les grenouilles , un sternum et point de côtes; enfin les tortues , les côtes soudées entre elles et avec l'épinC; et en partie avec le sternum. Une variété non moins grande règne parmi ceux qui ont un sternum et dps côtes, dans la manière dont tel ou tel noFnbre de côtes ou leur totalité se joignent ou ne se joignent pas à ce sternum. 262 III* LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. ô C'est ce que nous allons d'abord exposer. Dans le crocodile , après les sept petites côtes cervi- cales en viennent deux paires plus longues y qui ne vont cependant pas jusqu'au sternum^ parce que^ à l'endroit où elles pourraient s'y rendre , s'attache le coracoï- dien j puis huit ou neuf qui s'y joignent par des cartilages ; puis deux qui n'y aboutissent pas , enfin en dessous du corps se trouvent sept paires qui ne garnissent que l'abdomen , et ne remontent pas jusqu'aux vertèbres. Chacune des côtes qui les com- posent a cependant deux parties , une plus interne, une plus externe, mais au lieu d'être bout à bout, la première a sa pointe externe obliquement derrière celle de la seconde : ces portions internes sont fort larges dans les dernières côtes. hes sauriejis ordinaires n'ont jamais au cou de côtes engrenées ensemble. Leur atlas, leur axis, souvent même une ou deux des vertèbres suivantes , n'en ont pas y ensuite en viennent trois ou quatre s alongeant graduellement , mais qui ne vont pas j usqu'au sternum; les suivantes se joignent au steinum par des filets car- tilagineux , et varient en nombre de quatre ou cinq jusqu'à six, et même jusqu'à huit. A la pointe du rhomboïde cartilagineux du sternum , sont ordinaire- ment suspendus deux filets cartilagineux qui ne tien- nent point à des côtes , ce qui n'empêche pas que les vertèbres suivantes n'aient toutes de petites côtes qui ne vont point au sternum. Il n'y a donc proprement point de vertèbres lombaires. Il n^y en a pas davantage dans les scheltopusiks , les ophisaures et les or^>els; et comme aucune de leurs cô- tes ne va pas au sternum , elles sont toutes simplement vertébrales. \ ART. III. DE LA CAVITÉ DU TKONC. 265 Une disposition remarquable est celle des /^z^rZ'/'e^ , des anolis et des caméléons y où après cinq à six côtes qni vont au sternum ;, toutes les autres s'unissent en dessous par leurs lilets cartilagineux , de manière à cercler entièrement l'abdomen. Une autre plus remarquable encore est celle que nous présentent les dragons : leurs cinq ou six premières fausses côtes^ prolon[];ées en ligne droite, sont deux à trois fois plus longues que les vraies côtes et soutien- nent une membrane qui forme un parachute^ au moyen duquel l'animal saute de branche en branche. Un genre de vipères, les naja ^ a les côtes antérieures plus larges et plus longues que les autresj elles ont la faculté de se redresser et de se porter en avant. Les grenouilles et autres batraciens sans queue n'ont de côte d'aucune sorte , quoique plusieurs aient un sternum très prononcé. Au contraire, les salamandres et autres batraciens à queue , ont des côtes , mais courtes , et n'enceignant pas à beaucotip près le tronc. Elles s'attachent aux apo- physes transverses des vertèbres par deux petits tuber- cules. Les salamandres y les tritons ^ le ménobranclius et le ménopoma en ont à toutes leurs vertèbres (l'atlas excepté) jusqu'au-delà du bassin, qui lui-même est suspendu à l'une des dernières paires qui est la plus forte de toutes. On en compte ainsi 17 , 18 ou 19 pai- res, hes pj'otées y les amphiuma et les sirènes n'en ont pas tant. J'en trouve 8 dans les sirènes , 6 ou 7 dans les autres. Los tortues^ que nous avons à dessein réservées pour la fin de cet article , ont leur carapace , c'est-à-dire jeur bouclier supérieur, formée par les dilatations de 26ll in LKCON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. huit côtes on bandes osseuses, qui se joifjnent par des su- tures dentées les unes avec les autres , et avec les plaques vertébrales qui forment entre elles une série longitu- dinale dont nous avons déjà parlé. Inférieuremcnt , il naît de chaque côte un pédicule qui est sa tête et Lui va s'articuler à la jonction de deux vertèbres. Il y a en outre une première paire ^ laquelle n'a que ce pé- dicule et tient d'une part à la jonction de la dernière vertèbre cervicale avec la première dorsale^ de l'autre s'appuie en-dessous contre la côte de la deuxième paire ou de la première dilatée ; la huitième paire dilatée donne attache ou même articulation à la tête des os des îles , qui de plus s'articule, par son bord interne^ avec les apophyses transverses de deux ou de trois ver- tèbres sacrées 5 ou si l'on veut, avec de petites côtes qui tiennent à ces vertèbres. Le contour de la carapace est formé par des pièces osseuses enp;renées ensemble au nombre de onze de chaque côté, ce qui^ avec les deux extrêmes de la série longitudinale, forme un total de vingt-quatre. Dans les tortues terrestres , les émides , les chélides adultes , les côtes s'engrènent avec les pièces latérales, sans laisser de vide- mais dans le très jeune âge , le bout externe de la côte est rétréci^ et il y a entre elles des intervalles remplis seulement de cartilage. Dans les tortues de mer , ces vides ne se remplissent jamais entièrement. Dans les trionyx , les onze pièces latérales sont toutes reportées dans la moitié postérieure du bord de la carapace , et ne répondent qu'aux quatre derniè- res paires des côtes. On a considéré ces pièces comme analogues aux por-- tions sternales des côtes : il faut avouer au moins AllT. m. DE L/V CAVITÉ DU TROlNG. 263 qu'elles ne leur répondent pas pour le nombre , et que dans les trionyx sur-tout^ elles ne leur correspondent point pour la position. C'est â la troisième ou à la qua- trième que commence leur engrenage avec les deux, pièces moyennes du sternum \ il finit à la huitième : mais dans les tortues de mer cette union n'a pas lieu. E. Dans les poissons. Les poissons n'ont pas de poitrine proprement dite ; toute la cavité du tronc est occupée chez eux par les viscères de l'abdomen. Cette cavité varie beaucoup en figure et en étendue ; elle est comprimée parles côtés, aplatie horizontalement, ou à peu près arrondie. Son étendue fait une partie plus ou moins considérable de la longueur du corps, selon les espèces. En général , les poissons de l'ordre des abdominaux ont cette cavité plus longue ; mais cette règle n'est pas du tout cons- tante. La cavité est bornée en arrière par l'apophyse inférieure de la première vertèbre caudale y qui a sou- vent un volume très considérable, et presque toujours une forme particulière. Ainsi 5 dans les pleuronectes , elle est grosse^ arrondie en avant ^ et se termine en bas par une forte épine ;, etc. La cavité abdominale est enfermée latéralement par les côtes, lorsqu'elles existent. Les raies , les squales , les syngnathes , les tètrodons^ les diodons^ les ejclop^ tcrss y les b audroies, les fis tulaireSy etc. ^ n'en ont pas. 1^ esturgeon , le halls te , V anguille , Yuraaoscope , les pleuroneetes 3 V anarrluque , les zées , n'en ont que de fort courtes. Les trigles , la lovicaire , les cottes y ont leurs côtes à peu près horizontales ; elles 266 III'" LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. embrassent presque toute la hauteur de leur cavité dails les perches , les carpes , les brochets ^ les chétodons , etc. Enfin elles s'unissent à des pièces que l'on peut considérer comme un sternum dans le zeus vomer, les harengs ou dupées y le salmone rhomboïde ^ etc. Uhippocaîiipe ou petit cheval marin ^ a des espèces de fausses côtes produites par les tubercules osseux de sa peau , qui entourent son corps comme des cein- tures. Le nombre des côtes et leur grosseur varient aussi beaucoup. \àQS silures , les carpes , les chétodons , les ont plus grosses à proportion. Dans le genre desharengs au contraire, elles sont fines comme les cheveux. Beau- coup de poissons les ont fourchues; d'autres les ont doubles, c'est-à-dire que deux côtes partent de la même vertèbre de chaque côté. ARTICLE IV. DES MUSCLES QUI MEUVENT LES DIVERSES PARTIES DU TRONC, ET DE CEUX QUI MEUVENT Lvl TETE SUR LE TRONC. L Muscles propres de Fépine. A. Dans r homme. L'épine de l'homme, dans sa portion lombaire et dorsale , n'a, comme nous l'avons dit, qu'un mouve- ment obscur de chaque vertèbre en tout sens sur sa ART. IV. MUSGL. QUI MEUVENT LE TRONC, ETC. 267 voisine , duquel il résulte cependant, au total, des in- flexions assez considérables. La portion cervicale est un peu plus mobile. En général^ la colonne vertébrale peut aussi se tordre jusqu'à un certain point sur elle- même. Ses muscles sont nombreux et compliqués. Pour mettrepîus de clarté dansleur description^ nous croyons devoir parler d'abord des plus profonds. En arrière^ il y a i"*. Les inter-épineux : ils sont disposés en deux ran- gées entre les apophyses épineuses de toutes les vertè- bres : lorsqu'ils existent tous ^ il y en a vingt- trois de chaque côté ; mais ils manquent souvent dans le dos , et quelquefois dans les lombes ; ils peuvent courber l'épine en arrière. 2°. Les inter-transversaires^ qui ont à peu près la même forme que les précédents : ils sont placés entre une apophyse transverse et celle qui la suit. Dans le cou 5 ils sont sur une double rangée antérieure et pos- térieure. Dans le dos, ils sont simples et plus faibles et manquent quelquefois , sur-tout vers le haut. Dans les lombes ils ont plus de force. Lorsque ceux d'un côté agissent séparément , ils courbent l'épine de ce côté là; lorsqu'ils agissent ensemble , iis la maintiennent dans l'état de rectitude. 3^. Les épineux trans^ersaires , qui s'étendent oblique- ment des apophyses transverses inférieures et des tu- bercules du sacrum aux apophyses épineuses supé- rieures , et forment une masse serrée qui garnit toute Tépine , et remplit le creux qui e'^t entre les apophyses transverses et les épineuses : on en appelle Tensemble, le grand muscle épineux transversaire ( multi/ldus spignœ, ) ^68 Ilf LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU T1\0NC. 4". Le demi-épineux du cou, qui s'attache aux apo- physes transverses des vertèbres dorsales, depuis la première jusqu'à la sixième et au-delà , de manière à ce que les languettes supérieures recouvrent les infé- rieures : il s'insère supérieurement aux apophyses épineuses des vertèbres du cou de la deuxième à la cinquième, par des languettes tendineuses distinctes. 5". Le demi-épineux du dos , qui n'est guère que la continuation du précédent ^ s'attache d'une part aux apophyses transverses du dos , depuis la septième jusqu'à la dixième, et de l'autre il s'insère aux apo- jîhyses épineuses des dernières vertèbres du cou et des cinq premières du dos. Ces demi-épineux recouvrent les épineux transversaires et ont à peu près le même emploi. Sur eux et dans toute la longueur de Fépine , s'é- tendent trois muscles qui se confondent dans le bas et y sont recouverts de la même aponévrose tendineuse, et après avoir pris naissance inférieurement par des languettes adhérentes aux vertèbres, se distribuent , en montant , par d'autres languettes et même par des languettes doubles aux vertèbres ou aux côtes. On les nomme séparément : le plus interne , épi- neux du dos ; l'intermédiaire , long dorsal , et sa par- tie cervicale grand Iraîisvers aire', enfin le plus externe, sacro-Iomhaire y et sa partie cervicale, cervical des- cendant ow iransversaire grêle : mais l'ensemble pour- rait en être appelé d'un nom commun , le sacro-spi- nien. Lorsque l'on a disséqué les muscles dans toutes leurs languettes et qu'on les écarte vers le dehors , leurs lan- *j guettes d'o.rigine ont l'air de monter obliquement en ^^1 ART. IV. MUSCL. QUI MEUVENT LE TRONC, ETC. 269 dehors, et lears languettes d'insertion de monter obli- quement en dedans; en sorte que dans les masses in- termédiaire et externe , elles se croisent continuelle- ment j mais dans leur position naturelle , elles suivent à peu prèsîa même direction. U épineux du dos naît en partie par des languettes tendineuses attachées aux apophyses épineuses des deux vertèbres supérieures des lombes et aux trois dernières du dos , mais aussi en grande partie sur la portion du tendon commun qui appartient au long dorsal^ en sorte qu'on pourrait l'appeler aussi Ze/z^//20- épineux. Il recouvre la partie inférieure du demi-épi- neux du dos et s'insère aux apophyses épineuses des autres vertèbres du dos, depuis la huitième jusqu'à la deuxième. ] je long dorsal est la bande située en dehors du pré- cédent y il prend naissance avec la masse commune ; la portion tendineuse qui lui appartient dans cette masse, s'attache aux apophyses épineuses du sacrum et d'une partie plus ou moins considérable de celles des lombes , quelquefois de toutes, suivant le partage qu'il en fait avec l'épineux; il monte ensuite jusqu'à l'apophyse transverse de la septième vertèbre du cou^ en donnant une rangée interne de languettes à toutes les apophyses transverses du dos , et une rangée ex- terne aux huit dernières côtes. Le trausversaire du cou ou grand transversaire est comme une portion supérieure et intérieure du long dorsal ^ un peu plus distincte que le reste de sa masse. On ne fait commencer communément ses languettes d'origine qu'à la sixième vertèbre du dos; mais il y en a au-dessous , et souvent elles commencent où finissent 270 m LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. celles du long dorsal. Souvent aussi des faisceaux de fibres vont de l'un à l'autre muscle : la plus élevée est dordinaire à la première vertèbre du dos, mais je lui en ai vu plus haut. Ses languettes d'insertion vont aux apophyses transverses des vertèbres du cou , depuis la sixième jusqu'à la deuxième , le grand et le petit com- plexus s'intercalent entre ces deux muscles et le demi^ épineux. Le sacro-lombaire ^ placé en dehors des précédents, se confond inférieurement avec eux et dans la masse commune 5 toutefois les fibres qui lui sont propres tiennent sur-tout aux parties latérales du sacrum ou à la partie supérieure et interne de l'os des îles. Il corn- mence à se distinguer un peu au-dessous de la dernière côte ', il monte parallèlement au long dorsal et s'in- sère par autant de languettes tendineuses à l'angle de toutes les côtes et à l'apophyse transverse de la der- nière cervicale. Enfin, le cervical descendant ou iransversaire grêle ^ qui est situé entre le long dorsal et le sacro^lombaire^ est par rapport à celui-ci , ce que le grand transver* saire est par rapport au premier j ses languettes d'ori- gine naissent des angles de toutes les côtes en dedans de celles d'insertion du sacro-lombaire , et en dehors de celles du long dorsal. Il monte entre deux et donne des languettes d'insertion aux apophyses transverses des quatre vertèbres cervicales qui suivent la troisième. On conçoit que tous ces muscles, agissant ensemble, doivent redresser l'épine , que ceux d'un côté peuvent la courber dans leur sens , qje les languettes qui s'insèrent aux côtés peuvent avoir sur elles une action particulière , enfin que l'espèce de séparation du grand ART. IV. MUSCL. QUI MEUVENT LE TRONC, ET C. 271 transversaire et du transversaire grêle a pour résultat de rendre le redressement du cou^ et même sa flexion ea arrière , plus indépe ndante des mouvements de i epnie. Nous verrons tout-à-l'heure que les grands muscles qui vont de Tëpine à la tête , le petit et le grand com- plexus et le digastrique , qui fait partie de ce dernier, formés d'après le même plan, sont à peu près au grand transversaire^ ce que celui-ci est au long dorsal. Quant aux petits muscles de la téte^ c'est avec les petits muscles profonds de Fépine qu'ils ont quelque analo- gie. Quoique le splénius soit essentiellement un muscle de la tête, il agit aussi sur le cou pour le relever ou pour le tourner , puisqu'il insère une languette à l'apo- physe transverse de la première vertèbre cervicale et de plusieurs dans divers mammifère ^ c^est pourquoi nous le rappelons ici Il n'y a qu'un seul des muscles situés au-devant de l'épine qui agisse exclusivement sur les vertèbres : c'est le long antérieur du cou (^prédorso-atlo'idien^, attaché au devant des trois premières vertèbres du dos , et qui, après avoir reçu ou donné des languettes à plusieurs des cervicales, s'insère au tubercule antérieur de l'atlas; il fléchit le cou en avant ; mais on peut parler ici du carré des lombes , situé de chaque côté de l'épine, entre le bassin et la dernière côte, et en avant de la portion correspondante des autres muscles; il naît du milieu du bord supérieur et interne de l'os des lies et du ligament qui le joint à la dernière vertèbre lombaire, donne des languettes aux apophyses trans- verses des quatre dernières de ces vertèbres, et se ter- mine à la dernière côte qu'il abaisse un peu, en même 2 72 m'' LECOTÎ. DES OS ET DES MUSCL. DU TROTNC. temps qu'il flécbit la partie inférieure de Tépine de son côté s'il agit seul; ou en avant quand il agit avec son semblable. Nous pouvons encore mentionner ici les psoas, dont nous reparlerons aux muscles du fémur : comme ils vont des vertèbres à la cuisse , quand la cuisse est ferme, ils peuvent fléchir cette partie inférieure de Tépine en avant. La région de l'épine qui est au-delà du sacrum , et qui prend tant d'extension dans les animaux^ est pres- que réduite à rien dans l'homme , cependant elle y jouit d^un petit mouvement en arrière et en devant , opéré par deux paires de muscles qu'on nomme: L' ischio-coccrgien {ischio-caudieii)'^ il s'attache sur l'épine de l'ischion et s'insère aux parties latérales des os du coccyx. Lorsque ces deux muscles agissent en- semble 5 ils portent un peu ces os en arrière. Le sacro^coccjgœn {sacro-caudieiî) ; il vient de la face interne de l'os sacrum et s'insère à la face interne des os du coccyx qu'il relève en avant par sa contraction . B. Dans les mammifères. Les os du tronc et particulièrement les os de l'épine des mammifères, ressemblant beaucoup à ceux de l'homme il était naturel que la ressemblance s'étendît aux muscles de ces parties; en effet, ils s'y trouvent à-peu-pvès les mêmes pour toute la partie antérieure les principales différences, outre le nombre des lan- ausacrum j guettes de chacun, déterminé par celui des vertèbres , tiennent à la force qu'exigeait la longueur du cou et le poids de la tête, et à l'épaisseur que ART. IV. MUSCL. QUI MEUVENT LE TRONC, ETC. 270 permettaient les hautes apophyses des vertèbres da dos; mais la portion de l'épine qui s'étend eu arrière du sacrum , c'est-à-dire la queue , était presque une création nouvelle en comparaison du coccyx de l'hom- me, et elle exigeait des muscles propres, qui aussi lui ont été donnés nombreux et compliqués. Nous parlerons d'abord des muscles que les mammi- fères ont en commun avec nous. Il n'y a point de différence importante dans les singes , car je ne compte pas ce qui tient aux propor- tions des parties , comme la longueur du carré des lombes. L'épineux y prend plus sensiblement naissance sur l'aponévrose du long dorsal ; le grand transver- saire s'y unit aussi plus intimement avec ce dernier muscle , mais je n'y vois pas de transversaire grêle; les languettes montantes du sacro-lombaire vont seule- ment quelquefois aux dernières vertèbres cervicales : il faut excepter toutefois l'orang-outang et le coaïta, qui ont l'un et l'autre avec l'homme d'autres analogies musculaires remarquables. Le hérisson a un transversaire grêle, mais son sacro- lombaire, est extrêmement petit; il ne commence en arrière qu'à la neuvième côte. Je n'ai trouvé ce trans- versaire grêle dans aucun autre animal, même dans ceux où le sacro-lombaire s'arrête à la première côte ou à la dernière vertèbre cervicale; ce qui a lieu dans les fourmiliers, les tatous, l'éléphant, le pécari, le babiroussa , le cheval. Dans le cochon et le lapin , comme dans beaucoup d'onguiculés, il s'étend aux deux dernières vertèbres cervicales, dans les ruminants à la dernière seulement, { Dans tous les autres mammifères les tendons de T. 18 27^ m' LTZÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. / V» répineux prennent naissance à rextrémité des apophy- ses épineuses, tandis que les filtres musculaires nais- sent sur l'aponévrose du long dorsal, et ses langueltes d'insertion vont se fixer dans la plus grande partie de la largeur des apophyses épineuses des dernières cer- vicales. Le long dorsal se confond souvent avec le transversaire^ alors il paraît s'étendre jusqu'à la troi- sième et quatrième vertèbre du cou ; quelquefois aussi il s'étend réellement jusque là ^ et cache entièrement le transversaire. ] Les mouvements de la queuC; dans les mammifères, sontbeaucoup plus sensibles que dans l'homme. Gœthe n'y voit qu'une indication de linfinilé des existences organiques (l); pour moi, qui ne me paie pas de phrases métaphysiques, c'est un membre de plus que la nature leur a accordé et qu^elle a accomodé d'une manière merveilleuse aux besoins propres à chaque espèce j car quelques-uns s'en servent pour se suspen- dre et s'accrocher aux arbres; le plus grand nombre l'emploient comme un fouet pour chasser les insectes parasites j d'autres ^ comme les cétacés , la meuvent pour diriger leur corps en nageant. Les castors l'em- ploient comme une truelle pour construire leurs habi- tations, etc., etc. On conçoit qu'il a fallu un plus grand nombre de muscles que ceux de l'homme pour opérer ces mouvements divers, et ils existent en effet avec un développement et une complication dignes d'ejtre étu- diés et admirés. La queue des mammifères est susceptible de trois sortes de mouvements. (i) Morphologie, i, 2* cahier p. 55. ART. IV. MUSCL. QUI MEUVENT LE TRONC, ETC. 275 L'un par lequel elle se redresse ou s'élève ^ un autre par lequel elle se fléchit ou s'abaisse , et un troisième par lequel elle se porte sur les côtés- Cesmouvements,parleurcombinaison^ en produisent encore de secondaires : elle peut se tordre sur son axe, se rouler en spirale dans le même plan , ou en tire- bourre, comme les animaux à queue préhensile. Trois classes de muscles opèrent ces mouvements: infiniment plus développés que ceux de l'homme, comme nous allons le voir, ils sont formés sur le même principe que les longs muscles de l'autre partie de l'é- pine, c'est-à-dire qu'ils ont des languettes d'origine et des languettes d'insertion , mais dirigées en sens contraire, et leurs languettes d'insertion sont tendi- neuses sur une bien plus grande longueur et serrées contre les vertèbres par des gaînes^ le tout afin de ne point trop grossir la queue. a. Ceux qui relèvent ou redressent la queue : ils sont toujours situés à la face supérieure ou spinale, 1° Le sacro-coccygien supérieur (^lombo-sus-cau- dien^. Il commence sur la base des apophyses articu- laires des dernières vertèbres des lombes, et quelque- fois des dernières dorsales, sur celles du sacrum et des vertèbres caudales qui ont de ces apophyses , par des languettes charnues qui diminuent insensiblement de largeur. La masse commune donne des tendons grêles opposés aux digitations charnues. Le premier de ces tendons est le plus court. 11 se porte du côté interne, et s'insère à la base de la première des vertèbres eau- 18. iy6 m" LEÇON. DES OS ET DES MUSGL. DU TRONC. dales, qui n'ont point d'apophyses articulaires. Le se- cond tendon se porte à la suivante et ainsi de suite. Le nombre des tendons est déterminé par celui des vertèbres; ils sont reçus chacun dans une gouttière ligamenteuse qui leur sert de gaine. Toutes ces gaines sont réunies par un tissu ligamenteux qui les enveloppe comme dans une espèce d'étui. Lorsque les deux muscles agissent ensemble, ils doi- vent relever la queue ou la courber en dessus. / 2^* Les intev'-épineux supérieurs (l'épineux oblique ou lombo-sacro-coccjgien de Vicq*d'Azir).Ges mus- cles sont la continuation des muscles inter-épineux de l'épine j mais comme les apophyses épineuses de la queue sont courtes et souvent remplacées par deux tubercules qyi répondent aux apophyses obliques, ils sont eux-mêmes disposés obliquement, et sont plus écartés en arrière qu'en avant. b. Les muscles qui abaissent ou plient la queue en dessou. Ceux-ci prennent tous naissance dans l'intérieur du bassin et se prolongent plus ou moins sous la face infé- rieure de la queue. Ils forment quatre paires ou quatre séries. i" U iléo-sous-caudien ou iléo-coccyglen de Vicq- d'Azir. Il vient de la partie interne ou pelvienne de l'os des îles , forme une portion charnue, alongée dans l'intérieur du bassin et se termine à l'un des os en forme de V placé au-dessous de la queue , quelquefois , comme dans le raton, entre le cinquième et le sixième os, quelquefois entre le septième et le huitième, ART. IV. MUSCL. QUI MEUVEKT LE TUONG^ ETC. 277 comme dans le sarigue. Ce muscle doit abaisser la queue et l'appliquer fortement contre Tanus. 2° Le sacrosous-caudien ou sacvo-coccygien infé- rieur de Vicq-d'Azir. Ce muscle est l'antagoniste du lombo-sus-caudien ; il lui ressemble absolument par sa structure. Il vient de la face inférieure du sacrum et des apophyses transverses des vertèbres caudales qui en sont pourvues ^ par une portion charnue qui dimi- nue insensiblement de grosseur et forme autant de tendons qu'il y a de vertèbres caudales sans apophyses • transverses. Ces tendons sont reçus dans des gaines semblables à celles du lombo-sus-caudien , et s'insè- rent à la base de chacune des vertèbres en dessous , à commencer ordinairement par la septième. 3° Les soiiS'Caiidiensow intev -épineux inférieur s^^vi- ter-coccygiens de Vicq-d'Azir) sont situés sous la ligne moyenne inférieure de la queue. Ils commencent sous l'union de la première avec la seconde vertèbre cau- dale, et forment une portion alongée qui s'insère d'a- bord à l'os en forme de V, des quatrième, cinquième et sixième vertèbres; ils reçoivent en même temps de petites portions charnues qui vont toujours en dimi- nuant de grosseur, et qui se portent de plus en plus loin en s'insérant inférieurement à la base de chaque os de la queue. 4"" Le puho-sous'caudien ou pubo-coccygien de Vicq- d'Azir. Il est mince, s'attache à tout le détroit supé- rieur du bassin , comme une toile charnue qui se ter- mine en pointe et va s'insérer au-dessous de la queue sur les apophyses ou tubercules de la base des qua- trième et cinquième vertèbres; il produit le même effet que l'iléo-sous-caudien. Ce muscle n'existe pas 378 111^ LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. dans le raton , mais il est très distinct dans le chien et le sarigue. c. Les muscles qui portent la queue sur les côtés. Il n'y en a que deux , qui sont : 10 \Jisc1iio-caudien ( ischio^coccygien externe de Vicq-d'Azir. ) Il s'attache à la face postérieure ou interne de l'ischion , au-dessous et derrière la cavité cotyloïde , et il se porte en arrière snr les apophyses transverses des vertèbres de la queue. Dans le chien il n'a qu'une languette charnue qui s'insère à la quatrième vertèbre. Dans le raton, qui n'a pas de pubo-sous-caudien, il s'insère par autant de digitations charnues aux sept vertèbres caudales qui suivent la troisième. Dans le sarigue , il se termine aux quatre premières vertèbres de la queue. 2** Les inter^transi^er'saires ( Y inter-transversal de Vicq-d'Azir ). Ces muscles sont étendus en une seule bandelette musculaire et aponévrotique^entre toutes les apophyses iransverses. Leurs tendons sont plus dis- tincts à la face supérieure de la queue. En résultat , il y a donc huit paires ou huit séries de muscles à la queue^ deux supérieures , deux laté- rales , quatre inférieures. Pour voir ces muscles dans leur parfait développe- ment 5 il fai.t les suivre dans les animaux à queue lon- gue et forte, les sapajous , les sarijO^ues^ le lion, mais sur-tout dans le kanguroo et le castor. Dans ces deux derniers genres^ dont l'un emploie sa queue à se soutenir, et l'autre à la natation, et peut-être, ART. IV. MUSGL, QUI MEUVENT LE TRONC, ETC. 270 comme quelques-uns disent , à la construction de sa demeure, les lombo-coccygiens, les iléo-coccy^ions , les sacro-coccygiens , reçoivent de nouvelles langueltes charnues d'une grande partie des vertèbres , sur ou sous lesquelles ils passent , en même temps qu'ils leur en donnent de tendineuses , répétant ainsi en sens in- verse ce qui s'observe dans le sacro-lombaire et le long dorsal. Les inter-épineux supérieurs ne se bornent pas tous à aller de vertèbre en vertèbre; ceux de la base de la queue reçoivent des portions charnues des lombes^ et donnent des languettes à plusieurs des premières vertèbres caudales. Rien n'est plus curieux que cette infinie complica- tion de cordes tendineuses, collées sur plusieurs rangs tout autour de ce chapelet de vertèbres qui forment la queue , et disposées de manière que chaque vertèbre peut être mue dans tous les sens et que la queue peut prendre ainsi toutes les inflexions imaginables. Lors- qu'on les a disséquées et écartées régulièrement , elles présentent à Toeil un lacis tout-à-fait digne d'admi- ration. Dans les cétacés où la queue est , comme dans les poissons , l'instrument principal du mouvement pro- gressif, ses muscles ont atteint un volume et un déve- loppement infiniment supérieur à celui d'aucun qua- drupède; mais comme il n'y a point de bassin , ils se confondent avec ceux du dos et ne forment avec eux qu'une série. Le long dorsal étend ses tendons d'origine, adhérents aux apophyses épineuses, jusqu'au bout de la queue, et en avant il se porte jusqu'au crâne. Le sacro-lombaire vient aussi de toutes les apophyses transverses de la queue et va de même jusqu'au crâne. Ces deux mus- a8o m*" LEÇON. DES OS ET DES MUSCL. DU TRONC. clés s'y insèrent derrière l'insertion du deltoïdo et du sterno-mastoïdien ; la portion caudale du sacro-lom- baire a son antagoniste en dessous des apophyses trans- verses des vertèbres. Il y a de plus en dessus unlombo- sus-caudien^ qui naît sous le long dorsal, au-dessus des cinq ou six vertèbres dorsales, se confond même avec lui en avant, et demeure charnu presque jusqu'au bout de la queue, à laquelle il donne des languettes tendi- neuses qui s'unissent à celles d'origine du long dorsal. Il j a en dessous un lombo-soiis-caudien qui naît de la poitrine, est d'une épaisseur énorme, demeure charnu jusqu'au tiers postérieur de la queue, et déta- che deux ordres de cordes tendineuses , les unes diri- gées vers le côté et s'insérant sous les apophyses trans- verses, les autres vers le dedans et s'insérant aux os en V ou apophyses épineuses inférieures. L'os qui tient lieu de bassin donne encore un mus- cle assez Fort, qui s'insère aux os en V de la moitié inférieure de la queue , marchant entre les deux sous- caudiens. Enfin , deux muscles de l'abdomen , le grand droit et l'oblique ascendant , s'attachent en ar- rière aux côtés de la base de la queue, et peuvent con- courir à son mouvement. Cet ensemble de muscles est ce qui forme cette énor- me masse charnue et tendineuse de la queue des céta- cés j mais quelque épaisse, quelque forte qu'elle soit, on voit que sa distribution, sa division en lanières, est conçue d'après le même plan que dans les quadrupèdes: la continuité des muscles du dos avec ceux delà queue, y fait mieux sentir la disposition inverse des uns et des autres. Dans les quadrupèdes, ce sont deux puissances par- tant d'un point fixe et commun , la région du sacrum . 9- 1 ART. IV. MUSCL. QUI MEDVEl^T LE TllOlNC, ETC. 28 1 «t des lombes 5 et se dirigeant dans deux sens différents. Dans les cétacés où il n'y a point de sacrum , les muscles antérieurs donnent appui aux postérieurs , et réciproquement. C. Dans les oiseaux. La partie dorsale de l'épine des oiseaux étant peu mobile, ses muscles sont peu développés; ceux de la queue sont aussi de peu d'étendue ; mais ceux du cou prennent une complication proportionnée au nombre et à la variété des mouvements que cette partie de Fé- pine doit exécuter.